DÉCRET
Au nom du peuple français.
Art. I.
Il n^ a plus rien.
Art. lï.
Tout le monde est chargé de Texécution du présent décret.
Fait sur les barricades, le 24 féyrier 1848.
Cette plaisanterie , imitée d^un petit journal du mois de juin qui pouvait au moins confier Texécution de son projet de décret, fait en conseil, à la commission du pouvoir exécutif, exprime bien mieux encore la situation au U février. « Rien ! rien ! rien ! entendez-vous ! s'écriait VAmi du Peuple, le 27 février; rien, c'est cruel ; mais rien, cVst beau! » Gela était vrai surtout pour la presse. « Il est bien entendu.
disait encore Raspaîl , que toutes les lois des dem gouvernements déchus qui portaient entrave à la lîr bre manifestation de la pensée sont abolies à jamais; le peuple en a fait des cartouches , ainsi que de k charte b&clée. »
Ainsi, plus de caution n e me nt, plus de timbre, pins de déclaration, d'autorisation, plus de liens en m mot 4 plus d'entraves d'aucune sorte; plus de conditions ni d'Age , ni de snoralité , ni d^spritméme. Le Français le plus mineur, le plus dépourvu de mœurs et de lettres, pouvait faire imprimer, en ces jours de gloire... ses opinions? non... ses élucubrations? ce serait trop encore.. « enfin ce que vous voudrez, ce qu'il voulait. Et vraiment il ne fallait pas avoir 50 fr. dans sa poche pour se fefhser la satisfaction de s'hèlever à soi-même un petit monument en faisant imprimer un carré de papier, qu'on remplissait de choses quelconques , sous un titre quelconque , et qu'on signait magistralement : le Rédacteur en chef, MOI. C'est alors qu'on pouvait dire que l^sprit courait les rues, et quel esprit! bon Dieu! Et comme on se sentait fier, d'être Français quand on coudoyait dans Tous les f^TveÎQVXs le Perdu Ckene,VAmerDuchéne, la Vraie Raie publique e\ autres chondroptérygiens!
Si la plupart de ces carrés de papier n'avaîenC ni rime ni raison, eaTevanche ils n'avaient pas même le mérite de la nouveauté. La révolution de février , a eu un tort, entre autres, c^'est d'avoir voulu singer la première révolution. La presse — nous nous serr vons, de ce mot faute d^utres -^ la presse donna stt^ tout dans ce travers» On ea va juger;
Un mot avant d'entrer en matière^ La rèvolutiop de février s'offrait à nous sous un aspect profonde-
- tis —
Éttt trhite et sous un autre qm Tétall beaiteeup mm, liotts aroQt préféré nous placer & -ce dernier foiat de vue, parce que , entre autres avantageas , il ftos laissait une plus grande liberté d*aUu>re. Mais ise foudrait pas qu'on se h&tàt tr^ de «inclure dé iMretonà nos sentiments ialinies. Nous avons ri dé Malnes excentricités lUtérmes pcrassée^ jusqu^i lUsoide; nou9 avons ri de oertaioes théories so-icàies, ou plutôt de la façon brutale ou inepte tet elles étaient présentées , façon très propre à Ottpromettre les plus utiles réloh»es; nous avons ride la manière dont certaines gens qui crient leur r^blicanisme sur les toits pratiquent les v«rtus que ce mot semblerait devoir renfermer. Mais est-ce à liire qa'i nos yeux il n'y ait p9S de vrais républicains? Esl-ee à dire que nous méconnaissions ce qu'il pou* Tait y avoir de bon sous ces excentricités de toutes nnes dont nous avons plaisanté , qv^ bous prétendions que tout soit pour le ntieun dans le meilleur ^mondes? Non certes; mais nous sommes patient, parte que nous avons la foi. Ces grands mots de H^ ^rtéy égqUti^ fraternité^ ne datent pas précisément de 1848; nous les connaissions avant que M. Cansddière les fît inscrire sur tous nos murs; nous les avons lus dès notre enfanee dans un certain livre qui 8*en va cbeminant par le monde depuis tantôt ^-aeuf sièdes, lentement, mais sûrement, irrésis^ bernent. Nous avons lu de plus dans ce livre que rerreur ne saurait prévaloir contre la vérité , et nous tttendons patiemment, priant Dieu qu'il nous envoie le moins possible de révolutions de février. Cela dit, en avant!
Le premier journal qui nous arrive à travers les (niTicades , c'est
La RiPCBLiQCB , fondée , selon son titre, \eik février. — Le S4 février! Qui savait alors où nous allions, si ce n^est le Nostradamus du 19® siècle, nnvjeQteur de VAlmanach prophétique, M. ËDgèoe Bareste , ou plutôt Barestadamus , comme oh Ta baptisé? Toujours est'ii que le prophète avait deviné juste , et la République^ dopt le premier numéro parut le S6 février, eut un grand et prompt smès. D'abord dévouée au gouvernement provisoire, die devint bientôt un des organes les plus ardents des doctrines socialistes. Voici, d'ailleurs, quelle était sa profession de foi , queoous citons comme le poiBi de départ de tant d'autres dont nous allions bientdi être assourdis ; elle est adressée à tous les citoyens!
Lé titre qu'on vient de lire elles devises qui raccompagnent disent assez ce que sera le journal la Hépu-
Nous voulons la liberté ^ le progrès et l'ordre; laib nous voulons surtout : *
Que les lois qui entravent la liberté de peostf, de parler, d'écrire et de s'assembler, soient abolies à tovt, jamsds;
Que les intérêts et les droits de chacun , ceux du rie comme ceux du pauvre, soient respectés également, soutenus efficacement par des institutions en harmoi avec les besoins du temps , les désirs de notre é[
Que tous les citoy^as qui participent aux charges i la France puissent être électeurs , et mêmeéligiblds;
Que l'éducation soit donnée gratuitement aux de tous les Français;
Que le travail matériel et intellectuel soit org sur de nouvelles bases ;
Que les rapports des maîtres et des ouvriers soji réglés dans Tintéi'êt des uns comme des autres;
Que l'existence de tous les travailleurs soit li'iine manière définitive ;
Que les différentes branches de l'agnculture, de il
dnâtrifl et du commerce reçoivent les améliorations ip^elles rédament;
Qqe les scàences, les lettres et les arts soient proté- ' gés comme ils. doivent Tétre en France , dans cette nation îatelligente qui marche depuis si long-temps à la tétd de la civilisation européenne.
Nous voulons , en un mot , que tous les citoyens soient Gbres, qulls occupent tous les emplois dont ils sont capables, quils jouissent de tous les droits politiques, el qalls puissent être pour toujours affranchis du besoin et de la misère ! — Vive la République !
Malgré les nombreuses amendes dont elle fut frappée, la République a vécu, la dernière de^. feuilles de son parti , jusqu'en 1851 .
€e titre sonnait trop bien pour qu*il ne fût pas reproduit, la république, d^ailleurs, comportant toute sorte de nuances. Ainsi, nous eûmes une République française ei une République universelle, une République démocratique, tme République démocratique, et sociale, et , rmfbrzando , une République rouge, émanant, comme le Bonnet rouge, journal des.
sans-eolottes , de la rue des Boucheries , et qui avait emprunté son épigraphe à Proudhon : « Souvenez-. ]> vous que le drapeau rouge est le signe d*une révo- » lotion qui sera la dernière. Le drapeau rouge ! c'est » Tétendard fédéral du genre humain. » Il y eut môme une République napoléonienne. Mais tous ces' canards barbottaient dans le faux et dans Timpossible; â appartenait au citoyen Thoré, cette barbe sans pareille , de nous donner la Vraie République (26 mars) , dont le succès fut assez grand , gr&ce à la collaboration de Pierre Leroux , Georges Sand , Barbés , pour donner de Tombrage à la République tout court, qui, impatientée de s'entendre appeler, par antiphrase populaire, la Fausse République , lui
inten^i, sous prÀteaUe d'asiir{iaiioo d^ soo titra , uqt pirocès auquel coupa court ^ fort à propos t ifriupeii-* sion de la Vraie RépuhUque» «Quels répabliei^a» , disait à ce propos M. Thoré, qui veuleBi déi»«p€iser un journal républicain! Quels socialistes, quireulent empêcher la propagande socialiste ! j>
Ce que voyant, M. E. Lambert nous a proposé la République possible, journal des iatérôts de loua ei de la mobilisation de la prophète foncière. Voici comment, suivant ce sauveur, la rèpubtiqae^ipofr* sible ; suivez bien le raisonnement : « La république est possible à condition d'assurer la vie publique; le travail national dépend du crédit; le crédit dépend de la confiance qui doit régner entré le capital et le travail. » Donc il faut organiser le crédit foncier et fonder une banque hypothécaire , dont M, Lambert donne le plan en seize articles; sans eek pas de république.
T^nt d'efforts impuissants irritent À boa droit le sexe sans-culotte. Après de longues discusuions et d'orageux débats, le club des femmes aprononfié : il faut exterminer ces gueux de maris! La croisa est ouverte, les légions sont prêtes, les coborlesvésa** viennes n'attendent plus qu'un chef pour les co&dui-' re , qu^un Tyrtée pour les animer au combat Ce Tyrtèe , ce sera la République dea femmusê, journal des cotillons. Aux armes 1 s'écrie*?trU)
Yésuviennes , marchons, et du joug qui J)0US pèse
Hardiment aifranchisgons-nous !
Faisons ce qu'on n'osa fedre en qu^tre-vlngt-treizs» Par un décret tout neuf supprimons nos époux l
Qu'une vengeance sans paille
Srât la leçon du genre bumaki.
Frapp<»â : que les coqs de la reili»
Soient les çhapoai du leodem^ I
Voiiî le danûcr ^ùtifki du CfaoK du d^ant rfr mifinjuim^ cugnmde espédàmn contre ces gueu»
finaiM) le tour sera fait y d6 ee 86X6 barbai»
Ouand plus rien ne restera, Pûor les ensevelir je veux que Ton prépare
Un monument où l*on lira :
-« « Vous qui passez , priez pour l^me
» Du sexe fort «is à néant.
2». Le.aeKe forifaïuttait sa fomme ;
» Ibîs le haUisà dtvieBt heitmX* 9
En avant î Délivrons la terre De tyrans trop long-temps debout !
A la barbe faisons la guerre, Coupons la barbe , coupons tout !
PoiaG^tte nova aammea aur le chapitre de ce» da-^ nés, vidons notre aac et aignalons de auitd à la pos«» tèritè l'im Poààque dee femnesy par eue société (i*oa?rière8 « sooa ia directkNi de M ">« Désirée Cay^.
UOpmenieê femmes; ^ Liberté, égalité, fra** tenûtétpoar teiiseiyoor toutes; rédacteur en chef : Jeanne Deroin. Voici sa profoasioa de foi : «-Nous denumdeie&s toRsIammenl, au nom de Tégalité, raboHtion eompiéte de tous iea privilèges de sexe, deiaee, de naiaaaiice^ de caste et de fortune. Nous vealenspourla £ammet TcttfoQt ei le travailleur, le droit de vivre , cpii est le premier de tous , et le libre dèreAoppeflieBt; de tontes leurs iSacidtée physiques, iateUectoelles et morales, Téducation égale pour Umb; — - renseignement professionnel et scientifi- <inesdoii les aptitudes; -**- le droit au travail ; — radmiasioD à toutes le^ fondions sociales , selon les Cicultés, sans distinction de sexe, etc. »
. La feim dm fnmnes. Journal fsetidien , socia-
liste et politique ,. organe des ii^iH^ts de toutes, di* reetrice : H*^** Eugénie Niboyet. « Les temps étaient pour nous , s'écrie M"*^ Niboyet dans le n<»-5 : noire journal devait réussir ; le succès qu'il a obtenu dès son apparition a dépassé nos espérances. Les femmes ne se sont pas fait attendre ; leur participAtion nous est assurée ; Dieu a béni nos efforts ! Désonnais notre journal ne sera plus le travail d'une seule, mais l'œuvre de toutes. Dés demain nous constituons deux comités : l'un pour la rédaction du journal; l'autre pour discuter le plan de nos enseignements publics aux femmes. Chaque aptitude pourra, ao sein de nos assemblées , se produire et se développer. Les trois modes de manifestation de la vie individuelle et sociale , par leur libre spontanéité, élèveront la femme à la hauteur virtuelle de sa mission , et celle-là nous sera surtout chère qui , duis sa supériorité , saura se dévouer, tête., bras et cœur, i la cause du progrès. » Cependant, la Voix des femmes se vendant peu , on la mit en actions ; mais , dit ie malin chroniqueur de la Physitmomie de la presse, un seul socialiste mordit à l'hameçon. Cet homme candide n'étaitautre que le citoyen Olinde Rodrigues, candidat malheureux à l'Assemblée nationale, inventeur d'une constitution entièrement neuve et n'avanl
pas encore servi... Le journal cessa de paraître. Devant l'indifférence publique , toute autre se fût humiliée sans essayer de ressusciter un mort» Mais la citoyenne Eugénie Niboyet n'était pas une femme vulgaire; elle se gratta le iront, et en tira... une idée sublime : le Clui des femmes était inventé. Uo beau jour, entre l'affiche du bal Mabille et celle dir ^éàtre Bobino, apparut une pancarte jaune où Tod disait :
« Ce soir, aux Spectaçlçs^-ConeerU, le dubdes
unes tiendra sa première séance; prix d^entrèe ! centimes pour les hommes , 85 pour les femmes ,' enfants et messieurs les militaires. » L*affluence énorme, la recette colossale, et le journal put rcrre : le tour était joué. Si ce n'était pas sortir de m sujet, je vous parlerais de la candidature offerte George Sand , des discussions sur le divorce , qui liëpassaiestenjoyensetés les pièces les plus croustil- ! tantes du Palais-Royal; de la liberté de la presse , qui régnait' sans limite à rentrée et à la sortie du dub; des apostrophes peu parlementaires qui saluaient ces dames à leur apparition, et qui, par Ténergie du geste et le pittoresque du langage , rappellent assez la descente de la Gourtille. Je vous mon^ trerais le bureau occupé par une collection de mo^ mies d^Égypte de la plus respectable antiquité , bataillon sacré , qui ne donnait que dans les grandes occasions, et comptait la recette à la fin de chaque séance... Sed non his locus.
Les applaudissements des Spectacles-Concerts retentirent jusque sous les voûtes du Palais-Bourbon , et, dans sa jalousie, FAssemblée nationale, compo-^ 8èe dlioœmes , élus par des bommes , ferma brutalement à ces dames la porte des assemblées populaires. Et les journalistes hommes d^applaudir à deux mains, cela va sans dire. Voici , entre autres, comment parlait de cette mesure , dans le Journal, un homme qui eut dans son jeune temps un grand faible pour le sexe, mais qui commençait à grisonner, H. LéonGodan, puisqu'il faut Tappelerparsonnom;
Un paragraphe en faveur des femmes.
Le décret voté avant^iier par TAsserablée nationale sur las clubs renferme un paragraphe qui défend aux femmes de figurer dans ces réunions politiques. Quel-
qaes membres plus gakatsqae lo^eleafl otft contre cette exclusion, sans motiver leur opinlocr pers> Aelle. Ils n'eut écouté sans doute que leur inspiratia Comme llnspiration ne se réfute pas, nous sommes dis pensé de les combattre. La Voix des fsfnfnes'lëaT décernera des couronnes de jasmin et des nœiids îfterubafir rose : que cette réeemp«ne les ûornaoke "ée holte silence.
L'Assemblée mdtloiieJe a en rnaon de femwr àurfemmes la porte desclubs^ pùelles auraient 'acbéré de pwdre les quelques restes de frâce qui lee distinguent en^ core des hommes. Pendant quelque temps il n'est pas mal qull y ait encore deux sexes ; plus fard on Verra. En attendant, respectons Tusage, la tradition, fil coutume , cette coutume qui veut que ce soient léS femmes qui aitot les soucis de la ffroesêsse et l^ennaiile Hsdlaitement.
Nous aussi nous mr(ms gémi «Mtrefoii sur te malheurs des femmes dans la société ; immis «nssi nous arons dans plus d'un livre demandé leur émanûpation. Mais à côté de nous il s'est élevé tant d'écrits en faveur de, la licence des femmes , que nous nous sommes vite empressé de nous taire. Quand nous ne voulions que leur 6ter leurs chaînes , d'autres brisaient leur ceinturé. Ëi ce qu*ii y a de fftcheox , c'eet que nouft ne sommes paà sûr qu'elles aient des chaînes^ «tqa'ilest évident qu'efles portent une ceintiire*
La belle antiquité, i kqnrile U fout tonjpvs revenir en matière de politique et de législation, ne donnait que des places d'honneur et pas de droits aux femmes, ménle les plus nobles. Une grande raison la guidait, c'est que la nature le veut aimn.
La nature veut que la femme soit Tétefne! contrasté de l'homme, pour que l'hommé^soit chtiii»mé pair ia=différence, attiré par la curiosité , tenu en haleine par le désir. Du jour où les femmes porteronl un j^antalon et ampailetot, la pépulâiti<NEi s'aonlkenu
Que sur certaiiae^ questions d'échieaiên elid^éceubmie dpmestique les femmes puissent répandre qtuà^pies hi^ mières , cela n'es^ pas douteux ; mais en conclure qu*el-
É dmvBnt à ce titre do&ner leur avis gàr les questions ~ difficiles, et: les plus -eomplexes de la politique i à» JeoTS nuuns ^ c'est se jeter tète lyaissée dans cet de.foiieft €t d'extravBgsnees^oût nous sortons î \\ c!e9t depunder FégaSté un cfaéae et du roseau « tem et d» âiel, du ver et de rétoâe. Cela n*e8t fm 4e VégàSMi, c'est de l'aplatissement.
'l'Assmiblée jastâonate a sagement comf^ qu^ y irait anomalie à permettre aux femmes de siéger aux Mis el à iiua pas lènr permettce de siéger à ht Cfaambe. Si OBileor «tarerait le droit de foire des insurrec-^ fiBota, OB ne snppose ppa povrqooi en ne letir accorde* ■it pas aussi le droit hksa plss politique de les répr»« Mr. £t aae Ch^mlve ayamkda» ftmmes pour représen*teis^ une Chanlire composée d'hommes et defemmes» noouarsasiiraDaiigoère sur sa perfiiïHle iadépendance» ^ craint ks'. infijunees ! maie «kles da regard , de l4 Colette, de la grâce ! rinfiuence des deux mains se ren* t^xUrant jdaas Fanie l nais celle d»la parole , qui est si «ntr^nante cheaLcerlains dépotés quand Hs ne sont pas ils tdboiMl mais la. bwrotle, mais les pas perdus^ ■ait les couloirs aoitd>ces^ maie le jardin de la prési^ <looe avea ses Tokploeax aoaeias, oà Ton se rencox^ tmûtn souvent par liasard !
U 7 a aussi beaucoup* de pOTtefeiii ticbce à la cham« ^, sli yabeancoup ds ânanciers ruinés: la séduction ^ Ter a'flsIreUe.pas à oiaindie? Veyez-^ous le Rhône^ pv exemple , corrompant avec un bracelet de diamants j^mable SBmer«t4)i6ft on les trop légères Oenr-Sèvres? (m compte aussi à rAssemblëe nationale beaucoup de Bilitaires doal la giloite lelàve les obarmes personnels : <I^ pent dito si LiUe en éfiajolettss ne troublerait pas le ^^ffioretn^enlèverait pas le vote de U. Gironde, qui a Tor- Makion si exaltée et ilmagination si poétique 7 Je ne Me pas des avoGMts : peu de rqprésenteatos leur résls»j^^aîent et ils rénsterutBl à Ineii t>ea dto reinrésentante». '^niais on JM pouoraift ptévolr le sort d^uae loi : cela ^cpendrait du jour, de iat saison.' » Uj^tempa aiinit des effetsteoitis snr tatdes^e
tf!iiÉi8 prqxJsttion» Tel mimstre , cMsptaat sur vàe'mt' jorité respectable 9 se yenrût battu le lefidemain par ime minorité qui aurait eu FadreaBe de s'adjoindre ou ioos les beaux hommes ou toutes les jolies femmes* Je ne répondrais que des hommes de lettres journalistes qû auraient llionneur de siéger: ll\abitude de viyre dans llntimité des actiices les rendrait invulnérables aux Coups d'une séduction ordin^te. Mais les médecins ! ! passons.
» Et voyez ' vous d'ici les partis physiologiques qui » formerûent à côté dès partis excluâvement pcditiques: le parti des vieilles femmes représentantes en face da parti des jeunes femmes représentantes ; le parti des veuves et le parti des femmes mariées ; puis, les nuances politiques se compliqnant des nuances de cheveux, oa aurait le parti blond, le parti brun, le parti châtain, le parti mûgre constitutionnel , le parti gras répobli- C£Un. On s'y perd. Dieu nous garde de cette invaâon! La France y lûsserait sa demi^ vertu. Figurez-voas encore le département des Boucfaes-du-Rhône , ce département si distingué , envoyant des bouquetières et des cuisinières à FAssémblée, et le département do Finistère se fusant représenter par de nobles marquises et de fières duchesses. Mais ces dames s'airadieraient les yeux, elles se battrûent, ^es se... Plus d'une C'Dîs le président serait obligé de rappeler les représentantes à lapudeur, tandis qu'il inviterait les représentants à se voiler.
» Encore une fois, l'Assemblée nationale a raison: 9 ne faut pas que les femmes aient le droit d'aller dam les clubs. Il n'en résulterait qu'une aggravation du nal que font les clubs, quand ils font du mal. On ne le croira pas, cela est pourtant d'une observation générale et d'une vérité étemelle , les femmes vont plus Ioib que les hommes en cruauté. Dans les temps de guenv civile , elles sont des torches dans le conseil et des p«' gnards dans la rue. Elles incendient au lieu d'édairert elles tuent tout ce qu'elles rencontrent; elles ne fontptf de prisonniers. C'est qu'elles ne raisonnent pas, 6U«
— fî3 —
Élpassionneni ; elles mêlent Tamour et la hune à tout m qu'elles touchent ; et, Torgueil s'y Joignant, elles veiipit aller même plus loin que les hommes, dont elles hteitent le courage : eux tuent, elles mutilent; eux se Iftarrassent, elles font souffrir; lliomme se contente Ibn cadavre , la femme veut un martyr.
' V Et, quand elles servent à la Chambre et aux Clubs, qm gérerait la maûson, qui salerait le potage, qui ré^ pondrait aux yisiteurs, qui soignerait les enfants ? Le feari peut-être»
n Femmes chez lesquelles il reste encore le bon sens^ cette qualité qui devient si rare parmi les Françsôs, femmes d'écrit que de mauvsdses lectures n'ont pas dégradées, femmes de cœur qui n'avez pas ladssé éteindre le chaste feu de la famille, la famille, cette première société créée par Dieu et destinée à demeurer la dernière sur la terre, femmes de toutes les conditions qai souriez au sourire de l'époux bien-sdmé et pleurez sox larmes de votre enfant malade , qui agrandissez toutes nos joies et diminuez toutes nos douleurs par votre seule présence au foyer domestique , allez remer* âer l'Assemblée nationale de l'honneur qu'elle vous a fait de vous exclure des clubs. Jamais affront ne fut pltts digne , jamais insulte ne fut plus sdnte. Ce soufflet TOUS ûût grandes et reines, comme le soufflet que donnaient autrefois les papes aux souverains d'Allemagne, le jour de leur sacre les faisait empereurs.
Revenons aux choses sérieuses.
Le roi est mort, Tive le Peuple ! — Le Peuple cotutituonl : Lamennais. — le Représentant in Peuple : Proudhon. — VAmi du Peuple : Raspail. — Antres Amie du Peuple, sa Cuuee^ son Triomphe, 8% Souvertiueié f ses Apôtres^ ses IriHue, etc.
Le Peuple constituant , journal de l'abbé de
Lamennais , éloquent pamphlet de la presse démo-
, étatique et radicale, parut en placard sur les murs de
Paris le 27 février, et ce fut comme mi éyénen» que te rèsotrecf ion de cette parole retentissante, l premiers numéros sont pleias de foi, pleins d^entho siasme pour la république : on se passionne d'auu plus vivement pour le nouveau-né de ses rôves qu' I*avait moins espéré , qu^on craint de ii« le pas m séder long-temps. Voici , en eff^ , qnels eonse M. Pascal Duprat donnait aux iwvrters ^n* 5), co aeils qui témoignent du peu de confiance qn*on av dans la durée du nouvel ordre de choses :
a Que les ouvriers ne se dessaisissent pas légèremej de leurs armes , quHs gardent avec la même soUiciiud )a plupart de ces barricades qui ont été le tombeau d )a royauté. C'est ainsi qulls fonderont véri^lement ] république. Ces pierres, qui on fsiit tout- à couj^des c4 tadelles , seraient encore au besoin 1^ gardiennes d| droit populsdre. » — « Que crains-tu, 6 peuple , enn tournant au travail? ajoutait M» Henri Martio. Q^M f arrache ces droits reconquis au prix de ton saag I qu'on te vole encore cette égalité politique qui est M seul moyen et la seule garantie des améliorations social les? N'as'tu pas ton fusil à c6té de ton établi ou de toij métier? x>
La réponse ne se fit pas attendre ; c'était un de^ héros du parti qui devait le désarmer, et» quatre mois après , le Peuple constituant était réduit au silence. Le numéro du 11 juillet parut encadré de noir; il portait cet avis :
Le cautionnemeni imposé aux joumanz ne nous permettant pas de continuer le nôtre, nous pcév^nooi aos abonnés, qu'à partir de ce jovr ils reoevroal ie jotunal la Réforme à la place du Peuple ConsHtuant^ saspendu forcément. Que nos lecteurs reçoivent , avecBOS firateruels adieux, Texprèsslon de notre reconnaissance. Leurs sympathies houè ont soutenuir, encouragés, âssB latècliei souvent difâcUe. et rnda^ ipàenons fietts éùtses
^ \Bpdaèe, Pussent-Us nous rendre ce témoignage, que WQsnVvons point failli à nos devoirs ! Maintenant nous tommes dans les jours mauyûs ; il en viendra de meil* httiB. Maespént de la France serùt un sacrilège.
Toicî les adieux que Lamennais adressait à ses lecteurs ; ce cri suprême d'une Àme profondément ulcérée traversera les âges :
« Le Peuple Constituant a commencé avec la république , il finit avec la république : car ce que nous voyons, ce n'est pas, certes, la république, ce n'est même rien qui ait un nom. Paris est en état de siège » livré au pouvoir militaire, livré lui-même à une faction qui en a fait son instrument ; les cachots et les forts de Louis-Philippe encombrés de i4,ooo prisonniers, à la fuite d'une affreuse boucherie organisée par des conspirateurs dynastiques devenus, le lendemain, tout-puissants; des transportations sans jugement , des proscriptions telles que 03 n'en fournit pas d'exemple ; des lois attentatoires au droit de réunion, détruit de fait ; Tescla- Tage et la ruine de la presse , par Tapplication monstrueuse de la législation monarchique remise en vi* gueor ; la garde nationale désarmée en partie ; le peuple décimé et refoulé dans sa misère , plus profonde qu'elle D« le fut jamais : non, encore une fois, non, certes, ce n'est pas là la république ; mais , autour de sa tombe sauvante , les saturnales de la réaction.
h Les hommes qui se sont faits ses ministres, ses serviteurs dévoués, ne tarderont pas à recueillir la récompense qu'elle leur destine et qu'ils n'ont que trop méritée. Chassés airec mépris , courbés sous la honte , maudits dans r«v«iiir, ils s'en iront rejo'mdre les traîtres de tous \m éèckB daas le duumi^r où pourrissent les Ames ca» davéreuses , les consciences mortes.
vHais que les factieux ne se flattent pas non plus d'ér d)^»per à la Justice inexorable qui pèse les œuvres et compte les temps. Leur triomphe sera court. Le passé qnlU veulent rétablir est désormais impossible. A la place de la royauté, qui, à peine debout, retomberait
Parié le 87 fènîer, et ce fut ^ ^^ la porter , Us m qoe h résatreclioû de cett,^ ^anarchie [m désordre premiers numéros sont p nation ne peut vivre, et de sîasme pourlarépubl^^n vain Us essaieraôent de le plus vivement pour ! foute force est faible contre le I^avait moins espf :ore contre le besoin d'être. Cette séder long-ten" y ^^ troaveraient-ils ? Dans Fs^mée f U. Paecal D' /^^^ ^^ toujours do oôté de la
j ^^\ ^, soldats de la presse, dévoués à la d<^ aaiis la r y^^ ^^ j^ patrie, on nous traite comme le
- « ' - 'ao\iS désarme. Depuis quelque temps, notre
de ) <- 'levée des mains des porteurs , était déchirée, la '"^yia voie publique Un de nos vendeurs a même 1' ,r'*'^5oané à Rouen , et le journal saisi sans autre
JifjM' L'intention était claire : on voulait à tout prix
/j^éduire au silence. On y a réussi par le caution-
i^0i. Il faut aujourd'hui de Tor, beaucoup d'or, pour
^ du droit de parler : nous ne sommes pas assez
l^e. Silence au pauvre ! j>
Cet article valut au gérant du Peuple constituant irfie condamnation à six mois de prison, 3,000 fn. rf'amende et trois ans d'interdiction des droits civi-ques. Lamennais avait inutilement fait auprès da rAssemblée nationale les plus honorables efforts pour assumer la responsabilité de son œuvre.
L'Ami du Peuple en 1848, « an i«' de la repu* blique reconquise, par F. -V. Raspail. — Dieu et par irie. — Liberté pleine et entière de la pensée. — Tolérance religieuse illimitée. — Oubli dupasse.— Vigilance pour l'avenir. — Suffrage universel. »
a Salut ! toi qui as béni mon berceau , et toi qui héniras désormais ma tombe , République , gouvememenl des peuples majeurs et dignes de la liberté ! Salut, culrte de toute ma vie !.... Cette république qui n'était pas possible en France, la voyez-vous déjà qui couvre l'Ëuropid
nrîer i)f Vim la répubH^^ européenne t fS^iàt
*^e la répubUqu$ unvoereelle ! Vire la cité de
'erre ! Vive le règne de la fraternité et de
t Dieu et la patrie! Les peuples, terribles
, rans , ne videront plus désormais ieun
^aen oon^l de famille et parla pacifique
a. Ce fer qui lançait la foudre pour pulvériser ones se transformera en levier de travail pour ex^ oiter d'autres prodiges tout aussi dignes de nos bénédictions.... Que i^t&*t-il de oes lois Hberticides qid peuplaient chaque année nos bastilles et nos cadiota avec réiite de la population , avec les citoyens les plus avancés de la France ? Rien ! rien ! rien !.... Rien, c'est cniel ; mais rien , c'est beau. .. . Peuple, voilà ton œuvre! Peuple veille sur elle , et que nul n*y porte plus une mân profane : car toi seul gouvernes en souverain. Tu as iaii grâce, c'est bien ; mais tu n'abdiquée pas ta préséance. Nttl n'est rien sans toi, nul ne doit être rien aue pour toi, et toi seul n'as besoin de personne afin aétre tout et encore quelque chose ! ... »
Ainsi chantait Raspail le 27 février^ mais dès le lendemain , — ce sont ses expressions, — « sa plume s'était brisée entre ses mains, sa langue s'était attachée à son palais , et il voue subitement au plus profond silence une voix qui n'avait jamais vibré plussonore qu'en se mettant au diapason des mftles accents do peuple. » Si vous demandez pourquoi, il vous ré' pondra en toute humilité : a J'avais fait peur ! i> D'autres , au contraire , prétendent que c'est lui qui trembla. A tort ou à raison, une grande rumeur avait accueilli l'apparition de PAmi du Peuple^ et les éti»». diwts avaient fait un auto-da-fé du n« 2 sur la place Saint-Michel. Cette exécution répondait peut-être à cette phrase du premier numéro : « Neuilly, ce boii^dûir d^une royauté décrépite, a disparu dans les flam^ mes; le peuple a purifié ainsi le foyer de la eornif^ tioa gouvernementale, a Autrement ^ ee que nousj
ftTess va de ptes remarquable , c*est racharnement avec lequel Raspaîl poursuit rappeilation de Mon" Heur, dont les ministres , les journaux , les particuliers , continuent à se servir, par une vieille habitude. C^est pour lui le sujet d'une profonde affliction, et il y revient à chaque page.
Interrompue au 28 février^ la publication de FA* mi du Peuple fut reprise le 12 mars et continuée jusqu^au 15 mai. On sait quel rôle Raspail joua dans cette journée; elle se termina pour lui par une captivité qui dure encore.
n y eut plusieurs autres Amis du Peuple , et cela devait être : le roi est mort, vive le Peuple ! a Le Peuple est souverain, disait un journal du temps, ht France^ et déjà il a tons les inconvénients de ce titre, eft attendant qu'il en ait, s'il le peut, les avantages. Les flatteurs, qui vivent aux dépens de ceux qui les écoutent, après avoir donné le dernier coup de pied aux rois tombés , se sont tournés du côté des forts. Grâce à cette tactique, il n'est plus qu'un mot émouvant et sonore, c'est celui de PEUPLE. Tout homme qui s'adresse au public s'institue mandataire du peuple, son commis, son valet. On se fait plus humble qve les humbles , plus petit que les petits. Les journaux , en grande partie du moins , sont des encensoirs qui brûlent au nez du peuple un parfum qui n^est pas toujours pur, mais qui enivre lés' cerveaux faibles... »
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mAtinSg Au dire de chacun étaient de petits saints.
Ah ! c^est que, comme le disait le Père Buckéne, «^nand il se rebiffe ^ le peuple , quand il se lève, ^aad il redresse la tôCe et le bras , alors on a peur,
on tremble autour de loi, on rappelle /^^up/^ souve raùi. Il a pendant deux jours sa cour, ses flatteurs, <es palais ; il est matire, il commande. >»
Donc on vit successivement défiler: V Apôtre du* Peuple; les Archivée du Peuple , registre politique ' du bien et du mal, où nous lisons cette boutade :
Vive Dieu ! les prisons sont pleines Sous cette ère de liberté :
Pourquoi ne pas nommer Vincennes Le fort de la fraternité !
Le Bon sens du Peuple, journal de bonnêtes gens, par Paul Féval et Auguste Vitu , avec celte épigraphe empruntée à la Constitution de 1793 : « Le peuple est Tuniversalité des citoyens français » , vérité un peu méconnue alors.
La Cause du Peuple^ par George Sand, non plus seulement du peuple suivant la Constitution de 93, fflais du vrai peuple, du peuple en blouse, du peuple souverain. George Sand s^associe corps et âme à la cause de ce peuple, « elle veut la plaider, celte cause aujourd^bui pendante au tribunal de la postérilé. » Malhettreusement le vrai peuple est peu familier avec, les théories nébuleuses de Tillustre romancier, avec soB style abstrait : la Cause du Peuple n'eut qu'Hun numéro (9 avril).
Le Peuple souverain^ journal des travailleurs^' conseille aux électeurs de choisir des hommes qui puissent sauver la République par leur énergie^ leur ^ obscurité, lenr pauvreté,
La Presse du Peuple, journal de tous , fondé par un typographe, un ingénieur et un prêtre, et deman-, dant <c Tabolition du monopole de la pensée. » <— ' La Souveraineté du Peuple^ par le citoyen Micha-^ lot, président du club do la Sorbonne ou de la Jeune Montagne. Le rédacteur en chef de cette feuille na '
devait payer ses collaborateurs « que comme Di« vriers ; Teiccédant des receltes, une fois les frais couverts , eût été employé à la propagation des sainea doctrines et au soulagement de ceux des membres qui, en attendant les réformes sociales, seraient tombés dans la gêne.» Malheureusement la police arrêta une si belle entreprise. Hélas ! le citoyen Miclielot avait eu des disgrâces en Cour d''assises. Sous le masque de ce patriotisme d'emprunt, on reconnut Tex-abbé Juin d'AUas , qni avait fui en Angleterre pour échapper aux persécutions judieiaires dutyran, il y avait une dizaine d'années. La République , non moins rigoureuse , lui infligea cinq nouvelles années de bagne pour faux, rapt, escroqueries et autres bagatelles. Fie-toi donc, ô peuple , à tous ces bous apôtres ! .
^"^ Le Tribun du Peuple^ organe des travailleurs, piar Tex-abbé Constant, si connu par le procès que lui valut sa Bible de la Liberté^ auteur de l'Aseomp' iion de la Femme, du Livre de larmes, de la Yoîx de la famine <^ et autres déclamations ejuadem^farince. « La haute cour est partie, s'écrie cet ardent socialiste^ mais la basse cour est restée, et voilà pourquoi on intrigue tant encore pour faire repré«senter le pays par des canards et des dindons».». Arrière donc, arrière la volaille! » — Un autre Tribun du Peuple « journal des révélations politiques , archives du favoritisme , du cumul et diie tous les abus , par P. E. Laviron, président du Club des l|ommes de lettres (sans ouvrage).
Le Triomphe du Peuple^ par M. Àmédée de Césena, aujourd'hui rédacteur en chef du Constitution^ nel^ parut le 16 avril, le jour môme de la grande manifestation réactionnaire , avec laquelle il était , je crois, très susceptible de marcher.
Lp REPRisEMTANT BU PEUPLE, journal des travailleurs, — « Qu'est-ce que le producteur? — - Rien, — Que doit-il être ? — Tout, » — Le Re^ préseniant du peuple représentait, comme on le sait, les doctrines du citoyen Proudhon , c'est-à-dire la destruction de la ppopriété , la ruine de la famille ^ et la* négation de la divinité. « La propriété, c*est le vol. » — « J)ieu, c'est le mal. » — «Travailler, rtst produire de rien, n
« La royauté , la propiiélë , le numéraire , voilà la trlnité monarchique que nous avons à démolir; voilà la triple négation dans laquelle se résume pour nous tout entière l'œuvre révolutionnaire commencée en février : car, ainsi que nous aurons lieu de le démontrer par la suite , toute négation, c'est-à-dire toute réforme dans la religion, la philosophie, le droit, la littérature. Fart, se ramène à la négation de Tidée purement subjective, à la négation de la propriété. Et la propriété abohe, on verra, pour employer le langage vulgaire, ce que nous entendons mettre à la place de la propriété, à la place de l'autorité, à la place de Dieu »
La panacée de M. Proudhon c^êtait, on se le rappelle, une banque d'échange des produits , objets ponr.objets, troc pour troc, comme au temps d'Ho-* mère , où Ton payait cent bœufs un bouclier ; le sel^ lier donnerait une bride et des éperons au Savoyard qui ramonerait sa cheminée , et le musicien qui achèterait du pain paierait le boulanger en lui jouant OB air de flûte.
Supprimé au mois d'août, le Représentant du Peuple reparut en novembre sous le titre simplifié de : le Peuple^ journal de la République démocratique et sociale, mais émaillé d'une foule d'épigraphes, ^^ l'ancienne d'abord : «Qu'est-ce que le producteur? etc. n ; puis : «Qu'est-ce que le capitaliste? —
Touk — Que dwt-4i èfre ? — Rien — plus d'usure, plus de misère. — 'Letrarail poitrious, la famfllG pour tous, la propriété pour tous. — Division des fonctions , indivisibilité du pouvoir. » — Vôil& certes, sans compter Finévit^Ie devise : Liberté « Egalité, Fraternité , qui dominait tout Tédifice , ua titre qui en disait à lui. seul autant qu'uae longue constitution. Les circonstances ne aoBt plus les mêmes, la tactique ne doit plus être la même.
<i Le succès de la contrerévolution, dlç^iens, nous a rejetés sur la défensiye; c'est la défense qull s*agit en ce moment d'organiser, en attendant que nous puissions oi*ganiser la victoire. Et c'est comme gage de bat^lle que nous venons demander, à votre patriotisme un dernier effort, Tacte de vertu suprême du chrétien et du citoyen : la PATIENCE. La patience est le tout de Thomme ; patience au travail et patience à Tétude , patience à la guerre, patience dans la pei:sécutlo]i. C'est la patience qui fait les héros et les génies , qui donne la victoire au droit sur la force, à la pauvreté sur la fortune. C'est la patience qui fait les peuple^ libres « les grands peuples Les complots, les provocations à la révolte, vous environnent : que le peuple soit , comnxe Dieu, patient, parce qu'il est tout puissant et immortel, patiens quia œternuSy dit rEcriture.Donnez-rnous donc, ^ travailleurs, nos frères, donnez-noqs pour quelque temps encore la patience ; écoutez nos paroles de paix et de sacrifice , et nous vous promettons , en échange» justice pour vous , honte et condamnation pour vos ennemis
» En fondant le Peuple, organe de la pensée ouvrière, nous venons constituer l'unité dps travailleurs en présence de l'anarchie des privilèges, pos^ l'idée révolutionnaire, lldëe progressive, en face des progrès réaor tionnaires, des idées rétrogrades. La révolution de février , qui devait satisfaire à tous les voeux du peuple, trompé en juillet, la révolution de février n''est déj^
— «as —
)n« eofluM eellè d« i83o^ coiiEimeœUd de 89 et ^ pallie étape dans la roate de Botr9 émancipation ; ce m. ia dernière...
» Kous voulons la famille, et nou8 la youlonspoiir jMle monde... Qui ne sait que lliomme de labeur est iBâ, et par excellence, Iliomme d'amour? Vous,
fat Vambition est de gagner de quoi nourrir une femme b rendre heurense, voulez- vous savoir quels sont les Itoeoûs de la femille? Portez le flambeau chez votre toiân le capitaliste ^ le rentier, lliomme de bourse , le p06 salarié, le parasite, Tmtrigant, Toisif; pénétrai ■as sa vie intime; interrogez sa femme, sa bonne, IDQ petit garçon , et vous saurez quel est celui qui , pat Vn égot^me avare , par ses amours désordonnés, corm&pt tes mœurs publiques et dissout la famille. C'est Il misère qui fait l'ouvrier libertin et fomicateur ; chez iô il y a horreur naturelle du vice et entraînement à liverVn. C^est le hixe qui rend le riche incestueux et idaltère : la satiété et la paresse sont en lui des agents indomptables de désordre. Nous voulons le mariage ■UQOgame, inviolable et sans tache , contracté en toute liberté df'amour, dégagé de motifs sordides , résoluble ftulement par la mort et la trahison. Où donc trouve^ Kz-Yous cet idéal de mariage , si ce n'est parmi vous , ouvriers et ouvrières?...
^ Nous voulons le travail comme droit et comme devoir, ttsoQs la garantie de la constitution pour tout le monde, le droit à Tassistanoe, dont on nous entretient avec une P^anQiropie hypocrite, n'est que le corollaire, la sano- ^OQ du droit au travail ; c*est l'indemnité du chômage... "^ DOS jours , sous ce régime de bancocratie , ne travaille pas qui veut, même en payant On se battait
jadis pour ne pas travailler, c'était la guerre sociale ; on w bat aujourd'hui pour traîner, c'est encore la guerre sociale. La civilisation est allée d'un pôle à l'autre : on s» I *^t d^abord parce qu'il n'y avait pas de loisirs pour I V»i\\e monde, et cela pouvait se comprendre; on se tue maintenant parce qu'il n'y a pas de travail pour tout le iDoode, et cela ne se comprend plus. Nos capitalistes légis»
l ftteuips vefttseBi de Noomiatire le droit aa teanûl : d ple^ e&core une fois, nous te demandons la patience l .]
M. Proudhon explique ensuite, « pour se conf mer au langage vulgaire y et afin d'éviter toute i lomnie, toute équivoque », comment il veut la pr priété, comment il entend la religion, comment en il veut comme forme de gouvernement et de soci<! la république. Malheureusement, « au^ tendane bourgeoises du gouvernement et de l'Assemblée n tionale, aux entraves jetées sur la liberté d'associi tion et sur la liberté de la presse , à mille autn symptômes , il est facile de juger que notre pays e en pleine voie de restauration royaliste. A peii THercule populaire a tranché une tête de .dynastie que de ce tronc exécré il en surgit de nouvelles^ re pullulât hydra! Là est le pièril.o MaiSt encore un fois , patience ! C'est tout l'avenir du peuple et le s^ lut de la République... Encore quelques jours à souffrance, travailleurs ! et vous aurez changé la fac du monde en moins de ]ours qu'il n'a fallu d'annéel au Christ pour établir sa religion. »
Le Peuple a eu un dernier écho dans la Voix il Peuple, qui parut du 1" oct. 1849 au 16 mars 1850 et succomba sous le poids des condamnations. Ù i*^^ numéro contenait une lettre de Proudhon à se anciens collaborateurs , datée de Sainte-Pélagie , le 30 septembre, et qui se terminait ainsi: « Je vous dirai comme ce général à ses soldats : « Si j^vance. suivez-moi ; si je recule, tu^z-moi; si je meurs, ven-j gez-moi! » ^
Après ces brûlantes paroles de l'athlète du socia-. lisme , que pourrions-nous dire de VEsprit du Peu-^ pie , courrier des rues ; et même de la Feuille du Peuple, organe des principes démocratiques, rédigé
Célît Pyaf, Babaub-LariMère, Diiraad-Sa-
;t Nous les nommons pour remplir jusqu^au
^jiotre tâche d'historien ; mais nous croyons pou-
dispenser des mêmes égards vis-à-vis d'une
fe dVrortons qui avaient pris le nom du peuple
drapeau. Et si nous parlions du Conseiller du
\ par Lamartine , remplacé depuis par le Ci*
*, ce serait pour exprimer la profonde dou-
Aopt on ne peut se défendre en voyant le génie
mis en coupe réglée par la spéculation.
fcr
itt Jonmam honnêtes et mt)déré$ : Vk9»tmh\èe natifs , — VÈ,T€ nouvelle , «- l'Opinion publique ,-^ le Bien pU" Vt, — VAuenir , national , etc.
LMssEVBLÉË IVATIONÂLE , fondée le ^8 février |r M. Adrien de Lavalette, fut le premier cri de jÉbtestation contre la révolution de février. Ce titre
Kà lui seul un trait d'habileté : il voulait dire que rance entendait réserver l'avenir. Le moment WDeurs était on ne peut plus favorable pour une Itinblable entreprise : la vieille presse modérée faiait la morte, l'opinion se cherchait, les départements IfiÊudaîent l'arme au bras, quand l'Assemblée natio' ■ftb planta fièrement son drapeau au beau milieu du «trop révolutionnaire. On a dit qu'elle avait semé do terres cassés la route du gouvernement provisoire,' et, de fiiit, elle n^a cessé de lui faire une guerre aussi tfiarageuse qu'énergique ; à quelque opinion qu'on appartienne, on ne peut méconnaître qu'elle a ponrsaÎTl sa marche avec beaucoup de talent et de cou* nge au milieu des entraves, des menaces ^ des dangers, dont elle était entourée. Aussi son succès fut-il I rapide et grand. Suspendue aux journées de juin, <Ue a reparu le 7 août ; mais ses beaux jours étaient \ cassés : on pourrait dire que sa mission était rem*
plie. En 1851, V Assemblée nationale es! devenu propriété d*un comité fùstonniste , se composant î^exelusioa de quelques noms de la iégltrniité , de réunion des hommes considérables qui ont été affaires sous le^ dernier rè^e. Les membres actifs ee comité sont MM. Mole, Guîzot, Berryer, Duel tel, de Pastoret, de Salvandy, de Falloux, duc d' zés, de Talleyrand, de Larochefoucauld, de Val deNoailles, de Montcbello, de Montalivet, etc., e
L*Ère nouvelle , par le P. Lacordaire ( arril). — Nous avons peu de chose àdire de ee journ ciomme de tous les journaux honnêtes : le bien e un , le bien aussi est peu bruyant. Nous nous ho nerons à citer quelques passages de son prospectu; remarquables à plus d'un titre, comme d^aîlleurs toi ce qui sort de la plume du savant dominicain : |
« De grands événements viennent de s^accompl dans notre patrie. Une troisième fais, depuis tîiiquanj ans , rimpuissance des hommes à fonder «fa Frimce n pouvoir solide a été manifestée. Le premier qui Ta tenté, en s'appuyant sur le prestige de la victmre , vu tomber son oauvre le jour où la victoire Ta trahi Ceux qui sont venus après en ont appelé aux tradition antiques , à la force des races royales consacrées par 1^ temps et lliérédité : ils ont péri d*ane main qui a re^ tourné contre eux la majesté du sang. Les derniers s^ croyaient plus forts en demandant secours aux intéréd matériels; ilsespéru^t dans le développement du commerce et de llndustrie, dans «sm activité qui m laisserait jamais ni reposer la fortune, ni tarir Faml^ tion : on vient de les voir s'évanouir dans le pressenti^ ment continu d'un mal-étreâssu des entrsâlles mêmes de la prospérité. La terre a manqué sous leurs pieda comme elle Pavait aux descendants des grandes races j et avant eux à Thomme de la yictoire; et à chaque fois! le gouffre s'est élargi. Napoléon avait été vaincu par
Iffope, él un million de soldats néeessàirespoor
É avaient enveloppé sa chute dans une solennité )sait à rame. Charles X avait laissé derrière lui ; intacte la dignité du parlement national. Mais ord'huiy que reste4-ii qui n'sât été atteint? Rois, pairs, députés, soldats rangés en bataille, a disparu dans une' ruine, qui a'a rien coûté* il le que la révolution d'un empire ne soit plus qu^uil il d'enfant , et l'œil étonné contemple cet abîme oà lis fois, en moins d'un demi-siècle, un vaste royaume IH'écipité son gouvernement. Faut-il donc désespérer? y a-t-il plus d'ancres pour nous ? La France est-elle iBs Taifaittement de sa vie ou de sa mort? Beaucoup ^ savent rien et tremblent d'une peur qu'ils ne chérit pas même à s'expliquer^ Les uns espèrent , les lires doutent, plusieurs maudissent, un grand nombre loit et attend, mus sommes de ceux qui croient et a^ iHlent : car, au milieu de ces catastrophes répétées, ns retrouverons toujours deux choses debout , la na- 00 et la religion. Ce peuple qu'on estime perdu res-
P' lit an moment même le sentiment de Tordre , et tire 8on son, avec une imperturbable fécondité, de noup$ax éléments de hiérarchie et d'organisaliion. On le Igeait ennemi de Dieu, et, dans l'enivrement même de L victoire, il towt)e aux pieds de celui qui.ne demande ieik tant aux victorieuK que le sentiment de leur fai-
» Non la France n'est point un peuple inexplicable Q mort. U a vers le vrai et le juste une aspiration dont es mouvements désordonnés ne sont que le témoignage ; i dierdie un gouvernement sincère comme lui , généeux comme lui, qui ne fasse pas de son existence une Q&tradîctioa perpétuelle à ses yobux. On promet trop à t peuple et on ne Hit Ment' pas ^ses; les lois lui re^ prennent ce que ses constitutions lui donnent,' les res- «untions lui ôtent oe que ses vévcAutions Im gagnent , iûans cet horrible jen^ s'il peied la foi aux pouvoirs (ui lui mentent et aux choses qui le trahissent , il ne Krd jamais l'espérance d'une vie régulièrement ordon- ^, qui consacre les principes de Uberté, d'égalité et
^ SS8 ~ dft.fratenûté qna le christianisme a.nîs an. auNidej
Ce que nous avons dit de l'Ère noui^elle , i pouvons le dire également de l'Opinion publio fondée le 3 mai par M. Alfred Nettement., jod franchement légitimiste , de Féeole de rUnion^ i plus hardi et plus vif dans ses allures. UOpiniom Uique <K était , au dehors, avec Tesprit de progrê de liberté , contre la politique de Timmobilité et statu quo. Elle demandait, au dedans, que i^éprei de la république fût faite, non pas tant parce qu'^ ne pouvait Tempécher, que parce qu^elle cro} qu*ii était utile , quHl était nécessaire que la Frai allât au fond de ce mot. Mais elle demandait qu| sorttt des réminiscences des temps qui ne sont ph qu'au lieu d'innover avec des souvenirs, de ressi citer avec une superstition puérile les noms et \ choses du passé, on présentât des idées nouvelle et qu'on nous donnât , en 1848 , une république q ne ressemblât en rien à celle de 93. Elle pensait ql les hommes de la droite devaient apporter loyal ment leur concours pendant cette épreuve ; qu'ils d vaient approuver tout ce qui était bien, combatt sans ménagements timides tout ce qui était mal ; aj puyer et réclamer toutes les institutions politique ou nécessaires à la liberté ; appuyer, revendiquer to tes les institutions qui peuvent faire descendre < sublime principe de la fraternité chrétienne dans ', vie sociale.... »
L'Opinion^ à force de talent et de dévouement, vécu jusqu'au milieu de 1850.
Le Bien public , fondé à Mftcon , sous les ^s pices de M. de Lamartine, est venu, en 1848, s placer, à Paris, sous l'aile de Tillustre poète, dont i recevait, dit-on, les confidences , et dont il a partage
I ?triàlfoiis. Rédigé par Eugène Felletan , ce ]oui*^ i avait T du moins, une incontestable valeur Htté-'
Nous en pouvons dire autant de PAvenir natio--^ ^, journal des libertés civiles , politiques el re)i* pues (J^ juin)^ continuation du Bon sens du peu- If, par Pkul Féval. Voici comment il chantait la nte da gouvernement provisoire :
ft Désormsûs les messieurs pourront parler aux ctto* |to sans fléchir le genou. Il n'y aura plus de matamo- B de la veille ni de parias du lendemain. La rogue, înidey la revéche aristocratie du National dépose ses vchemins sur Tau tel de la patrie étonnée. Dorons des braes de bœufs , allons quérir chez le bonhomme huit bts jeunes filles mal habillées , rouges et ornées de hallages verts; achetons des flûtes à sept trous, et lantons les dieux immortels sur le mode achaïque. Fai- ■ns une fête ! Réjouissons-nous ! Nos seigneurs renonant à leurs privilèges si légitimes; les conquérants ^Hcendent de leur char... p
UPère et Ui Mère Duehéney et lenr honorable famille. — la Cmmme de Paris^ — La Montagne, •— L'Organisation du tra^ ftil, ete. — Le Banquet à cinq sous. — L* Aimable faubow^ fie», etc*
Le Père DucHÊnE, gazette de la révolution ;^\ par les citoyens Thuillier et Colfavru , président du dab des honunes libres. — La Mère Duchénb « journal populaire , démocratique socialiste , par Ver^ masse, dit Mitraille. -— La voilà donc enfin cetto. ^nne, cette excellente famille! Nous commencions miment à désespérer de la voir, à désespérer par conséquent de la République. Âpres six semaines, la' rèTolotion tournait singulièrement à Teau de rose « ei le besoin d'un peu de boue et de sang se faistfit I^Q^ement sentir. Rendons cependant cette justice.
«a Père DucUm de i84S, qu'il fot \(m d?é^h^ violenee de son aîné. Aussi, la Mère Duekéne\
traite-t-clie d'aristocrate , de révolutioanaire ; iiu| le pousse-t-elle du pied et du coude :
ec Marche donc , vieux , ou bien je te casse nios salj sur le pot au noir politique. » — a La mère Duchér la veuve duconventioBnel Mébei*t, aesesooillevs jaml jusqu'à faire alliance avec un iioraBie tacé qiâ B'a a cune conscience morale ; la veuve d'un vieux républica ne souffrira point qu'on ose insulter à sa dignité jusqu la faire descendre au niveau de la fange... Eh bien! s chez une fois pour toutes que deux misérables expi^ teurs , que Ton dit aujourd'hui vendus à la police et l'aristocratie , cette éternelle ennemie du peuple , repr tentent le vieux Père Duchéne, le grondeur d'autrj fois : l'un est un sieur Thuiliier, ancien ci ou ancien ç mais que je sais avoir passé en Cour d'assises po banqueroute frauduleuse, puis en police correctionnel pour une autre disgrâce. Son coUsd^orateur, associé c complice , est un sieur Colfavru , espèce dVvocat sai cause qui a pour ressources pécuniaires une femme.. .^
' Le Père Duchéne, un des journaux dértiocral^ les plus populaires, se vendait, dît- on . à 60,000 q 80,000 exemplaires. Ce fut l'un des agents les pli! actifs de l'insurrection de juin, à la suite de4aqueil il fut suspendu.
De la boue et du sang , un style à soulever I ooeur, des phrases tirées au crochet de la hotte d'ul chiffonnier : voilà, dit la Physionomie de lapresse\ toute la Mère Duchéne, Citons quelques phrases :
Guerre aux riches ! « Il y a en France 1 57 homm^ qui se tuent pour la jouissance d'un seul. » — Guerre i la civilisation ! « C'est un chaos immonde. » — Guerr< aux membres du gouvernement ! « Ce sont des paillasses politiques par lesquels le peuple est volé, archi-volé..i Useseamotent la grenouille... » -^Guerre «c aux boar^
( geoipw éëevol^ies quiptieat la ebair btunaîiiêr!... »
' Voici d'ailleare un extrût du premier numéro ; on ' jugera du reste»
« Les vampires royaux sont tombés , buvant jusqu^aii I ' derràer râle le sang du peuple , qui envahit en vain- I queûr THôtel-de- Ville. C'en est fait , la succession des i lauts emplois , des grasses sinécures , est ouverte , et I d*mdfgnes bâtards se jettent au travers des rues , tout- \ nent les barricades , salissent de leurs bottes vernies le i sang reirsé par nos firères , et sautent par dessus les ca- I darlres pour courir à la curée. D'où viennent-ils , que Tedent-iis , que sont-ils? La belle question ! Us sortent i des caves où ils étaient enterrés depuis le 2i février, et maintenant qu'il n^ a plus de balles à mordre , de eartouebes à brûler, les voici qui accourent effarés , pestant eacoreeontre ces remparts de pavés qui les empd- ' efaeat d'aller d^un traiil de poçtd dans les rues pour arriver au partage qu'ils ont convoité.
» Ge qv^îlB veôIeiBtt, pardié ! la chose n'est pas neuve : il fint À ces ftttts jaunes , mm pas une baïonnette pour bâ^ la foctibn comme les camarades , mais le pouvoir, la force armée , la police et la loi , parce qu'avec la for«> ce armée , la police et la loi, l'on exploite cet mbéeilh dt peuple, qui a au moiis le mérite d'être le bœuf gras de la- fête.
» Qui ils sont ? — Morgaienne , vous devez les con^ naître : voici venir les Gamier-Pagès, les Marrast, lea CrMeiix , suivis d'an pfmibreox étaV-major de laquais et de maniûUms. Lûssez passer la séquelle, et vous al^ lez Toir venir ensuite les Pagnerre, les Flottard, les Boches, les Recuri, les Buffet, et toute la bande noire des bipèdes afhmés de titres etd'épaulettes. République ! place donc à tons les laquids de nos rois , placé aux Uquals des laquais! Cette siîstoeratie nouvelle a besoin. de lambeaux et d'esclaves. Et toi^ peuple des barricades , la baSonnette au canon, elface-toi ! Mont^ gMi^ vous les nouveaux affamés, veiller sur vos 8€^ gneufs* Goufibeat-Toss nir ks^lalles de l'HOteMe-^Villë
paodaat ^uo fOê maftn» cepeaBBt msàkemmit sur les couchettes dorées du vieux Rambutean. Restez trenteëz joon sans Mer yos ohaassures pourries, vos haillons usés 9 pour assurer à ces Tendus de la royauté gloffe et sécurité....
.f» La vermine couvre vos habits, enfants; que vous importe?... N'étes-vous pas le peuple souverain? lis vous l'ont dit. Alors que voulez-vous? Soyez donc les sentinelles de ces matadors hermaphrodites. Gardez votre linge sale et vos haillons , et ouvrez les giilles aux solliciteurs et aux femmes galantes qui viennent marchander des emplois , des grâces et des tontines à vos féaux seigneurs. Vous êtes là pour tout fûre, la Répubtique le veut. A ce prix, vous aurez bien mérité de la patrie ! #. .
Les superbes fêtes renouvelées de 93 ne trouvent pas grâce devant la sans-culotterie de la mère Duchêne, pas même la fête dite de la Cemcorde.
« La mère Dudiéne n^est pas allée à la fête; la vieille mère du travailleur ne va pas grimacer un sourire dans la foule , quand elle sait que dés milliers de ses enfants sont sans pain et sans travaux. Et qtt*is8ii-«ils foire au milieu des baïonnettes et des dMers de triomi^? Voici neuf cents oumulards satisfaits, étalant leur pédaatisme et leur impuissance! Allons donc ! Pense-t-on que, si la vieille était passéepar là, elle auraût pu se tenir la langue ? N'aurak-elle pas engueulé cette foandvda daqueurs soudoyés du Champ^de-fMars, applauftoaiil quand même aux phrases banales sortie» de oerv«aiix creux , ou aux moindres contorsions des commis de la nation ? M'aurait-elle pas été indignée de voir nos jeunes filles l'oublier jusqu'à jeter des fleurs à ces mêmes commis? Vraiment, cela passe toute expression : nos filles devraient être de meilleure mûson.
« Et puis, pour ceux qui ont la panse pleine, qui oi^t 25 francs par jour et plus à grignoter, les fétes^penvent avoir de l'attraût ; mais pour ceux qui sont dans 1% misère, pour mux qui pleureat sur les destinées ds
— SiS —
là Pologaa-, pour :c«iiz enfin qoi oat du coMr wl-^^fwh \n, oê jour-là étût un jour de deuil.
» J*ai cru qu'il n'y avait que la canaille royale ca^ pable de voter 3»00ô,000 de francs pour danser sur des cadavres et devant des cachots ; mais hélas ! la vieille balayeuse des barricades s'est trompée un jour de plus. Pauvre peuple, toi le seul souverain, on se moque de loi comme de Colin-Tampon. La Mère Duçhéne se fà» theraf entend&4uf
Le Petit-Fils DU Père Dughêne (21 juin). — Un ménage comme celui que nous venons de ci • 1er ne pouvait avoir que des enfants dénaturés : ainsi est celur-ci ; il le dit lui-même tout d'abord : /« pater, noH iaîis fUius, Brutn»-Bonifaoe-Hector i)u« ebéne renie père et mère; il les malmène même d'une assez rude façon , aossi bien que (c ces Gin* cinnatus du ruisseau, ces muscadins du bonnet rouge, qaî ont pris le bagage et les tréteaux de monsieur son vénérable grand-père. »
« Eh qaoî ! Messieurs , vous dirait le brave marchand de fourneaux , vous m'appelez votre maitre ! Eh bien ! dans mon temps, je n'aurais pas voulu de vous pour décrotter les sabots de ma servante, que j'ai épousée à la face du solml , ayant pour prêtre l'humanité et le gfr» zon pour autel ! Moi , j'étûs terrible par moi-même et par les autres ; je traînais à ma suite un peuple nouvel* lement réveUlé par tous les crimes de la parole , du sophisme, du meurtre; un peuple avide de nouveauté et leodu féroce par cette nouveauté même. J^étais comme hà on brutal, un barbare, un furieux; nous portions les mêmes sentiments obscènes dans la même vengeance ; lame était notre domaine, nous aimions à' nous vautrer dans cette fonge sanglante, enfants du sang et de la fange. Nos femelles partageaient nos instincts ; nos petits se mêlaient à nos fureurs. Nous avions tant de choses A souilkr, i détruire, à abattre, depuis le berceau de reniant
]ti9qii*ao tombean en yi^ard , depuis le Telonn du ne en lambeaox jvsqn^aux sommets des tonrs de Nbl Dame. Cétait le bon quart dlieare de l*orgie poli^ne, tait le bon moment de la curée , le yrai jour du Père chêne. Nous arîons là sagacité du chien , la faim du loi et mm j*ét«8 le limier qm menait toute la bande en hi knt.
9 Mais TOUS, qui ètes-vous, pourtouéher & tnon senal dlnrectives ? De quel droit osez-vous mVfnprunl mes folies furieuses ? Et non seulement de quel droit, mi en quel moment ? Où sont les seigneurs à renverser! Où se cache la féodalité? Quels châteaux-forts? Quell Bastille? Quelle race royale? Quels propriétaires à dé pomUer au dedans? Quels ennemis à arrêter au dehors' Tû beau chercher , parmi les bonnes gens quf écnven le Père Duchéne de 1848 je ne vois que des enfants qui si font peur à eux-mêmes, des fats en bonnets rouges brodée par les mains de leur maman, et qui se cachent de papa pour écrire le Père Duchém avec de Tencre de laP» tite-Vertu.
» J'ai beau chercher les choses et les hommes destin nés au renversement de 1848, je ne trouve rien qui puisse exciter nos colères. Quand on peQM> que vouj n'avez pas d'autres aristocrates que M. liedru-jloUJn ei M. Crémieux , on est tenté de rire ! Quand on voit qu( votre royauté repose sur la tête fortunée de M. et M"" Flocon, on est tenté de se demander pourquoi vous pu bUez le PèreDuchêne^ sinon pour rire. Je cherche en vaii des comtes , des marquis , des vicomtes ; je ne vois que k duc Pasquier et le comte de Salvandyl E«V-ce<qa*au faii le Père Ùuchétie peut empêcher M. de Salvandy' d'être un comte, si ça Famuse? Est-ce qu'au fait le Père Duchéne peut forcer M. Pasquier de s'appeler Pasquiei tout court, comme son père «t son gi^uaid-père^i s'il remonte jusque là?.... Vous nous la donnez belle avec vos réformes ! Mais cette société que vous voulez réformer, elle est réformée depuis cinquante ans , et* du haut eo bas ! Je ne vois que des bourgeois, des ouvriers, des travailleurs , et à la place de ce clergé tout puissant, ée
oeenoi^es^ de ces prâices., d^ ces grands propriétaires» qui Saitiguaieat la Franoe du, poids de leur oisiveté, que vois-je, sacrebleu! que vois-je? Une république divisée ea cent trente-deux millions de peti4 o^orceaui^ de terre, sept millions cinq cent mille foyers, ayant chacua sa £aunille , son jardin , son champ de blé ! Ne sbnt-ce
r là des aristocrates bien dangereux, et cela valait41 pekie de tirer le vieux Père Dudiéne de son tôoi* beaaî»
La COMIIUJHE DE PàAIS, Moniteur des eluhëy ou plutôt moniteur officiel du gouvernement du citoyea Sobrier, siégeant rue de Rivoli , 16 , seus la protection des montagnards, avec cette enseigne; « Se rallie à notre bannière qui voudra, Tattaque qui rose. )> On connatt assez Sobrier, et par conséquent son journal , pour que nous nous dispensions de toute citation. La Commune de Paris disparut le 15 mai avec floa rédaetear en chef. Quelques adeptes es* sayèrent de la ressusciter , en ajoutant à son titre : ioumai da citoyen Sobrier, et une foule de devises, parmi lesquelles celles-ci : « Maintien de la famille et de la propriété , droit au bien-être , droit au tra* vail. — Vivre en travaillant , mourir en combattant.» Elle mourut définitivement dans les premiers jours de juin.
Trois autres essais de Ctunnume de Paris furent tentés en 1849.
La Montagne du peuple fraternel et organisa* leur (jnBÏ 1848) portait cette épigraphe, inscrite sur un poteau: « Qu'a été le peuple? — Rien. — Que doit-il être? — Tout. » Rédigée par les sommités socialistes et humanitaires, par George Sand, Lamennais , Proudhon , Pierre Leroux , Esquiroa , Constant Hilbey, Tapôtre Journet, etc., etc. | la
Montagne semblait devoir enfanter -des ineH^éilIes ; il n'en est sorti que du vent.
L'Organisation du travail, journal des on^ vriers. «La voix du peuple est la voix deDieu.)> La travail , les travailleurs , voilà de grands mois 2mUmt desquels s'est fait alors beaucoup de bruit , et mal^ heureusement pour rien. C'est là, en efTet , une ques» tion brûlante, et, nous pourrions dire, grosse d'orages ; nulle autre assurément n'est plus digne des méditations de l'homme politique. Mais, soit qu'elle ne fût pas mûre encore , soit que les hommes qui en ont tenté la solution en 1848 ne fussent pas à sa hau* teur , nous ne voyons pas qu'elle ait avancé d'un pa&, et c'est uniquement pour mémoire que nous citerons : le Travail^ journal du travailleur électeur et éligible; — le Trai^aîl, véritable organe de» intérêts populaires , organe du club de la révolution « <« &ien et l'humanité, droits et deveiirs. » -^ <^ Arrière, = rhéteurs! Arrière, faiseurs de statistiques l'Arriére, rhétoriciens ampoulés! Arrière, poètes aux mots splendides! Place, place au philosophe humanitaire! » c'estrà-dire à Pierre Leroux, son héros, son demi-dieu; — le Treu^ail a/franchi, par Vidal, Toussenel , Yinçard , et autres protestants de l'école de Fourier; — ptus deux ou trois UravûMeura^ un Trat^ailleur lilre y eic,^ eiC'»
Quant à V Organisation du trauaît^ pour qui la rue est le premier et le plus saint dès clubs , elle préludait à son œuvre en publiant à deux reprises la liste des soixante principaux capitajistes de Pans, qu'elle fit suivre de celle des quatre-vingts plus ri*ches propriétaires de France , ou du moins réputés tels, a car, disait un spirituel chiffonnier, nous en eonnaissons dans le nombre qui n'ont pas un pouce
de terre, si bien qu^en allant chez eux les prgani^ sateurs du trat^ail euss^t été volés. De tout quoi on pourrait tirer cette conclusion : Si^ la -^opriétô c'est le vol^ l'organisation du travail c^est le piUloge, » C'est là du moins ee qu'ont pensé les trir banaux. .
L'Organisation du travail avait encore voulu or«ganîser autre chose : le fameux Banquet à cinq sous., fraternisation des travailleurs. Nous trouvons à ce sujet dans le Petit-fils du père Buchéne un excdlent article que nous reproduisons àTintention de ces étranges professeurs d'égalité, Proudhon en tête, qui ne procèdent que par exclusion, qui veulent qu'il n*y ait de vertu que sous la blouse.
« Est-il bien adroit, bien politique , dans ce banquet , àe vous séparer des autres classes? Vous demandez Téga- Uté, et je vous vois sans cesse proclamer Texclusion ; c'est iBal, c'est vouloir la désunion , c'est provoquer la lutte, G^est appeler la guerre civile. Elle ne vient que trop sans qu^on rappelle , vous le savez aussi bien que moi. 11 n'y a pas que des ouvriers sur la terre et dans la société ; il y aus^ des savants , des artistes , des poètes , des philosophes, et même des bourgeois, ce que vous n*éte8 pas fâchés de devenir, et vous avez raison , dès que vous pouvez allonger vos vestes^ Vous m'invitez à mal dîner sur l*herbe ; moi , je voudrais pouvoir vous inviter tous au café de Paris. Allez , messieurs les commis* saires, la réserve, les bonnes manières, la tenue, le silence , l'ordre, la commodité , les plafonds dorés , les sièges élastiques , le filet au madère , le vin vieux , valent bien les coups de soleil ou la pluie. Désirez le mieux , et vous y arriverez en passant par le bien, auquel vous avez droit, comme tout le monde. Pour cela, il faut, pardonluez-moi l'expression , renoncer à votre hypocrir fiie, ne plus vanter sans cesse le médiocre et le bas, lorsque , comme toute créature hmnaine , vous avez dans
l'Ame le sentiment' du beau et du grand. Toat est eai TOUS , la pensée et Faction ^ les grandes vertus et lej nobles^vo^paiients , la force et la justice. Vous êtes la mine inépuisable d*où Ton tire sans cesse les gra&(ài bommes et les grandes phoses. Pourquoi ne vouloir^ dans cette mine que la Sbue-, et jamais TiMrt Pourquoi | écoutez-vous ces empoisonneurs de morale 'qni- tous rendent fous et furieux, en chatouillant en voua les mauvais instincts et les passions mauvaises, espèces de marquis de Sade de la politique et de la raison? Yotro avenir est en vous, TOtre amélioration est en vous^ Totre bonheur est en vous.
» Prenez le temps pour auiiliaire. Youf êtes fattgués d'attendre, dites-vous? Est-ce que nous n'attendons pas . tous? Si la bourgeoisie vous fait ombrage, croiriez-vous, par hasard , lui être un voisin fort agréable? Cependant vous ne pourrez jamais vivre Fun sans l'autre. Aimezvous donc , non pas de cette fraternité peinte en noir sur les murs par le grand H. Caussidière, ce Fraaklin du pétard, ce Washington du lampion, mais de cette fraternité chrétienne, universelle, invisible, maûs réelle, que n'ont pas inventée les rédacteui-s du National^ lesquels n'ont pas encore pris la place de Uieu, la seule place qu'ils aient respectée, parce qu'elle est sans appointements.
9 Votre banquet a donc tout l'air, à votre insu, d'une vengeance du fromage sur le rôti, avec vos ouvriers, vos prolétaires , votre égalité et votre fraternité. Mes amis , on ne refait pas le passé, si toutefois 1'<hi peut, dans une certaine mesure, préparer et améliorer l'avenir. Voyez ! on a essayé du drapeau rouge : où est le dn^seau rouge? du bonnet phrygien : où est le bonnet phrygien? de l'ignoble tutoiement : où est le tutoiement? Ces vieilles et laides choses sont mortes , bien mortes , très mortes. Guerre à leurs cendres! Vous vous moquez de la perruque , de la canne à bec de corbin , des oo- . lottes, de la poudre et des mouches; mais ce n'est pas plus suranné que vos banquets civiques et vos arbres de la liberté , autre^^ perruques* La liberté est comme Ja
5 lé 9 dès qa\m s^m oceape, on n'en jouit plu. Ifo «EL pas les bypocondres de la liberté. »
L^ÂJMABLE Faubourien, youma/dSp la canaUle [«vendu par la crapule et acheté par les honnêtes ^ », beuglaient les canardîers), avec ces deux épi* piphes :
U gnude populace et la «dnte canaSle .... se ruaient à Timmortalité.
(Auguste Barbier.'
Ce peuple qui sur Tor jonché derant ses pas , îaiaqaeur, marchait piedsHius et ne se baissait pas.
(Hégésippe Moreau.)
Voiei comment PÀimaNé Faubourien explique Mm litre :
« On cherche, suivant Texpression textuelle de Louis- Philqipe , a une ressource victormue pour mmntemr
> dans le devoir et la soumission la très iurbulente po-
> pulation de Paris et ses AIMABLES FAUBOURGS... » » On sait sans doute de quoi se composent cette très
àtrhfÊlmU population et les aimablks FAi»ora«8 ; ce qo oa appâle ainsi , c'est la France démocratique de 93 et de lo48 , les penseurs et les soldats^ les volontaires <le la Révolution.... ••
» La canaille y ne voye^vous pas que ce n'est pas précisément cette lie de la société corrompue par la mi- 1ère et llgnoranoe, cette masse qui cherche à se soustraiiB aux atroces douleurs de notre enfer civilisé par ^ orgies de cabaret... Non ! la canot fie, c'est tout ce qui a une pensée trop profonde et un cœur trop sympatiuque, tous ces Candide qui trouvent que tout n wt pas pour le oiieiu dans notre République... Cette canaille- K on ne lui pardonne pas, on ne se donne pas même la peine de la juger, on Texile ou on la tue !
» Supposez, en attendant, que quelques uns de cpjs parias s'avisent de vous exposer deux fois par semaine
— iSO —
\0xiT franche ofunion 8ur les aiiicd]:BS ^e la.patde , et il jouer cartes sur table.... ; lisez en tête de cette îevSk la définition qu'Hégésippe Moreau et Barbier nous doit sent de la subUme canaille, et vqus «.qx'Qz ux^0 '^ claire et nette de notre but.
7> £t maintenant, en avant! b *•••.*•.•.*••■•••••••••».» •••
a Je comprends les grondements de ta colèro et ta cris rauques de ta puissante douleur, ô peuple ! Les rhéteurs et les bourgeois ne les comprennent pas et ils t« calomnient ! Ils ne savent pas, ils feignent dIgnorerM que ton cœur ulcéré a amassé de fiel et d^amerliln» pendant ton demi-siècle de' servage et de misère ! Ils m veulent pas te croire honnête , ô peuple , après t'avoir vu terrible et fort! Ils connussent ton énergie et Os doutent de ton intelligence! Ces moucherons stopid»! harcèlent tes flancs amaigris , mais nerveux , 6 vieux lion, si long-temps muselé , si long-temps enchaîné! ils croient Vapaiser en te jetant quelques lambeaux de phra- 1 ses tricolores ou plutôt multicolores, vaillant «bampi^o, qui t'es trouvé debout à Theure solennidie du combat, à l'heure où ils étaient couchés et cachés , eux qui voudraient t'humiliér et te museler de nouveau !
» Que leur as-tu donc fait, à ces eunuques du Palais Bourbon , pour quHIs te châtrent ainsi? Est-ce pour te I mettre à leur niveau qu'ils cherchent à te rapetisser, â t^triquer de cette ignoble et honteuse façon ? Ëst-K^poiff n'entendre plus ta voix grave et forte qu'ils esssâeot as te' bâillonner?
» peuple des. cùmables faubourgs ! toi qui sais combien de généreux cœurs battent aans les robusi» poitrines de tes enfants , combien de nobles întelligences rayonnent sous les fronts brunis de tes ôls;-ô peuple, sais-tu où l'on te mène, lesais^tuîSais*to<fcfls quel traquenard on veut te faire tombera quels pit)irts étourdissent dans l'ombre contre tes fifoertés , 6 peopl^ héroïque des barricades? Non, tu ne le sais pafi! '^^ iftti souffres , tu espères , comme tous ceux qui souffrent! tu comptes sur des jours meilleurs, et, caloo
tiiDe la force', ferme comme le drôit, tu attends IV ir réparateur de tant de jours mauvais réré par t^a iûètes et annoncé par tes prophètes !
» Tn attends ! et tu délaisses ton fusil pour les mstnunents de travail ! Ton fusil ! oh ! cache-le , car, aujourdliui que la loi des suspects est décrétée , on te prendrait poar un conspirateur! Cache-le, mais pourtant iDle quitte pas de Toeil, et qu'au premier signal, il se ntrouve dans tes viriles mains !
B CsLF tes neuf cents représentants , ô peuple , te pr4i^ent une surprise à laquelle tu ne t'attends pas ! La Chambre est grosse dé projets de réformes et elle aooouchera d*une mystification! oui, le mot est écrit, je se le rayerai pas. La révolution de février, comme sa #eur la révolution de juillet, est une révolution escasotêb! y>
U petite presse et la presse littéraire. — Le Canard, U Lampion y le PantphUty la Chronique de Paris. -^ Le Speetftfetr, ^^htlûumal, de M. Â.Karr. — La Liberté^ M. Alexandre DiKDa« et U M^miquiUUre, •— VEvinement* -— Les Écoliers littéraires.
Lb Oànahi), journal drolatique, fantastique, .aneedotique, politique et critique de Tan I*' de la République ) par Xavier de Montépin , Alphonse de Colonne , marquis de Foudras : c'e$t dire que cet oîscan domestique appartenait au parti de la fidélité soumise , qui , plumé par les autres , s'en vengeait par des cancans. On était dans les premicra jours d'avril; on était & peu près rassuré sur les suites de Vèruplion de février : on pouvait donc recommencer à rire, he Canard ^n donna le signal. Voici comment il terminait sa profession de foi : (( Le Canard croit à la liberté , le Canard croit à la fraternité ; mais, hélas! l'égalité lui parait un mythe !.... En effet , si tous les Français étaient égaux, ils auraient loos assez d'esprit et assez d'argent pour s'abonner au Canard. Or... ils ne le font pas. Donc... con-
citiez. » -r^ Condamné pour un article sur Gamier* Pages , le Canard s^est fondu avec
Le Lampion, êclaireur politique, allumé le î^ mai par de Monlépin et de Vîlîemessanl, « pour éclairer l'inauguration d'une république forte , modérée, honnête, constitutionnelle. » LelLampion^ avec non moins d'esprit , avait plus de solidité que te Canard f il avait d'ailleurs la même couleur, mus n'en citerons que ce petit apologue :
a Nous croyons qu^ les hommesde la veille ont trop pratiqué la théorie de la démolition pour ({ulls soient aptes à récdiûer.
» Une maison menace-t-elle de s'écrouler, tous les hommes du quartier, bottiers, tailleurs, merciers, peuvent la démolir. Mais, une fois à terre, ni bottiers, ci tcdlleurs , ni merciers , ne pourront la reconstruire.!
» Le grand tort de notre époque , c'est que tous ceox qui ont concouru à renverser la monarchie se croient propres à reconstruire la république.
. u Avant tout il faut du bon sens , et puis encore du bon sens. »
Suspendu en juin , le Lampion reparut le B aoâr; il fut resuspendu le 21 et poursuivi. Le 24 il essaya de reparaître sous le titre de la Bouche de fer y pamphlet politique et quotidien ; mais la Bouche de fer était étouffée six heures après son apparition. Incorrigible et inaccessible à la peur, il se préparait à revenir sous le déguisement, qu'il croyait imiipénétrahie , de Pipelet-Lustucru , lorsqu'il fut saisi pour la troisième fois et arrêté sous presse.
Après le Lampion on vit paraître trois ou quatre Lanternes, mais qui s'éteignirent bientôt faute d'huile , laissant la République dans les ténèbres. La Chandelle démocratique et sociale ne jeta pas
ilBe plus vive lumière, et dora à peine deux soirs.
Aux premiers rangs de cet escadron de tirailleurs OQde guérillas de ta petite presse , qui font une st rade ga^rre aux abus, il faut placer lé PAiii>HLBT, |)i>amal quotidien et illustré , plein de sel et de malice, rédigé par A. Vitu, À. Achard, Th. de Bauxille, Champfleury , P. Féval, A. Ponroy, H. Murgcr, etc.
Dans le mékne genre nous citerons encore la Chronique de Pàriê, dont nous avons déjà parlé, par H. de Yillemessant , un des plus spirituels chroniqueurs, assurément, de France et de Navarre, ReuédeKovigo, ioutin, etc. (1) — LaRc^^we coinime, par Lireux, qui fit à Louis-Napoléon, dMis notérôt du général Cavaignac, une guerre à outrance que l^mpereur a généreusement oubliée. — Le ^etii homme rouge ^ par Marc Foumier, Âleai.
WeiU, ete.
Nou»ponrri<m8 encore nommer , mais longe peêt fdios : la Tarentule, rfevue critique des actes sérieux, des utopies, des excentricités et des bévues de nos hommes d'état ; — Les Bétisee de la 5tf- 'WB^j €t lee Canean» de la Semaine,
Le SPECTATEtR RéPUBLiGAirv , fondé par un petit cénacle de gens de lettres appartenant à Técote dite du bon sens , et tous à la recherebe d'une posiliOB sociale , sous la conduite de M, Louis Jourdaii, eut une existence très décousue, très agitée. 11 na^ (pûile 19 juin sous le nom de Nouvelles du jour»
(1) La Chronique de Parie, morte sur le champ de bataille, avait commencé , snr le journalisme parisien , une série d*6-> ^d«s pleines du plus piquant intérêt , dont nous nous som^ mes aidé plus d^one fois , et qui , nous Tespérons bien, sera continuée quelque jour. *
Après la cataairopbo de jmIq, il prend \»j9fim-éi Conciliateur, et publie trois éditioos, unelematio^ une après la bourse , et une après la séane&i Mal^ tant de généreux efforts, il se mourait quand ni rayon de soleil dictatorial le vint ranimer , et « le 9f Juillet, il reparut plus florissant, squ$ le titre de Speé* tateur. Il fallut la loi du cautionnement pour arrêter le cours de ses métamorphoses. — Le premier numèto que nous «vous sous les yeux , porte en tète la liste de ses rédacteurs, ainsi composée : rédacteur en chef, Louis Jourdan ; histoire politique, Théophile Lavallée ; bulletin scientifique. Barrai; bulletin industriel, Biaise; variétés, Ponsard; critique théâ^ traie, Emile Âugier ; courrier de Paris , Taxile Belord ; critique , Gustave Planche ; beaux-arts , Laurent Jan ; voyages , docteur Yvan. Voilà, certes, qui promettait.
Le Spectateur républicain était, comme le JovT' nal, qui suit, tout (fêvoué au général' Gavaignac ; on le disait rédigé dans Tancien cabinet de M. Génie, au ministère des affaires étrangères.
Le Journal, rédacteur mi ehef, Alphonse Karr, avec le concours de toutes les illustrations contemporaines. -« Benne foi^ bon sens. — 15 fir. psran, un sou le numéro; insertions, la ligne, 00 e. •— Evohé ! chantons ! dorons les cornes des bœufs ! C'est bien le cas ou jamais : voici, voici le Journal, le journal par excellence, le vrai, Tunique.
« Les journaux , dit M. Karr, ont toujours été des avocats qui plaidaient chacun une cause dans Intérêt de certain parti et de certaines avidités. Si je ne voyais pas devant mot un but plus noble et plus grand , je n'abandonnerais pas la vie douce et calme que je me sois fiûte dans la retraite pour me consacrer à cette nouYoUe
pi^ficatkm... Tai fait ttn appel aux pins grands noms aux piiis illustres talents de notre époque; tous m'ont ois leur concours assidu avec un noble empresseit... Je veux^ et j'espère, avec Taidede tout ce fil y a d'hommes de cœur et de talent , fonder eU" ' m France le parti de la probité^ du pairiotismey du sens et de la bonne foi. »
Si nous étions aussi fort sur le syllogisme que le Canard ci-dessus nommé, nous dirions : M. Karr n'a rien fondé; donc. f concluez. « ^ous ne sommes pas, ajoutait Tillustre guêpier^ de ces prétendus amjs (Itt peuple qui Tenivrent de paroles empoisonnées et (joi l'abandonnent ensuite à la misère, à la prison et à la mort. » Non, M. Karr plaçait mieux son amitié. Que voulez-vous ? 1 5 fr. par an et les plus grands noms cl les plus illustres talents à rétribuer convenablement ! — Né le 28 juillet, un vendredi ! vingt-quatre heures avant le Spectateur républicain, et nageant dans les mêmes eaux, le Journal est mort le 1^' novembre. .
La Liberté , journal des idées et des faits; «^ 1" mars. — Rédacteur en chef, Lepoitevin-St-Alme, x du CorMiîre, -«- Parmi les libertés à conquérir, la Liberté deoiande : « Liberté entière et complète de la pensée , orale , manuserite, immprimée ou dessinée. ^ Plus de bureaux de timbre et de tabac privilégiés* — Justice rendue au nom de la nation par des juges nommés par des électeurs. — Application du jury aux tribunaux correctionnels. — Tout garde national fait partie du jury. — Suppression des impôts sur les denrées alimentaires , et établissement d'impôts de luxe. — Instruction libre et gratuite. Les notaires nommés piur les électeurs.de leur arrondissement ou canton , etc» »
Grftce à sa rédaction, spirituelle souvent « toor
— «séjours iiîtloresfiie, grftee sartoot à la im i dî c itâ
. son prix « *^ ce fut le premier grand joirntal ^een limes, — la Literie obtint im suceè^ p
gieux ; son tirage était permanent, et la vente ^ lait jusqu'à 100,000 exemplaires par iour. Suc oblige; la Liberté le comprit, «c Pour répondr Tempressement du public et se rendre plHs digne sa bienveillance, elle fit Tacquisition de presses ne Telles douées d'une plus grande énergie, et d^un i bliciste doué d'une non moins grande énergie , d' des plus beaux esprits contemporains, d^un poi habitué à voir tomber de sa plume les rubis et perles : nous avous nommé M. Alexandre D mas. On va crier bien fort : Un poète ! un rom cier ! un faiseur de comédies ! écrire sur la poli * que!!! Et pourquoi non? Corneille ne fut-il paspn clamé par le grand Condé le bréviaire des rois? l'auteur des- Lettres persanes! et Rousseau!
Lamartine ! M. Dumas , n'a-t-il pas écnt , d^ailleurj Gaule et France , dans laquelle il prédit "en 183| la chute de la dynastie des grands propriétaires eti révolution de 1848? L'arène publique ouverte I tous ne saurait demeurer fermée à l'un des plus il lustres enfants du pays , sous lo singulier prétextj qu'il a plus d^esprit, de lale»t et de génie que sel frères. <c Ce serait, comme le disait Chamforr; ouvrir la lice aux ânes et la fermefr aux coursiers di racé... »
M. Alexandre Dumas £t donc son entrée solennelle dans la Liberté le 25 mars 1848.-11 sethMerait qu'un homme aussi connu que l'illustre romancier eût pu se dispenser d'une profession de foi; M. Dumas éprouva le besoin d'en faire deux : « Il y a des gens, dit-il , qui ne peuvent faire leur proiessioa de foi que pour l'avoir; j'ai le bonheur, moi) de
ÉittfvivMrela aiîeisieéaQs ie {Hissé; Ces deuxpvoksious de foi, profession de foi da passé , profes- Mba de foi de l'aveair, qd occupent deux numéros , Mvmit-se fésumer ainsi : E^ surn qui sum ! J'ai fét la révolution de juillet! j'ai fait' la révolution de fcrrier ! J^ai écrit -400 volumes ! Je ferai toutes les M^oluticms qui .me seront demandées ; j'écrirai tous les volâmes qu'on voudra : car je suis celui qui suis. f £t dès le lendemain'^?, Alexandre Dumas dèbu- •ùtdaas son nouveau rôle par la tirade suivante, 1^ Qoiis reproduisons comme échantillon de son . Mre politique :
Lea Lions de marbre»
Aux Prussiens et aux Autrichiens.
Salut , Monds enfants du Nord ,' vous êtes bi^ les flli d^Ânmnius-; nou§ somones bien les ôls de Yercingétpriz : nous avons lutté contre les cohortes de César, vous avez dévoré les légions d'Auguste. — Nous sommes bien frères !
Nous avons eu un empereur commun qu'on appelait Charlemagne. Poulr abriter la civilisation du monde en floa berceau , il bâtit une ligne de forteresses qui s'étendait du. Danube à l'Océan , de la mer Baltique aux ' Qicmts Pyrénées; puis il s'endormit à Aix*la-ChapeU^, ea disant aux Germains : À vous l'Orient et le Nord; — ftux Francs : A vous le Midi et rOeâdent. — Salut , 0008 sonomes bien frères 1
Après mille ans, le vent de la liberté se lève, it' passe sur Paris , sUr.Berlm et sur Vienne. Etudiants, gardes nationaux, bourgeois, deviennent soldats. Les* trois villes sont au peuple , et partout le peiiple est le même : grand dans la lutte, plus grand après la vie-toire. — Salut! salut, nous sommes bien frères!
. Seolemeat vous êtes plus Méments , ayant été moins trompés. ... ;
VtnsTtQpsooiileDtar, vous m le mm ' mu r e du lOiid TOUS que le rent de la forêt Noire a faits poètes , Ttid yooB contentes défaire descendre TOtre roiâansia me de lui mettre la main sur la poitrine trouée d^nn eadii^ vre et de lui dire : i
xf Là était. un cœur qui battait pour toi; ce coBur, ti Tas éteint: malheur à toi! i> j
Vous TOUS contentez , tous enfmts du Danube , voui qv^une longue et douce tyrannie a Cûts bons et patients, vous TOUS contentez de oner : A bas Mettemich ! d« chasser tos archiducs; puis vous dételez la voitare dé TOtre empereur et vous lui faites jurer sur le dn^eau jaune et noir fidélité à votre future constitution.
Certes, c'est un autel sacré qu*un cadavre; c^est un noble symbole cniHui drapeau.
Mais Louis XVl avait juré aussi fidélité à la consti* tution de 91 sur les cadavres couchés au pied de la Bastille.
Mais Louis-Plûlippe avait juré aussi fidélité à la Charte. sur le drapeau trîookxre, aniofaé aux barrioades.
Vous le savez avec nous, avec TEurope, avec le monde, tous deux ont manqué à leur serme&t.
Dieu nous garda de vous dire : Traitez Frédéric- Guillaume comme nous avons trûté Louis XVL
Dieu nous garde de vous dire : Chassez Ferdinand Opmme nous avons chassé Louis-Philippe.
^ Mais nous vous disons : il y a une piwre de touche où vous saurcBB â leur seiment est d*or ou- de j^omb , Içur parole, d'argent.ou de cuivre.
Ecoutez , vous qui semblez avoir obtenu maintenant tout ce que vous vouliez obtenir :
11 existait un peuple ancien parmi les peuples , une nation noble entre les nations.
> Ce peuple avait trois ancêtres fameux. Lé psramier se nommait Piast ; le second , Jagelloai ; le troisième, Sobieski.
Cette nation, c'était aussi notre sœur, puisqu'on rappelait la France du nord.
€%taH tm peuple lilnr», — «"était ttner ttatàxm iodépeodaate.
Qiuuid elle nommait ses rois, elle traçait un fossé antoor du champ de Kalau ; elle jetait trois ponts sur ce fossé.
Par le premier passait la grande Pologne ;
Par le second , la petite Pologne ;
Par le troisième, la Litlmanie.
Les palatins étaient tous à cheval , comme il confient à de dignes descendants des Sarmates.
Là ge feisait l 'élection.
Puis, 1 élection faite, des cavaliers partuent cimime des flèches sur leurs chevaux taftares aux naseaux indus, et allûent porter le nom de Télu auxpalatinats.
La Pologne était alors un puissant royaume. Ses li^ Ottteg étment, au Nord et au Nord-Est, le grand duché de Moscovie et la Prusse ; à TEst, la Silésie et la Hongrie ; au Sud , la Moldavie ; à fOuest, la Tartarie.
Un jour, les Turcs menacèrent d'envahir TEurope , comme avaient fait autrefois les Arabes. Kara-Mustapha vint jusqu'à Vienne , comme Âbderrhaman était venu jusqu'à Poitiers.
Sobieski monta à cheval avec tous ses palatins, el les Tores furent refoulée de l'autre côté du Danube.
Depuis ce temps, Belgrade garde Semlin et ne lui a point permis de r^asser le fleuve.
Sans le marteau de Karl, sans le sabre de Sobieski, pent^tTfr l'Europe serait-eUe musulmane.
Ce royaume s'était conservé intact jusqu'au jour ou b Messaline du Nord prit un de ses amants et le jeta de son lit sur le trône de Frédéric-Auguste.
A partir de ce moment, Poniatovrski n'est plus qu'un tassai, la Pologne n'est plus qu'un fief.
Alors commence ce festin de rois , où l'on mange les peiq^es. Catherine, Frédéric et François s'att^nt A la Pologne, tirait à ettx, et l'écartèlrat.
Ce premier supplice est de 1772.
A partir de ce premier démembreaeni, lee. Polonais
sent encore un grand pçi^le , m^ la Pologne n'es^
plus une nation. i
iJne secobde fois, à la suite de rmsurvfictioii de Tar^
gowitz, que soutient la Russie, la victime chaoge d^
forme , sans changer de bourreaux j
Celui-ci est le démembrement de 1791.
Tout à coup Kosciusko apparsût; c'est à la- foi»^ l'enfant db la Pologne, le héros de rAmérique et 4e la
France. /,' . ,
Place à Kosciusko, le vainqueur de Cracovie; place, a faut un large champ de bataille au successear de Sobieski, au prédécesseur des Clapicskiet des Czartori$ki ; place dans la plaine de Macijowice, car avec loi va tonÂer encore une fois la Pologne ! • ^ ■
Alors les trois aigles se ruèrent de nouveau sur 90B fidavre.
François II prend 834 milles carréa.
. Frédéric-Guillaume prend».. i- 1,000 milles carrég.
Enfin Catherine , qui va aller rendra compte ^ Keu é» l^iasassinat dun empereiir etdu meurtre d'uniroyasir me, Catherine prend 2,000 milles carrés.
Ceux qui ont moins en territoire auront, plus €»i esclaves.
L'appoint des terres est fait avec desJtf>mme9« .
Celui-ci est le démembrement dé 1796'. ' *
Un jour, un seul, la Pologne crut a i^Ci ai|rose nour vfiUe. ËUe se souleva pur son lit de inort, ^Ue, écarta son lïAcevd , et, comme la fille de Jaor^ eUe dit : — Me voilà! '..',.
NapoléoQt venait de tsdUer le duchérde Varsovie avec répée d'Austerlitz. . .„ *
Mais le duché de Varsovie croule avec Templre français. A Alexandre ses plus riches débris» à François II la Gallicie, à Frédéric-GuUlaume cent mille Ames.
Cracovie sera république , comme Francfort,
En voilà pour quinze ans.
.Vous sayez tous i^Q» 1^. promesses mei^lg^^
de notre roi , la nationalité polonaise jurée , Tordre ré«
goant^à YajQSovie.
• Alors tout ce qu'il y eut de nobles cœurs en Francâ^
bondit de douleur.
. Tout ce qu*il y eut de fronts généreux rougit de
honte.
Mais qud pouvait la France, séparée qu'elle était des inartyrs par ie grand duché de Bade, le Yurtemberg; la Bavière , la Bohême et la Silésie ?
Aujourd'hui, gr&ce au ciel, il n'en est point ainsi". ie gnaBd>^u(^é de Bade donne une constitution ; le roi de Vurtemberg est à peu près prisonnier ; . le roi de Bavière abdique ; la Bohême se fait indépendante ; une chaîne électrique de peuples , se donnant la main , s'étad de Strasbourg à Cracovie.
Après le congrès des rois vient le congrès des peuples.
Eh bien ! frères ùù Nord , maintenant que vous avez travaille pour vous, pensez aux martyrs?
. Ce senties rois, et non les peuples, qui veulent des esclaves. Vous n*étes pas des Athéniens, pour avoir des Ilotes.
Dîtes à votre roi Frédério-GniHaume :
— Oui , nous croyons à votre parole.
Dites à votre empereur Ferdinand :
— Oui , nous croyons à votre serment.
Mais d^abord lavez-yous des trois partages ; fàitei amende honorable du triple démembrement.
Rendez l'homme à la terre , la terre à l'homme.
Ce n'est plus un grand duché de Varsovie que rë^ clame l'Europe , c'est une Pologne nouvelle.
Donnez la liberté , la France donnera le fer.
On sait ce que les Polonais font avec du fer et de la fiberté.
Et cette fois vienne le czar, — nous verrons ce que pèsera FAsle despotique dans la main de l'Europe républicaine. "
Frères, -— vous connaissez ces lions de marbre —
— ses —
qu*o& met à la porte de nos jtfdins pnlittes, et qw <ml ' une boule sons le pied.
Chaque grand empire était semblable à un de ces lions; comme, lui, il avait sous sa griffe un petit rovaume.
L'Autriche avait la Lombardie ; TAngleterre, le Hanovre; la Russie, la Pologne; la France, la Belgique*, TËspagne, le Portugal ; Naples, la Sicile.
Eh bien !'llieure est venue où dans chaque boale H faut tailler un lion.
Suspendue le S 7 juin, laLiiertéfii^depuïSy d'inw tiles efforts pour se reconstituer.
En quittant la Liberté^ qui ne pouvait suffire à Pactivitë de son esprit et au trop plein deson patrio" tîsme , Alexandre Dumas fonda laFnmee now^eUe; il collabora ensuite à la Patrie, puis il prêta son nom, et sa verve quelquefois , à un recueil inen« suel, le Mois^ qui se dï$B,ïi indispensaUé k thaf cun. (( La politique est un besoin universel, s'é* criait le cornac de cet ours fameux. Que se passe-t-il à Paris? Que $e passe-t-il en Europe? Que se passe-t-il dans le monde? Eh bien, c*est ce que notre revue se charge d'apprendre à ces dix millions de lecteurs qui attendent chaque matin la pâture sodale, comme les Hébreux du désert attendaient chaque soir la nourriture matérielle. » Heureux aboftnés du Mois! la pâture sociale qu% attendaient Chaque matin, Dumas la leur donnait chaque mois ! Cènve'» nons pourtant que, si Dieu eût procédé de la sorte à regard des Hébreux , il en serait trèà peu sorti du désert.
Au moment où nous écrivons ces lignes, il se fail, autour du nom du célèbre improvisateur, un bruit plos^ gntftd que jamais. M. Dumae avait donné {i la
Oomédie^EraaiQaise un drame en cmq actes ,. la Jmr liesse de Louis XIV. On ne prévoit point d'obstacleii on répète avec activité, on prépare la mise en scène srec tout le soin que réclament et Tautenr et le su^ jet, oa entrevoit enfin le grand jour de la première représentation, quand la censure arrête tout par un veto brutal. À la., nouvelle qui hii en parvient i* BnixeUe^^ où il était allé chercher un peu de tren-^ quillité , Alexandre Dumas accourt à Paris , et pror met au directeur, désolé de s'être mis inconsidéré* ment en frais de dentelles et de velours, de lui livrer sous huit jours une autre jeunesse trè» capable de porteries velours et ces dentelles,. &( Jeunesse de Louis XV. Et les mirmidons de rire. Cependant le fécond dramaturge fait mieux encore qu'il n*a promis : il écrit le nouveau drame en soixante-seize heures , el à qui prouvera qu'il ne Ta pas écrit d^ns cet espace de teinpSt, il offre, dit-on, 100,000 fr.; ui plusini moins que le docteur Lob aux inerédules qui nieraient Tefficacité de son /eau merveilleuse. Et les pygmées de rire de plus belle.
Irrité par les piqûres incessantes de ces moucherons, mécontent de la mollesse avec laquelle il est défendu par ^es amis , le géant du drame prend alors ttae résolution digne de son courage. Il va fonder, à ceqn'oo.assuret juçe revue littéraire quotidienne À deux sous, dont toutes les batteries seront tournées contre la critique et] nous promettent un carnage à taire venir Te^u à la bouche. Cette revue aura pour titre : le Mqusquetaireyjowrrud de Monsieur Alexanr dre Dumas; elle sers^ exclusivement rédigée par les deux Alexandre, le père elle fils. On ajoute que, pour £ûre fece aux exigences quotidiennes d'une pareille tâche, l'intrépide et inépuisable écrivain s'interdirait rigosrettsenient de travailler h ravenir à toute a«|ife
-feuille , ee qui.nôus paratt^ffieile à croire. Ce joii aal aurait, d'ailleurs, une physionomie originale : on n^y admettrait pas la moindre reproduetion , pi! môme une ligne de ce qu'on appelle les faiês PatB
rz:Lc l"'' numéro du Mauaquetaire rient de pa rattre , et grande a été la déception. C'est , du reste , ioij^ours le même homme et la même science de i'alinéa ' — «Vous allez faire un journal ? — OuL -*- Littéraire ou politique ? — Littéraire. — Ah ! — •Quoi? — Vous vous ferez des querelles. - — ^om nous appelons d'Ârtagnan , et nous avons pour amis Atbos, Porthos et Aramis... — Vous allez vous brouiller avec les critiques, et ils vous attaqueront. -—•Nous avons armes offensives et défensives ; nous ^accepterons le combat. *— Seul contre -tous 1 ^-^Ia eampagne de 1814 est la plus belle cftxnpagne de Napoléon. — Vous allez vous brouiller avec les directeurs, et ils ne joueront plus vos pièces. — • Nous 4iurons un théâtre à nous, comme nous avons on journal à nous. — Le ministère fermera votre théâtre et suspendra votre journal. — Non, — Comment, non! — Non...»
M. A. Dumas annonce qu'il a encore ëO toI. de Mémoires à publier en feuilleton. — « 50 volumes ! se serait écrié Méry ; mais c'est ââ boutmiies d'encre qu'il prétend faire avaler à tout le nsonde? »
Disons que les on dit se trompaient sur un pointe M. Alexandre Dumas est le propriétaire rédacteur en chef du Mousquetaire; mais il aura- des collaborateurs.
- L'EvÉFŒUENT. — Shakspeare, Victor Hugo^ Dieu ! — En ce temps-là, le maître dit à ses disciples: Allez, et fécondez le mcmde politique comme
jWfécofndé'lcTnonde lillériaife; împîaniczïe romaû- ■ tisme dans la politique comme Je Pai implanté dans Irllitèratar^ et le théfttré. "Et rÉi^énement parut le t* août 1848 sous rînvocatron et dans llûtéréttxclusîf de la personnalité de Victor Hugo, auquel die eraptiifitait son épigraphe : a Haine vigoureuse deTanarchie, tendre et profond amour du peuple.» Ses fondatettrs étaient M. Froment Meurrce, le célèbre joaHHer^ qui voulait faire line position à son irère Paul ; M. Milhaud, de t Audience et du Vàrèy tt M.' An ténor Joly, ex-directeur littéraire de rÉfoque, — Jusqu'à ce jour, le journal s'était logé aa premier étage ; il appartenait aux fondateurs de FÈ^ ifénementde mettre le journal en boutique. II y avait, 8nr le Ijjoulevard, vis-à-vis la rue Vivienne, une bou* tique néfaste où rien n'avait prospéré, ni café, ùi exhibition de monstres, ni chiens savants : ce fut là <fàe9^nstJà\\B,tÈf^iénement\ c'est dans cette boutique, tapissée dti haut en bas des numéros du jour, et gardée par deux galopins faisant sentinelle près d'une tirelire, que se débitait aux passants, moyennant deax sous, le pain quotidien de la prose hugo-politique. L'entresol, interdit au vulgaire, se transformait lourà tour en divan, en salle de festin, en lia^^ rem; mais à dix heures précises, fumeurs, dîneurs et amoureux saisissaient la plume et devenaient des écoliers studieux écrivant leur thème et leur leçon sous la dictée du maître. Le corps seul du journal était là, en effet ; l'àme habitait les paisibles solitudes de la plaoo Royale. Le programme de la rér daction se faisait chaque matin dans la salle à manger de M. Victor Hugo. Le poète laissait tomber de ses lèvres fleuries l'éTangiIe du jour, tout ruisselant dlmages, et Chartes et Victor, ses deux fils , le recueillaiem dèvotieusement, et le transmettaient, le
soir Tenu, asx denx autres disdfdeB de ilii Auguste Yacquerie et Paul Meurice.
La feuille qui venait de naître devait d'abord s*2 peler la Pensée; M. Victor Hugo la baptisa finaJ< ment du nom qui lui est resté. Le prospectus , di 31 juillet, qui contient la profession de foi du rédaci teur, explique longuement la portée de ce titre : rÉ\ i^énement!
« En général, la presse a un tort grave: en to temps, dans les jours calmes comme dans les jours volutionnaires , la politique occupe le premier rang Les inventions se multiplient, Undustrie se perfectionoe la science change de face , on découvre une étoile , grand poète publie un chef-d^œuvre qui fait la Fran universelle et qui la fera étemelle: nlmporte? L*étoilfl est reléguée dans les catacombes du feuilleton, etl^ chef-d*Œuvre est exilé aux extrémités des variétés ^ pour lûsser à quelque misérable question de portefenilla la place d'honneur et la fagade du journal. C^est làJ nous le répétons , une faute sérieuse. Les colonnes sonj les membres du journal; Tidée doit luire au front : il n*est pas indifférent que la pensée soit logée dans la tôte ou dans les pieds... Nous donnerons, nous, la place la plus visible à Tévénement de la journée , quel qulj soit , quelle que soit la région de Tâme ou du moDd<| d*où il vienne... Nous commencerons notre journal pai Tacte principal du genre humain... Dans les premiers temps l'Evénement sera presque toujours Êrançais et po* litique... En ce moment toute la vie de TEurope est concentrée dans Paris, comme, dans les grandes émcH tiens , le sang afflue au cœur. La stupeur paralyse les nations. Quand la France cherche, le monde altend. ~ L*£vénement donc ne sortira guère d'abord de Paris , ni de la politique. €e sera... Taccès de fièvre quotidieD d'une nation en travail de civilisation. Mais, espéronsle, la France sera bientôt délivrée, la constitution aaStra, et alors les jours tranquilles repaiattroBt. Les constitutions ont besoin de Torage pour naître et de Is
pvK pour vivre. — Il en 6st dn cœur hundu comme du sol: la charrue commence, le soleil achève... Le 8aog n'est pas. la seule pluie dont la Providence arrose rmteUigence humaine, elle a d'autres engrais que les cadavres. Nous hâterons de tous nos efforts 1 neure clé^ mente et pacifique où la terre, si la'bourée et si arrosée, sentira germer, sous le bienveillant rayonnement do ridée, la sainte moisson de Favenir... Ce n'est point dans une époque comme la nôtre qu'on peut avoir peur de manquer d'événements... Depuis quatre mois les faits sa prédpitdut avec la rapidité des morts de la ballade. Combien d'hommes ils ont déjà usés... Poussés et âperonnés par cette fougueuse politique, les plus ardents esprits s'abattent avant le premier relais... Lapo* litique actuelle crève tous les hommes sous elle... Si, dans ces jours inouïs , il arrivût un jour ordinaire, qui serait le plus extraordinaire de tous, si, par impossible, révénemyent nous faisût défaut une fois, cette fois nota réunirions doMLs le même numéro, et comme en une con' Motion éblouissante y tous les noms illustres- qui étoir I<nt notre rédaction y et nous tâcherions que, ce jourrlà, Qotre journal fût lui-même l'événement. »
Jusqu'ici, on le remarquera, il n'est question que do titre du journal ; qu'on juge par là des antithèses et de la superbe deTarticle capital , de la profession de foi. Malheureusement, nous sommes forcé dV
bréger: .
« Des esprits naturellement portés aux extrêmes avaient, peureux ou farouches , séparé peu à peu notre France en deux camps , la patrie en deux partis ; nous venons tenter Tœuvre de la réconciliation. Nous sommes des ouvriers bien petits pour une œuvre bien grande ; mus le spectacle du monde de Dieu ne nous montre pas autre chose... Nous voulons combattre l'anarchie , qui est la mort de la société, et défendre le peuple, qui en <^ia vie : tout est là... Nous croyons que c'est à la fois notre devoir de préserver la civilisation , c'est-à^ ^ roBuvre accomplie du psotté ^ et 4*iûmer le peuple ,
c'est- à-dlre Tœuvre vivante de Tavenir..'. Nousvouloni Éwltiver sans cesse dans les âmes ces deux fleurs deyenues si rares, Tespérance et la pitié ;... cherther canment on pourrait assurer le travail qui donne à l'individu le pain du corps , et développer Tart , qui donne i lliuinanité le pain de Tàme; dissiper enfin ^ dans le monde libre et lumineux de notre république, les de^ nières fatalités et les dernières ténèbres de Tignorance,
âui est la nuit de Tesprit, et de la haine, qui est la nuit u cœur. — Et ce qui sortirait de notre idéal réalise, ce serait la répubîique-civUisatwfi ^ république heureuse comme le rêve et belle comme Tidee î... république qui serait en un mot le majestueux embrassemesl du genre humain sous le regard de Dieu satinait, v
Venait ensuite, sous le titre de : les Première! Hirondelles^ le programme littéraire, non moins attrayant, non moihs merveiilevx. Tons les lundis, Auguste Vacqoerie devait rendre compte du mouvement des lettres et du théâtre, « avec quel èclar, avec quelle énergie de conviction, avec quelle religion du génie, avec quelle profondeur dans la verre, tivec quelle science dans renthousiàsmé, c'est ce qnc nous n'avons pas besoin de dire à quiconque a la on seul des admirables articles de ce ferme et ardent esprit qui semble être le point juste où se rejoigoenî et se complètent la critique et la poésie. » tes ateliers des peintres et des sculpteurs devaient être yisilés, pour l'Événement^ par Théophile Gauthier, le statuaire du vers^^i par Auguste Préault, kpoêit du marbre. Théophile Gauthier avait promis en outre « la Plastique de la ciç^ilisation^ — tout uû livre! — dans lequel il fixerait, en types magnifiques et populaires, à l'usage du pauvre et du riche, tout ce .qui peut devenir la poésie de chaque lieu et le charme 4e chaque jour ; il dirait ce que doit être le salon du jnillioonaire et ce que peut être la ehambrette de
[ovrier; avec un plâtre, une fleur, poe gravure^ ïe cage d'oiseau, il ferait briller, pour quelque^
ics, dans la plus humble mansarde, les chefsr
îuvre de Vart et les merveilles de Dieu. » Bref^ voyez défiler devant vous, sur six colonnes^, iOQl le ban et Farrière-ban de la littérature et de la omaraderie, évoqué par la brillante imagination d'un ies fils du dieu : Méfy et Karr, Champfleury et Bat^ wc, Léon Gozlan et Gérard de Nerval, Edouard ïlierry et Amédée Achard, « qui allume son style à son cœur et qui poudre son encre avec des étincélla» da soleil marseillais », etc., etc., etc. En un mot, ^ÉvénemerU a voulait que Tétoile de la poésie gui* âât les nations vers le berceau de notre république^ ci devait amener au peuple, ce roi enfant, tous les rois mages de Fesprit, cet autre Orient ! » .
En somme, la rédaction de V Événement^ à rorigiûe, se composait de Paul Meurice, Auguste Vac- "jnerie, Malber, PaulMayer, Charles et Victo,r Hugo Os, que renforçaient, au besoin, les autres membres f^l les amis de la famille de Hugo le Grand : c'étaient madame Hugo, signant un feuilleton de son nom d« jeune ûlle, Marie Foucher; mademoiselle Marie Hugo, écriyant sous le pseudonyme d'Adèle ; ma- <|anieBiard, la femme du peintre, rédigeant des arides modes signés : Thérèse de Blaru.
La pensée véritable qui avait présidé à la créati()D ^^^Evènement ^ Tunique événement , Vacte princi* pal du genre humain qu'il eût voulu, placer en téW. iie ses colonnes , c'aurait été la candidature de Victor Hugo à la présidence de la république : le Bien pU" hllc portait bien Lamartine I Mais il recula devant, un fiasco trop certain, et se mit à soutenir la candi* lîalure de Louis Napoléon, sinon avec beaucoup d'àdresse, au moins avec beaucoup, de chaleur. Il jen^
fat malheiireusemeDt pour ses frais â -îmaghmtioii^tses dernières ressources , et il allait mourir^ quand M. de Girardin lui tendit une main secourable. Il ehaogea alors pour la troisième fois de couleur et de format, et se fit journal du soir et quelque peu socialiste. 1) trouva enfin le succès dans cette nouvelle voie, oà vint malheureusement Tarrôter un arrêt de la coor d^assises , qui le suspendit pour un mois. Le lende* main il reparaissait sous le titre de VAi^énement à Peufile , avec cette ëpif^aphe , cmpruntèeeBcore à son oracle : a Soyez tranquilles, vous êtes souverains. » — « A partir de demain , avait-il dit en annonçant cette transformation, /'Ér^/t^/ne/i/ prendra le titre de V Avènement, Toute notre politique tenait dans une lettre. » On pourrait trouver dansée jeu de mots un aveu un peu naîf^ L'Avénementfsx supprimé à la suite du â décembre.
Nous nous sommes longuement * étendu sur le prospectus de VÈvénement, parce que l'apparilion de ce prospectus fut une sorte d'événement , parce que nous le regardons comme un des monuments les plus curieux du journalisme ; parce que , quoi qn'w ait dit du journalisme littéraire , un journal fait selon ce programme , — les exagérations à part, — serait un très agréable journal ; parce que , somme toute , TÉvénement a eu une sérieuse valeur ; parce qu'enfin il fut une vive expression d*un effort auquel doos ne saurions ne pas être sympathique.
La révolution de février avait arrêté court toul» les industries, et, comme les autres, Tindustrie lit* téraire — qu'on nous passe l'expression, d'ailleurs parUadtement juste. Tous ceux qui vivaient de \&ff plume se jetèrent dans le journalisme , comme dans | la seule vme qui leur rest&t ouverte. Tout honun^
|ai devait at» lettres , aux arts ou à la politique , un )ea de célébrité, de bon ou de mauvais aloi, ne put le passer d'un journal qui fût à lui. C'était la force et a faiblesse de ce temps-là. Nous avons vu Lamar* ine, Victor Hugo, Lamennais, Lacordaire, Du* nas, Cavaignac^ et même Ledru Roliin , patroner^ nspirer ou rédiger des journaux. Et c'était bien nanrel, quand le premier crétin venu se passait cette antaisie.
Il est curieux de voir comment les écrivains, dans e tournoi politique , se sont groupés par familles iViprés la loi des affinités.
Dans le Bon sens du Peuple , VAt^enir national , e Peut Homme rouge, nous trouvons les républicains très modérés , c'est-à-dire malgré eux : Paul P'éval, Léo Lespès, Marc Foumier, Auguste Vitu^ îtA. Ponroy.
Dans le Pamphlet nous retrouvons : Léo Lespès, ^. Yitn, Am. Âchard (Grhnm), Champfleury, Ch. Monselet, Th. de Banville (Fr. Villon), Paul Ferai (un ouvrier sans ouvrage) , Henry Murger, H. Vicolle, Julien Lemer, Loys l'Herminier, Â. Pon- ^ (G. Dicks), G. de la Landelle , tous, ou à peu )rès, républicains sans le vouloir.
Dans le Spectateur et le Journal nous rencon* rons toute l'école du bon sens , c'est-à-^lire des ré« mblicains sans le savoir: Alpb. Karr, Francis Wey, ^oais Jourdan , Th. Lavallée, Barrai, Biaise, Pon* ^rd, Emile Àugier, Taxile Delord, Gustave Plan* ihe , Laurent^Jan , docteur Yvan , Garraguel , Félix i^oumachon, etc., etc.
L'école de l'esprit ^ qui compte de nombreux ^ptes depuis qu^oir de Tesprit est devenu une >nrfession, un métier, depuis qu'on apprend à deveîr homme d^esprit , se livrait à ses exercices dans
la Retme conuque «t autres Charivari, où bous r€
trouvons Taxile Delord , Félix Tournacbon , dégui^ en INadar, etc., sous le commandemeat de Â. L reux.
L'école de la fantaisie politique ne compte guèr que trois ou quatre représentants : A. Yacquerie Paul Mcurice, Méry, Ch. Hugo.
De Pierre Leroux à Proudhon , en passant pj George Sand , nous rencontrons Técoie littéraire s< cialiste. Eugène Sue , Esquiros , Louis Blanc , c sont' les chefs. Viennent ensuite Villegardelle , La chambaudie, Crubailhôs , Cb. Deslys, Pierre Da pont, Tabbé Constant, Greppo, Mesdames Adcl Esquiros , Gay, Fossoyeux, Niboyet, etc., etc. ,
Enfin il existe un petit cénacle — sans préjudic des grands — où de petits bommes de lettres se fai briquent entre eux de petites réputations qu'ils voî^ propageant à l'aide de leurs pétilles plumes, dans d petits journaux , tels que la Carmc^aoUj le Gam» de Paris, le Petit caporal ^ etc. Dans cç petit céoa cle on distingue : À. CoUin , E. Martin y A*-de la Fi zelière, Thierry, E. Wœstyna, etc., etc.
Quand nous anrons cité encore le Crédit , to dé par Ch, Duveyrier, l'ancien Saînt-Simonien sous le patronage , dit-on, du général Cavaignac, qu voulait « non la république des sans-cœurs , ni h république des sans-culottés , mais une républiqni humaine, intelligente, industrielle, libëhile , magnâ nime ; unerépubliqueque les prolétaires défendissent que les banquiers créditassent, qui fôt respectée pa les rois , enviée par les peuples, que les femmeâ 61 le: prêtres béfitssent, et que les poètes un jo«rpussen otianter» ; — lb Pats, sur lequel nous reviendrons i
-t^L'Ordee, fondé par M, CbamboUe^qoâod ilquit*
k le Siècle, passé dans le camp du National; — le ^ssa^er de V Assemblée ^ également né d'une dis- Hence d'opinion, celle-ci entre la Patrie et ses jkux principaux rédacteurs , Eugène Forcade et Fôn Soîar, — nous aurons nommé les principaux jour- Banx issus de la révolution de février, et môme un peu ^as; mais on n'aurait, si nous en restions là, qu'une Uëc très incomplète du mouvement ou plutôt du dô- Sordementde la presse dans ces jours de fièvre. Nous jDons donc en passer une nouvelle revue*, et nous noterons dccî delà les feuilles qui , par une chose ou une autre, arrêteront nos regards.
SalinigoiidiA. -^Lei^liêmoeratH — Liberté ^ Egalité ^ Fraternités — te KabMhte At les tables parlantes. -^ Les Murs de Parie. — Lee Napoléfmiens,^' Le Tribunal révalutiannairef le Sanguinaire f le Pilori et la Guillotine,
UAsemhlée constituante (1^' mai), fondée , sous te dii^ction de M. Saint-Edme, par des rédacteurs dissidents de l'Assemblée nationale^ dont elle avait les tendances, mais non Tesprit ni le bon goût : c'est elle qui comparait « le citoyen Louis Blanc, enveloppë*de-5es grands projets et de ses grandes phrases, & un tout jeune veau qui se promènerait gravement sur le boulevart, revêtu d'une peau de lion. y>
L'association , cette puissance nouvelle qui tôt ou tard doit changer Ja face du monde , donna son nom à quelques revues sans valeur : V Association dérruh eraiiqiie des amis de la constitution , VAssociation fraternelle et universelle des tran^aiUeurs , V Associa^ tton Ubertùste , etc.
VAvant^garde ^ fMir M. L'Hermimer, du PortefeaUU^ veut que la révolution nouvelle ne soit pas seulement politique, mais sociale ; ce ne doit pas être rèvénement d'une classe privilégiée, malsravéne-
méat de tontes les classes , ia vsaie , la grande démocratie ; elle ne comprend pas qu^un simple changement de mots puisse faire que ce qai èlait trois mois auparavant scandale « -gaspillage et corruption, devienne patriotisme. Aussi gourmande-t-elie rudement le gouvernement provisoire.
ce Citoyens gouvernants, leur .dit-elle, représentanls, gens de finance, de plume, de robe et d'épée^ à notre tour maintenant, de\ix mots, s'il vous plaît. Nous vous connaissons de vieille date : les grands mots et les grimaces ne nous en imposent guère. Vous grimacez ma) les vertus que vous ne coniiaissez que dé nom. Prenez donc garde ! votre masque se déchire ; on voit déjà votre orgueil et votre rapacité. Criez bien fort : Vive la- république! ceinturez-vous d'éehu^B tricolores a orépine d'or... Lâchez vos petits discours à jets continus; si les hommes se laissent conduire par le nez, n*oubliez pas qu'ils se prennent par les oreiUes... Prédi.ez l'égalité , mais que cela ne vous empêche pas de vous goberger dans les psJais ministériels, de vous voiturer dans les carrosses de la cour... Les ateliers sont fermés, les magasins déserts... qu'importe cela? En chasse, messieurs du provisoire ! ÂUons, avec les ci* toyensGamier-Pagès et Pagnerre, courre le oerlà Chan* tilly,.« Vous aimez le peuple! ce bon peuple, si foôle et si béte, toiyours prêt à crier vive n'importe qui ! à bas nlmporte quoi!... » -* a Aujourd'hui, c'est triste à dire, mais la démocratie n'est ni dans nos mœurs ni dans nos habitudes; l'aristocratie est partout. Exemple : les portiers veulent être concierges ; les huissiers, ofS* olers ministériels; les comédiens, artistes dramatiques; les épiciers sont entrepoàtaîreB de denrées coloiiia» les» etc., eto.»
Le Banquet ffocia/, journal du 8^ arrondissemenlt q«i prit son nom du fameux banquet dont nnlerdio^ tion amena la révolution de févri^.
LeBienrétre y resté, nous ci^oyons, à Pétat de pro* etf aussi bien que le Prépo^aniy du mémo
|i9pe, assurait à ses abonnés: 1* une pension de iMraiie aptes trente ans d'abonnement , S<> les frais Iffthnmation (d* classe), et 3^ une indemnité de MO fr. à la veuve ou aux héritiers du défunt. — ^"Un iRre, le Bienfaisant , par M. Eugène de Montgiate, promettait à ses abonnés, à 50 centimes par sois, on médecin et des méifieaments.
M. de Girardin, soit dit sans comparaison , a publie en 1851 , sons le titre de Bien-être universel ^^ joamal de. la vie et du gouvernement à bon marché, ttoc revue hebdomadaire qui a eu un grand succès.
Le Bon conseil^ où préluda M. Léon Plée, aujourd'hui secrétaire de la rédaction du Siècle, — Le Bonhomme Richard ^' joumBÏ de Franklin , par MM. Wallon et Ghampfleury^ dont les conseils n'étaient pas moins bons. — Jacques Bonhomme n'avait pas moins de bon sens ; il voulait la vie à bon marché ; \l n'entendait pas que, sous prétexte d'égalité, on nccoorclt les habits pour en faire des vestes ; il préférait, avec Gamier-Pagès l'ancien, qu'on allongeât les vestes pour en faire des habits.
Le Christ répuhUcam , inventé tout exprès pour \C8 esprits forts de février, parle citoyen Delclergnes (breveté sans garantie du gouvernement), qui , indigné du peu de succès qu'obtenaient ses plates invectives contre le clergé, nous condamna an Règne àubiable.
Le Conservateur de la République^ par le citoyen Mardial , auteur de pamphlets qui avaient fini par le conduire à Doullens, et qui n'a su conserver ni son Consenuiteur j ni la Presse républicaine, ni la Fra^ temité , ni un Ami du Peuple^ qu'il rédigea succesàvement.
Nommons pour mémoire une demi-douzaine de » CoRf/àttiîbiw, qaivécurentce que vivent... lescons*
jutions; une douane de Cpwrrievs^ mort^ dôalea premiers relais , à l'exceptioa du Coiirrier de Paris, des Départements et de V Etranger^ rèdàpteiir <e]^ chef W..Duckelt, qui fournil une com;se dç tnoi$ niois environ. Dans le nombre, nous rea^rqu^aft un Courrier de la Californie^ et à son. propo§- nous dirons que le p^ys de Tor baptisa bien aussi iiite dou« zaine de journaux qui n'étaient que des prospectus de sociétés plus ou pnoins sérieuses* * ..
Les Démocrates ne pouvaient manquer : au^i ea avons-nous eu plusieurs , un entre ^utres^, foadéc; rédigé parle citoyen d'Allon-Shép, ancien. pair de France , qui fonda encore, de concert avec MM. de Boissy et Louis Deplanque^ lo^Jofirp^desPoMftfres.
Le Démocrate égalitaire, semaine sociale. cl républicaine, par Fr. Gérard, collaborateur de M. d'Aiton-Shée , npns axonservé Je touchant récit d'un banquet organisé sur la place du Châtelety le dlman* cïie 2 avril, par le club des Ipqorruplihles , a»(Com-> posé 'de djêmocratea .éprouvés, a Nous a^rions voulut si la place nous Feûi. permis , léguer à la postérité le souvenir de cette fête lacédémpnienne ; nous aurions dit comment. « les clubs de la. banlieue arrivèrent. bannière flottante, au nvlieu des chants patriotiques, et reçurent Taccolade ; comment au centre de la placp s'étendaient deux longues tables char^é^s dç pain et de viandes froides ; comment la société populaire de Montrouge avait apporté un énc^rnia gâîtcau dû au citoyen Flotte, frère du démocrate de ce aopn, el qui fut destiné à la, communion répii^blicaipe; comment, après des discours empreints des sentîiiQenls les plus fraternels, le peuple qui assistait.^ cette manifestation fut appelé à~ prendre part au banquet; comment des corbejUes pleines, de vivres furent distribuées) ainsi que quelques rafraîchissements, et
toinment Yè gâteau du citoyen Flotte, coupé en petits ■oreeàux, servit de pain béni dans cette communion Ihnocratique ; comment enfin, après être allé' faire k tour de la eblonne de Jtfillet par une pluie battante, ehacnn rentra plein de la grandeur de cette
feie fraternelle , qui étonna les spectateurs les plus IkdifTërents, et laissa dans tous les esprits tin souvelirviyacé. »
VÉg-aiîté, journal des intérêts de totis. — La de- me de la république, qui fhippait inévitablement'les regards, de quelque côté qu'on les tournât , si étranglement barbouillée qu'elle était sur tous les murs et toutes les clôtures; offrait trois titres pour un aux faiseurs de joai*naùx. Nous avofts déjà cité une Liberté; eHe eut plusieurs sœurs. Voici maintenant rÈgalité de M. fuHen Lemer, qui n'était à vrai dire que du réchauffé. L'Égalité^ en effet, était un nouveau ti- Ri*e de^ Noui^efles du soif^ fait le lendemain matin p(mr lés bods Parisiens. Et, comme ce titre pouvait mal sonner aux oreilles des provinciaux, on faisait à leur intention un troisième tirage sous le titre de la Propriété. Quel dévouement à la chose publique ! -7— Qaant à la Fraternité, elle orna également le front de plusieurs canards , dont les prétendus rédacteurs* enehef étaient de la force du singe de la fable, et très câfpàbles de prendr<^ « le nom d*un port pour un nom d'homme, rt
À ta fraternité les socialistes avaient substitué la solidarité, expression beaucoup plus significative. Nous eûmes donc plusieurs Solidarités et un Soli" darisme.
Le Kahbaliste. — "Nous avons dit et montré déjà comment la presse de 1 848 avait parodié la presse de 93. Elle eut cependant ses spécialités. Ainsi léis* droits de la femme, méconnus par la première con^-'
stitttante , et si yttillftmmeBt rédaniès par les en toyennes Jeanne Déroin, Eugénie Niboyet, Sophk Battanchon et autres Judith ; ainsi le droit au travail, ou plutôt Torganisation du travail , question qui ne &itque de naître; ainsi les, seiences occullç^t quii sous une forme nouvelle , gagnent incessamment do terrain, en dépit des arrêts de savimt» gourmé^ qui nient superbement ce qu'ils ne peuvent expliquer « en dépit des esprits forts,' qui se refusealà voir ou i)e veulent pas. croire ce qu'ils voient. Ces sciences eurent pour organes en 1848 : le Kabbaliête^ }out^ nal des sciences occultes et divinatoires; le Vor^nU écho des temps passés , présents et futurs ; - — le héifélateur^ journal prephétique^* qui démontrait clairement — après coup — que 4eus les événements de ce temps^i ont été prévus par les sommimbules , et qui demandait que la présidence fût donnée à un fiomnambule. Ceci nous rappelle une lettre de Robert Owen qu'on a bien voulu nous communiquer, et que nous croyons devoir citer tout entière.
.... Je n'ai plus aucun doute sur l'existence des esprits invisibles et leur communication avec nous , par me- <iiams sincères et fidèles à leur mission.
D A l'aide 4]un de ces medrams, j'ai eu dix-buit séan^ ces les plus convaincantes possibles. J'ai, été mis en communication directe avec ma défunte femme > mes deux filles, mon père, ma mère, mes d^ux frères et ma sœur; deux fois avec le président Jefferson, une avec Benjamin Franklin, trois avec le prince duc de Kent et de Stretherrn, père de notre reine, et avec d'autres personnages dont la vie n'a pas été publique.
» n en résulte pour moi :
» 1* Que l'objet de œs manifestations qui èot lien eo os moment de tous côtés est de préparer lia réftH^oie du monde ;
» S^> De oonvaÎBcre tous ka hommes de la. réafité
dVine existence immortelle après c^le-ci; . . .
9 3*> De leur ii^pirer une charité , une bienveillance, use mansuétude mutuelle sans bornes ; '
9 V Que le mouvement des tables sous des chainetf de mains est déterminé par des esprits de personnes aortes;
9 5» QuHs produisent les coups par lesquels ils répondent par de Télectricité animique ;
» 6f» Enfin, que les médiums sur la terre sont chois» par Dieu.
]>Dan9 ma dernière séance j'ai demandé quelles étûefit les qualités lés plus estimées dans le monde des esprits? La réponse a été :
s La bienveillance et ramôur.
» Je ^onnenù dans ma Revue rationnelle les déftdlt de quelques unes de mes séances.
1» Si votre empereur savait et voulait réaliser les cou* ditions, les arrangements au moyen desquels, en preoani (^laque individu à sa naissance, il est possible et facile de rendre. excellente Tespèce humaine, U laisserait bien loin derrière lui tous les piinces et potentats qui Font précédé dans l'histoire. »
Nous avonç vu tant de merveilles depuis . quelques années^ que rien ne saurait vraiment pl^s DOtts étonner. Avouons cependant que ce serait 4. pour nos gouvernants , pour les gouvernants despeupleSf une Egérie bien eommode , qu*une jolie petite table, qu'on aurait toujours sous la main, qui remplacerait avec avantage les conseillers officiels et of-' ficietix , qui ne parlerait que lorsqu'on l'interroge-, rait, dont la discrétion serait à toute épreuve , à la*' quelle on se confes^rait le soir , que l'on consulterait le matin sur la conduite de la journée, sur les grandes mesures que Ton médite. Exemple :
Piiis>-je rendre à la presse un peu de liberté? ^^ Oui.
Et nnt exilés leur patrie ? -^ Ouï;
Etc., etc.
Les Murs de Paris ^ journal de la me. Calleetien'de toutes les affiches politiques, cette publication, malgré son titre, n^est pas précisément un journal , non plus que les Affiches républicaines et lus Murailles rêi^oluiionn aires ; mais elle a tant d^affînité avec notre sujet que nous avons cru devoir la citer. Les murs de Paris étaient alors , en effet, on immense journal , toi^ours ouvert, et de tous les jQumaux le plus pittoresque assurément et le. plus divertissant. Quel bon temps pour le flâneur, svrtout à rapproche des élections !
« Paris se couvre d*a!8ches, Paris devient le ffiéâtre des plus étranges bouffonneries, qnand il est hvtié aux élection , disait le Mois.
» Autrefoiâ, dii-on, quand on voulait être d^uté, on s^en allait dans son département , on faisait des visites à ses électeurs , on leur promettait un chemin de fer ou des places pour leurs enfants, petits-enflùits ou. neveux, on leur donnait à dîner, ils vous donnaient leurs voix. Cela s'appelait corrompre.
» Aujourd'hui, on ne corrompt plus avec ûeû ûiners, on corrompt ou plutôt on esssde de corrompre avec des affiches.
}> Les restaurateurs y perdent, mais les imprimeurs y. gagnent. Chacun son tour, c'est trop juste. La république a été établie pour cet axiome.
» La députation est devenue un état , au lieu d'être une mission. On est député comme on est ébéniste. Cest une chose qui rapporte 2o fr. par jour, c'est-àdire 9,000 fr. par an. Aussi la concurrence est-elle effrayante. L'argent est si rare ! Puis les 25 fir. sont insaisissables, et les représentants ne peuvent être arré' tés , si bien que la conscience de ces messieurs est à Tabri, et que ceux qtii, il y a six mois, étaient menacés
~ «aide la prîfioa pour ^dettes , peiiTeikt Tolor «utjomtlliui pour la contrainte par corps.
9 Et il y a des gens qui disent qu'il n'y a pas progrès. Ce sont les créanciers qui disent cela.
3 Après tout, je ne sais pas pourquoi je critique cette ttouToUe entreprise. Elle a son bon côté.
r Aller tous les jours de deux heures à quatre dans une grande chambre, où il y a des gens qui causent et ^i se promènent, un petit monsieur qui agite de temps en temps une grosse sonnette, et des individus qui inontent dans une tribune; venir de temps en temps et an hasard déposer un bulletin dans une urne, et, lorsque \b président met aux voix une question quelconque « avoir la liberté de se lever si Ton veut se tirer les jam« bes, ou de rester assis si Ton est fatigué ; manger en entrant et en sortant un morceau à la buvette du Palsûs, passer à la caisse et recevoir cinq bonnes pièces de cent 8008 en édiange d'un mauvais reçu, cela n'est pas en* Qoyeux, et je connais des braves pères de famille, ma- COQS ou couvreurs, qui se donnent plus de mal et qui font plus de bien pour 3 fr. par jour.
»£a outre, on n'est pas forcé, dans cette carrière-14» de parler le français ni de mettre l'orthographe.
• Lisez plutôt la Constitution , si vous ne me croyez pas : c'est concluant.
» 11 résulte de tous ces avantages que quinze ou vingt jours avant les élections, il se fait à Paris une immense commande de papiers rouge, bleu, jaune, orange, violet, ocre, de toutes les couleurs, enûn, de l'aro-en-ciel et de Topinion, et les candidats se mettent à l'œuvre.
» Il y en a pour tous les goût^. 11 y a des avocats, des rentiers, des entrepreneurs, des princes, des généraux , des économistes , des banquiers , des socialistes , des hommes de lettres-, des communistes, des phalanslériens, des prisonniers même, qi)i ont trouvé cet ingénieux moyen de sortir de prison. C4'est si commode ! il y a des omnibus qui passent à Vincennes, et qui, pour huit sous, vous mènent à la place de la Concorde. »
L£ Napoléon. — * A la première nouvelle des
èféaemeBts d0 février, Loiii»«*Ifftpolé(m éMl âo^ couru k Paris, et son nom était bientôt devenu on drapeau qu*arborëfent quelques journaux anciens et plusieurs feuilles nouvciles. Mais il devait lui arriver ce qui arrive à tout homme, à toute chose v qui a le privilège de fixer Tattention publique : la spéculation s'empara de ce nom dont ia puissance se révélail h nouveau d'une façon si vive,' et en fit le prétexte d'indignes canards. Nous nous contenterons de nommer t Aigle j h Bonapartiste, la Démocrafîe rHtpoUomenne y devenue ensuite la France napoléonienne; le Socialisme napoléonien ^ organe de la ligue démocratique pour rextinction du paupérisme; le Napoléon > le Napoléon républicain, portant pour devisQ : « Le peuple est le seul souverain ; les représentants sont ses commis », et qui, mettant Napoléon en scène, lui fkit dire au peiftple de se souvenir du drapeau rouge du Ghamp-de-Mars si ses commis violaient le mandat qu'il leur a donné; -^ le Napoléonien, lu Redingote grisé, le Petit Caporal, journal de la jeune et vieille garde, où bo^s trouvons ce portrait de la commission executive : ^ Ledvu-Rollin est la basse du gouvernement ; Arago, la crécelle; Marie, la flûte ; -Garnier Pages, le piston; Lamartine, la vielle organisée ; Pagneffe, la guimbarde. Est-ce un concert? Est-ce un charivari?»
Nous devons mentionner particulièrement le Dix Décembre, journal de l'ordre , rédigé par M. Sblar, et le Pouvoir y journal du 10 décembre, continuation du précédent , deux journaux barboteurs, mais qui pourtant ne doivent pas être confondus avec les canards susnommés.
Le Nout^au Monde, journal historique et politîtique , rédigé par Louis-Blanc (juillet 1849); — Le Pûificf^ journal de tout lo monde (décembre 1851),
luLaTaii^ sur la £6 de.ses joora, poar rédaeleur'eir liief^ M. À. de.Géseiia*
La Réi^olution, par Xavier Durrieu; — la Révo" \uion de^ 1848 ; la Révobuion démocratique et eo^ iale ^novembre 1848)^ rédacteur en chef gérant, Ch. Delescluze, ex ^commissaire général à Lille; loi demandait, entre autre choses, Téducation graiuile, eommune et obligatoire; Tabolliion des contnbmions indirectes et de tous les octrois , et la sub* Btitutlon de Timpôt direct et progressif à tous les impôts que nous a légués la royauté ; la consécration du droit au travail avec toutes ses conséquence ; la révision de toutes les lois ; la suppression du pouvoir présidentiel , « dangereuse image de la royauté. » Le 10 avril 1849, Ch. Delescluze fut condamné à trois ans de prison et 10,000 fr. d'amende , et son suc« cesseur à la géraooe le fut, le 19 septembre , à deux ans de prison et 5,000 fr. d'amende.
Ébranlée par la secousse de février, la société pendiaii vers Tabîme : les sauveurs ne pouvaient lui manquer; elle se noyait : c'est à qui lui tendrait use plandie de salut. Dés le 27 février apparaissaient à lliorizon deux Salut publie , qui ne purent se sau* ver eux* mêmes. Le 26 mars, un autre Salui public^ qui paraissait mieux organisé , nous fut présenté par Tabbé Orsini, Achille Comte, Achille Jubinal, etc.; mais il n'eut pas non plus une longue vie , et le nom de JaProifidence^qM crut devoir substituer au sien^ le l^' mai, ne prolongea que de bien peu ses jours. — Mentionnons encore, pour la curiosité de la chose, le SabUêoeialp « moniteur du commerce véridique, joomal des droits de l'homme, rédigé par les opprimés sous la direction du vieux de la montagne » (Arthur de Bonnard , président du club des Épiciers) et imprimé sur papier rouge comme ses opinions ^
«vee cotte épigrephe : « A bas la gûUotiiie poIilî<que ! A bas la guillotine de la faim. » » . .
La Séance , par A. Lireux (mai), petite feuille du soir qui rendait compte des débats de rAsâemblée nationale avec Fcspril , Taplomb et ja partialité d^un critique de théâtre.
«Dans toutes les dictatures, même dans la dictature de la liberté, il y a quelque chose qui ne veut pas que la discuision soit toujours libre ; on la tolère bien plus qu'on ne Tautorise. Aiyourd'hui, voici rassemblée nationale : la discussion reprend toute sa puissance. Désormais les écrivains qui n'oseront point parler tout haut» la, mais sur la conscience , seront des niais d'habitude , des ré-
Sublicains de métier, ou des trembleurs de naissance, bus , nous ne faisons point le commerce du journalisme, nous ne tremblons guère , et nous croyons à notre intelligence! »
' Le Tocsin des travailleurs (i*< juin), par Emile Barrault, Téloquent prédicateur Saint-Sitnonien.
« Pouvons-nous laisser faire TAssemblée constituante, et dormir ? Sans doute cette assemblée veut le bien ; mais il s'y trouve tant de bonnes intentions en paletot ou en frac ! La blouse y est si rare qu'elle à l'air d'y Caire tache. La blouse était l'uniforme des barricades ; ce n'est qu'une exception dans la représentation nationale. Le proverbe a beau dire, l'habit ne fait pas le moine ; ce qui trop souvent est vrai , c'est que l'habit fait le bour-
geois. Prenons garde ! Ayons la main sur le tocsin. — st'Ce que le comité exécutif est propre à nous rassurer? Le lendemain de la révolution on garantissait an peuple un labeur quotidien , on logeait le problème de l'organisation du travsûl au Luxembourg , on instituait des ateliers nationaux. Ne semblait-il pas que l'état de^ venait le père de la grande famille ? Aujourd'hui les ateliers nationaux vont étire dissous; le Luxembourg a reçu d'autres locataires. Le National épilogue sur les garanties affichées à THôtel-de- Ville , à la grande joie du Siècle. Ce que le gouvernement provisoire a écrit, le di-
rectoire intérimaire commence à le raturerr Enfin T^tat donne sa démission de ses entrailles paternelles , cela le mettait sur les dents.
j> Alerte ! un premier coup de tocsin.
» Et à qui nous fierions nous ? Aux républicains de la veille ? Parlons en vite. La plupart de ces messieurs £ont d^avis qu^avec un roi de moins et le suffrage universel de plus , le peuple tient la meilleure des républiques^ surtout slis sont en place. Un roi de moins! comme cela snfQt à remplir la poche du peuple ! Le suffrage universel î comme cela le rassasie! Grand merci, messieurs! Le langage de ces républicains fossiles nous rappelle ces gens que FEvan'gile réprouve : on leur demande du pain , et ils vous donnent.... une pierre.
3) Vite un second coup de tocsin.
» Serions-nous asseï insensés pour compter sur les républicains du lendemain? D'avance, nous le savons, si la république permettait l'exploitation du travail par le capital et les misères du prolétariat, plusieurs de. ces royalistes d'hier seraient des Brutus. Ce qu'ils regrettent dans ce trône tombé , c'est l'abri de leur pot-au-feu : selon eux , la couronne constitutionnelle est le meilleur couvercle de la marmite bourgeoise ; l'une est faite pour l'autre, et réciproquement.
y> Vite, vite, un troisième coup de tocsin, v
Le Français est naturellement, essentiellement orateur, — un moins poli dirait bavard ; — il aime es tribunes. Aussi lui en éleva*t-on, en 1848, de toutes les formes et de toutes les tailles. Citons : la Tribune de 1848 , petit journal fait par de petits hommes dans un petit café du. carrefour de TOdéon ; •^la Tribune parisienne ; — la Tribune nationale , par Esquiros; la Tribune populaire ; — la Tribune du Peuple , véritable caméléon qui changea' quatre ou cinq^ fois dé titre ; — la Tribune unis^erselle ; — la Tribune des Peuples, par Mickiewiez, professeur au collège de France , etc., etc.
Il va sans dire que de toutes ces tribunes ne descendaient que des paroles de vérité : la vérité , tou le monde la cherchait , tout le monde croyait TaYoL trouvée. Parmi toutes les vérités qui noiis furent offer tes, nous nous bornerons à recommander la Véri journal des vrais intérêts du peuple ; — la Vérit journal des intérêts Israélites, par Ben-Barùcb Ci hange, auteur de la Semaine Israélite et d^auti excellents ouvrages à Tusage de ses coreligionnaire — la Vérité^ feuille mensuelle illustrée de la rel gion socialiste ; la Vérité démocratique / — epfiû vraie vérité, la Vérité sans chemise^ par un frs Gaulois.
Mais il y avait des tribunes bien autrement ret< i tissantes : c^élaient les clubs ouverts dans tous 1 coins de Paris. C'est là qu'il fallait aller pour ente dre , non pas précisément la vérité , mais de bonm vérités , ce qu'on aime mieux encore quand elles s'a dressent à d'autres. Ceux qui ont eu lé bonheur d*as sister à quelques séances de ces assemblées pragec ses savent quelles incessantes accusations y rete/ tissaient : accusations contre le passé, accusaUoi contre le présent , accusations contre les ennemis accusations contre les amis.
Les clubs avaient leur moniteur officiel : c'était la Voix des clubs ^ journal quotidien des assemblées populaires, plein de renseignements curieux, par Garay de Montglave. — Leur œuvre était continuée dans la presse par le tribunal rét^olutionimn (juin). — « Justice ! ! 1 »
a Ah ! â l'on a dit quelque part que rmdignation fût las poètes, cette fois-ci aristocrates, conspirateurs, comploteurs de guerre civile, corrupteurs, exploiteurs, et de tous les rangs, de tous les étages, caméléons et hyè* nés politiques, l'indignation qui s'empare de nous va vous
jknmer des juges ; et devant notre tbibcr al rAyoli^-
%oxNAiiiB vous comparaîtrez un à un , pour entendre % réquisitoire de Faccusateur public, pour présenter ^tre défense, si le crime trouve des défenseurs, si la ••^•ité trouve des apologistes , si la corruption trouve Sre des avocats !...*î»
^ a parquet du tribunal révolutionnaire siégeaient : 3 liisateur public ^ soufQé par Alphonse Esquî* { oH de H°^*' Adèle Ësquiros (Sophie Battao«- 2 m ) , lequel tonnait surtout contre les èoutiquierf i i Honnaires du 1" et du 2® arrondissement, qu'il l î se de vivre « des dépenses folles et scandaleuses I .orettes, des produits du marchandage et de la \ tuche» ; — l'Accusateur révolutionnaire^ qui " sait sous les foudres de son éloquence les hom^ » \ d'affaires perfides , les banquiers aux doigts ^hus , les rentiers poltrons, les nobles imbécilleç^f n u !}ommes de lettres faméliques^ les professeurs z (nés de science , la séquelle des avocats babiLuéa 5 j 5r des phrases , comme le ver à soie file son co* Il , en laissant le milieu vide , etc., etc.»t et qui t l onséquence, sur les 34 députés de Paris à FAs* : blée nationale, proposait de porter 24 ouvriers, \ \ Tétaient là les chefs d'emploi. Us étaient substii- : p par l Impitoyable^ redresseur do tous les abus pQblics, et le Sanguinaire.
Enfin, en face dii Tribunal révolutionnaire ce dressaient le Pilori eU... LA GUILLOTINE , — m pas une, mais trois Guillotines.
Encore & tort et à travers. — Les BouleU rouges et les Coupi de trique. — M. Robetpierre et sa Queue. — Les BokémienL et les SaM-Culotteê, -^ Le Bonnet rouge et antres eouTrechefs. — La Carmagnole, — La Uère Uidkel et Maffevs. — Diogène et son grand jugement snr ses confrères de la presse. — Le Gamin de Parie, etc.
Mais détournons les yeux, et, pour nons remettre le cœur, faisons si vous voulez bien un tour de bou-i Icvarts : nous rencontrerons là encore plusieurs excentricités que je veux vous signaler.
^ Voici M. Robespierre^ criant au peuple qu'il esl le seul souverain, que les représentants sont ses commis. — La Queue de Robespierre est portée par M. Mohtbrial de Bassignac.
Gare dessous ! voici les Boulets rotigesy pleuvant sur les sinécures et les privilèges ; — voici les Coups de trique, tombant à tort et à travers. — Gare aux coups de batte! Voici V Arlequin démocrate, babillé « de toutes pièces, de toutes couleurs, politique, littéraire, et blagueur comme ses grands confrères; ce n'est pas peu dire. »
Si vous ne craignez pas Todeur du sang, approchons-nous de cet bomme coiffé d'un bonnet rougc^ « drapeau des sans-culottes, symbole de liberté et de civilisation. » Ecoutons-le : « En 93, le sans-culottisme fut une vertu qui résuma toutes les vertus révolutionnaires', et la sans'culotterie une espèce de HÔblesse sans parchemins, obligeant à Tamour delà patrie et à la haine des rois. » 11 est applaudi à outrance par le citoyen Constant Hilbey , un tailleur qui a poussé Tabnégation et le patriotisme jusqu'à faire un Journal des sans^ulottes.
Ce Casque à mèche est plus folâtre ; pourtant ne vous y fiez pas trop, regardez bien : ne reconnaissezvous pas sous ce couvre-chef pacifique le terrible Mi-
Jraille? Il donne le bras au Bohémien de Paris ^ que JV)n dit issu de ses œuvres et de celles de la mère Michel,
C^est le jour aux tléguisements. Voici encore le citoyen de Bassignac ; cette fois il a emprunté la casquette du Père Duchéne, gentillesse qui lui vau* dra quelques mois de prison. — £n voici un autre qui s'*est affublé de la Carmagnole, sous prétexte de nous offrir un journal des enfants de Paris, auquel on s^abonne sur les botilevartSt dans les rues, sur les quais, à Paris, à Pontoise et à Tampico.
Ah ! ça ira ! ça ira ! ça ira !
Ça irsrt 7 bien ? ça n^ira^fy pas?
Ainsi chante Jean qui rit , en faisant la nique à Jean qui pleure. Mais rassurez-vous, cette carmagnole n'est qu'un habit d'emprunt sour lequel se ca* che un réac qui n'a pas la moindre envie de pendre qui que ce soit.
« L'abbé Maury avait raison : nos pères s'amusaient à pendre les aristocrates , et nos pères n'y voyaient pas plus clair , même du temps des lanternes. Jugez donc, quand nous avons le gaz, si nous y gagnerions quelque chose. Et puis, ces aristocrates, où sont-ils? Ce n'est pas le propriétaire, qui porte douloureusement la main à son cou, comme un homme qui s'est vu pendre en effigie; qui n'ose plus compter avec son locataire, mais avec qui le fisc compte deux fois. Ce n'est pas le capitaliste : il a mis son or en terre , mais l'herbe n'a pas levé, la moisson ne viendra pas , et toute la semence est perdue. Ce n'est pas le marchand, qui se promène dans son magasin désert, et qui voit, quand la traite protestéd sort par une porte , le billet de garde entrer par l'autre. — Non, les anstocrates, ce sont les courtisans du peuple; ceux qui font toujours cortège au souverain pour se pousser aux gros emplois ; c'est le républicain qui se croit propre à tout, comme le grand seigneur
d^iLUtrefois, et slinagîne que Ton sâM iout sàns^ avd Yten apprig, par droit de conspirstion et par droit 'o naissance ; ce sont nos cinq petits rois d^aujuiirâliiii ^uisepBrtai^tladéponîlto desprinoes dliier, etc., eU En ayant .donc, enfinls <le OParis^ le vieux refrain ac commode à la circonstance :
Ali ! ^ Ira !'ça irai ^ Ihi !
Les Bristodnf awidibiilto !
*Ah! çaira!'!çàiffa! ça'ira!
Les «istoorai' on en rival
Sous tous ces irdvestièsementsîrn^^t j[iaâ cBffidh d^apercevoir la queue du imdin, qui se fourre dani toutes nos affaires, éommeon ne le V<Ht que trop. 1 ne craint pas , du reste, de se -montrer en personne ^ et c^est ài peine si on le remarque dans cet infernal tohu-bobu» Tenez, voiei le Diable boiteux sie rendao] à TAssembiée nationale; prenez garde : « cet animal est fort méchant, quand on Tattaque il se défend. » — - Voioi un autre Diable boiteux^ mais celui-là c( politique, véridique, chariyarique, dramatique, et vive la République! »-^Mais voyez ce Diable rose eoUrant sur les toits et regardant par les tuyaux de «beminée. — Voilà qu'il parle? Que crie*4-il donc? ' Ééoûtdns : « A vendre Hu plus oflirant et dernier en- 'chérisseur plusieurs chiens couchants ayant apparte- Hm à Tex-roi Louis-Philippe. On garantît que ces animaux ont totalement oublié leur mattfe, et montreront pour n*imporle qui toute la docilité désirable. — Nota. Ces animaux ne sont pas à louer. »
Voici la Mère Michel^ qui invite au nom de la
•fratéfiûté les vieilles portières à vouloir bien lui
^^ire teiiir tous les oàncans de leur maison Etire-
''tour elle prendra dans toutes les o^ca^ons tesîfitéféls
de ses collaboratrices, et réclamera 'là parole quand
il s'agira de discuter à l'assemblée nationale les gran-
ite qtiestions de ramendeBprèa minuit, du sou pour livre , de la bûche à la voie , du dealer à Dieu et dds ètrennes.
Yoîci Mayeux^ reulant â» l»068e« elamsisaot lias itadands avec aea vieux itossis et vses sottes pasquiaades.
Gehii-^ eat facile à rvconnifttre à 6a fanterne : «'est Biûgêne^ attsd' peu culbttè que le Cynique « mais f^ein^ comme lui, de malice et d'esprîL Ai^]e vu,s'écrie-t-^il,
Ai-je vu dès Taquins , Des Coquins et des sots , des sots et des coquins !
« La tribune y les journaux^ qui hurlent à chaque instant y avec leurs cent mille voix : a Je suis républi- » cain ! un irrû républicain ! prenez marépublque ! » par Jupiter! si on ne les connaissait, on serait fort embarrassé dans le choix : quels petits saints ils font tous ! Tout beau! mes mignons, paix! paix! N^agacez pas le chien : il a encore des dents pour mordre et des CKocs pour déchirer!