‹ Histoire du Long-Parlement, convoquéChapitre 22 sur 26 · I. Sa · texte numérisé non relu

I. Sa

49^ ËGLAIRGISSEMENS

rhomme le plus laborieux; d'une sagacité. que ne pouvait tromper le plus fin ni le plus habile , et d'un' courage personnel, égal à ses plus éminentes qualités ; en sorte qu'on ne pouvait le désirer pour ennemi , quand il était possible de s'en faire un ami , et que , comme ennemi , il était aussi à craindre qu'aucun homme le put être. Sa mort ne fut donc pas moins i^gréable à l'un]des partis, que déplorée par l'autre. En un mot y on pouyait lui appliquer ce qui a été dit de Cinna, qu'il n'était aucun mal que sa tête ne fAt capable de combiner, sa langue de persuader, sa main d'exécuter. Sa mort parut donc une grande délivrance pour la nation. » (Histoire de la Rébellion , tom 6 , page 8&--gi . )

9s:9aBBR

Sur renlèi^emènt du grand sceau d! Angleterre et le départ du garde du sceau Littleton pour rejoindre Charles /«**, à York, (mai 1642.)

« ËnviroQcetemps, il survint un événement quf troubla beaucoup la faction dominante, d'autant plus qu'elle ne s'y attendait pas. Le lord-garde-dn-sceau quitta Londres et' se rendit à York , et mit ainsi le Roi en possession de son' grandi sceau ; ce que tous les partis regardèrent alors comme un très-grand avantage. Le Roi était trës-méconlent du lord-garde-du-sceau , Littleton , qui n'avait pas agi pour, lui aussi utilement qu'il l'avait espéré, avait perdu tonte sa vigueur depuis le moment de l'accusation des cinq membres, et, au Heu de s'opposer le moins du monde à aucune des extravagantes'discuïsions du parleirtent, avait souffert en silence qu'elles eussent toutes leur cours. Depîus , Littleton avait non-seulement refusé, comme on l'a dit, d'exécuter les ordres du Roi, relativement aux comtes d'Essex etHollând;' mais il avait montré de grandes complaisances et fait grandement la cour à ce parti , dont les membres , dans les deux chambres , avaient eu affaire à lui. Enfin, dans une question récemment soumise à la chambre des pairs , rela-^' tivement à la milice , il aVait voté contre le Roi et la loi ,' au. grand scandale et mécontentement des partisans du Roi.

M II jouissait , comme jurisconsulte , d'une grande réputation pour sa science et pour les autres qualités qui appartiennent aux hommes de premier ordre. 11 était d'une bonne famille du comté de Shrewsbury , et avait hérité de son père une fortune considérable. Il était d'une belle figure ; 5T>n extérieur était celui d'un homme comme il fiaut, et in-

5oO ifrCXàlBCISSENËNS

f aimeot agttftUe. Il était connu pcMir le courage que dans sa jeunesse il avait manifesté les armes à la main. Il avait pris beaucoup de peine à s'ihstruire dans la partie la plus difficile et la pins compliquée des lois, aussi bien que dans celle qui était de l'usage le phis habituel. Il était non-seu* lement très-expert et versé dans les livres, màb aussi dans la connaissance des registres et précédens légaux. N s'était associé, pour ce travail, à M. Selden,' avec lequel il était lié d'une étroiteaniitié, et qui laiavaitété d'un grand secours; en sorte que , parmi ceux qui a'aâoauaien^ à là pratique , il était regardé comme le plus foii dans la connaitsance de la jurisprudence ancienne , et, par la seule supériorité de ses talens , s'était élevé au premier rang parmi les praticiens devant les cours de la loi commune. H ayait été nommé greffier de liOndres , ayant d'avoir été appelé au banc du Uoi , et était arrivé à la clientelle la pbv éienduo dafis toutes ;es cours , soit de la loi commune , .sott ms^u Quand le Roi regarda d'un peu plu« près à 8e& alTaîivi, et s'aperçut qu'il aurait bien des cbosea à faire à Wfwliiiînitier» il renvoya on vieux procureur général iautîJbe et i|fa$Hrant , qui avait été revêtu de cet emploi par la-âiveurde Bockingham, et Littleton l'ebtint à sa. place , ce.qui infr vakit beaucoup pins d'honneur que de proi^t, cac il retrouva privé par cette (onction du revenu qu'il avait df abord tiré de sa pratiquer A la mort du lotd Coventry , Fiaeh ayant été fait garde du sceau, Littleton fut promu à l'emploi -de grand juge des plaids commuas, alers le meilleur office de. judicature. Il avait coutume de dire que , dans le secret die ses désirs , cet emploi avait été l'objet de sa plus haute ambition. Ce fut , en efifet , la ^bère oii il parut avec le, plus d'éclat et d'avantage ; il pefesédaît toute -la sçieuice requise pour de pareilles fonctions, et était un excellent juge, d'une haute gravité, et au dessus de tout soupçon de corruption.

« Tandis qu'il occupait cet emploi, l'archevêque de Can-

ET PIÈ€£S HISTORIQUES. 5qi

torbéiy tt he comte «de StmScftà éngaghr^ni le Roi à Taf^ peler au conseil ok il-sentint s», roputaticui ; et ^ lorsque le lord FfQCh <}ii4ltA']e royaume au eôiiim0Bcei»eii!l do parler rnent^ oa*4e regarda, à* beaucoup d'égards, comme l'homme le plus propve k remplir sa place* Le oocttle de Sirafford , lorsqu'il eutétémis k la Tour; âematida que Littleton (Mkt nommé banm, espérant que, «par son autorité et sa connais^ sauce des lois , il s'opposerait tri^^-ntilement aojc procédés ex(raoi^dinaired et inexcusables du parlement; mais, du moment ou Litlleten fut chargé 'du grand: sooau , il samMa hors de son éfém^l; et idans 1és afikreeméme "de la chai^ cellerfè, quelque expénl*Uoeqti*il eÂt^ la'pratîqué et des procédés de cette' c<tar, il se môfftra &appé-de perplexité^ d'irrésoiuCion , et n^épécha pas, comme on aurait dû s'y alteu*dre , les affiiires dûcoaseil. Il ne cénservadans 4e parlement aucune dignité , et toteba dânstttt si cMiplet abattement , que presque personne ne lui témoi^ait pSus d'égards , si ce n'est ceux qui étaient le plu* ôJ)poséè au Roi; ceux-ci, à la vérîté , s'àttâchëfent extrêmement à lui eted furent reçus avec une égafe bicfiivêiHance. Ses amis attribuèrent ce changement à une grande mifladie dont il -avait été saisi peu aprè^ avoir été fait baron , et- dont tout te inondé avait cm qu'il mourrait. Elle l'avait empêché plusieurs fois d'aller à la chambre ; en sorte qu'il né retidit au comte de Strafford aucun des services qui avaient été l'unique objet de sa pro* motion ; à compter de cette époque il* ne fut plus le même homme. Mais certainement ce changement avait une autre cause que sa maladie , et il était préocupé de quelque crainte sinistre qu'il ne pouvait maîtriser, et n'aurait confiée à au-* cun de ses amis.

« M. Hyde , un de ceux à qui le Roi se fiait le plus dans la chambre des communes, et qui avait toujours eu uua grande estime pour le garde-du-sceau , fut aussi troublé que perionae de sa condtiitc; comme il le voyait fréquem-

502 ÉCLAIRCISSEMEKS

meut j il alla le lrou¥«r à ToOGaaioii dn vole sur la milice ,

et lui dit sinoërement, et avec une grande liberté , combien

il avait p^rda dans l'estime de tous les bonnétes gens , et

•que le Roi ne pouvait qu'être excessivement mécontent de

Jitii. Il ajouta encore plusieurs cboses au sujet de ce vote :

]»ien que le garde du scaau ne sût pas alors que le Roiac-

.Gordat secrètement tant de confiance à M. Hyde, il savait

.très-bien que Sa Majestéen avait très-bonne f^inion, et, dès

Je. commencement du parlement y il avait souvent entendu

Je. Roi, lorsque l'entretien tombait sur les jurisconsultes de

.la chambre, prendre cette occasion de parler de M. Hyde,

;çpmme d'ttn.bomme.dont il avait ouï dire beaucoup de bien;

.ce qife le garde du sc^au avait souvent rapporté à celui-ci. U

connaissait a]as4 l'amitié qui existait entre le lordFalkland

et M. Hyde, ep savais combien de .méfiance commençaient à

exciter les fréquantes communications qu'avait celui-ci avec

les deux nou^veauxconseillers privés.

« Ce fut daps j^on cabinet à Ëxeterbouse que M. Hyde lui tint ce discours , qu'il écouta avec toute l'attention pos- .fible. A peine A(« 9yde avait-il cooamencé à parler, que lord lâttleton se leva de sa chaise pour aller à la porte de son cabinet, et .voyant quelquejs personnes dans la chambre prochaine, il .les pria de se retirer, puis il ferma la porte de cette chambre et celle de son cabinet , revint s'asseoir, fit .asseoir aussi M. Hyde , et commença par le remercier beaucoup de son amitié , dont il avait , dit-il, fait toujours grand cas , ajoutant qu'il ne pouvait lui mieux témoigner l'estime qu'il faisait de cette amitié et de lui , qu'en lui parlant aussi librement qu'il allait le faire. Alors , il déplora sa propre situation , et le malheur d'avoir été tiré de la cour des plaids <ù9mmuns pii - il connaissait et les affaires et les personnes avec qui il avait à traiter , pour être élevé au poste éminent oii , il se trouvait alors , qui l'obligeait à communiquer et à traiter avec des hommes d'une autre sorte , et qu'il ne con-

ET PIÈCES HISTORIQUES. 5o3

naissait pas, sur des alOEnres qu'il ne comprenait pais, et sans trouvar. parmi eux un seul ami avec lequel il pût conférer sur les doutes qui s'élevaient dans .son esprit, t u II parla du malheureux état. des affaires du* Roi, disant combien il avait été et était encore, trahi par ceux qui l'entouraient. Il s'exprima avec toute l'indignation possible contipe. les procédés du parlement , et ajouta que la faction ne ferait jamais tout cela , si elle n'était résolue d'en faire encore davantage; qu'il connaissait trop bien le Roi, et avait trop bien observé la conduite de divers individus, ainsi que le cours général des affaires publiques depuis ces cinq ou six derniers mois, pour ne pas prévoir qu'avant peu la guerre aurait lieu entrée le Roi et les deux chambres , et il remarqua de quelle importance il. serait alors pour le Roi d'avoir avec lui le grand sceau. Il se répandit alors en expressions de respect et d'affection pour la personne du Roi , aussi bien que pour sa haute dignité ; ajoutant que personne n'était plus prêt que lui à mourir avec et pour Sa Majesté ; que c'était parcequ'il prévoyait cette nécessité qu'il s'était conduit avec tant de complaisance pour le parti, afin de le rendre favorable à leur cause, ou d'obtenir du moins qu'il ne se méfiât point de lui. Il savaitque beaucoup de gens avaient tâché d'élever des soupçons contre lui, et que peu de jours auparavant il avait été délibéré sur la question de savoir si , dans la crainte que le Roi n'envoyât chercher le sceau , ou ne le lui retirât , il ne serait pas bon de le mettre en quelque lieu sûr oii l'on ne courrait pas risque de le perdre , et d'oii le garde du sceau le recevrait toutes les fois qu'il lui serait nécessaire pour l'exécution de. son office ; car, du reste , on ne voulait pas le désobliger. C'était la connaissance qu'il avait eue de cette délibération , et la crainte qu'on n'y donnât suite , qui , dans les derniers débats sur la milice, l'avaient engagé à voter d'une manière propre , il le savait, à doi^ner de très-fâcheuses impressians au roi et à beaucoup d'autres personnes dont il n'é-

5o4 ECLAiaCiS^fiMfiNS .

tait pài bien cobimi. Mais s'il ne s'JhtfH souaffs êwt ce poiut à Popuien du parti, le seeau lui eàt été eiileté le îourmàmev tandis qu'en accédantpar aen yote , qui ne pouvait porter préjudice qu'à iai e| non pas au Boi , il avait si bien gagné, leur confiance, qu'il était en état de conserter le scea/fi entre. set mains, }n«qn^u moment eàOe Roi le l|ii demi^dend^ , et qu'alorsr îi aérait tout prêt à le porter à Sa Majesté.

« Ce discours fit grand plaisir à M. Hyde, qui demanda à lord Littleton s'il iur permettait , quand il en trourerast l'occasion , d'assurer le Aoi qu'il était prêt à lui rendre ses •ervices y aussitôt qu'il en serait requis. Lord Ltttieton le pria de le faire , et de transmettre au- Roi la parole qu'il donnait d'exécuter ce qu'il Tenait de promettre aussitèt qu^il plairait k Sa Majesté; ils se séparèrent là-desects.

« Ge fiit tres-*peu de jours après que le Roi , excessivement mécontent et irrité de la coorduite -au garde^u-sceau , »ivoya au lord Falkland l'ordre de lai redemander le sceau» La volonté du Roi était positive en ceci, bien qu'il ne fût pas encore déterminé sur le choisi de l'homme qu'il mettrait à la placede Littleton. Sa Majesté comprenait aussi les deux autres amis (i) dans sa consuHation, leur demandant d'examiner s'il fallait confier lé sceau au lord-grand-juge Banks, contre lequel elle Eaiisait elle-même quelques objections , ou à M. Selden ; elle exigeait qu'ils lui fissent connaître, sur-le-champ, leur opinion à ce sujet. L'ordre de demander le sceau au titulaire actuel, était positif; mais les trois amis ne savaient qui indiquer pour le remplacer ; le lord-grand-juge Banks parais^ sait aussi effrayé que l'autre , et bien que ce fût un homme de grand talent et d'une honnêteté sans tâche, on ne le croyait pas suffisant pour un tel emploi dans des circons-

(i) M. Hjdc et sir John Colepepper.

ET PIÈCES HISTORIQUES. 5o5

tances si orageoseU. Ils nd cloataîent paâ «he l'afiection de M. SeMen pour le Roi ; mais ^ en tôt me temps , ils le connaissaient tro]l bien pour n'être pas certains qu'il refuserait la place si elle lai était oArte. U était âgé , d'une santé délt<^ cflte , depuis long-temps accoutumé à ses aises , et les aimant beaucot^. Il était rîtbe, et n'aui^iit pas entrepris un voyage à York 9 ni consenti à coucher hors de son Ut pour toutes les places du mond% , d6nt il ne s'était jamais soucié*

« TV)us tréis étant d^avis qu'il ne fallait offrir le sceau m à l'un ni k l'atktre, M. Hyde heur raconta'lâ conversation qu^l avait eùeavec le garde^dn-sceau, et les promesses que lui avait faites céltti-<i ^ il ne doutait pas qu'il ne les ei^écutât très -ponctuellement. Il proposa donc qu'en faisant part au Roi de leur opinion sur les deux personnes dont il leur avait parfé, ils lui ^onseillasisent de suspendre sa résolution à regard du 'gitrfle-dn-&ceau , et dé lui écrire avec bonté de lui rapporter le sceau , plutôt que de le lui redemander et de l'en dépouîll'er. Il offrît de s'engager auprès du Roi pour le garde -du- sceau , que celui-ci obéirait aux (M'dres de Sa Majesté ; tnais aucun des deux autres ne fut de son avis. Us n'estimaient pas le garde-du-sceau , et ne croyaient pas qu'il se rendit auprès de Sa Majesté, si elle le faisait demander, pensant qu'il trouverait quelque détour pour s'en excuser. Il leur répugnait donc que M. Hyde hasardât sa réputation sur sa parole. U les pria alors de considérer combien il était absolument nécessaire que le Roi se déterminât d'abord si^r le choix de la personne à qui il voulait confier le sceau , avant de le tirer des mains oii il était alors ; car il ne pouvait être oisif, sans que la justice du royaume ne se trouvât en désordre, et sans exciter de plus grandes et plus justes clameurs qu'il ne s'en était encore élevé ; il fallait , d'ailleurs , prendre grand soin qu'il ne fût au pouvoir de personne de le refuser, ce qui serait encore plus préjudiciable à Sa Majeslé.Illespria, par-dessus tout , de bien

5o6 ËCLAIRCISSEMENS

réfléchir qae l'affaire éiait surtout de faire arriver le grand sceau au lieu oii Sa Majesté s'était déterminée k résider j et que si lord Littleton tenait sa promesse , et voulait servir le Roi , ce qu'il y avait de mieux incontestablement , c'était de les avoir , lui et le sceau. Si , d'un autre coté , Littleton manquait à sa parole et ne craignait pas d'offenser le Roi, il refuserait de remettre le sceau, et informerait les lords de sa désobéissance, que la faction le louerait, récompenserait et le prendrait en faveur , qu'alors il serait à l'avenir à la disposition des factieux ; ce qui serait un plus grand mal qu'on ne pouvait l'imaginer, et que le grand sceau de Sa Majesté serait journellement employé contre elle , sans qu'il tài possible , avant plusieurs mois , d'en avoir fait faire un nouveau.

t< Ces objections leur parurent de quelque poids , et ils se résolurent de rendre compte du tout au Roi et d'attendre ses ordres. Lord Falkland et M. Hjde écrivirent à Sa Majesté et envoyèrent leurs lettres le soir même. Le Roi approuva leurs raisons, et fut bien aise que M. Hyde eût tant de confiance dans le garde-du-sceau. Quant à lui cependant, dit-il, il en doutait toujours , et était déterminé à envoyer, l'un des jours de la semaine suivante , chercher lé sceau et le garde-du^sceau , ajoutant que ce serait , comme on le lui avait conseillé , le samedi dans l'après-midi , aussitôt que la chambre des lords aurait fini sa séance , afin qu'on n'eût connaissance de rien jusqu'au lundi. M. Hyde , qui avait continué à voir fréquemment le garde-du-sceau , et se fiait de plus en plus à sa droiture , alla chez lui, et le trouvant ferme dans sa résolution, et persuadé, d'après la violence des chambres, qu'il ne fallait pas tarder long-temps , il lui dit qu'il lui arriverait un message dans la semaine suivante; que lui, M. Hyde, le verrait encore une fois pour l'avertir du jour, et qu'alors il se rendrait avant lui à York , ce qui fit grand plaisir à lord Littleton ; il fut convenu , entre les trois amis, qu'il était temps, qu'il fallait qu'il partît dan&

ET PIÈCES HISTOIIIQUES. 5oy

un jour ou deux , le Roi ayant eu soin de l'envoyer chercher un peu d'avance , et qu'alors la déclaration du 19 mai sur la milice aurait passé.

Le samedi suivant , entre deux ou trois heures de Taprësmidi 9 M. EUiot / valet de chambre du prince , se rendit chez le garde-du-sceau , et le trouva seul. dans la chambre oii il avait coutume de se tenir ; il lui remit une lettre écrite de la main du {loi , dans laquelle celui-ci le priait 9 avec beaucoup d'expressions de bonté et d'estime, de se rendre promptement auprès de lui , ajoutant que si son indisposition (car il était souvent tourmenté de la gra* velle et d'une rétention d'urine) ne lui permettait pas de fair^ le voyage aussi rapidenient que l'exigeait la circonstance, il fallait qu'il confiât le sceau à celui qui lui portait la lettre , et qui , étant jeune et fort , ferait toute la diligence nécessaire ; en sorte que lui pourrait faire son voyage avec les précautions qu'exigeait sa santé. Le garde-du-sceau fut surpris du choix du messager qui ne lui plaisait pas , et plus encore lorsqu'il le vit instruit du contenu de la lettre qu'il se flattait qu'on n'aurait pas communiqué à celui qu'on enverrait. Il' répondit avec beaucoup de réserve^ et quand l'autre , qui n'était pas poli, lui demanda assez brutalement le sceau qu'il n'imaginait pas devoir sortir de ses mains , il répondit qu'il ne le rendrait qu'au Roi lui-même ; mais ensuite se.remettant et relisant la lettre, il fît promptement réflexion qu'il y aurait danger à emporter le sceau avec lui, .parce que si on le poursuivait et qu'on le prît , ce qu'il avait tout lieu de craindre , le Roi se trouverait trompé dans son attente et privé du sceau qu'il mettait avec raison tant d'importance à posséder , et qu'alors on lui imputerait son malheur à crime , et qu'on le soupçonnerait d'une infidélité que .certainement il détestait du fond du cœur. Il pensa que le seul moyen de prévenir cet inconvénient , ou du moins de

5oâ ÉCLMRGISSEMBNS '

paraHre iouocent de k chose , était âe remeUre fo iceau à celui que le 'iiKÂ avait chargé de le receToir.- Ainsi j «atM rien dire à M. Eiliot de ce qu'il comptait fiiire., il mit ie sceau entre ses maîAs. Celm^cî mMta snr*le«chattip â cheval , fit la route avec uuediKgeficeeztraordiuim>e , et porta le. sceau à Sa Majesté , qui fut très-satisftiite de l'avoir et trës-con^ tente de son messager.

M Le garde-dtt^sceau dit ce soîr-4à qu'il était indispose et se coucherait de benne he are , qu'ainsi il «e fallait Laisser entrer personne cfa^ loi. Alors il fit appeler le sergent qui était chargé de la garde du sceau , et en qui il avait avec raison une très-grande confiance, et lui clit sans détour qu'il était déterminé à partir le lendemain matin pour aller trouver le Roi qui l'avait mandé^ qu'il savait bien combien par cette démarche il exciterait le ressentiment du parlement, qui prendrait tous les moyens possibles pour se saisir de lui , qu'il ne savàit^même pas Comment if pourrait faire le voyage, 11 se i'emit donc entièrement entre ses mains , le chargea d'avbîr soin que ^s'chevaux* fussent prêts le lendemain matin, lui dit qu'il viendrait seul à sa suite, et lui servirait de guide pour le conduire par le meilleur chemin , ne voulant communiquer son dessein à personne qu'à lui. L'honnête sergent eut beaucoup de joie de pette proposition , et prépara de trës-bon cœi^r tout ce qu'il fallait pour le voyage. Il envoya les chevaux hors de la ville. Le garde-du-sceau monta en voiture le lendemain de très-bonne heure, et aussitôt qu'ils furent hors de la viHe , lui , le sergent et un seul valet montèrent & cheval , et , comme on était au commencement du mois de juin , ils firent cette première journée si forte , qu'avant la fin du troisième jour lord' Littlelon baisa la main du Roi à York.

Il avait eu soin d'assigner , pour la séance du lundi de la chambre des pairs , une heure plus avancée qu'à l'ordinaire.

ET PIÈCES HISTORIQUES. Sog

Le dimapclie se passa sans que personne remarquât l'absence du garde^u-sceau , et plusieurs personnes-, saehant qu'il n'était pas à sa maison , le crurent à sa maison, de campa-^ gne de Cranford , ou il se rendait souvent le samedi soir, revenant le lundi d'assez Bonne heure pour la chambre. Fies lords consentaient volontiers à ce que, ces ]ours-là, la séance commençât plus tard ; mais, lorsqu'on sut le lundi matin à quelle heure et de quelle manière il avait quitté sa maison , le désordre fut grand dans les deuy chambres ; et ceux qui 's'étaient imaginé avoir tant d'influence sur lui qu'ils se croyaient instruits de toutes ses pensées, et en avaient pris et donné aux* autres une grande idée de leur importance , baissaient la tête , éperdus de honte ; et bien qu'ils crussent certainement qu'il était déjà hors de portée lors ^e l'ouverture de la séance, cependant, pour manifester leur indignation contre lui , et dans l'espérance que ses infirmités l'auraient retenu quelque temps en route (personne en effet ne supposant qu'il eût pu faire ce voyage avec la diligence qu'il y mit) , ils donnèrent , pour se saisir de sa personne , un ordre tel qu'il semblait qu'il s'agît du scélérat ou du meurtrier le plus odieux. On le fit imprimer et répandre par exprès , avec la plus grande diligence, sur toute la surface du royaume.

« On a rapporté ici, avec le plus grand détail, toutes les circonstances qui précédèrent et suivirent le voyage du garde-du-sceau à York , par un sentiment de justice envers la mémoire de ce noble personnage dont l'honneur a beaucoup souffert dans l'opinion d'un grand nombre de gens , par suite des vanteries de celui qui avait été chargé de lui demander le sceau et l'avait reçu de lui. C'était un homme qui parlait haut , et avec hardiesse , et qui aurait voulu faire croire que c'était par sa résolution et sa fermeté qu'il avait enlevé à lord Littleton le grand sceau , malgré

lO

ÉGLAIRCISSEMEIVS

ses dents. Quelque impossible que fût la chose, elle ne trouva que trop de crédit, et c'est pourquoi on' a exposé ici le fait td. qu'il est , dans un récit exact , et qui ne contient autre chose que la vérité due à celui qu'il concerne. >» {Hist, de la Rébellion j par Glarendon, tom. 3, pag. 341-^4^; tom. 4 7Pd§* 1*8*)

ET PIÈGES HISTORIQUES. 5i l

Sur les motifs qui déterminèrent un grand nombre de m^m-bres des deux chambres à quitter le parlement et à rejoindre le Roi, en i64î?..

M D'après ce qu'on a dit du nombre et de la qaaHt<f des^ pairs j qui, en s'absentantde la chambre , et se rendant auprès de Sa Majesté, firent clairement connaître qu'ils étaient opposes aux résolutions d'oii naquirent tant de désordres , on pourra s'étonner un jour que ces pairs, et ceux des membres des communes qui, alors et dans la suite, se déclarèrent pour le service du Roi, et qui composaient réellement la moi* tié, ou près de la moitié de c^tte chambre, n'aient pas mieux aimé, par leur active et fidèle assiduité dans les chambres , et conformément à la mission qui leur avait été confiée ^ s'op-> poser à ces pernicieuses mesures , que de quitter leur poste,' et de laisser ainsi des hommes dont les funestes intentions' étaient déjà assez manifestes, en possession du crédit , del'autorité et de tout le pouvoir d'un parlement, avec la cer--» titude que le peuple serait aisément et grandement séduit par eux. Je ne veux ni ne puis excuser ici les hommes qui/ depuis le commencement de ce parlement , soit paresse , négligence , irréflexion ou lassitude , se sont dispensés d'y assister dans un temps oii ceux qui projetaient ces prodigieux changemens étaient réellement en très-petit nombre , , et ne parvenaient journellement à en amener d'autres à leur opinion , que parce que ceux qui s'y opposaient ne se montraient pas également actifs et appliqués à soutenir la leur. Je n'excuserai pas davantage les pairs qui , se trouvant quatre contre un, se sont laissés^ diiper, persuader et forcèrpar des menaces, à l'abandon de leurs droits; et cela,

5l!l ÉCLAIRCI^SEMENS

par ane poignée d'hommes , que , dan$ le commencement , ils auraient pu aisément écraser. Dans )a chambre des communes , au contraire , les principaux meneurs étaient des hommes de talens remarquables, de beaucoup de réputation , d'une admirable dextérité , prétendant à une sévère justice , et à beaucoup de régularité | le nombre des faibles ou des esprits étroits , qu'ils âevjntnt naturellement diriger, faisant toujours la majorité , ils se trouvèrent toujours, dès Torigine, en étatd'eraportei tout ce qu'ils avaient visiblement à cœur de faire passer 9 ou au mains de déctéditer et de' dépopulariser tout homacie contre qui Us *jugi0aieBt nécessaire de procéder, fût^il en posses^on de H réputation la plu» irréproehable , et n'élevât -on contre lui que les plaintes te§ plus frivoles. Ainsi il éta,it impossible qu'ils ne fussent pas redontableâ dan9 cette cbambYe , si ce u'est aux hommes les plus élevés aa-dessus de toutes les considérations vulgaires.

« Mais je ne doute pas que quiconque repassera* avec soin les différent fôits qui ont eu Keu dans les deux chambres , depuis le temps de là' publication de la première remontrance, lorsque Sa Majesté reyint^i'Écosse, jusqu'au temps dont nous parlons , tte pensé que le parti pris par un- si grand «nombre de membres de se rendre , cetiuae tous les lords et quelques membres des communes ea avaient reçu l'ordre exprès , soit auprès de Sa Majesté, soit au lieu <m ils croyaient être le plus utites k Sa Majesté, pour la conser* vidion de la paix du royaume 9 était un acte , nèn-^seulement de devoir, mais de prudence, et luie conduite, digne de sages et honnêtes citoyens. Datis la chambre des pairs , les évéques, qui avaient autant de dvaitd'y siéger, et étaient aussi bien membres du parlement qu'aucun des antres lords, en avaient été, piour la plupart, éloignés par la force et par une violence positive; depuis lors avait passé le bill qui excluait de leur siège tous les hommes de leur CMrdre. Ceux

ET PIÈCES HISTORIQUES. 5i5

àeB pairs qui étaient It plus connut pour tenir au gouTeraement actuel de Féglise , étaient publiquement menacés par la populace ; quelques-uns mime en avaient été attaqués. L'affaire de la milice avait été deux fois rejetée dans la chambre hante , après des débats solennels , jusqu'à ce qu'enfin une telle violence se fut manifestée aux portes de la chambre même, et qu'au dedans les menais et les accusations contre ceux qui refusaient de consentir h cette affaire eussent été portées à ce point qu'aucun de ceux qu'on avait remarqués pour s^oj^ser aux injustes volontés de la faction, ne pouvait croire sa vie à l'abri du dan« ger dont le menaçaient des mains brutales ; quelques-uns avaient été déclarés ennemis de leur pays, pour avoir refusé ce qu'il était légalement en leur pouvoir .de refuser ; d'autres* avaient été accusés criminellement par les communes pour des paroles prononcées dans les débats de la chambre des pairs , ensuite de quoi plusieurs reçurent , par lettre , l'ordre spécial de se rendre auprès de Sa Majesté. De semblables lettres avaient toujours été regardées comme un bon, légal et suffisant motif pour s'absenter de la chambre, et depuis le commencement des parlemens Jusqu'à ce jour , on n'avait jamais négligé d'obéir à des ordres de ce genre. Ces membres n'eurent pas été quelques semaines avec Sa Majesté que, sur un avis faux et extravagant, deux d'entre eux furent, sans plus d'examen , déclarés ennemis du royaume , et neuf autres , sur une accusation portée contre eux par la chambre des communes, furent déclarés incapables de siéger dans la chambre des pairs, pendant la session, uniquement à cause de leur absence ; décision qui rentrait uniquement dans la juridiction des pairs, et par suite de ce jugeinent , eussent-ils voulu revenir , ils se trouvaient exclus de leur chambre.

M Dans celle des communes , le cas était pire encore. En premier lieu , ceux qui avaient récUmé cette liberté essen-

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ttelle à un parlement , et qui , conformëment à leur opii** nion, avaient témoigné leur éloignement et leur répugnance pour ce que le parti violent poursuivait avec tant de véhémence , avaient été , comme on l'a dit , proclamés ennemis de leur pays, et leurs écrits avaient été placardés, sur papier ou parchemin, dans les lieux les plus visibles , accompagnés de quelque épithëte ignominieuse; bien que la chose ne fût avouée ni autorisée par aucun acte public de la chambre, cependant , comme , lorsqu'on s'en plaignit , il ne fut rien fait à cet égard , et que la plainte fut d'ailleurs très-peu encouragée , on en put conclure que cette violation des privilèges de la chambra ne lui était pas désagréable. Ainsi , par ce qui a été exposé ici en détail avec sincérité , il est évident que , si les émeutes n'étaient pas directement provoquées par la chambre , elles y trouvaient un appui et un encou* ragement.

M Alors, ce qui avait été rejeté après des débats solennels et étendus dans une chambre complète , fut plusieurs fois repris dans une chambre incomplète , à des heures inusitées et non parlementaires , et décidé en sens contraire des premières conclusions. Cependant les membres de la minorité se bornaient alors à faire ce qu'ils regardaient comme leur devoir et à s'opposer à ce qu'ordonnait la majorité. Ils espéraient que les esprits finiraient bientôt par s'éclairer; que bien qu'on usât quelquefois , contre le Roi , d'expressions violentes et irrespectueuses, on s'abstiendrait d'actions dangereuses et illégales ; qu'enfin du moins on n'obtiendrait jamais de la chambre des pairs de se joindre ou de concourir à aucun acte préjudiciable au pouvoir souverain. Mais quand on vit que la majorité de la chambre des communes avait eu l'adresse de rendre la minorité de la chambre des lords trop forte pour la majorité , et qu'en même temps que tous se montraient jaloux jusqu'à la fureur des privilèges du parlement à l'égard du Rpi, les chambres elles-mêmes atta-

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quaient la racine de tous leurs privilèges ; que , d'aprë« des considérations purement métaphysiques , on s'emparait de la milice du royaume ^ ce qui ne devait avoir lieu qu'en cas de nécessité ; que , malgré l'ordre du Roi, on lui donnait un chef contre le gré du Roi ; que le parti , maître d'exécuter ses résolutions quand il lui plairait , avait pris celle de nommer un général ( résolution hien connue avant le temps oii ce grand nombre de membres se rendit à York et en d'aiHres endroits , et mise à exécution trois ou quatre jours a|>rës ) , beaucoup de gens pensereiit qu'il était temps de mettre leur innocence à couvert , et que , puisque par la marche et les réglemens de la chambre des communes , il» ne pouvaient pas, comme leis lords, laisser une protestation , comme un moimment ou un témoignage de leur opposition aux résolutions ou actes illégaux ,ils n'avaient d'autre moyen de faire connaître leur éloigpement pour tout ce qui se faîsart , que de n'y pas concourir par leur présence. On pensa , avec raison , comme il n'y avait pas d'autre moyen de faire la chose paisiblement et avec sûreté , que le peuple , en comparant le nombre de ceux qui étaient demeurés présens à ces actes nouveaux, et la qualité, le nombre , la réputation de ceux qui s'étaient absentés , en serait plus facirement déterminé à préférer les anciennes lois du royaume à ces votes inouis qui en étaientla destruction , etn'émanaien t que d'un petit nombre d'hommes , s^intitulant eux-mêmes les deux chambres du parlement ; que ce serait donc un bon moyen pour agir sur la conscience et les sentimens modérés de ceux qui demeuraient en arrière > et les convaincre de la nécessité d'employer tous leurs eSbrts à amener, par quelques démarches convenables auprès de Sa Majesté , un heureux et général accommodement, capable de tout réunir et d'établir les privilèges, la dignité et la sûreté du parlement suc lleurs vraies et légitimes bases.

« A la vérité , quelque raisonnables que pussent paraître

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ces e«péraoceSy ellas n'eureotpas VeStt qu'on ea attebdait, d^ raniener lei «Qtres a la lionne foi ; a« contraiiv , des hommes qu'avait fort dérangés la préaenee de ceux quTve* naîent de se retirer , et que leur oppositîoa empéeliaît d'aller aussi vite qu'ils l'auraieot voulu dana le mal qu'ils profetaieuty furent euchantés d'en éfaredébarrassés* Cependant, considérant bientôt quel e£fet cette séparation pouvait pro* daire sur l'esprit des hommes éelaivés, ils trouTerentinojen de jetisr le blâme sur eeux qui étaient absens^ et de prévenir en mem^ temps les inoonvéniens qu'ils pouvaient avoir à craindre de leur retour. Ils pnblib'ent un ordre pour que tous les membres absMl^ eussent à comparaître tel jour , sous peine » poiïr chacun ^ de cent livres d'amende ; et qui« conque ne paraissait pas au jour désigné , qu'on s'avail pas mis k un terme assez long pour que ceux qui étaient loin eussent le temps de s'y rendre , ne devait plusse permettre de siéger dans la chambre avant d'avoir payé l'amende et expliqué k }a chambre , d'une manière satisfaisante » le motif de son absence ; ù bien que tous ceux qui étaient avec le Roi , et le nombre beaucoup plus considérable de ceux qui s'étaient réellement éloignés peur se rafraîchir Tesprit , ou par raison d'afiaires , et avec le projet de revenir y oompri* rent clairement qu'ils étaient définitivement exclus de la chambre ; il était clair, en effet , qu'on n'approuverait jamais les motifj^ de leur absence, si on ne voulait pas de leur personne et qu'on n'approuvât pas leurs opinions. La chose fut bieutôt prouvée, car le jour ne fut pas plutât paussé, que, sau$ 4tre autorisée par aucun préciédent, et sans aucune apparence de droit , la faction ei:pulsa un grand nombre de membres, quelquefois jusqu'il vingt par jour, non-^seulement de ceux qui étaient avec le Roi , mais d'autres qui lui avaient également déplu ; et elle ordouna que de nouveaux writs fussent envoyés pour qu'on élût d'autree membres a leur place.

M Oa ne saurait nier qu'il ne soit resté à la chambre quelques hommes d'une grande honnêteté et intégrité. Ils s'opposèrent, avec beaucoup de courage et de liberté, aux procédés impossibles à justifier qu'on y suivait alors. On le leur permit beaucoup plus facilement qu'on ne l'avait fait auparavant , dans le temps ou le nombre des opposans était plus grand ; et il se peut faire qu'il se trouvât encore dans cette chambre quelques hommes qui se reposaient sur l'idée d'avoir fait leur devoir en refusant toujours leur consentement à toutes les décisions séditieuses ou illégales. Mais j'en appelle à la conscience de ces hommes eux-mêmes ; en demeurant à la chambre , n'ont-ils pas été plusieurs fois contraints par la force et la terreur de concourir ou de se soumettie à plusieurs actes contraires à leur conscience dans les matières de loi et de droit , contraires à leur jugement et à leurs lumières , contraires aussi k leur serment et à la fidélité qu'ils avaient jurée au Roi? Je leur demande si, dans le cas oii ils s'j seraient refusés , ils n'auraient pas été pillés , expulsés , mis en prison. On ne saurait donc blâmer ceux qui, pour conserver leur innocence et leur liberté , ont iuîeux aimé encourir toutes les censures , tous les embarras auxquels ils pouvaient s'exposer , et qui, depuis > ont été abondamment amassés contre eux. • {Histoire de la Rébellion y tome 4 j page i54* )

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