‹ Histoire du lied; ou, La chanson populaire en Allemagne, avee une centaine de traductions en vers et sept mélodiesChapitre 4 sur 27 · PRÉFJLGE DE LÀ SECONDE EDITION. TU · texte numérisé non relu

PRÉFJLGE DE LÀ SECONDE EDITION. TU

j'avais éprouvées ea écoutant la chanson populaire d'une nation voisine et de la poursuivre jusqu'à sa source. Ce qui me poussait, ce n'était ni la curiosité de Téradit, ni l'intérêt de ITiistorien. C'était moins et c'était plus. Donner un écho vivant d'une chose vivante, et par là faire appel chez nous-mêmes à des voix plus franches, à un accent plus libre, tel était mon fervent désir. Ainsi naquit ce livre.

Ceux-là, sans doute, se tromperaient fort qui croiraient y trouver une image fidèle de TAllemagne contemporaine. Il n'y a ici qu'une AUelilagne idéale entrevue à travers ses chants du quinzième et du seizième siècle et les grands lyriques d'il y a cinquante ans.

Cette Allemagne du rêve et de la légende peut nous ôembler aujourd'hui une féerie tissée dans une forêt par le clair de lune et qui se dissipe le matin devant une foule affairée et tapageuse. J'avoue que dans cette première excursion en Allemagne j'ai très-naïvement cherché le beau autour de moi et quelquefois fermé les yeux à la réalité. Car dès cette époque la naïveté et la simplicité qui faisaient, au dire de Madame de Staël, le charme du peuple allemand et qu'on retrouve encore dans les campagnes perdues, commençaient à disparaître des villes et de la société. Pour beaucoup d'Allemands de nos jours ces qualités rie sont plus que des défauts, de même que la noble lêii^eur d'esprit, la haute impartialité des Schillfe, des Humboldt, des Goethe ne

VilT PRÉFACE DE LA SECONDE ÉDITION.

sont à leurs yeux qu'une fâibles0Q dangereuse, un point de vue surpassé. Pour satisfaire Thypocrisie sentimentale et la jactance comique de ces rodomonts d'université qui puisent en haut lieu leur orgueil et leur colère, U faudrait leur reconnaître toutes les innocences et toutes les vertus jointes à la profondeur de MacWavel*

Quoi qu'il en soit, la poésie populaire de l'Allemagne est empreinte de cette fleur de nî^veté que les peuples perdent trop souvent dans le cours des siècles, et je ne saurais me repentir d'avoir sincèrement admiré ce qui est beau en soi. Une chose surtout me décide à remettre sous les yeux du lecteur l'œuvre telle quelle avec ses lacunes ou ses illusions, c'est l'intérêt croissant que la poésie populaire sous toutes ses formes excite en France depuis une dizaine d'années. On a compris et Ton comprendra de mieux en mieux qu'elle est une fontaine intarissable de jeunesse et de vie.

En voyant ce qu'elle fut, ce qu'elle est encore chez d'autres nations, continuons à en recueillir pieusement les débris chez nous-mêmes, à en réveiller tous les échos. Ses paroles ont parfois un charme, ses mélodies un pouvoir étrange, mais souvenons-nous toujours que sa vrçiie source est en nous.

Avril 1876.

Paris. Typ. de Cb. Iféyrueis, 13, rue Cujat. —7331.

ou

Le monde est une grande lyre, Où PEsprit sans cesse a Tibre.

Tout chante ! et l'àme à Tàme aspire Et Teut se Joindre au chœar sacré.

Ce sont ces Toix enchanteresses Qoi d*amoar font frémir ton cœur.

Oh ! sens le bonheur des tristesses, Sens la tristesse du bonheur l

Chant éternel, ô chant immense, Va, cours sur les créations ; Cherchez-vous, cœurs pleins d'espérance, Embrassez-Yous, ô nations i Qu*un sentiment tous réunisse, Répondez-vous de cieux en cieux ; Qu*en Vous THamanité Jaillisse Et vous serez la voix des dieux.

Hbrder.

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