TI PRÉFACE DE LA SECONDE ÉDITION
littérature de rautré. De là un dépérissement graduel pour le premier, et pour la seconde uu isolement dangereux qui lui a fait perdre en sève et en originalité ce qu'elle a gagné en élégance et en raffinement. — En Allemagne, au contraire, après la période d'imitation classique qui succéda à la guerre de Trente ans, il s'opéra un retour des meilleurs esprits vers la muse populaire et les traditions anciennes. Dès lors, comme un arbre replanté dans le sol natal, la poésie allemande pousàe en sens divers de puissants rameaux et donne ses plus beaux fruits.
La condition de Tart vivant et fécond, la force et le charme du lyrisme m'apparurent désormais dans cette alliance intime entre Tâme naïve du peuple et la volonté consciente du poëte. Un tel retour, me disais-je, n'est-il plus possible chez nous ? Nos chants populaires ne renferment-ils pas des trésors cachés ? N'y a-t-il pas des mondes oubliés dans nos traditions locales et provinciales, de mâles vertus dans nos vieilles épopées et des puissances secrètes dans les voix naïves qui nous viennent du fond des âges? N'est-ce pas une grande force pour les nations comme pour les individus de ne rien oublier, de porter en soi le meilleur de son passé en se développant toujours?
Ces questions qui 'se pressaient en moi auraient dû me conduire à l'étude du passé de la France. Mais mon premier besoin fut de traduire dans ma langue maternelle le^'^émotions que