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scriptio'Q en fàvcôr de cet ouvrier deXyim tpA m ehait sur Teau. j>
r> Nous avons cherché dans les écrits du teiiips 1 traces de ces mystificaticms, et nous les avonâ ri trouvées dans les pins sérieux. Grhnm à parlé i rhomme qui marche sur Tean , et après une ùM longue fouille 5 nous avons pu exhumer de cet M mense ossuaire ^litique et littéraire qui a nom \ Journal de Paris la description aujourdliin nromf ^e du monstre du Chili. Ce canard, de royale eoil vée Y mérite hien de revoir le jour ; nous allons d<m vous Texhiber tout armé , nngiiibus et rostrô.
« Des chasseurs e^agnols \ au €hili , ont découvert un animal amphibie qu'ils ont réussi à prendre avec des filets, et qu'ils conservent en vie i ils M ont donné le nom de harpie. La représentation dcl la figure de 6et anhnài a été envoyée à la ebur dti Madrid, d'où cm Ta fait passer en France, et eWe eotamence & circuler dans le public. L'habHude de ce monstre ressemble en quelque sorte àcefle du sphinx, en ce que le train de derrière est horizontal sur la terre, et le train de devant est debout. Sa hauteur, depu» le ventre jusqli*à l'extrémité de la tét^t dst de quinze pieds , et sa longueur, depuis deux espèces de pattes d'oie qui soutiennent le devant jusqu'à l'extrômitë des queues, estdevingt*deut pieds. La partie supérieure est couverte d'un poil rode, et la forme du corps ressemble à celle de l'homnte. Dû tronc s'élève une tête fort extraordinaire, coqverte d'une crinière qui pend des deux côtés. La t6té, au premier aspect, offre la ressemblance dVn lion; mais comme la face est entièrement aplatie, os£ y recoiinatt bieiitét celle d*ùn singe. Une guèale extrêmement ouverte et avancée lui donne un air de vofaoîtë qui est effrayant.. Qes deux eôtés de la.tôte
%Iè?eBt, à une certaine haateur, âtànx grakidei irellles poîntues et velues , comme eelles dSin àiie^ b dessus de ces oreilles sont deux eomes toriues ^ tomme eelles du taureau , et au dos de cet aniiaal ^ >ers la hauteur ordinaire des épaules , sodt pkicées leux ailes très fortes, qui ont^ au lieu de plunies, les membranes pareilles à celles desaiies de chauves^ ouris« Toute cette partie supérieure de Tanimal esi oatenue par les deux pattes d'oie placées un peu e» ivant do fjnilieii du corps. La partie inférieure resemble à celle du phoque, excepté qu'elle est co»erte de grosses écailles. Â deux pieds environ des Mlles est placée une seule nageoire , qui s'agite v^r^^ icalement dans Teau, et qui, sur terre, augmenter a rapidité delà marche de Tanimaî, de concert aveo es alks , dont il fait usage lorsqu^il poursuit sa proie. La partie inférieure se termine en deux queues , doni *uDe, ayant des arlkulations jusqu'à i'extrémitôv tôut envelopper la. proie de l'animal, et l'autre finit^ mwn dard très pointu, avec lequel, dit-on,. il 1» »erce. » /
I» Voilà un monstre des mieux conformés et pas irop mal léché, il faut en convenir; le père Bougeani iWait pas mieux fait, lui qui si long-temps en ivait en le monopole , et qui , chaque fois qu'il avait besoin d'argent pour acheter du eafé ou du tabae , se* lisait, s<lr de son fait : « Je vais faire un monstre }ai me vsudra un louis. »
» Reveim en France et peu gêné par son titre derai, qu'il porta, comme on sait, assez botirgeoiscment, Louis XVIII n'eut rien de plus pressé que de reprendre ses petites habitudes littéraires. Il tenait à^ faire voir que sa plume était toujours finement taillée et qae-la pmÂ^ ne s'eji était pas émoussée daas'
FoxH. Le monstre était déjà tinespéGMlifé utée^ garda donc bien de le ressusciter ; il ât mi&aK : it quelques jolis articles bien aiguisés et bien mécbl et, pour les envoyer à leur véritable adresse de tes fines et spirituelles , il les fit jeter dans -It de fer du Ntùnjauneyli est bï&a entendu ^uD dait Fanonyme , mais avec le vif déairqae-eon te trabtt tout d*abord et fit dire i « Voilà ^«i est méûhant : ce doit être du roi. » ^
. » M. Merle, qui dirigeait alors le Sainjaone,^ compagnie de M. Gauebois-^Lemaire^ttousartm le secret de cette eoUaboration de Louis XVHII. dims Tun deâ trop rares fragments ^Ul a publiés ses Trente ans de wui^nir^hi^orèqmes j Utéémi etfoliiiyues : a La pensée du iVaut jaumejétàm il , fut de nous moquer des ridicules de tous kêftt^ lis , de flétrir toutes les l&cbetés et toutes les.dèfe^î tioQs , de relever la gloire de la France 'en pré»^ des baïonnettes étrangères , et de rire aux dépens des prétentions exagérées,.... Dans^ ces attai;^, nous avions pour auxiliaire I^uis XVIII, qui fol v de nos premiers abonnés, qui lisait «vee-emittess»* ment tous nos nufuéros , qui en riait de bon cœur, €C qui nous envoya plusieurs fois des articles très biea tDumés , ion spirituels et passablement malias, écnH de sa main royale , et dont il nous fut aisé de reooiH naître Tauteur, en oomparaqt Técriture à celle des notes qu'il nous avait fait remettre par M. deTall^* rend pour les lettres du Coasin et de la Cmmm. ^ articles noua arrivaient par la huche de fer: iuhb^ avions donné ce nom à une belle quQ neusaviotf fait placer à la porte du cabinet Httérairede AL Ci>* cbois-Leraaire; par cette voie, nous avons reçauo^ feule d'articles très remarquables, qui doittiaientitft
nade Fëp«|atfon< d'esprit et i» m9}k& a« HfmRj^u-* je , ei râDdaieat notre part de rédaction aussi lëgèro ttefadle. ».
Mais xeyeaonsau Constitiuionnel. On Ta persifûô outrance^ on n beaucoup ri de ses horizons poUti^ Nea> de ses serpenta de mer et autres canards; on d saurait pourtant méconnaître les services qu'il 4 endus à la cause libérale. Il remuait dans le cœur es masses pKilét des mouvements vulgaires que es idées élevée^ ; mais c'élail un journal irrilant pac leeUence; c'était le journal du murmure public « i^tieulant aucune opposition précise , mais recueil-^ iBt,GQlorant.etgros»ssant tout ce qui pouvait, dans I satire de la cour, dans les excès des exaltés, dans ss prétentions du clergé , dans les ridicules do Tanieo régime , désafîectionner le peuple des Bourbon^ i riacliner au bonapartisme ou à Forléanisme.
LairévoliitîoB de juillet, à laquelle il avait taatr ontribné, porta le Constitutionnel à Tapogée de Ul> ortane ; il eomptait jusqu'à 23,000 abonnés à 80 fr. tfais ce fut comme un dernier édair. Parvenu au Hil, il s'endormit imprudemment dans son triompbei i bientôt, abandonné par cette ingrate bourgeoisie [u'il avait conduite à la victoire, criblé à jour parles raits acérés des petits journaux , il vit décroître ra* ûdement.son influence et sa fortune^ L'avènement b kl neuv^le presse à 40 fr. lui donna le dernier* ^Qp ; il étati deseendu à 3,000 abonnés quand 1er ioetcur Véron, lapereaux écus, comme il s'est ap-- )eièlui«*méme, l'homme le plus heureux de France* •t de Navarre^ entreprit sa guérison. he^DéàtUs ve-^ raient) d'aobever la publioatioades Mystères de Pa*.
fhptths imaginations étaient encere pleiàed^^to- 1 drame si singulièremenl pitloresqae^ Rfitjgèner Si préparaît un nouvel ouvrage que déjà se <&piitaiii la Preêêe et les Débats. M. Véron se présentïirenchëre, et le Juif" Errant lui demeitra pm 100,000 fr. Il y avait Hi une audace apparenta^ ne devait pas laisser que de produire déjà un certali effet. En réalité, M. Véron jouait à coup sûr: 1^» gouemem pour le Sue était tel alors, que,-qae]qa4 mauvais que pût être h Juif-Errant , le sueeès étai certain; et, de fait, les premières lignes n*avaieBl pas encore pare que 30,000 affieunés s^étaient fail inscrire pour en avoir les prémices. Par ce eoup habile , le Constitutionnel avait reconquis , sinon son influence, au moins une clientèle suffisante pour affermer sa quatrième page 300,000 fr. à la sodété Duveyrier.
La fidélité du Constitutionnel à la mémoire de Napoléon avait été une dés causes origki^es de uj&^ tune ; son dévouement au nouvel empire lui valut quelque temps une position quasî-<>flêîdle iei^eœ^ bla devoir ramener ses plus beaux jours. Mais les destins sont changeants. Un nouveau venu osa. lui disputer Toreille du pouvoir, et même jnsqu'à sa place au soleil. Menacé dans Texistence de son jou^ nal, froissé dans son orgueil d^Ëgérie écoBdoi(e> M. Véron ji^ea prudemment que lo moaioitt êlaJl venu peur lui de quitter la scène; il alMUideiuia h Constitutionnel au moderne Gargantaa Industriel moyennant q^lqne chose comme deux millions, dont un tiers environ pour lui, et, non sans quelqae regret peut-être, il se retira fièrement sous sa tente, -^ qui est uii palais , -^ oà il prépare des mèmcires qu'attend Tunivers,
pHncipaox rédacteurs du Cmëfitutiorinel (ml
[. £tieniie; Joay, Catidhoîs-Lemaîre, ThicrSy
l,' Ehrailste Dumoulin, Charles Reybaud, Mèr-
Boilày, etc. Aujourd'hui il est rédigé par
L de Cédena, Granier de Cassagnac^ Henry Gstu^
^ etc.
'An moment où ceis lignes sMmpfiinaient, une nou-^
le humilifltiâ»!! était infli^gée à êe pauvre Constîtw^
le pouvoir, ému des divagations du vieux^
^be, le plaçatit sous la tutelle de son jetme'
i; il était forcé d'accepter la direction àe M. de
Qitéfroânière, ^reeteur du Pays*
Ia Camrrier français : Châtelain. — Le Conservateur et ta Ml-^
' «erre : Chateaubriand et Benjamin Constant. — Le Katia^
mai : ^iws, Mignet, Carret. — Le Globe, la Réforme^ ete«
Lê^Cônëtitufwnnet avdt insensiblement pris un eameière toiit particulier; organe de la bourgeoisie, fi s^êtait ffdt le' journal des intérêts et des besoins , ce que la caricature, dans son langage parlant , avait «xprfmé par le bonnet de coton et le pain de suere dont elle avait composé le nouveau blason de Tandenjournal* 1)*atttr«s, plus jeunes, s'étaient emparés du tèmin' des idées et avaîeni arboré la bam^ére duprogrès. .
Entre tous se plaça bientôt au premier rang de la fpaa«ifalse, de la hardtese et de la probité sévère, une féoille fondée d*abord par la doctrine , et qui moQFàlt impuissante dans kurs mains , quand elle* tomtelieiireusemeiit dans ceHes d\in homme d*espril ei de talent, qui était aussi un excetleot patriote et m liosmie de eœur : nous avons nommé Châtelain. Fondé en 18)9 avec les débria des Aunalêê^poUti^:
fu€4 de Villenouye , h Courrier français avait primitiveinent dirigé par MM. de Broglie, K^ (ry« etc. En 1819 , il se fusionna avec la Rem mée, que rédigeaient Benjamin Constant, Jouy, gès, ete., et il eut alors pour rédacteurs tous cesblicistes distingués. Mais cette sorte de directe n*aboutit qu*à la confusion, et il fallut en revenir un gouvernement unitaire. G'6Si alors que M. Val'e^ (in de Lapelouze , un des principaux actionnaires administrateur très habile , et hpmme d^intelligen({ et de dévouement politique, proposa M.' Chali lain et lui fit donner la rédaction en chef. Dès ce mo ment le Courrier prit cette couleur ferme et celte dit rection honorable qui lui donnèrent une si grandi influence sur Fopinion publique jusqu'à la fin de Ij restauration et pendant les premières années qu suivirent 1830. En dix ans il subit plus de ving procès et paya près de cent mille francs d'amendes Pendant cette brillante péinodef de 1820 à 1842 , il compta successivement parmi Ses rédacteurs Benjaipin Constant, Casimir Périer, Crohier, ancien membre du Directoire exécutif, Châtelain, Cormenin^ Mignet, Tabbé de Pradt, ChambollCv Léon Faucher, etc., etc.
Le Courrier français n^était plus depuis longtemps quie Tombre de lui-même quand il est mort sous M. Xavier Durrieu, en 1849 ou 1850.
En 1B18-30, une nouvelle scission dans la rédaction des Débats donna naissance au ConservtUeuTy fondé par Chateaubriand et ses amis dans le triple but de contrebalancer les jourodiux bonapartistes, do défendre la monarchie des Bourbons et d'asservir le roi aux royalistes , et qui avait pris pour épigraplie : « Le roi ^ la Charte , les honnêtes gens, t» C*est
ijB journal, fi»yor ouvert à tous les regrets , à
'^ ressentiments et à toutes les exagérations
listes , qu'il faut chereher la politique roya*>
lat le règne de la censure. 11 était ^rit par
Ibriand, La Mennais, Ronald, Fiévée, J. de
etc.
dSaneejvateur le parti libéral opposa &i Miner^ t^fitable satire ménippée de la restauration. Là appelait les indépendants entreprirent de dans une alliance quelque peu adultère le le , Tesprit militaire « la gloire des eonqué* iIn^ doctrines de la révolution de 89, les souvenirs Jftpublique, Torgueil national , la royauté concile , le despotisme et la liberté , avec une M0tafusion d'idées et avec un tel artifice que 'les passions hostiles aux Bourbons trouvas-à la fois dans leur feuille une joie, un souve« lûr, lié espérance, nn aliment. Les principaux ré- <I^çtoDi8 de la Minerve étaient Benjamin Constant, ^tene, Jouy, Pages, Aîgnan, Courier, Béranger. (-'ne nuée de journaux , de recueils , de pamphlets , de breebnres, recevaient d'eux le soufQe et la direction, et semaient le dédain , la répugnance et la co* lôredans le peuple (i).
Les rangs de l'opposition furent renforcés par te ^hhe^ organe de la doctrine, pépinière d'hommes <l'état, qui comptait parmi ses rédacteurs MM. Le«- ''oux, Dubois, Jouffîroy, Sainte-Beuve^ Rémusat, Keoouard, Duvergier deHauranne, Duchatel, etc., ^^m jeta pendant quelques années un si vif éclat.
(1) Lamartine.
' Le derpîer Bel mais non ieiiioi08.ti9(wrèiBpiBb tant des jouroaai^ de la restauration, intle-NaiitmA Ea 1828 une neuvelie législation, ai longtemps jA •idamée^ était venue ouvrir de plus larges issues i ft publicité. Deux jeunes gens du loidi, dont le talaf s'était révélé par des publications historiques d'oal grande importance et toutes impré^ées d'une sèft révolutionnaire, pleine, ridie, excitante, M<hieit et Migoet, qui s'étaient déjà faii^ana le pâle ùam tùutionnel un renom littéraire et politique , essaya reni les premiers de dissiper les préjugés qui p^ saient aur notre grande révolution; ii$ oommeno^ rent la réaction historique avec timidité , mais poo»» tant sans faiblesse , et lui donnèrent pour organe h National, qui fut fondé vers la fin de 1829, stm Tappui d'une société de capitalistes , composée eo grande partie des principaux libraires-éditeurs, sooi la gérance de Texcelient M. Paulin. Us y rédamè* rent la vérité du gouvernement représentatif; li royauté fut placée par M. Thiers hors du gou?eniement par un axiome qui obtint alors un grand soo» ces : Le roi régne et ne gouverne pm».
. Derrière les ilamberges brillantes de MM Thiers et Mignet, un ardent patriote caehi^t avec modcfitiô le glaive de son style ; c'était Carrel , jeune officier, qui avait quitté répée pour la plume , arme plus te^ rible, et qui devait un jour dans sa main porter de si rudes atteintes au pouvoir. Quand, après 1830, ses deux collaborateurs désertèrent le joumailsme et ^e casèrent dans le nouvel établissement, Carrel resta seul sur la brèche. On sait avec quelle énergie^ avec quelle vigueur, il continua à réclamer la sioc^ rite d'une représentation populaire, qu'elle importance il donna au National pendant les cinq aoi qu'il le rédigea.
mert, Tœuvre iai eontlnuèe, avee de|i ^'inégales, par MM. Thomas^ Trélai, Bas- I) Armand Marrast €t Ducierc. L0 National éiAli ^joarnal de Topinion républicaine, la pierre dW de la future révolution. Toutefois la république it anoore pour des masses qu*un pressentiment itain, ce journal n'avait qu'une clientèle asseg reinte. Oa le Usait par une certaine curiosité j>rït qui veut connaître, ce que lui réservent les ifcaalités môme les moins probables de ravenir> Sièlait la satire prophétique, plus que la philoso«- ' e du parti républicain. Il se tenait d'ailleurs dans limites assez indécises entre racceptation du goi»lemest monarebiquc et la profession de foi de la i^blique*
Dans les dernières années du gouvernement de joiUet un autre journal avait pris dans Topinion une place étroite, mais plus accentuée, en face du Na* ùonal : c'était la Réforme , inspirée par Ledru- &otiiaet trois ou quatre députés, et rédigée par Flocon. Ce journal représentait la gauche extrême, ift révolution démocratique ; il voulait refaire, dans <le8 circonstances toutes différentes, la première république. £t même pour remuer plus profondément le l^eaple et recruter tous les hommes d'action à la joamëe de la république, il touchait quelquefois à ce <Iq'oo nompia le socialisme , laissant entrevoir dans ^ révolution politique une révolution du prolétariat, ^ travail et de la propriété. C'était un contresens , OQ , si Ton veut , un contre^temps.
^ 1848 , les Spartiates de la Réforme, comme ^ AUiéBîeas du National, quittèrent leurs modestes ^^max pour les palais du gouvernement , et leurs journaux', abandonnés à des mains subalternes, lilt-
tèrent difficHlement eontre la jeune presse éclose di les journées de février, jusqu^à ce qu^enfin les t constanees politiques les forcèrent à rentrer dans silence.
Au nombre des journaux qui jouèrent un rôle qui eurent quelque retentissement sous la Restaur tion, nous citerons encore : la Quotidienne et Drapeau blanc, où les opinions surannées , exil mes , bornées et violentes de la cour, du clei^é rej tré, de la noblesse vieillie , étaient aigrie&^ eons< lées et flattées , mais dont tout Tesprit et tout le coi rage étaient impuissants à lutter contre le coura! du siècle ; — le Censeur^ où deux élèves de la pïh losopbie du XVIII*' siècle déposèrent les premiei germes de ces doctrines si répandues plus tard ; les Toilettes universellea , 1820-24 , par Cauchoii Lemaire, Mahul, Thiers, Rémusat, Dumont, etc. — la Tribune des départements , où Auguste € Victorin Fabre relevèrent le drapeau républicain et dans laquelle Armand Marrast écrivait des article de philosophie. Enfin nous aurions à citer dans Far tillerie légère du journalisme de cette époque le Mi roir, la Pandore, le Figaro , le Corsaire, armcj légères , mais non moins tembles dans ces grande luttes de Topinion,
Bôle de la presse sous la Restauration et sous los première années de la monarchie de Juillet. — VamortisgemetH dei
. Journaux , et la M de justice et d'amour» — Encore le J<mr»ê\ des Débats : à quel pris il met ses services.
Nous ne savons quelles destinées sont réservées i la presse ; mais nous douions qu'elle retrouve jamais ses beaux jours de la Restauration. Quelles lattes
fen! et qaels athlètes! Le retour des Bourbons b partagé la France en deux camps bien tranlis : ceux qui voulaient conserver ]es libertés si Aèremeni acquises, et ceux qui voulaient effacer de lotre histoire les vtng-cinq dernières années. À peine tnWHi remis de la secousse qui avait failli engloutir è|ntiie , que les partis se trouvèrent en présence Hee toutes les passions humaines , dans les cham* Ita, dans les journaux. On ne s'attaqua d'abord qw par des épigrammes ; mais bientôt la lutte prit ée jour en jour un caractère plus prononcé d'âpreté, fccolère, d'injure, et ce fut avec des vengeances que An se combattit.
c Cette mêlée d^opinions, d'antipathies, de disser- Ûioiia^ de sarcasmes, de haines, de provocations, d^vectives , qui passionnaient et scandalisaient les tribunes , se continuait au dehors dans les jourttnx, que la liberté donnée à la presse rendait plus BonlMrenx et plus acharnés. Tous les talents littéraires du temps s'armaient pour leur cause d'une poléittqne incessante qui changeait en controverses tous les entretiens L'esprit public, comprimé si longleoups par les armes et le despotisme , jaillissait par mille voix. On sentait partout l'explosion d*un siècle nouveau dans les âmes. La France fermentait d'idées, d'ardeur, de zèle, de passions, que la Révolution, l'Empire , la Restauration, plaçaient face à face , et ^quirëlection, la tribune, le journalisme, ouvraient Tarène pour se combattre ou se concilier. Chacun des camps de l'opinion avait ses écrivains soldés de popolarité ou de faveur , selon la cause à laquelle ils se vouaient (1). »
Une certaine liberté , nous Pavons dit, avait dV l)ord été laissée à la presse par le gouvernement de
(l)Umartin6.
if
Louis XVI I! , mais elle avait été bîemôl resiremti êl la censure fut établie en 1820. Charles X Haboî à son avènement. Ce fut alots que M. de Villèîe, dai le but de prévenir une nouvelle éruption dn volcan imagina ce qu'on appela Vamortissement des joui naux, opération qui consistait. à faire acheter pz des courtiers adroits toutes les autorisations qi avaient été accordées pour la publication des feuille périodiques existantes , afin d'arriver à étouffer toir espèce de publicité. Cette habile lactique n'ayant p produit ce qu'en attendait son auteur, il fallut en r venir aux mesures de coercition; M. de Peyronnc| présenta, en 1827, cette fameuse loi à laquelle es resté le nom de loi de justice et d^ amour , et qui souleva une telle clameur qu'on fut obligé de la retiJ rer. Sous le ministère Martîgnac , la liberté de M presse surgit de nouveau; la loi du 48 juiilet i82S reconnut à tout Français majeur lé droit d'établir un journal sans autorisation préalable , et abolît la tendance et la censure facultative. Cependant le goavemement n'était pas sans Inquiétude sur les effets de sa libéralité ; on en jugera par le fait suivant, que nous empruntons à VHistoire de la Restauration,
Le Journal des Débats , dirigé par des hommes d'état qui en avaient fait leur tribune quotidienne , et illustré par Chateaubriand , avait, à cette époque, l'importance d'une institution politique. Aucun prix ne paraissait trop élevé pour le conquérir au gouvernement.* Ce n'est pas précisément qu'il se vendît, mais il se laissait allouer des subsides , qui , sans corrompre ses opinions, rémunéraient son zèle el ses services. Au commencement du ministère Yillèle. qu'il avait l'intention de soutenir, il recevait 12,000 ^francs par mois. Lorsque Chateaubriand, que les Bertin n'hésitèrent pas à suivre dans stkdiaffiCB et
dans sa eolère , fut congédié par Villèle , le journal, dès le lendemain , répudia fièrement la subvention pour rester libre de servir les ressentiments de son plus- éclatant éerivain, et déclara une guerre à mort la ministère. A la chute de Villèle , le roi et Martignac sentirent le besoin de s^attacher un si puissant ami , on si dangereux ennemi. Le roi lui-môme vit M. Berthi , et l'engagea à se réconcilier avec son mioistère. — « Ce ministère! répondit M. Berlin avec Que audace qui offensa profondément le roi, et comme de puissance à puissance , ce ministère , c'est moi qui l^-ftit : qu'il se conduise convenablement avec BM)i , sans quoi je pourrai bien le défaire , comme j'ai renversé loutre. » -^ La subvention fut réta- Mie ; mais — on aura peine à le croire — les propriétaires des DébatB exigèrent en outre qu'on leur payAi ee qolls appetaienvt l'arriéré , c'est*à-dire le montant de la subvention retranchée pendant le temps qu'avait dnré le ministère Villèle. « De sorte , ajoutait Charles X ^ qui racontait lui-même ces détails , qu'il me fallut ainsi payer la solde même de la guerre qu'ils avaient faite sons ceminiétète àmon gouvernement ! » Bref, il leur fallut oompter 500,000 fr. , dont 300,000 poor Betûn le jeune , et 200,000 pour Chateaubriand , et comme il n V avait piâ assez d'argent dans les caisses des ministètes , le roi dut parfaire la somme sm'sa cassette particulière.
De pareils faits portent avec eux leur enseigne^ ment : ils aident Sflôgaliérement à comprendre cette latte incessante entre le pouvoir et la presse, et, dans ce cas particulier, ils expliquent jusqu'à un cer^ tam point les ordonnances de 18B0 , qui , avec la presse , frappaient les institutions dont elle devait être la sauvegarde et qa'eiie comprometuit par s^ Tioleoces.
LA FBESSE SOUS LA MORARCHIE DE iUlLLET
KéTolttii<m dans le Jonnialisme^ ÀTénement de la presse à bou marché. M. Emile de Girardin. — La Presse, le Siède, — Le Roman-Feailleton , les Annonces. — ConséquiNiees de cette révolution.
Soutenue par ropinîon publique, la presse sortit triomphaitte de cette lutte de quinze années , el i« Charte de 1830 lui garantit de nouveau sa liberté; mais bientôt les lois de septembre 1835 lui imposé^ rent de plus lourdes chatnes, qu'elle essaya vainement de secouer jusqu^en 1848. Du reste, il faut le dire, elle n'avait pas tardé à perdre une grande partie de cet ascendant, de cette puissance d'ini^a* tive et de direction qu'elle exerçait sous la reatauiar tion.
Dans les premières années du gouvememeot de juillet, le journalisme n'offre rien, ni quant au fond, ni quant à la forme , qui mérite d'être ûgnalé. Nous nous bornerons à citer les principaux journaux qui ont paru et disparu vers cette époque.
Dans le parti démocratique : la Tribune et le Ré' formateur^ fondés par Raspail ; le Bon Sens , fondé ]Mir M. Gauchois-Lemaire , auquel avait succédé M. Louis Blanc; le Monde, que ne put soutenir le talent de Lamennais , qui avait déjà vu périr Idans ses mains l'Avenir, malgré l'assistance d'écrivains comme George Sand et M. de Montalembert.
Dans le parti bonapartiste : laBévohuionde 1830 ; le Capitale et le Commerce^
Dans le parti légitimiste : le Rénot^ateur, le Cour» fier de V Europe, la France et la Nation.
Dans le parti de la résistance, appelé ^sttite le liarli ooDservateiir : le Consntutionnel de 1830 , la Paix, le Journal général de France, la Charte de 1830 , le Globe» Ce parti perdit encore le Jour^ naîde Paris^ que Fonfrëde, le vigoureux champion de la maxime opposée à celle de M. Thiers, tenta vttn(»nent de galvaniser.
Dans le tiers-parti : Vlmpartial, la Renommée , ef le Temps ^ qui voulut être un journal encyclopédie, et qui, malgré d'ingénieuses combinaisons, aalgrë la collaboration d'écrivains éminents et le ooneours d'un grand nombre de députés , malgré le oiMirage et l'activité de son fondateur, M. Jacques Gosie, succomba après avoir dévoré plus d*ttn mil* Kon de capital à ses actionnaires.
En iS35, d'après un document statistique de (Mministration des postes , la presse central^ se odmposait de vingt journaux, qui comptaient ensemble dans les départements 50,200 abonnés , dont 9,000 pour les journaux ministériels et ^1,200 pour les joamaux de ToppositicHi. En ajoutant, si l'on ^eot , 20,000 pour Paris seul , ce qui sera évidemment exagéré , on aurait un total de 70,000 abonnés pour une population de S5 millions!
Mais nous touchons à une révolution qui allait bouleverser toutes les conditions de l'ancien jouma- ^e et faire trembler sur leurs bases les journaux les mieux établis : nous voulons parler de ravénemeot de la presse à 40 fr.
c II y avait alors à Paris un de ces vifis esprits pour qui le progrès est un besoin, qui^ dans leur impa-
4ieace^~p.ettv^t Men quelquefois faire Ul
mais dont la fécondité tourne loujoui J
iSoiDpie, an profit de la société. De Doi. %
Veut dédaigne^semeat qualifié d'i^du^i nemis le traitèrent de charlaian ; mais al.
4H]Û^^'^QN^'^°^^ deyait être impuissan
Ainsi nous nous exprimions en parlant <lot, le créateur de la presse en France ; i rions-nous encore nous exprimer en pari .Emile de Girdrdin; qui a do^pé comme un vie à Tceuvre de Renaudot, qiai lui a Quve veaux et si vastes horizons.
M. de Girardia a été très diverseçient ju, a dit beaucoup de bien, on en a dit plus de ^«<u encore, absolument comme de ]a presse, avec laquelle il s'est si intimement identifié. Quoique les passions qui se sont agitées autour de son nom soieet un pep calmées, nous ne croyons pas que le moment soit encore venu de prononcer sur cet homme. « qui ose tout ce qu'il pense, dont Iqs audaces étoonent d'abord, puis subjuguent Topinion , à la hardiesse 4uquei ou s'intéresse, même en le réprouvant » : il n'a pas dit •son dernier mot.
Ici, d'ailleurs, nous n'avons à.appréoierM.^ Gi* jrardiu qu'au point de vue de l'hiMoire de la presse, €l notre tâclie sera d'autç^ntplus facile que , pour lui rendre justice, mckus: n!aurons qu'à laisser, parjlier les faits : ils sont assez éloquents; ils sont si récents méme^'il semblerait inutile de les rappeler, si l'on .ne savait combien Von. oublie vite dans ce tourbillon qui nous entraîne. Aiusi dix^huit ans.à peine nous séparent de l?avénement de la presse à 40 fr., et un chroniqueur ordinairement, bien informé (i) , d«^
. (1) De VUlemessuit , CkroniqueM ParU^
série d^études sur le journalisme parisien où il rche, —- c'est lui-môme qui le dit, — la vérité, |i que la vérité , a pu imprimer ceci : <( Le créar de la presse à bon marché , ce fut, non pas M. pirardin , comme on le croit assez généralement^ s bien M. Dutacq ; M. de Girardin n'a été que le Tespuce d'une Amérique industrielle dont le fondàeur du Siècle fui le Christophe Colomb. » Or, voici a vérité : le hasard voulut que M. de Girardin ftt mprimer le prospectus de la Presse dans la maisoa )ù s'imprimait le Droit, dont M. Dutacq était géant. Celui-ci, ayant eu ainsi connaissance de ce )rospectus avant son émission, alla trouver M. de jirardin, et lui proposa le concours de puissants ca* pitaux, sll voulait l'associer à son entreprise. M. de Cirardin , qui ne cherchait que la prompte et large réalisation de son projet, accepta immédiatement. ^près quelques jours, on était d'accord sur' tous les poiDts, quand M. Dutacq émit la prétention d'imposer M. Guillemot comme rédacteur on chef. — « Mais alors quel sera donc mon rôle ? » objecta M. de Girardin , qui n'admettait pas plus alors qu'aujourd'hui c partage de l'autorité. Sur cela tout fut rompu. M. Dutacq alors résolut d'élever autel contre autel ; huit ours après l'apparition du prospectus de la Presse, 1 lançait le prospectus du Siècle, et il faisait si bien lue le premier numéro de son journal paraissait je nôme jour que le premier numéro de la Pressent nais sans cautionnement, ce qui lui valut quelques semaines après une condamnation.
Voilà comment les choses se sont passées ; et, joe* û dit, nous n'hésitons pas à rendre à l'homme qui a onde le Siècle et l'a élevé à une si haute prospérité la justice qpi lui est due. M. Dutacq e$t entiré \|9
des premiers, avec résolution, dans la Yoîe non^ mais enfin cette voie, — nous devions le constâl dans Tintérôt de la vérité, — ^ c^est M. de Girai qui l'a ouverte , et il l'avait frayée bien avant H. Dutacq pût seulement songer à jouer un r6h dans le journalisme.
Et en effet, Tidée qui prenait un corps dans /^ 'Presse > il y avait des années que le député de Is^ Creuse en poursuivait la réalisation , non pas dans Tombre, mais en plein soleil ; « depuis long-temps il se livrait à Tétudé de la presse à bon marcbé, comme étant , après Tinstruction primaire , le moyen le plosi actif de moralisalioii populaire, comme étant rmslrument le plus nécessaire de tous ceux inventés pour Tagricullure rationnelle, le plus utile de tous les procédés industriels, la plus abondante source de ricliesse publique , la base la plus solide d'un gouvernement représentatif, comme étant enfin le complément indispensable de l'exercice des droits électoraux. » A l'époque où nous sommes arrivés, il avait déjà fondé ia Mode, le Voleur, le Journal des connaissances utiles, qui devait si profondément révolutionner la presse, et le Panthéon littéraire, 11 avait déposé dans la Bibliothèque économique et périodique des meilleurs romans le germe de ia bibliothèque Charpentier, et sa Bibliothèque des professions et des ménages , à un sou la feuille de 46 pages contenant la matière d'une feuille in-8** ordinaire, était, pour l'époque, un miracle de bon marché, qm devait bientôt en enfanter d'autres et de plus grands. Enfin, il est peu de combinaisons, dans cet ordre d'idées, que n'ait tentées M. de Girardin.
Nous avons sous les yeux un article an Journal des connaissances utiles^ de décembre 18^14^ plein de
JNtiïh Cttrienx pour lliistoire de la presse en France; aOQS en extrairons quelques faits propres à jeter une me lumière sur le mouvement de la littérature ^ jftiie époque, et qui confirmeront , en outre, ce que jons disions tout à Theure de Forigine de la presse à bon marché.
Jusque là le prix élevé des journaux en avait fait comme un objet de luxe , et le peuple, qui ne pou* vait prélever 80 fr. sur son salaire annuel , était pour ainsi dire hors du journalisme. La publicité de la presse était, par conséquent, fort restreinte. « Les journaux , écrivait M. de Cormenin , sont une marchandise trop chère : c'est la presse à bon marché qui seule peut traverser Topacité des masses et achever Téducation constitutionnelle du peuple.... Il faut des journaux à bon marché qui sillonnent la France dans tous les sens , et qui , dans leur appareil agricole, industriel , commercial , scientifique et politi«- (pe, visitent chaumières, ateliers et métairies, écoles, presbytères et ch&teaux, sous toutes les formes ei au plus bas prix. » — « Les journaux, disait Benjamin Constant, doivent être le livre de ceux qui n'en ont pas, le livre que tout le monde lit d'un bout à Fautre; chaque homme, en France, depuis le mendiant sans asile jusqu'au roi dans son palais, a^ant des droits que la loi consacre et protège. » M. Coizot, alors ministre de Pintérieur, s'exprimait de mémey en 1830, sur le rôle que la presse périodique pourrait remplir quand des journaux bien adaptés ^ leur destination seraient en usage dans les campagnes. « C'est ainsi , disait-il , qu'en mettant les idées en circulation en présence des masses de lecteurs, et* donnant aussi au pouvoir des conseils par la critique qu'elle émet, par Taccueil qu'elle fait à toutes les doctrines^ la presse périodique est destinée à s'intn^