‹ Histoire du KatangaChapitre 8 sur 12 · EN FRANCE · texte numérisé non relu

EN FRANCE

Monsieur Poincaré, Président de la République Française.

Monsieur Aristide Briand, ancien Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur.

Monsieur le Ministre des Colonies, Paris, qui a trouvé cette étude « très intéressante ».

MM. Guist'hau, ancien Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux- Arts, qui a bien voulu nous adresser ses vives félicitations.

Alexandre Millerand, Député, ancien Ministre de la Guerre.

Jules Pams, Sénateur, ancien Ministre de l'Agriculture.

Léon Bérard, Député des Basses-P3Ténées, Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux- Arts.

Le Général Florentin, Grand Chancelier de la Légion d'honneur.

Le Général Maunoury, ancien Gouverneur Militaire de Paris, Membre du Conseil Supérieur de la Guerre, qui a trouvé « cette étude très intéressante».

Paul Deschanel, Président de la Chambre des Députés.

Emile Combes, Sénateur, ancien Ministre.

A. Picard, Vice-Président du Conseil d'Etat, Paris, ancien Ministre.

Il ne nous est pas possible de reproduire ici tous les comptes rendus des journaux que nous avons reçus. Nous en citons quelques-uns et nous remercions bien sincèrement tous ceux qui ont bien voulu nous aider.

Le Matin (Paris), 29 juin 1912 « 3^ accorde toute son attention j) :

Bulletin de la Société Belge d'Etudes Coloniales (Bruxelles, juillet 1912). — «Une Histoire du Katanga», par Gardet.

Le Katanga a une histoire, et une des plus belles qui soient.

Elle forme un des chapitres les plus glorieux de cette vaste épopée que fut la conquête de l'Afrique Centrale. Les meilleurs de «nos hommes», comme disent les Anglais, y ont écrit avec leur sang le roman de l'énergie nationale...

C'est à l'œuvre de ces pionniers, à celle de tous les explorateurs qui, avant eux ou en même temps, s'acharnèrent à percer le mystère des plateaux katanganais, que M. Georges Gardet vient de consacrer un volume bourré de faits.

Son « Histoire du Katanga » a le mérite de donner, avec trop de concision peut-être, le récit complet des étapes de la pénétration européenne au Katanga.

La Dépêche Coloniale (Paris), 4 juillet 1912 :

Ce petit livre donne une description très exacte et très complète d'une des provinces les plus intéressantes du Congo belge. Nos lecteurs savent quelles grandes et légitimes espérances on a pu fonder sur le Katanga, que ses merveilleuses ressources naturelles permettent de considérer comme une des régions les plus riches de l'Afrique tropicale.

M. Gardet a heureusement condensé en peu de pages tout ce qui concerne le Katanga au double point de vue historique et géographique. Son livre sera le mémento très pratique de tous ceux qui s'intéressent à ce pays.

L'Etoile belge (Bruxelles), 28 juin 1912 :

Petite brochure dans laquelle l'auteur résume, d'après les divers écrivains qui s'en sont occupés, l'histoire du Katanga et retrace à grandes lignes les expéditions qui, jusqu'à igoS, eurent lieu dans cette partie du Congo.

La Géographie (Paris), i5 août 1912 :

Nous ne quitterons pas l'Afrique sans mentionner une petite brochure d'environ 80 pages ou M. Georges Gardet résume V Histoire du Katanga. La plupart des notes qui s'y trouvent ont été publiées déjà, mais il était bon de les rassembler. Ce faisant, l'auteur a remémoré les travaux des explorateurs dans ce territoire et mis en relief l'œuvre des Belges.

La Tribune Congolaise (Anvers), 22 juin 1912 :

Histoire du Katanga. — Notre confrère Georges Gardet vient de publier une Histoire du Katanga. L'ouvrage peut se mettre en poche sans difficulté ; écrit sans aucune prétention, il est d'une lecture agréable, c'est ce qui fera son succès.

Après avoir fait l'historique du Katanga, l'auteur rappelle les premières explorations de ce territoire, celles qui suivirent, les expéditions de l'Association antiesclavagiste, l'expédition Brasseur, l'expédition Lemaire, Jacques, etc. Il termine par le Katanga en 1900.

Bulletin de la Société de Géographie Commerciale (Pains)^ juin 1912 :

... Le moment approche où cette contrée entrera dans une période de grande activité. L'auteur a cru nécessaire de donner, aux colons ou aux simples voyageurs qui se rendent au Katanga, les informations préliminaires sur cette partie du Congo et a relaté brièvement l'histoire de cette perle de l'Afrique. Victor Deville.

La Revue des Missions belges. S. J. (Bruxelles), i5 juin 191 2 (lettre) le qualifie « d'excellent petit travail )>.

Bulletin de la Société de Géographie de Marseille (Marseille) 2® trim. 1912.

Ce petit livre donne une description exacte et complète

d'une des provinces les plus intéressantes du Congo belge. On sait quelles grandes et légitimes espérances sont fondées sur le Katanga, que ses belles ressources naturelles permettent de considérer comme une des régions les plus riches de l'Afrique tropicale. M. Gardet a heureusement condensé en peu de pages l'essentiel de ce qui concerne le Katanga au double point de vue historique et géographique. Son livre sera un mémento pratique pour tous ceux qui s'intéressent à ce pays.

La France de Demain (Paris), juillet 1912 :

« Histoire du Katanga», par Georges Gardet. — L'auteur fait un court historique des tentatives des divers explorateurs, principalement portugais et anglais...

Bulletin du Touring Club de Belgique (Bruxelles), i5 juillet 1912 :

M. Georges Gardet a dédié son livre à tous ceux qui ont contribué à la réussite du grand œuvre africain, il a rassemblé les éléments épars d'une histoire qui devrait intéresser tous les Belges. V. Soyer.

Le Chasseur Français (Saint-Etienne), août 1912 :

Le Katanga, dont ce livre nous fait l'historique, est un ancien royaume nègre de l'Afrique Centrale. Il fait aujourd'hui partie du Congo Belge, dont il en est la perle...

Etc., etc.

Nous remercions également les Sociétés de Géographie suivantes :

Société Royale Belge de Géographie, Bruxelles.

Royal Colonial Institute, Londres W. C.

Royal Geographical Society de Londres.

Société de Géographie Commerciale de Paris, à Paris.

» » » de Paris, à Paris.

» » » » Genève.

» » » » l'Est, à Nancy.

» » » » Marseille.

Historique

Le Katanga, ancien royaume nègre de l'Afrique Centrale fait partie aujourd'hui du Congo Belge, dont il en est la perle.

Il est situé au Sud-Est de la Colonie et s'étend sur 46 millions d'hectares (10 fois la superficie de la Belgique).

Il est abondamment arrosé par les branches supérieures du fleuve Congo, le Luapula^ le Lualaba et les nombreux cours d'eau qui y affluent ; le lac Tanganika d'une superficie de 3i.ooo K^ le limite à l'Est; de nombreux lacs s'y trouvent, parmi lesquels le lac Bangwëlo (21.000 K^), le lac Moëro (5. 000 K^), les lac Upamba, Kissale, etc.

Il est habité par un peuple dont les villages, dit Reclus, sont faits de huttes rondes, entourées de palissades circulaires et de fossés; ils sont épars dans la grande plaine, haute de 1400 mètres environ et couverte d'une forêt

d'arbres clairsemés, qu'interrompent des marais et des savanes.

Des « bornas » ou enceintes fortifiées défendaient la population en cas d'attaque des voisins.

Farouches et sauvages par suite de leur état de guerre continuelle, ces hommes sont beaux physiquement, leur taille élevée, les jambes longues et fines, bien faites pour courir à travers les marécages et la brousse qui couvrent leur pays. Ils se revêtent principalement de peaux et d'écorces, se tatouent d'une façon élés^ante et les femmes dans leur coiffure mêlent souvent de l'argile. Ils vivent surtout de la chasse et de la pêche.

Le pouvoir du roi était absolu et pour un rien, il faisait mettre à mort esclaves ou hommes libres; la servilité était extrême, chaque fois qu'un habitant s'approchait du roi, il devait se coucher sur le ventre puis frapper des mains, se retourner sur le dos et ramper avant de lui adresser la parole. Au reste des têtes coupées sur des pieux à l'entrée du village, ainsi qu'un grand nombre de mutilés qui s'y trouvaient, rappelaient... la puissance royale.

A la mort du Roi, le cadavre restait jusqu'à

sa décomposition complète dans sa case, où quelques-uns de ses serviteurs le veillaient constamment, le deuil alors était général et les habitants fuyaient ordinairement le voisinage du mort. Le nouveau Chef, après avoir vaincu les prétendants, établissait son borna dans la région.

Des ornements, des bracelets de cuivre, ornent souvent dans cette contrée les bras et les jambes des indigènes, ils trouvent ces produits dans le sol.

La région qui s'étend aujourd'hui au Sud du lac Moëro et dont une bonne partie comprend le Katanga actuel, était le pays de Loiinda et constituait un vaste royaume qui s'étendait considérablement vers l'Ouest; c'est dans le Lounda, que résidait le Moiiata- Kazembe c'est-à-dire le « Seigneur Impérial )> héritier d'anciens rois qui furent depuis le XVI^ siècle considérés comme les plus puissants de l'Afrique méridionale.

Tels sont les premiers renseignements rapportés par les voyageurs qui explorèrent ces contrées.

Les premiers Explorateurs du Katanga

C'est aux Portugais surtout, admirables navigateurs, que l'on doit les premières découvertes à l'embouchure du Congo ou Zaïre; mais si un bon nombre d'explorateurs ont visité du XV® au XIX® siècle ce fleuve, bien peu sont descendus jusqu'à sa source dans la région du Katanga.

Les principaux furent :

Le colonel portugais Lacej'da, qui s'étant déjà distingué dans une mission que lui avait confié le gouvernement de son pays dans une expédition en Amérique, ayant pour but une délimitation de frontières, fut placé en 1797 à la tête d'une mission chargée d'explorer le Mozambique; il partit de Tête, et s'avança à plus de 1400 kilomètres dans l'intérieur, jusqu'à Loiinda, capitale du pays des Kazembes, état indigène actuellement compris dans le protectorat anglais.

Malheureusement à bout de fatigues de toutes espèces, Lacerda tomba malade et mourut en 1798 à deux journées de marche de Loimda, Son journal, qui eût été pour les explorateurs suivants une source de renseignements des plus précieux, fut rapporté au Portugal, mais demeura manuscrit.

Quelques années plus tard, en 1806, d'autres portugais A . Baptista et José vinrent trafiquer avec les indigènes.

Ce furent des «pombeiros», nom donné par les Portugais à des marchands de l'Afrique Australe.

En i832 Gamitto et Monteiro ont également parcouru ces contrées.

En 1857, Biirton et Speke^ après avoir visité les pays du Nord de l'Afrique, se rendent au lac Tanganika qu'ils explorent en canot et dont ils indiquent déjà à peu près les dimensions.

Des missionnaires anglais, quelque temps

auparavant, avaient signalé l'existence d'une mer à l'intérieur des terres !

C'est alors que vint David Livingstonne dont il serait trop long de donner ici une biographie complète, nous nous bornerons à signaler son passage dans les régions qui nous intéressent.

Livingstonne, voyageur anglais, docteur en médecine et missionnaire protestant, s'embarqua pour l'Afrique Australe en 1840 et s'établit dans la vallée du Mabotsa puis à Colobeng.

En 184g, il commença une série de voyages très intéressants dans le Sud vers le Zambèze. Ce fut lui qui découvrit en i855 les admirables chutes du Zambèze qu'il dénomma Vidoria- FallSj du nom de sa Souveraine.

Revenu en Afrique en i85g, Livingstomie découvrit les lacs Chirua et Nyassa; ensuite il se consacra à l'étude des sources du Nil qu'il croyait découvrir dans les sources du Congo. Plusieurs fois, de 1866 à 1873, le bruit de sa mort courut en Europe, ses lettres n'arrivant jamais à destination.

Henry-Morton Stanley, que nous sommes

fiers de saluer en passant, le rejoignit sur les bords du Tanganika en novembre 1871, ensemble ils firent des voyages au nord du lac.

Livingstonne recherchait toujours les sources du Nil, de ce vieux et majestueux fleuve africain qui a une histoire sans pareille... il étudiait le pays et ne comprenait pas la disposition physique du sol (croyant toujours être aux sources du Nil, il explorait le Congo).

Livingstonne fit d'importantes études dans les environs du lac Bangwëlo et dans le pays malsain et marécageux qui l'environne. Il mourut le 4 mai 1873 à Tchitambo, au sud du lac. Ses notes, ses papiers et son corps furent remis au Consul d'Angleterre à Zanzibar...

Lors de son retour en Afrique, Stanley^ en 1875, parcourut le lac Tanganika en canot et put en tracer une carte assez précise.

Cameroun était officier de marine et explorateur anglais.

La Société de Géographie de Londres le mit à la tète d'une expédition qu'elle envoyait à Livingstonne pour l'aider dans ses recherches, ce marin audacieux et intrépide connaissait les idiomes et les indigènes par des voyages antérieurs en Afrique.

Il part de Zanzibar en 1873, accompagné

des lieutenants Dillon et Murphy, mais il apprend en chemin, à Tabora, la mort de l'illustre voyageur, ramené à la côte par les noirs ; il charge l'un de ses officiers, Murphy y de rebrousser chemin, de retourner à Zanzibar et de là en Europe pour y reconduire le corps. Il continue avec Dillon qu'il perd quelque temps après dans une rencontre avec les indigènes ; il continue sa marche seul et arrive au Tanganika à Udjiji en 1874, il découvre et explore la rivière Lukuga qui relie le bassin du lac à celui du Congo.

Se dirigeant vers la côte occidentale, il gagne Nyangwé sur le Congo, et visite la région de Kassongo.

Il se dirige ensuite vers le sud-ouest et arrive le 7 novembre 1876 à Katombela au nord de Benguela, sur la côte occidentale d'Afrique, ayant traversé le continent sur toute sa largeur.

A son retour, il rédigea les relations de ce magnifique voyage dans un ouvrage: aAcros Africa », qui a été traduit en français sous le titre : A travers l' Afrique.

Ce fut Cameroun qui rapporta les premiers indices de la richesse minière du Katanga, il y révéla môme la présence de l'or...

« L'or, dit Cameroun, se révèle dans VU rua et Vltakua. Il se rencontre également au Katanga. Habed-Ibn-Habed m'a montré une calebasse d'une contenance d'une pinte, remplie de grains d'or, variant de la grosseur d'une chevrotine à celle du bout de mon petit doigt. Je lui demandai d'où lui venaient ces pépites ; il me répondit qu'elles avaient été trouvées au Katanga par quelques uns de ses esclaves qui nettoyaient un puisard et qui les avaient apportées pensant qu'elles pourraient lui servir de balles. Il n'avait pas cherché à en avoir d^'autres, ne croyant pas que d'aussi petits lingots puissent être d'aucun usage. Les naturels eux-mêmes ont connaissance de l'or qu'ils appellent cuivre blanc, mais il est si mou qu'ils ne l'estiment pas et lui préfèrent le cuivre rouge »

Association Internationale Africaine

Premières Expéditions Belges

Du bruit se faisait en Europe, au sujet des fructueuses et sensationnelles découvertes de ces voyageurs dans le cœur de l'Afrique, on ne pouvait rester indifférent à la barbarie qui sévissait dans ce continent qui promettait un si brillant avenir.

Sur l'initiative de S. M. Léopold II, roi des Belges, on convoqua du 12 au 14 Septembre 1876, à Bruxelles, une Conférence Géographique Internationale, afin de diriger tous les concours et dévouements qui s'offraient pour faire pénétrer la science, le progrès et l'humanité dans ces régions africaines, par l'établissement de stations scientifiques et hospitalières, entre le littoral et l'intérieur du continent et par l'extinction progressive de la traite et de l'esclavage.

On constitua V Association Internationale Africaine, présidée comme on le sait par le roi Léopold II, ayant comme collaborateurs, des savants, des géographes, et des hommes politiques des principaux pays civilisés.

Il y eut six expéditions belges, que nous allons résumer plus loin, puisque toutes se dirigeaient vers le Tanganika, le grand lac du Katanga actuel, sur les rives duquel furent fondées les stations de Karéma et de Mpala.

C'est ici que se placent les admirables voyages que Stanley ht alors en Afrique et ses nombreuses découvertes, mais qui ne peuvent entrer dans le cadre d'une Histoire du Katanga, car ces expéditions, étaient surtout dirigées vers le Haut Conîio.

i""^ Expédition : (1877-1879).

Commandée par Crespel, capitaine au 2^ Régiment de ligne, le lieutenant Cambier du 8^ de ligne et le docteur Macs.

Cette expédition part de Southampton le 18 octobre 1877 et arrive à Zanzibar le 12 décembre. Crespel et 71/^^5 succombent presque subitement au climat (1878).

Le lieutenant Cambier prend le commandement de l'expédition à qui l'on adjoint Wautier, lieutenant aux Carabiniers et le docteur Dutrieux.

Ils partent de Bagamoyo sur la côte et se dirigent vers l'Ouest.

Le 19 décembre Wautier meurt de la dyssenterie et quelque temps après, le D^ Dutrieux reprend à son tour le chemin de l'Europe.

Enfin après un voyage des plus pénible Cambier divrive devant l'immense lac Tanganika et fonde la station de Karéma.

2^^^ Expédition : ( 1 879- 1 880) .

Commandée par Popelin, capitaine d' Etat- Major, le lieutenant Dutalis et le docteur Van den Heuvel.

L'expédition quitte Bagamoyo, le 10 juillet 1879 en suivant l'itinéraire précédent; Dutalis tombe malade et rentre en Europe.

C'est à cette expédition que le roi Léopold II, voulut adjoindre des éléphants des Indes pour tenter en Afrique le dressage des éléphants africains.

Le Consul anglais Cahier fut choisi pour les

y amener mais ces éléphants moururent l'un après l'autre. Popelin alors, chargea Van den Heuvel de créer un poste de ravitaillement à Tabora entre le lac Tanganika et la côte orientale, et lui-même continua jusque Karéma.

3"^^ Expédition : (i885-i88i).

Comprend Burdo, Roger et Candenhead, Burdo et Roger rejoignent Catnbier et Popelin à Karéma et Candenhead rejoint Carter. Ces deux derniers partent le i3 juin 1880 pour Zanzibar avec i5o hommes, mais ils furent massacrés par les Rougas-Rougas, malgré la défense héroïque de Carter.

Quant à Popelin et à Roger ils se dirigent sur Udjiji par eau, et de là se rendent à M'towa pour gagner l'intérieur et Nyangwé sur le Congo, but de l'expédition. ^

Popelin meurt le 24 mai 1882 et est enterré à M'Towa par les soins de Roger, qui retourne à Zanzibar où l'attendait une nouvelle mission (expédition Stanley 1883-1884).

Le docteur Van den Heuvel quitte Tabora, rentrant en Europe et est remplacé Y^diV Jérôme Becker en août 1881.

^me Expédition : (1880-1882).

Commandée par Ramaeckers, capitaine du génie, le lieutenant Becker du 5^ d'artillerie, et De Meuse de l'Institut Cartographique militaire, elle devait se rendre à Karéma.

L'expédition quitte Zanzibar le i5 juillet 1880, en route De Meuse tombe malade et retourne en Europe, plus loin elle rencontre Burdo malade, qui avait pris également le chemin du retour.

Popelin et Roger rejoignent l'expédition et marchent ensemble, ils gagnent Tabora où le lieutenant de Leit meurt du typhus.

Le 4 décembre 1881, ils arrivent à Karéma afin de relever Cambier de ses fonctions, et lui permettre de prendre un repos bien mérité.

Cambier remet le commandement de la station à Ramaeckers et rentre en Europe.

Ramaeckers meurt et Becker prend le commandement du poste en février 1882.

S'"'^ Expédition: (i882-i885).

Cette expédition, commandée par le lieutenant Storms accompagné du lieutenant Constant, avait pour mission de relever Ramaeckers à Karéma et de fonder une station

sur la côte occidentale du lac Tanganika.

A Zanzibar, Constant, malade, revient en Europe.

Stornis quitte la côte le g juin 1882 et, à marches forcées, atteint Karéma le 27 septembre, après avoir tenu tête bravement aux Rougas-Rougas, qu'il mit plusieurs fois en déroute.

Avec le lieutenant Becker ils firent une petite expédition contre un Sultan voisin, expédition qui affermit l'autorité de l'Association Internationale Africaine.

En avril i883, il s'embarque sur le Tanganika, et fonde sur la côte, Mpala^ où il resta deux ans et demi.

6^^ Expédition :

Commandée par le lieutenant Becker^ du 5^ d'artillerie, le lieutenant Dîtnitte, des Carabiniers, le sous-lieutenant Dubois, du 2^ Guides, et le sous-lieutenant Dhanis, du 8^ de ligne.

Cette mission ne put réaliser son programme à cause de la famine, et fut bloquée très longtemps à Zanzibar ; finalement, elle reçut l'ordre de rentrer en Europe, par le Cap de

Bonne Espérance, faisant de la sorte, le tour

du continent africain.

Sur 25 voyageurs, neuf seulement avaient atteint le Tanganika, mais le but poursuivi était près d'être atteint ! . . .

Autres Expéditions

En i883 et 1884, l'explorateur français Giraiidy enseigne de vaisseau, accomplit un voyage très fructueux en renseignements divers : il explora le lac BangwëlOy le lac Moëro et les régions environnantes et arriva le 4 décembre à Karéma, sur le Tanganika.

Ses relations de voyage furent consignées dans un ouvrage très intéressant qu'il a publié : (c Les Lacs de l'Afrique Eqiiatoriale »

En i883 et 1884 également, vinrent ^o/jw et le docteur Reichard, deux officiers allemands.

Leur expédition, partie de Zanzibar, quitta Mpala, sur le bord du lac, le i^^^ septembre i883. Ils firent des explorations très utiles à l'ouest du lac et arrivèrent même chez Msiri, le fameux chef du Katanga dont nous parlerons plus loin, ils découvrirent le lac Upemba où mourut Bô/nn.

Le docteur Reichard revint sur le Lualaba

occidental ; il dut reculer devant l'hostilité de Msiri et des indigènes de la région, il rentra à Mpala le 3o novembre 1884.

Reichard vit les mines de cuivre du Katanga et vanta l'excellence du climat.

En i885, le missionnaire écossais Amott partit de la côte occidentale portugaise, arriva à Biinkeia, résidence de Msiri, et y installa trois missionnaires.

En 1884 et i885, les explorateurs portugais Brito-Capello et Ivens s'avancèrent vers l'intérieur.

Partis de Mossamèdes le 14 mars 1884, ils gagnèrent les territoires du Zambèze, entrèrent ensuite dans le bassin du Congo et déterminèrent les sources de ce fleuve, ainsi que celles du Lualaba. Ils arrivèrent au lac Moëro, traversèrent le pays entre le Bangwëlo et le Zambèze et, en mai i885, arrivèrent à Tete^ chef-lieu de la province portugaise, après un voyage de plus de 4.600 kilomètres. Ils signalèrent aussi les nombreuses richesses de la région et confirmèrent les renseignements fournis par Reichard,

Fondation de l'Etat Indépendant du Congo

Le travail accompli par V Association Inierjiationale Africaine et ses nombreux voyageurs en l'espace de quelques années était immense: beaucoup de traités avaient été passés, des soumissions nombreuses avaient été reçues, des postes créés, etc.

D'accord avec les grandes puissances, VActe Général de Berlin, signé le 26 février i885, constituait VEtat Indépendant du Congo et désignait comme bénéficaire le promoteur de toute l'affaire : S. M. Léopold II, roi des Belges, qui, avec l'assentiment des Chambres, en avril suivant, prenait le titre de Souverain.

Le i^r août, Léopold II notifiait officiellement aux puissances la fondation de VEtat Indépendant du Congo et son propre avènement à la Souveraineté.

L'occupation du Katanga

En 1890, Sharpe, voyageur anglais, avait parcouru toute la région du Katanga. Il essaya de soumettre Msiri au Gouvernement anglais, mais ses tentatives restèrent infructueuses, malsfré les nombreux cadeaux, consistant en riches étoffes et en fusils, dont il le gratifia.

Sharpe écrit : « C'est un vieillard méchant et querelleur, qui s'imagine que les blancs qui viennent visiter son pays ont l'intention de s'en emparer. Tous les jours, il fait exécuter pour son plaisir un grand nombre de ses sujets et les palissades qui entourent son habitation sont surmontées de têtes humaines à toutes les phases de la décomposition. »

Sharpe tenta également d'obtenir que Msiri lui indiquât des emplacements de gisements, mais il échoua et repartit pour l'Europe en novembre 1890.

En 1890, la (( Compagnie du Coyigo pour le

Commerce et V Industrie » chargeait Alexandre Delcofnmime d'explorer les régions du Sud, situées entre Nyangwé et le lac Bangwëlo.

Cette expédition, commandée par Alex.

Delcommune était composée du lieutenant suédois Hakansson, du docteur Briart, de l'ingénieur Didderich et du sergent Cassart comme chef d'escorte.

Partie de Bruxelles en juillet 1890, elle s'embarqua à Kinshassa le 17 octobre suivant et arrivait à Bena-Kemba sur le Lomani, en janvier 1891, après avoir surmonté les plus grandes difficultés.

Sur ces entrefaites, la « Compagnie du Katanga « s'étant formée à Bruxelles, l'expédition passa à son service; l'Etat avait concédé à cette Compagnie, l'exploitation d'une parcelle de terres de cette région du Congo.

Au commencement de mai elle arrive à Gimdu, capitale du royaume nègre des Bâtélélas, d'où elle repart le 14, forte de 35o hommes ; au commencement de juin, la colonne arrive à Lupungu dont le chef, Lupungu, commandait à des tributs d'anthropophages.

A Kilejnba, l'expédition est bien reçue par Kassongo, dont l'ingénieur Didderich nous dit dans l'un de ses rapports :

« Ce n'était plus le Kassongo, dont parle Cameroun, mais son fils, qui avait hérité de ses pouvoirs. Nous avons vécu à Kilemba une quinzaine de jours au milieu des coutumes les plus grotesques et les plus incroyables, choses qui semblent tenir singulièrement au cœur des rois nègres. Une chose assez remarquable est la façon dont ce roi rend la justice. Un de ses sujets a volé, il aura la main coupée, les deux si le vol est grave ; un malheureux a été surpris écoutant une conversation royale, on lui coupe une oreille ; un pauvre diable a détalé trop promptement devant les flèches ennemies on lui retranche un pied et ainsi à l'avenant. Rien n'est commun comme de voir à Kilemba, des gens n'ayant qu'une main, d'autres qu'un pied, qu'un œil, qu'une oreille, d'autres qui ont les lèvres coupées ».

Pendant que l'ingénieur Didderich étudiait le sol aux environs de Kilemba il fut attaqué maintes fois par de petites peuplades voisines, mais Cassart parvint toujours à les mettre en fuite.

Le 20 août 1891, l'expédition quittait Kilemba et se dirigeait vers le Sud, découvrait le 27 août le lac Kissale que Cameroun avait aperçu de loin en mai 1874, ce lac couvert

d'une épaisse végétation mesure i5 kilomètres de largeur.

Trois jours après, le 3o août, le lieutenant Hakansson est assassiné par les indigènes de Kikondia.

Après des fatigues inouïes endurées vaillamment par cette poignée de braves, l'expédition arrive à Bimkeïa chez Msiri, le 6 octobre 1 891, après une marche héroïque de 142 jours !

Le royaume le plus puissant de la région du Haut-Congo était l'Etat de Msiri, dont la famille conquit naguère la suprématie sur toutes les tribus du Lualaba. Ses Etats s'étendaient entre le Liiapiila et le Liialaba au Nord, jusqu'au lac Kissale et au Sud jusqu'à la limite des eaux du Congo et du Zambèze.

La résidence de Msiri était Bunkeïa, le docteur Reichard et les explorateurs Capello et Ivens visitèrent sa résidence mais furent accueillis, comme nous l'avons vu, avec méfiance ; Reichard ne put remonter le cours du Lualaba et les autres durent revenir sur leurs pas.

Reichard dit qu'il était d'une cruauté inouïe. « Cette majesté africaine, dit-il, se plait surtout dans le rôle de bourreau et l'un

de ses divertissements favoris est de faire enterrer ses victimes à mi-corps et de les laisser dans cette posture, mourir de faim. »

Msiri, qui habite un palais (!) entouré de crânes, dispose de plus de deux mille fusils, qu'il mène en guerre contre ses ennemis, surtout, dit Reclus, contre les Rouas ; plusieurs de ses femmes sont de race mêlée et portent des noms portugais.

Sa cruauté, parait-il, était moindre encore que celle de son frère, gouverneur de Kaponda, dont « la case est indiquée de loin par des monticules de têtes humaines w.

De là, l'expédition Delcommiuie se dirigea sur Lofoï où l'infatigable Didderich continua ses reconnaissances et ses études minéralogiques, puis ensuite vers le sud, sur Tenke... la famine obligea Delcommune et ses vaillants compagnons à retourner à Biinkeïa où elle arriva le 8 juin 1892; là, ejle trouva le lieutenant Derscheid, Cornet et le docteur Amerlynck, dont nous reparlerons plus loin.

Dans un rapport envoyé par A. Delcommune à la ii Compagnie du Katanga^y voici comment il décrit cette marche :

« Nous mîmes sept jours pour parcourir

cette distance (de Tcnke au Liialaba) et pendant ces sept jours, nous ne vîmes aucun village, aucune culture, aucun gibier ! Notre nourriture se composa exclusivement de champignons et de quelques fruits des bois. L'expédition souffrit dans cette terrible marche, tout ce qu'une caravane peut souffrir... On mangea le dernier âne... Ce fut une goutte d'eau dans la mer ! Porteurs et soldats tombèrent les uns après les autres pour ne plus se relever. Ce fut une véritable marche funèbre et le sentier du malheur fut jalonné par les cadavres de nos fidèles serviteurs... »

En mi-juillet, l'expédition quittait Bnnkeïa pour explorer la région située à l'Ouest du Tanganika, quand en cours de route, Delcommunc apprit que le capitaine Jacques était cerné à Albertville par les Arabes...

De suite, avec Cassart^W vola à son secours et livra un combat aux Arabes, mais le résultat en demeura indécis.

La colonne se rendit alors à Mpala^ poste sur le Tanganika, qu'elle quitta en octobre 1892 pour rentrer en Europe, en se dirigeant vers l'Ouest par L7/5a;;^^o et le Sankiiru, après avoir fait une des plus belles randonnées en Afrique.

Mais, pendant ce temps, l'Etat avait chargé le Commissaire de district à Lusambo, Paul Le Marinely de descendre au Katanga, afin d'obtenir la soumission de Msiri et lui faire arborer le drapeau de l'Etat.

Paul Le Marinel partit fin de l'année i8go, avec les lieutenants Descamps et Légat. Il remonta le Sankuru et arriva chez Msiri, qui ne lui fit aussi que de très vagues promesses.

Paul Le Marinel fait le portrait suivant de Msiri: « C'est un vieillard usé, décharné, qui aurait une taille au-dessus de la moyenne s'il n'était ni courbé, ni recroquevillé sur luimême. La tête dénudée a une forme étrange, elle est étroite et d'une longueur phénoménale; le visage est insignifiant, les yeux éteints, la bouche large et affaissée, les traits tirés, le menton garni de quelques poils d'une couleur indécise. On sent que cet homme n'est plus que l'ombre de lui-même, car si son regard reprend quelque éclat quand il parle un peu vivement, c'est au dépens de la physionomie, qui devient une grimace d'enfant qui pleure.

Pour nous recevoir, Msiri s'était affublé d'un long manteau de soie claire, couvert de broderies d'or. Au-dessous, il portait un large

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