‹ Histoire du journal en France 1631-1853Chapitre 9 sur 14 · MO · texte numérisé non relu

MO

> La^miae enyente du jottr&al kÇmnmtré^t pas pu trouver d'acheteurs sur la mise à piix d^ mille francs « est le prétexte de Tartide de la son motif évident est à peine dissimulé* o'est te dépit lui causent les efforts intelligenis et vigoureux IsUs cette lieure pour modifier les conditions du joi et pour lui faire atteindre son suprême progrès* I^ nature humaine est toujours la même; laPresêe est suadée qu'elle a posé ses colonnes d'Hercule, et que h monde finit là où la fatigue Ta forcée de s'airèter. Cet prétention n'est pas nouveUe ; les choses qui finiaseal ont toujours protesté contre les choses qui<so Lorsque Shakspeare ouvrit par sesadmirablea' l'ère dramatique de l'Angleterre, l'honorablacorponi^oii des montreurs d'ours de Londres adressa ubq pé^t#o& êi la reine Elisabeth pour demander Tinterdii^oiii des œu^ vres de l'auteur de Macbeth et de Richar4 i/l^en^ailé^ guant qu'elles pervertissûent l'art et oom|)rome|t9iefil la morale publique. La Pressa ne signale eocc^. que llmmoralité de l'entreprise des nouveaux journaux ; Ui suppression viendra plus tard. . .

» Et non seulement M. le directeur de la Preasse a perdu l'intelligence du mécanisme et de l'industrie des journaux, hélas! il a perdu encore la mémoire. Lecroi* riez-vous? lui qui dit de la combinaison de CEpoque pis que pendre, il en est pourtant llnventeurl Oui, H. de CTirardin a inventé la combinaison du journal l'ÉpO" ^ue ; seulement il l'a inventée comme Salomon de C«a inventa la machine à vapeur , dont on n'a pu se servir que deux cents ans après, lorsque Watt et Fulton l'eurent reconstituée et perfectionnée.

^ i>Sur quoi repose, en effet, Fidée fondamentale de VEpoquef Sur ceci, qui est fort simple : dispenser lés lecteurs de recourir aux journaux spéciaux, et leur donner à la fois^non seulement le journal politique de leur opinion, ms^s encore le journal spécial de leur profession : à l'avocat, le journal des tribunaïUL ^ au nég^ f^ant, le journal du oommecce; au militaire, le journal da l'armée; au marin^ te journsd de la flotte; aupr4tre,

, le joaraal de» coites^ au^profeeseor, |e

'de rinstroction publique ^ au littérateur, le jouf-

praire; au savaBt, le journal des sciences. Eh

îp^ Presse a publié, le i«'juin 1837, le plan d'usé

" IfmvM^/e qui a été véritablement le point 4e

~ I rjSpo^. (Nous en parlerons tout ^Theure.)

Il.de6irardinn*a plus la moindre intelligence

lanx , sUoroii un seul mot de Tarticle ri£(BUa

CM aujourd'hui par la Presse. Et il faut bien, en ef- 'fii# ià Presse soit pour lui la dernière limite de sa âiiBeOy'car il b^ pas eu les yeux dessillés par un faut ilriilirHbie qu^ a lui-même aidé à prodboire. Ce fait, tatlafeiiiUeton.

9 Qb« prouve* le succès immense du feuilleton des JMnniDt quotidiens? Il prouve qu'à côté des lecteurs poUtiques , dont le nombre est limité , il y a tout un monde nouveau de lecteurs littéraires, qui ont triplé le panoonel des anciens abonnés. Eh bien ! après avoir tft leur succès à des abonnés spéciaux , à des abonnés M poHUqueSj les prétendus grands-prétres du joumalisme n'ont pas compris qall fallait continuer à chercher des lecteurs à côté de la politique; et, après avoir réussi par on journal littéraire, réussir encore par tm journal des tribunaux, par un journal commercial et agricole, pur nn journal de l'armée et de la flotte , par un jour* nal des cultes , par un journal des sciences, enfin par tous les journaux spéciaux qui répondent à des profe^liolis et à des besoins.

9 Non , la politique ne suffit plus aux journaux à boB marché, qui ont besoin de se sauver par les annon** ces, et qui ne peuvent pas avoir des annonces considé* nbles sans un très grand nombre d'abonnés. C'est pour cela qu^à côté de la politique, laquelle est d'ailleurs devenue fort creuse, il faut placer toutes les matières qui kmX l6 sujet d'une publication spéciale , et envoyer en cfoelque sorte à chaque abonné , sans augmentation de prix, un cabinet de lecture à domicile. En présence de dix journaux, on n'est pas obligé de tout lire, comme, à imdtner à trois services, en n'est pas obligé de tout

' manger; seulement chaque abonné choisit la lectmne •

* Tamuse, qui llnstruit ou qui le sert.

»... L'Époque donnant dixjoumcMX complets p< le prix de la Presse toute seule, il faudrait à cette d< nière une singulière infatuation d*elle~méme pour s^ a giner que Ton ne trouvera pas autant d'empre6sem<

3u*elle dans le public, quand on lui offrira dix fois pi e matière pour le même argent... »

La riposte ne se fit pas attendre. Dès le lendema

H. de Girardin , criblant à jour les calculs de ft

Bohain ^ renversait tout cet échafaudage de chifTn

si habilement construit, et montrait comme perspec

' tîve aux grands personnages qui patronaîent une p(

reîlle œuvre le banc de la police correction

nelle.

Entre autres vérités à Tadresse de son adversaire H. de Girardin rappelait en quels termes M. Granie de Cassagnac parlait, six mois auparavant, dans /i Globe, du nouveau format adopté par la Presse,

« Les gens , disait le futur champion du plus gigantesque de tous les journaux , les gens qui ont ea Ildé^ lumineuse d'exagérer le format des journaux de tell« sorte qit'un journal ne fût plus qu'un livre déployé , c'est-à-dire un livre incommode, ne se sont jamais de^ mandé sans doute à quoi cette pauvre innovation pouvait être bonne. Nous nous le sommes demandé, nous, et nous sommes arrivé, après un examen approfondi, à répondre qu'elle ne peut être bonne qu'à faire de mauvais journaux... Ce n'est pas pour leurs abomiés, c'est pour eux-mêmes que les spéculateurs du joumalisme adoptent le grand format : car, s'il ne s'agissait que de donner plus de matière aux abonnés, il suffirait de sup-

S rimer les annonces, qui envahissent la quatrième page. [ais il s'agit bien de llntérêt réel des abonnés, vraiment! il s'agit de fsûre une affaire 11 faut bieo se

rendre compte de ce que c'est qu'un journal. Ce n'est ' pas le gouvernement, ce n'est pas la littérature, ce n'est

b le théâtre , ce Vest pas la science , ce n^est pas la ^été; c'est la critit[ae du gouvernement, de la Utté- Ittore, du théâtre, de la science, de la société. C'est à 1 spécialité de la critique que le journal est propre , et uquement à cette spécialité, parce que le journal est tee œuvre de soudaineté , parce qu'on Fimprovise , et ivele gouvernement, la littérature, le théâtre, la science, la société, ne s'improvisent pas. Eh bien! pour le durnal qui reste fidèle à sa spécialité , qui est de faire Ift la critique (on sait si le Globe s'en faisait faute , et jDeile critique était la sienne), le format actuel est suf- »ajDt; le format plus grand est une mauvaise chose...

» Si nous avions à présenter le programme d'un noul'eau journal, nous proposerions le maintien du format^ A suppression des annonces^ la suppression du romcu^ W/eton, et VélévaHon du prix du journal à 100 fr, d

M. Granier répliqua par des injures, qui ne pouvaient rien réparer : le coup était porté. De ce moment les versements s'arrêtèrent ; à peine l'Epoque éiait-elle née que les embarras commençaient pour elle; et ce n*est qu'à force d'expédients , « — et quels expédients ! -:— • qu'elle parvenait à prolonger sa vie pendant quinze ou dix-huit mois , au bout desquels elle était forcée de céder les quelques abonnés qui lui restaient , — à qui? — kla Presse.

Nous avons peut-être un peu insisté sur ces déjails; mais il nous a semblé qu'ils n'étaient pas sans intérêt. Le journalisme ne peut pas avoir dit son dernier mot ; de nouveaux efforts seront faits assurément pour le tirer de romière où il est retombé : ceux qui )es tenteront trouveront d'utiles enseignements dans l*hi3toire de cette période si agitée de ses annales^. l'Insuccès de l'Epoque a tenu à d'autres causes encore qu'à l'exagération du principe sur lequel elle 'M^puyait; tout n'était pas mauvais dans son pro*

^ 204 rr-

gramme. LHdée qui uvaii présidé t sa ert&ttM il? son poi&l de départ — M. de Cassagnac ^ '^fà6^ nait luHnéme — dans un projet de H. de .Gîx^si?^ qu^on trouve toujours le premier sur ce (encttât^r. 1837, le directeur de la Presse avait ea la pen d^annexer chaque jour à son journal dnq supp ments spéciaux.

« Les journaux , disait-il alors, sont devenus un é premiers éléments de notre existence publique et scxâé] de notre existence de citoyen ; mais, les intânéts dti 'é toyen une fois satisfaits, nos droits et nos deTokv cla rement définis, suffisamment indiqués, la presse pérk dique nVt-elle pas à s^occuper d'im autre ordre dldéa d*une nouvelle série de besoins?

» Chacun de nous n*exerce-t-îl pas une profession ou ne tient-il pas dans le monde un rang qui exige u commentûre vivant, un guide de tous les jours, 119 espèce de moniteur dans lequel s^enregistrentlôs éasà les enseignements, les docto'ines^ qui ne peuvent trouva place dans les colonnes des Journaux politiques f

x> Ces faits, ces enseignemeols, ces dœtiâDBesi cmt déterminé la création de feuilles ^éciftleg.; aÂn^ nmt aà les journaux de droit, de médecine, de sciences, d'arts, dlndustrie; mais ces journaux , par l^ispécûalUé* même où ils se renferment, imposent une doubje di^nse i Tabonné, quîf, sHi est médecin, doit encore souscrire 4 une feuille politique : car les soins de aa profession ne le détournent pas de sas devoirs et de ses inl^*éfs dtf citoyen....*

» Les fondateurs de la PresM «nmrsaaK^jé sont pp^ posé pour bat de satisfûre à la fois l'ho^Hva-pi^elto citoyen. Pour atteindre ce but» ils publieront dans ua seul cadre, mais dans un format différent, deux (euiii<tf entièrement distinctes et cependant réunies ,; afin d*ep mettre le prix à la portée de toutes les positions : car, depuis la révolution opérée dans la presse périodique par les jolBmaux k4ofr»f Tadoption de ees bases éoonoanqufis est deveinie leur condition première d*e:|i8teiio».

iy c*«st im double journal en cinq éditions sup^

qw >paasaîtm tous les jours sous le titre gé«

*reêS6 Mmoerselie ; ces éditions si^lémentai-

Tont auxproCessioBS qulndique chaque titre:

militaire et naval \^ Supplément judioiaire

Itraiif; — Supplément médical ; «^ Suppléa

tindastriei et commercial; -^Supplément littéraire

Le prix de chaque supplément eût été de 20 ir. ^

U y avait certes une excellente idée danis cette inbittaisoD écoBOBiique. Elle consistait , comme on voit, à publier divers suppléments spéciaux qui •WBtété à là Presse ce que sont les rayons ou les is d*!»» fme à' son axe. Ainsi, par exemple , le mmerçant abonné à la Presse , moyennant un fai-* esurcroll de prix , aurait reçu avec son journal poiqoe 1I& supplément industriel et commercial ; le H8G<nisiiUe, le notaire, Tavoué, un supplément ju« oaire qni eût été un véritable journal des tribumx. Chaque spéciâlllé assez vaste pour fournir un mbre d'abonnés suffisant aurait ainsi donné lieu à le édition distincte et spédale de la Presse.

La Presse unherseUe resta à Tétat de projet, irce q«e son anteor , surchargé dWaires , ne pouûl nine voulait la faire seul ; et aussi parce qu'elle mlevait une question fiscale douteuse. L'art. 2 de la \\ du 14 décembre i 830 portait : « Il ne sera perçu icon droit pour un supplément, qui n'excédera pas d dédmètree catrée, publié par les journaux impri- )ès sur uBëfeuiile de 30 décimètres carrés et au des-« os. 9 G^st sur l'interprétation de cet article que re* ^)sait tonte la combinaison , qui aurait eu pour ésultit de publier deux journaux très distincts aoyeoBuitiui seul droît<, ^c(momie toute daire et

très importante. Mais pouvaiiron don&er uhepareiik extension au mot SupplémeiU? Ponrait-on cspé que les tribunaux Tinterpréteraient dans un sens aussi large? Gela était peu probable. Cependant , commi Taffirmative avait pour elle de sérieuses autorités, comme au fond le germe de Tidée était fécond, M. à Girardin la reprit en partie en 1843, et publia son le titre de Supplément à la Presse un Bulletin dû tribunaux. En quelques mois ce bulletin avait ai ^menté de plus de 6,t)00 le nombre des abonnés dei Presse , et ce succès avait déterminé la Gazette Tribunaux, justement effrayée, à prendre. le format. Mais la question fut déférée aux tribunam par Fadministration, et elle fut résolue contre m Presse,

L'Époque et le Soleil eurent la prétention défaire entrer dans le cadre même du journal les soppièments de la Presse^ de donner dans un même oottexte dix ou douze journaux dont elle aurait fait, elle, dix feuilles distinctes. On comprend, sans que nous ayons besoin d^nsister, la différence entre les deux combinaisons , le peu de sérieux de celles de MM. Bobain et Dutacq. Il ne suffit pas pour être autorisé à dire qu^on publie dix journaux dans m seule feuille d'y faire dix petites cases au moyen di dix gros titres, d'imprimer un damier sur une feDiUe gigantesque que personne ne pourra déployer. 1^ journal-encyclopédie n'est qu*une utopie, ou plalôt, disons le mot, un leurre.

Notre première raison de penser ainsi — et celle^ pourrait nous dispenser d^en donner d'autres — c'eii qu'un journal universel serait impossible à bon ma^ dié, et le bon marchéaujourd'hui est, pour un joo^ nal , la première condition , la condition sine qoà non. Pour s'en convaincre , il suffît de jeter un eoap

Kl arrière, de repasser lliistoire du journalisme i c^ quinze dernières années , et de voir les de journaux qui jonchent de toutes parts le de la concurrence.

le bon marché n'est rendu possible que par le p Mnit des annonces, et les annonces ne donnent un pdnitsérieux qu'aux journaux qui ont une clientèle, th clientèle ne se crée pas en un jour, si bien que IbR sache jouer de la grosse caisse. L'Époque Payait ieo compris ; aussi avait-elle résolu de ne pas at- Mire venir les^O,000 abonnés nécessaires pour lui Murer le rang respectable qui convenait à sa granlenr; elle se les donna tout de suite, et tira dès le premier jour à 20,000 exemplaires. L'expédient pourait être ingénieux, mais à coup sûr il était ruineux. Voici d'ailleurs un argument péremptoire emprunte à la cause , et que nous croyons devoir reproèiire : c'est le .budget.de Ja Presse en 1845 , oppo« se par M. de Girardin aux calculs fantastiques de tEpoque, , . ,

FRAIS PàOPdftTIOmiBLS PAR ABOKKBÉRHT.

Départements.

Timbre • 360 n~ à 6 c. 21 fr. 60 c.

Poste id. 4 c. 14 40

Papier 360 f^» à 3 c- 10 80

Tirage et pliage • • id, • le. 3 60

50 fr. 40 c.

Paris.

Timbre , papier, tirage et pliage , comme pour les

départements 36 fr. c.

Port, à un cent, le n« 3 60

39 fr. 60 c.

N(m compris les feuilles Sâtées au tirage ; or toute

Irailie timbrée et gfttée reinrésente une perte fieClê de 10 ténu

Ainsi le prix d'abonneôiéfit éé la Presse ^ en le calculant à 40 fr. pour Paris et à 48 fr. pour les départements , remises compensées par In'diflèresce ekistant entre le prix de Tannée et celai des tiimisstrès et semestres, n'était même pas suffisant poor cocnrrir les frais proportionnels; point de bénéfice sur lès abonnements de Paris , et perte sur ceux des départements, perte qui ne laissait pas que de représeftter un chiffre assez rond quand elle se répébut quixse k vingt mille fois.

Voici maintenant quelles étaient les dépenses on frais fixes :

Rédaction et correspondance (gérffiot

eompris). .•.•.'•.. 144^^000 f.

Composition • . • w . • • 50,000

Usure des caractères, v . , . d5,000

Administration , 30^000.

Loyer. •....•,. 40,000 Perte sur le cautionnement. • « 3,000 Echanges et gratuits • . • • . 6,000 . Procès , amendes^ . • ^ • . S^OOO Réparations et renouvellement des presses mécaniques, imprëva et dépenses extraordinaires ... • • • 43,000

Total. ; 282,000 f.

Telle est la somme énorme que devaient convrir les annonces. Celles de la Pressé étant alors affer» mées 300,000 fr. par la société Duveyrier, il restait un bénéfice d'environ 20,000 fk*.

. On peut juger, d'après ces chiffres , les supposàtoaaHême quelque peu exagérés, ^rflkstrhaaiHw of-

tttt j#ttnial eommë l'Époque âe donnaiit au m&me

jrîx que la Presse, <

it Mais des considêratioûs d*un autre ordre militaient

iMntitt cette prétention de la presse à Fencyclopé*

)■#.• Préoéndre faire de chaque numéro d^'iin journal

'itofpos livre encydopédique , c*est monter, si)'on

^t, QBe entreprise de librairie s mais c'est tuer dn

flop cette noble institution dont le but est d'agir sur

«sprit public à chaque instant et sans relâche ^ pré-^

-ifaîment parcette brièveté intelligente et incisive qui

Vaecommodeavx loisirs de chacun et de chaque jour*

Le journalisme ainsi défiguré n*estplus une tribune^

jpiais une chaire de pédadogue^ aux dissertations

sans suite et sans fin. C'est une fabrique de traités

incomplets et avortés sur toutes sortes de choses , ce

fi'est plus une puissance.

Ce n'est point sur la grandeur du format, sur le plus ou moins grand nombre de rubriques et de compartiments , que doivent se mesurer la valeur et l'importance d'un journal ; mais sur l'excellence , le nombre et la rapidité de ses renseignements, de ses informations, de ses correspondances; sur la fidélité, la promptitude et l'étendue avec lesquelles il rend compte des débats législatifs et judiciaires.

Nons le croyons avec mu journaliste — nous nous servons à' dessein de cette expression par laquelle nous voudrions faire entendre autre chose qu'un écrivain, un publiciste — nous croyons, dis-je, avec un journaliste dont les œuvres ne permettent pas de nier la compétence , que « l'idée vraie, l'idée juste, c'est de demander :

» Aux traités , la science;

D Aux livres , les idées ;

3» Aux revues , l'étude approfondie des questions ;

A Aux recueils spéciaux , de justifier leur titre ;

» Aux journaux quotidiens, la publicité la plu; prompte et la plus impartiale donnée à tous les dé • bats , à tous les documents , à tous les faits ; le juge ment le plus rapide et le moins passionné sur les évé • nements , les Institutions, les hommes et les choses . ^

Que la pressé, cette vivante image de la société , suive les mouvements des idées , quand elle ne J/ ; devance pas , rien de mieux , c^est son essence et soi t devoir ; mais qu*elle n'oublie point qu'en toutes cho • ses il est de justes limites où s'arrête le bien , surtou qu'elle ne s^oublie point elle-même. Le journalisme^ avons-nous besoin de le répéter, est une institution: éminemment politique et morale; il peut, dans de certaines bornes , emprunter à l'industrie , mais il ne saurait se faire industrie lui-même, sans perdre toute portée et toute influence , sans se suicider, sans (^annihiler.

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