‹ Histoire du Long-Parlement, convoquéChapitre 12 sur 26 · I. lO · texte numérisé non relu

I. lO

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la tendance des choses ^ se hâtent de devenir ou de se déclarer d'avance papistes , esj>e'rant par là se rendre plus agréables et plus favorisés (i). Une grande association composée des sujets du Roi qui s'efforcent de demeurer dans notre communion^ considérant jusqu'où l'on est allé déjà, et craignant qu'on n'aille encore beaucoup plusloin^ s'est vue contrainte de fuir le pays (2). Quelquesuns de ses membres ont cherché d'autres contrées habitées; un très-grand nombre habitent des dé^ serts sauvages, parce que leur pays ne voulait plus les souffrir. Ceux qui en sont la cause , n'ontils pas jeté un opprobre sur notre gouvernement ? « M. l'orateur, que notre premier soin soit d'empêcher la continuation ou le retour d'une pareille conduite; en. affermissant notre religion , nous préviendrons et déjouerons plusieurs complots que tentent maintenant ces mêmes hommes et quelques autres. Soyez-en certain, monsieur,

,(i) La fille du comte de Devonshîre se fit catholique ; l'arclievéque Laud lui demanda les raisons de sa conversion.— « Cest, dit-elle, que je n'aime pas à marcher dans « la foule. — Que voulez-vous dire? reprit Laud. — Je vois « que votre grâce, et beaucoup d'autres, se hâtent vers « Rome; j'ai pris les devant pour n'être pas pressée dans « la^foule. » (Note de r Éditeur. )

(2) Allusion à l'émigration des puritains qui allèrent fonder en AmeVique les colonies de la Nouvelle-Angleterre.

(Note de VEdittur. )

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la religion est depuis long-temps Tobj et de Tinimitië de ceux qui remplissent ce royaume de leurs machinations. C'est , un principe connu et confirmé par l'expe'rience , que ceux qui veulent introduire dans l'Église une religion nouvelle doiveift commencer par porter le de'sordre dans le gouvernement, afin de pouvoir travailler à leurs projets au milieu d'une confusion mainte-^ nant bien près d'entrer chez nous.

« J'en viens maintenant, M. l'orateur, plus particulièrement aux affaires du Roi, qui sont à proprement parler celles du royaume ; car l'un ne peut exister sans l'autre, tant sont intimes les rapports qui les unissent. Cependant quelquesuns ont travaillé violemment et par artifice à faire naître entre eux un divorce , à la ruine du Roi et du royaume.

- (c II est grand temps, lorsque les fondations sont ébranlées, de prendre garde à l'édifice. Il faudrait n'avoir ^ï cœur, ni tête, ni âme, pour ne pas se sentir ému dans tout son être, à la vue des détresses et des misères de la république, pour ne pas s'empresser de toute sa force et de tout son pouvoir à y porter remède par de légitimes moyens.

(( Le Roi lui-même se trouve de grandes difficultés; nous ne pourrions, sans un manque de respect plus qu'inhumain , chercher à en prendre avantage sur lui. Tirons-en plutôt un avantage

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pour lui ; profitons-en pour le mieux servir quand il en a le plus besoin^ et sans chercher notre propre bien ailleurs que dans le sien : autrement nous nous rendrions coupables du crime que nous condamnons dans les autres.

« Sa Majesté s'est remise librement et sans réserve entre les mains de son parlement , et il n'est, je le présume, personne dans cette chambre qui ne se sente honoré de ce grand dépôt; mais si ses affaires ne prospèrent pas davantage entre nos mains qu'entre les mains de ceux qui les ont conduites jusqu'à ce jour, nous nous rendrons pour toujours indignes d'une si gracieuse confiance.

a J'ai souvent pensé et dit qu'il n'y avait que de grandes extrémités qui pussent sauver et guérir ce royaume, et que lorsqu'on se trouverait dans ces extrémités , il était bien douteux si elles seraient son salut ou sa ruine. Nous sommes maintenant, M. l'orateur, sur ce point vertical ; il n'est donc plus temps de pallier , de caresser le mal qui nous détruit.

« Cherchons le remède , et , pour cela , commençons par connaître la maladie. Mais, étudier les maladies de l'Etat, c'est, disent quelques-uns, traduire le gouvernement devant le public : cependant d'autres pensent que, par cela seul , on a déjà fait la moitié du chemin vers la guérison.

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<( Sa Majesté est plus sage que ceux qui l'ont conseillée ; il est donc impossible qu'elle ne voie et ne sente pas la perversité. § le péril de leurs conseils ^ qui éclatent plus haut que je ne puis le dire , car ils sonnent la lugubre et douloureuse agonie de tout le royaume. Sa Majesté sait trèsbien qui sont ces hommes. Pour nous , que les choses nous les fassent connaître; que leurs actions les manifestent.

« Ce sont des hommes qui parlent longuement du service du Roi ; mais qui n'ont rien fait que pour leur propre service, et ceci est trop évident.

« Us exaltent magnifiquement le pouvoir du Roi ; mais ils en ont fait un pouvoir misérable qui ne produit plus que la faiblesse du Roi et du Royaume.

« Us ont épuisé jusqu'au fond les caisses du Roi ; que ,dis-je ? ils les ont défoncées pour aller puiser plus loin.

<c Us ont dépensé follement , sans utilité , avec grand péril , d'immenses sommes d'argent ; si bien que plus d'argent encore , si le Roi ne change de conseils, ne ferait qu'accélérer sa ruine.

« Us ont toujours et obstinément suivi une voie pernicieuse : ils commencent par pousser toutes choses à une extrémité; ils font ensuite de cette extrémité , qui est leur ouvrage , le motif de nouveaux actes sept fois pires que les pré-

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cédens; et c'est là qu'en ce moment^ nous nous trouvons re'duits. -

(( Ils ont presqiPQ entièrement perverti le plus sage gouvernement du monde ; un gouvernement qui plaçait la souveraineté dans un Roi, et la li-» berté dans les sujets; constitution dont l'harmonie, soigneusement me'nagée, assure le bonheur de l'Etat , sa richesse , sa durée , son pouvoir,

(( Ils ont astucieusement et indignement rejeté sur le Roi toutes leurs machinations et tous leurs projets ; ce que n'ont jamais fait les bons et sages ministres, qui prennent sur leur compte toutes les choses pénibles et dures, pour faire chérir et laisser bHller le nom de leur maître.

« lis n'ont pas souffert que Sa Majesté parût, aux yeux de son peuple, dans l'éclat de sa bonté naturelle.

« Ils ont éclipsé le Roi en s'interposant entre lui et ses sujets. Quoique des corps opaques et grossiers puissent obscurcir et voiler la lumière du soleil, cependant le soleil n'en conserve pas moins sa propre splendeur; et lorsque ces corps sont écartés , toutes les créatures de la terre marchent à la clarté du soleil , et sont réjouies par ses rayons.

(c Mais ils ont inventé à leur profit une fausse et superstitieuse maxime d'Etat j disant que si un Roi souffre qu'on lui arrache ses serviteurs , il n'obtiendra bientôt de personne aucun bon ser-^

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Tice; tandis qu'au contraire ^ la vérité est que c'est là le plus sûr moyen dé préserver un Roi des mauvais serviteurs ; car la parole divine a dit : éloignez du Roi les méchans^ et son trône sera affermi.

a M. Torateur , nous voyons maintenant quelles sont en général les plaies^ et lorsque nous les examinierons de. plus près, ayons soin d'extirper jusqu'au cœur du mal; ne nous bornons pas à une cure légère , car le venin reparaîtrait bientôt avec plus de fureur. Pensez à cela; consultezvous , et dites votre avis.

« On a soutenu insolemment que le Roi ne devait jamais appeler un parlement, tant qu'il n'avait pas besoin de son peuple. Ce sont là de méchantes paroles, semences de troubles et de divisions; car le Roi doit toujours, et selon les temps, avoir besoin de la force, du cœur, des bras et de la bourse de son peuple ; et le peuple doit toujoiirs avoir besoin de la clémence , de la justice et de la protection du Roi ; et cette réciprocité forme la plus forte comme la plus douce union.

« On a dit aussi dernièrement qu'un parlement prendrait toujours plus au Roi qu'il ne lui donnerait. On devrait bien plutôt dire que la cessation de tant de griefs mettra les sujets en état de donner bien plus qu'on ne peut leur prendre par tout autre moyen. Les monopoles et les inven-

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tioDS illégales ne sont que d'étroits syphons qui pompent bien peu de sucs. L'échiquier lui-même, quaiid il est plein y n'est qu'une citerne , et maintenant c'est une citerne desséchée. Les parleraens seuls sont les sources de la richesse du Roi, et je ne doute pas que dans ce parlement , libres comme nous le serons dans nos avis, nous ne soyons d'autant plus libéraux de notre bourse; en sorte que Sa Majesté, apprenant par expérience à reconnaître les bons conseils, établira sa grandeur sur ses vrais et solides fondemens, et, avec la bénédiction de Dieu, ne se verra plus jamais réduite à de si périlleuses extrémités.

« M. l'orateur, j'avoue que je viens d'agir d'une façon contraire à ma nature , comme à mes précédentes habitudes dans cette assemblée; mais la déplorable condition de l'Église et de l'État s'est si fortement emparée de mon esprit qu'elle a surmonté ma disposition. Cependant je ne suis pas vir sanguinum : je ne désire la perte d'aucun homme : je remercie Dieu de ce que je ne hais la personne et n'envie la fortune d'aucun homme ; seulement je souhaite ardemment une réforme complète, dans un temps qui l'exige, qui doit l'obtenir. Je supplie humblement cefte chambre d'y procéder avec autant de modération et de douceur que le permettra le salut du Roi et du royaume. »

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Le premier soin du parlement , autant du moins qu'au milieu du concours de tant d'importantes affaires , il put s'occuper à réparer les pertes et les injustices particulières , fut de faire rendre justice aux infortunes ministres emprisonnes ou destitués par les évêques , et aux autres personnes qui avaient été persécutées pour cause de religion. Quelques semaines après Pouverture du parlement , plusieurs de ces ministres furent relâchés , remis en possession de leurs fonctions , et leurs oppresseurs condamnés à des dommages envers eux. Plusieurs docteurs et théologiens qui s'étaient depuis peu employés très - activement dans FEglise à pousser aux innovations relatives aux autels et aux cérémonies ^ et qui , par conséquent j se trouvaient alors en grand crédit auprès du gouvernement 5 furent accusés et envoyés en prison ; ce changement si grand et si subit parut une chose merveilleuse, et digne de servir d'avertissement à la postérité ,

(^uanifragili loco s tarent superbi (i).

Parmi plusieurs exemples de ce genre , le plus remarquable fut l'appui que prêta le parlement à trois hommes persécutés , le docteur Bastwick , médecin, M. Prynne, homme de loi, et M. Burton, ministre.

(i) Combien est fragile le poste des superbes.

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Ces trois hommes araient été accusés du même délit , ou de délits au fond très-peu différéus , comme on en peut juger par leurs écrits (i\ Incapables de se taire dans une cause si importante , ils avaient écrit contre la forme de l'épiscopat en Angleterre, et contre les inconvéniens et extravagances qui, selon leur opinion, en découlaient nécessairement au préjudice de la pureté de la religion. Us avaient été tous trois , pour cette offense , sévèrement censurés par la cour de haute commission, et renfermés en différentes prisons où ils demeurèrent long-temps , jusqu'à ce qu'enfin leur cause fut portée devant la

(i) La condamnation de Prynne fut sinon motivée, du moins provoquée par une odieuse manTuvre. Il avait publié en i632 son ouvrage intitulé Histrio^Mastix ^ dirigé contre les spectacles et qui contenait un chapitre portant que les femmes qui louent la comédie sont des prostituées notoires. Six semaines après la publication de ce livre , la Heine joua un rôle dans une pastorale au château de Sommerset ; le lendemain de cette représentation, quelques prélats dont Prynne s'était attiré Tinimilié en écrivant contre la juridiction des évêques, montrèrent au Roi son dernier ouvrage, disant que Prynne avait eu l'intention d'attaquer la Reine. Le Roi et la Reine n'ordonnèrent d'abord aucune poursuite contre lui; mais l'archevêque Laud, par l'entremise du docteur Heylin , le fît traduire , peu après, devant la chambre Éloilée , qui le condamna, pour ses écrits contre l'épiscopat, au rude châtiment dont il est ici question. {Mémoires àe Whitelocke, page i8. ) ( Note de VEdit. )

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chambre Étoilée, qui rendit contre eux un funeste arrêt (i). Tous trois furent le même jour exposés au pilori dans la cour du palais de Westminster, et eurent les oreilles coupées (2).

(i) Le 3o juin 1687 ; ceux des Jords ou membres de la

chambre Ëtoilëe qui eurent le plu; de pc.rt à celte cruelle

sentence, furent sir Thomas Coventry , lord -garde du

grand sceau, et sir John Finch , alors grand juge de la cour

des plaids communs.

( Kote de l'Auteur. )

(2) Cette cruelle exécution excita dans le peuple l'indignatioa la plus vive. M. Ingram, cor cierge de la prison de la Flotte, dit lui-même au Roi, que plus décent mille personnes s'étaient réunies pour voir passer Burton , et pousser des cris de rage contre ses persécuteurs ; sa femme le suivait en voiture , et de tous cotés la multitude lui jetait de l'argent. Lorsque Prynne fut conduit au château de Camarvon, le shériff de la partie occidentale du comté de Chester alla au-devant de lui avec beaucoup d'autres personnes , le fit mener chez lui , le fêta , le défraya et lui donna des tapisseries pour meubler sa chambre en prison : on lui offrit des présens , de l'argent et toutes sortes dé choses , mais il refusa. Le courage que montrèrent les condamnés au moment de l'exécution , redoubla la passion de leurs partisans. Le docteur Bastvrick , surtout , se montra imperturbable : « ILes grands seigneurs de la cour, dil-il, ont des jours oii ils portent au cou leurs marques d'honneur ; ceci est pour moi un jour semblable , et je m'en réjouis. » Triste et naturelle analogie ! Le marquis de Montrose , mourant sur un gibet pour Charles I«' , dit treize ans plus tard , et avec le • même sentiment, à peu près les mêmes paroles : « Ce cor-

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Ce fut, je me le rappelle , pour beaucoup d'honnêtes gens qui s^en expliquèrent en ce sens, un spectacle aussi triste qu'étrange , de voir ces trois personnes de professions différentes et des plus honorées dans le royaume (i), un ecclésiastique, un jurisconsulte et un médecin, soumis le même jour à un châtiment ignominieux, auquel ils étaient condamnés par des magistrats protestans, pour avoir soutenu des principes professés par la plupart des protestans en Angleterre, et soutenus par toutes les Eglises protestantes de l'Europe.

don m'honore et me plaît davantage que tous ceux que j'ai reçus de mon Roi. » L'effet que produisirent sur les assistans les discours de ces malheureux inquiéta Laud lui - même ; il aurait voulu qu'on les fît taire : « Concevez-vous , ëcrivit- « il à Strafford ( 28 août 1687 ) , qu'on ait permis à Prynne « et à ses compagnons de dire ce. qu'il leur a plu pendant « qu'ils étaient au pilori? Le peuple les a couverts d'accla- « mations , et on a pris note de tout ce qu'ils disaient , et des « copies de ces notes se sont répandues aussitôt dans la cité ; « et lorsqu'ils sont sortis de la ville pour se rendre chacun « dans sa prison , on a souffert que des milliers de gens vins- « sent sur la route prendre congé d'eux. » ( F^ie de Charles /*". par Harris , pag. 267. ) ( Note de V Editeur, )

(1) Clarendon et la plupart des écrivains royalistes affirment que Prynne, Burton etBastwick étaient des hommes sans considération personnelle et sans talens dans leur profession. ( Histoire de la Rébellion^ tom. 2, pag. 54- )

( Note de V Editeur. )

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Mais il parut que la chambre Étoilée s'occupait seulement de Tillégalite' de la publication , et la punissait comme une désobéissance aux autorités d^alors.

Ce ne fut que le commencement de leurchâtirment. Us furent ensuite envoyés dans des parties reculées du royaume, où on les tint dans une étroite réclusion , sans leur accorder ni encre ni papier, ni la vue de leurs amis ; on ne permit pas même à deux d'entre eux qui étaient mariés, de voir leur femme; dans les divers déplacemens qu'on leur fit subir , ils eurent successivement pour prison les châteaux de Launceston, Lancaster, Carnarvon 5 et les iles de Scilly , Gernesey et Jersey»

Cinq jours après la première séance du parlement , on les envoya chercher tous les trois dans les lieux de leur exil; M, Prynne et M. Burton arrivèrent à Londres le 28 novembre, ramençs par cinq mille personnes, hommes et femmes, qui avaient été à cheval à leur rencontre à quelques milles de la ville, et portaient toutes à leur coiffure des branches de romarin et de laurier en signe de joie et de triomphe. Le docteur Bastwick revint peu de jours après de la même manière.

Les opinions furent très-diverses sur ce fait : quelques personnes du clergé et de la cour, ainsi que plusieurs autres de moindre rang, laissèrent voir combien elles en étaient choquées ; qualifiant

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ce mouvement de tumulte audacieux^ et le regardant comme un affront pour les cours de justice et l'autorité royale. D'autres, pleins de compassion pour ce qu'avaient souffert ces malheureux, et désirant une réforme dans la justice criminelle, virent cet événement avec plaisir; on espérait qu'il produirait un bon effet sur l'esprit du Roi, et lui ferait comprendre l'éloignement qu'inspiraient à son peuple ces mesures rigoureuses. On y voyait aussi le présage du renversement de la cour de haute commission et de la chambre Etoilée, présage qui se vérifia avant que la moitié de l'année fût accomplie.

On ne sait de quelle manière cet incident agit alors sur le Roi ; mais ou ne peut toujours attendre un même succès des actions de cette nature , par oii le peuple, de son propre mouvement et d'une façon en apparence tumultueuse, exprime son approbation ou sa désapprobation sur les matières de gouvernement; selon la disposion du prince ou de celui qui gouverne , elles le conduisent à une réfoime, ou le portent à la haine contre ceux qui blâment ses actions; aut corrigunt y aut irritant.

Un mois après , l'affaire de ces trois hommes fut, par ordre du parlement, renvoyée dans les comités pour en faire l'examen et le rapport.

D'après ces rapports présentés en moins de deux mois, il fut déclaré, pour chacun d'eux en

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particulier^ que les jugemens rendus contre eux étaient illégaux^ injustes et contraires à la liberté des sujets, et un mois après on leur vota des dommages en compensation de tout ce qu'ils avaient souffert. Il fut décidé que ces dommages leur seraient payés en argent par Tarchevêque de Cantorbéry, les hauts commissaires, .et les lords qui avaient voté contre eux dans la cham-* breÉtoilée, qu'ils seraient remis en possession de leur état , et qu'ils recevraient , M. Burton 6ooa liv. , et M. Prynne 5ooo liv. ; par un vote particulier, le docteur Bastwick eut aussi la même, somme (i).

De même que ceux-ci reçurent de la consolation après leurs souffrances, et comme si ce début du parlement eût été en petit une sorte de jugement dernier, d'autres théologiens, après de courtes jouissances, furent livrés aux tourmens qui les attendaient*

On nomma un confite pour examiner les ministres scandaleux et ceux qui avaient donné dans la superstition. Le» premiers se trouvèrent de deux sortes : les hommes d'une vie relâchée, et les dé-

(i) La chambre cassa de même le jugement rendu en i63o contre M. Alexandre Leighton, condamné, pour un écrit <:ontre l'épiscopat, au même supplice que Prynne, Bastwidk €t Burton. (Histoire parlementaîrô , tom. 2 , col. 768.)

( Note de F Editeur. )

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bauchés ; ils furent censurés en conséquence ; plusieurs de cette espèce avaient obtenu de boDS bénéfices, et on les soutenait dans la vue de faire affront aux puritains. Un grand nombre furent bientôt accusés, et successivement destitués. Le nombre d^ ceux qui s'étaient rendus coupables sur le second chef ne fut pas médiocrement considérable ; et , en effet , il n'était pas vraisemblable que la route qui menait aux premiers emplois dût se trouver peu fréquentée.

Parmi les hommes de son rang, le dpcteyur Coosens , président du collège de Saint-Pierre , à Cambridge, s'était fait surtout remarquer par ses pratiques superstitieuses. Ce n'était pas un homme connu par une grande science ; ce n'était pas non plus un homme scandaleux dans sa vie ; mais il apportait beaucoup d'affectation et de soin dans les cérémonies purement extérieures de la religion , introduisant des usages qu'un état protestant ne pouvait convenablement souffrir.

Il fut interrogé sur diverses matières, tantôt isolément, tantôt en même temps que d'autres ecclésiastiques. Il fut emprisonné et obligé ensuite de donner caution ; mais , quoique privé de quelques bénéfices , il échappa à tout châtiment rigoureux , et fut au .nombre des délinquans qui durent se réjouir de ce que le parlement avait tant d'affaires.

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Des ecclésiastiques plus considérables que le docteur Coosens^ parurent alors sur la scène; l'évêque Wrcn était personnellement coupable des mêmes superstitions ; mais^ en sa qualité de magistrat y son délit était bien plus grave , car il pouvait égarer d'autres hommes. Le 19 décembre il fut accusé de trahison, et contraint de signet*, pour garantie de sa comparution en justice, Une reconnaissance de 3o,ooo livres, avec trois cautions engagées chacune pour 10,000 livres.

Ce Wren était évêque de Norwich , diocèse où se trouvaient autant de ces sévères observateurs de la religion , communément appelés puritains , que dans aucune autre partie de l'Angleterre. Il leur avait imposé des cérémonies superstitieuses, ou qu'ils jugeaient telles, avait supprimé dans les églises des lectures en nisage , et renvoyé plusieurs ministres chéris et respectés de leurs paroissiens. Par un incident singulier, ses rigueurs le rendirent coupable d'un crime bizarre contre la richesse et la prospérité de l'État. Un grand nombre de négocians (il y en avait beaucoup dans cette contrée) furent tellement inquiétés et tourmentés par les vexations de l'évêque de Norwich , que, pour y échapper, ils quittèrent le royaume. I^es uns se rendirent dans la Nouvelle- Angle terre ou d'autres parties de rAmériqtie> et les autres en Hollande, où ils trans- I. Il-

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portèrent' leurs manufactures de draps. Non-sealement ce- fut une perte réelle ^ par la diminution du capital du royaume^ mais encore ce commerce de draperie qui a été la source de tant de richesses et d'avantages pour l'Angleterre, fut mis par là dans un véritable danger, comme on le voit dans la remontrance du parlement. Des ac— cusations encore plus positives furent dirigées contre cet évêque , et j'aurai occasion d'en parler plus tard en revenant à la procédure dont il fut l'objet (i)-

Le i8 décembre , veille du jour ou l'évêque Wren fut acccusé , un homme bien plus important dans l'église et dans l'État, William Laud , archevêque de Cantorbéry , fut déclaré par la chambre des communes , coupable de haute trahison ; M. Denzil HoUis , membre de cette chambre, fut envoyé à la chambre des lords

(i) En 1623, Wren avait accompagné Charles, alors prince de Galles , dans son voyage en Espagne , en qualité de chapelain. A son retour en Angleterre , les évéques Laud , Andrews et Neile le questionnèrent sur ce qu'il avait pu observer des dispositions du prince à l'égard de TÉglise anglicane .* « La science de mon maître., leur répondit-il , est inférieure u à celle du Roi , son père ^ mais son jugement est trës-droit ; H et quant à son affection pour la doctrine et la discipline »« de l'Eglise , j'y compte beaucoup plus que sur celle de son, M père qui , vous le savez , s'est montré plus d'une fois faible H et inconstant. >» Laud et Neile lui demandèrent des preu-

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pour y intenter raccusatîoa. L'archeyéifue fut aussitôt arrêté ; il était accusé , ainsi que le comte de StrafTord, par les commissaires écossais , d'à* voir excité la dernière guerre entre les deux nations. Diverses charges furent dressées contre lui^ et un comité eut mission de les examiner et de les poursuivre.

Le ^3 février, M. Pym fît à la chambre des communes un rapport sur les crimes odieux et capitaux imputés à Tarchevêque Laud. Un long débat s'éleva dans la chambre, et une accusation de haute trahison, en quatorze articles, fut intentée contre lui ; deux jours après la chambre des communes l'envoya à la chambre des lords, parl'en-» tremise de IVL Pym.

L'archevêque comparut devant les lords pour entendre lire cette accusation, et la chambre

ves détaillées de ce qu'il disait ; après une heure de conversation , révêque Andrews , qui .avait gardé le silence , dit tout à coup : « Bien , docteur ; Dieu veuille que voufs soyee « un vrai prophète dans tout ce que vous venez de nou$ aa- K noncer : quant à moi , je suis bien sûr de Télre dans ce « que je vais dire: vous, mylord de Durham (TévéqueNeile), M et moi , nous serons alors dans notre tombeau ; mais vous « mylord de Saint-David (l'évêque Laud) et vous docteur, « vous vivrez assez pour voir le jour oii votre maître sera « contraint de défendre sa couronne et sa tête > à moins- qii'il « Qe cousette jà abandonuer le parti de llÉglise. »

( Noie de r Editeur. ) 1 1.

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vota aiisftit6t sa rëclnsion à la Tour ; mais sur ses instances ^ et par quelques considérations personnelles, on lui permit de demeurer encore deux jours sous la suryeîllance de l'huissier à la •yerge noire , après quoi il fut envoyé à la Tour , oh, nous le laisserons jusqu'à ce que le cours des événemens nous ramène à son procès.

Après une si longue corruption du gouvernement^ il devait se rencontrer un grand nombre de délinquans dans l'ordre civil , aussi bien qu'en matière religieuse. J'en nommerai d'abord un qui parut le premier sur la scène et en disparut presque aussitôt.

Sir Francis Windebank , premier secrétaire d'État^ Irès-aimé et favorisé de l'archevêque de Cantorbéry , devait à cette amitié , du moins selon l'opinion publique , la place éminente qu'il occupait. Le 1 :2 novembre il fut sévèrement interrogé sur sa conduite envers les prêtres papistes; depuis sept ou huit ans qu'il remplissait ses fonctions 9 il en avait admis un grand nombre à caution, et relâché beaucoup d'autres de sa propre autorité > sans égard aux lois en vigueur. Un comité fut chargé d'examiner sa conduite ; il fut prouvé que , dans l'espace de quatre ans , il avait accordé des lettres de -grâce à soixante-quatorze récusans, mis soixante-quatre prêtres condamnés en liberté, et déchargé d'ac* cusation vingt-neuf prêtres par un ordre ver-

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bal (i)r Q^rtaio que tout ^e)a tournerait mal. pour lui^ il jngiaa prudent de quitter le pays avant tout procès^ et le 4 décembre ^ on annonça à la cbanon bre que le secrétaire d'État Windebank s'était enfui avec M. Aead^ son premier secrétaire; bientôt après on sut qu'il était arrivé en France , où il résida long- temps»

Vers la même époque , la grande afiaire de la

(i) Clarendon rapporte un singulier exemple de la protection -que sir Francis Windebanl accordait aux cathoHf[ues. « 'Un huissier nomme Newton y dit-il , qui était sur- «< tout employé à arrêter les prêtres , vint un jour trouver M sir. Francis Windebank dans son fardin , lui disant qu'il « amenait avec lui un prêtre , homme actif et opiniâtre , « qu'il avait arrêté -le matin , et demandant dans quelle « prison il devait le conduire. Le secrétaire d'Ëtat lui de«- « manda, avec colère s'il ne renoncerait donc jamais à cette « humeur persécutrice ; et , l'aj^lant un drôle , il prit le « warrant en vertu duquel l'huissier avait arrêté le prêtre , « et. s'en alla sans lui dpnner aucune direction. L'huissier « effrayé s'ima^na 4}ue le prêtre était quelque homme en « faveur , et , au lieu de le retenir , le laissa partir en liberté. H Le prêtre rassuré retourna tranquillement ches lui ; mais ^ « deux ou trois jours après , il fut arrêté pour dettes et em- N prisonné à ce titre. Au bout de quelques jours, sir Fran- «I cis Windebank envoya chercher l'huissier, et loi de» « manda ce qu'était idevenu le prêtre qu'il lui avait amené « naguère ; l'huissier répondit qu'il avait cru que l'arresta* « tionde cet homme avait déplu à son Honneur, et qu'en «( conséquence , il ne s'était plus inquiété de le retenir. Le K secrétaire d'État lui dit, d'un ton fort irrité , que i« libé-

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taxedes vaisseaux fut débattue daBS le parlement^ -et les deux cKkmbres votèrent que c'était une taxe illégale et insupportable. Presque, tous les juges furent déclarés déiînqûans à cet égard , à cause des opinions contraires à la loi qu'ils avaient émises , comme on le verra bientôt avec plus de détail. Quant à d'autres petites vexations^ comme une multitude de monopoles sur des denrées de l'usage le plus familier^ la chambre les condamnait chaque jour^ et le nombre des délinquaus censurés pour offenses de ce genre ^ fiit si considérable que je ne m'arrêterai pas à les nommer.

« ration d'un. prétrC' n'était pas une chose simple; que s'il « ne retrouvait pas promptement celui-ci , il en répondait « sur sa vie; que c'était un drôle dangereux et qu'il ne «c fallait pas laisser échapper de la sorte. L'huissier jépou- ,« vanté de ces menaces , et poussé aussi par son goAt natu- « rel pour de telles mesures, mit dans ses recherches là M plus grande activité. Il apprit enfin que le prêtre était ar- « rété pour dettes. Il alla à la prison et le redemanda comme « son prisonnier , qui s'était évadé de ses mains. On le lui « remit en vertu du premier warrant dont il était porteur, «et il l'amena aussitôt au secrétaire d'État. Mais peu de « jours après ^ le prêtre fut mis en liberté. Son créancier fit « arrêter le geôlier à la garde duquel il l'avait remis; et ce- « lui-ci mit en cause l'huissier, qui , à son tour , s'adressa à « la chambre des communes , soutenant qu'il n'avait agi H que par ordre du secrétaire d'État. » { Histoire de la Ré" belliorty t. 2, pag. i8. ) {Note de l'Editeur, )

La chambre se conduisit eo tout ceci avec tant d'impartialité que plusieurs 'de ses membres en furent exclus pour ce délit (i).

Mais aucun juge ne fut aussi gravement inculpé dans le débat de la taxe des vaisseaux^ que le lordgarde-du-sceau Finch , qui s'y était employé avec une activité prodigieuse; il fut prouvé qu'il avat^ mis en usage les promesses et les menaces pour corrompre les autres juges. ^

, (i) Il s'en faut bien que la chambre des communes fit en ceci preuve d'impartialité. Les détails que donne Glarendon, et donlquelques-unssont confirmés par les journaux même de la chambre , ne permettent pas de douter que le parti dominant se servit au contraire de ce prétexte pour opprimer ses adversaires. » Le comité chargé de vérifier les élections , <t dit- il y prit grand soin d'écarter les membres dont les opi- « nions étaient suspectes , et aucune règle de justice ne tt fut observée dans ce travail. Les chefs du parti disaient <t même souvent entre eux que , dans toutes les questions « d'élection , il fallait se décider par le mérite ou l'indi- « gnité de l'élu , sans s'inquiéter de savoir quelle avait été , «c l'intention des électeurs. Ainsi un homme était admis d'à- « près le même principe qui faisait ^puler l'élection d'un « autre. On déclara que, quelles que fussent la légalité et la ré- « gularité de l'élection , nul ne siégerait dans la chambre, s'il « avait concouru ou pris part à quelque monopole , ou s'il « avait été employé dans quelque commission illégale. Par « ce moyen on écarta plusieurs gentilshommes considé- « râbles , à la place desquels on en fit élire de mieux dis- <c posés pour leparti ; mais, en cela même, aucune règle fixe

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En i636^ loitsque écrite tà%e de» Tais$jeatu fut inventée et mise en pratique pour la première fois y sir John Finch ayait été nomn^é récemment lord-grand-juge à la cour des plaids-compiuns* D'abord procureur fondé de la reine ^ il jouissait de la faveur du Roi et de celle de plusieurs- seigneurs puissans à la cour. C'était un homme de bonne famille , d'un caractère impérieux et hautain , éloquent > bien que peu versé dans la science des lois (i).

En décembre iBSg, k la mort du lord-gardedu-sceau Coventry, il plut au roi de conférer à sir John Finch cette charge importante > et il en était revêtu à l'époque dont nous parlons.

« ne fut maintenue; car on se gArda bien d'écarter aucun « de ceux que le parti espérait faire servir à ses desseins. « Aussi le Hoi^ dans une de ses déclarations, fit un reproche M à la chambre , de ce qu'après avoir éliminé un grand M nombre d'élus pour cause de monopole , elle n'avait ce- « pendant jamais inquiété sir Henri Mildmay , et M. La- « wrence Whitaker qui avaient scandaleusement participé <« à ces vexations , mais qui depuis s'étaient encore plus « scandaleusement engagés dans toutes les entreprises contre « Sa Majesté ; et jamais on n'osa répondre à cette accusa- « tion. » {Hist. de la RébelL y tom. 2 , page i3.) {Not, de VEdit. )

(i) « Sir John Finch , dit Clarendon , avec une fortune assez gênée , avait mené une vie fort libre : doué d'un esprit vif et de talens naturels , il ne s'inquiéta pas beaucoup

Le 7 décembre^ lorsque la taxe das vais^seaux eut été pleioetnent débattue et absolument cour damnée par la chambre des communes^ on en vint à examiner le délit des juges : trois seulement aTaient émis .une opinion contraire à la taxe ; les raisons alléguées par deux d'entre eux^ les juges Crooke (i)et Hutton, ayaîent été célèbres dans le pays. Le baron Denham^ qui était le troisième^ se trouvant malade^ n'avait pu développer son avis avec autant d'étendue. Seize membres de la

d'ajouter k ces dons une instruction ëtendue et solide dans la profession par oii il voulait s'élever , et une fois entré dans les affaires, il se servit plus de son adresse que de sa science. Bien vu à la cour , ii n'avait cependant pas assez de crédit pour la diriger ou la réformer. Il prît Taffaire de la taxe des vaisseaux oii l'avait laissée M. Noy , et , en sa qualité de juge, il exerça sur ses collègues, au sujet de cette question, une influence qui contribua beaucoup à ce jugement dont ils eurent tous à se repentir. Lorsqu'il eut été fait garde du grand sceau , un plaideur s'opposant deVant loi à un bill qui n'était fondé que sur un ordre du conseil privé , il répondit que tant qu'il serait garde du sceau, personne ne serait assez hardi pour contester la validité de tels ordres , et que la sagesse du conseil privé serait toujours pour lui une loi suffisante pour qu'il y conformât ses ar* rets. « ( Hùt. de la RébelL , tom. i , page 126. ) {Not. de VEdit. )

(i) Le juge Crooke avait d'abord résolu de voter pour la taxe des vaisseaux , dans le procès de M. Hampden , oii cette

chambre furent chargés cVexaminer la conduite des autres juges, et de rechercher quelles menaces ou quelles promesses avaient été employées à leur égaixl, et par qui.

Après cet examen, un comité eut mission de dresser diverses accusations contre les juges, et une accusation de haute trahison contre lord Finch. Il s'adressa bientôt humblement à la chambre , demandant qu'avant de porter contre lui l'accusation de haute trahison, elle voulût bien entendre , de sa propre bouche , la défense qu'il se proposait de fournir.

On lui accorda sa requête, et deux jours après, dans un long discours , il s'efforça de se justifier; mais ce fut en vain. Bien que sa conduite fit humble et soumise , et sa harangue pleine d'une

grande question fut solennellement débattue ; mais peu de jours avant le jugement, comme il s'entretjsnait tristement de cette affaire avec quelques-uns de ses plus proches parens , sa femme , qui était pleine de piété et de vertu , lui dit qu'elle espérait qu'aucune crainte , soit pour lui , soit pour sa famille , ne lui ferait faire quelque chose contre sa conscience, et qu'elle aimerait mieux souffrir avec lui la dernière misère que d'être la cause d'une semblable conduite. Crooke changea tout-à-coup de résolution , et quand vint son tour de parler, il se prononça, contre l'attente générale, en faveur de M. Hampden. ( Mémoires de TVhitelocke, pag. 24.)

( Note de VÈdi't. )

adroite éloquence , il ne put détourner Farrêt, malgré la pitié dont plusieurs membres de la chambre furent touchés en sa faveur.

Secrètement informe par ses amis , ou s^apercevant bien lui-même que ses affaires prenaient une mauvaise tournure , il résolut de prévenir le péril , s'enfuit sous un déguisement^ et arriva en Hollande.

Après sa fuite , un vote de la chambre des communes le déclara coupable de haute trahison y sur quatre chefs :

I®. Pour avoir désobéi à la chambre, en refusant de parler selon ses ordres , lorsqu'il était orateur du parlement dans la quatrième année du roi Charles ;

n"". Pour avoir menacé plusieurs juges au sujet de la taxe des vaisseaux;

3**. Pour s'être illégalement et cruellement conduit dans l'affaire des forêts, lorsqu'il était lordgrand-juge à la cour des plaids-communs; - 4*' Pour avoir dressé la déclaration injurieuse publiée après la dissolution du parlement.

Un acte d'accusation fut rédigé contre lui , et porté à la chambre des lords le 14 janvier 1641, trois semaines après sa fuite; lord Falkland, chargé de le présenter, prononça contre sir John Finch un discours très-vif et très-énergique.

Comme ces deux derniers coupables , malgré l'éminence de leurs fonctions , n'occupèrent pas

loqg-temps le parlement , et ne ralentirent point le cours des affaires publiques^ puisque leur fuite prévint leur procès , on ne s'étonnera point qu'ils ne tiennent pas pLus dé place dans ce récit.

DU LONG PARLEMENT. lyS

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