‹ Histoire du Lied, ou, La chanson populaire en AllemagneChapitre 30 sur 79 · Voir la mélodie IV, à la fin du vol · texte numérisé non relu

Voir la mélodie IV, à la fin du vol

Regarde dan? mon cœur, ô fleur de pureté, Tu n'y verras qu'amour et que tidélité i.

Ainsi vont-ils de jour en jour, de semaine en semaine, effeuillant les fleurs de leurs couronnes tressées au fond des bois, et savourant dans le silence des soirées fugitives leurs chants de félicité qui s'élèvent et s'élancent dans la nuit étoilée comme d'inséparables o^énies d'amour. Mais l'heure de la séparation vient couper ce long- rêve, comme le s^las d'une cloche funèbre. Un matin le maître donne brusquement congé au compagnon. Il faut partir dans huit jours, faire son tour d'Allemagne, demander du travail chez d'autres maîtres et chercher fortune dans un monde inconnu. Le réveil est dur, mais inexorable. Aurait-il cru jamais qu'il fût possible de quitter ce coin de terre, cette maison, ce jardin, le vieux tilleul et la forêt qui tous semblaient l'aimer et qui maintenant lui disent : va-t'en! Quoi? tout est donc fini? Pour la première fois, le compagnon sent la rigueur de sort. Pour lui, point de patrie, point de femme, point de foyer avant qu'il soit devenu maître à la sueur de son front. Il jure à la bien-aimée de le devenir. Mais après combien d'années? il n'en sait rien. Quand pourra-t-il revenir? Peut-être jamais. Elle finira par l'oublier et par en épouser un autre, A ce mot amer du compagnon, la pauvre fille se révolte et fond en larmes. Quoi quil arrive, ils sont unis pour toujours. Alors ce ne sont plus qu'adieux émouvants, serments exaltés. Les chants populaires modulent à l'infini cette douloureuse volupté de l'adieu,

Page 1