‹ Histoire du Long-Parlement, convoquéChapitre 21 sur 26 · ÉCLAlIVGISSËftiËJXS · texte numérisé non relu

ÉCLAlIVGISSËftiËJXS

était dans un danger imminent, et que par de nombreuses et humbles pétitions , il eût sollicité son élargissement , ou da moins un adoucissement à sa captivité. Et son sang ap^ pelle encore la vengeance , au moins le repentir suc ces ministres qui mettent obstacle , à la fois , k la justice et à la clémence de Sa Majesté.

Lors de la dissoluticm de ces derniers parlemens y on a publié des déclarations mensongères et scandaleuses pour calomnier leurs procédés , rendre injustement odieux plusieurs de leurs membres , et colorer les violences dont on usait envers eux ; des proclamations ont été faites dans le même objet , et à la grande consternation du peuple y on lui a défendu même de prononcer le nom de parlement.

Après la dissolution du parlement tenu dans la quatrième année du règne de Sa Majesté , l'injustice , Toppressicm , la violence se sont débordées sur nous sans aucune espèce de frein ni de modération ^ et, cependant, la première mesure qu'on prit alors , celle d'exiger dans tout le royaume de grosses sommes pour défaut de chevalerie , paraissait avoir , au moins , quelque ombre et quelque apparence de l'égalité. Mais si on l'examine judicieusement dans ses rapports avec cette loi tombée en désuétude qui lui a servi de prétexte , on la trouvera contraire à toutes les règles de jnstice , soit relativement aux personnes qui eurent à la supporter , ou au taux des amendes exigées , ou à la manière absurde et injuste dont on a procédé dans cette oc;* casion. Les droits de tonnage, et de pesage ont été imposés sai^ aucune apparence ou prétexte de loi. Plusieurs autres pesantes impositions ont été perpétuées contre la loi, et quelques-unes se sont trouvées si exorbitantes, qu^.Ia somme de Fimpot excédait la valeur de la chose impcMSiée. Le tarif de« droits de douane a été dernièrement «qg-:menïé jusqu'à isn tai» très - élevé , et les marchands qui n'ont pas voulu se soumeUre à des payemens illégaux et rx--

G^ssifs , ont ébé opprimes et tourineatës au-delà de toute mesure ; le cours ordinaire de la justice , droit commun et naturel de tous les sujets d'Angleterre , a été complètement entravé. Et bien que tout cet argent eût été levé sous le prétexte de la défeuse des mers ^ on a imaginé, sous le ùâéfne prétexte , une taxe nouvelle et inouie , appelée la taxe des vaisseaux. Et au moyen de ces impots réunis , il s'est trouvé des années ou les sujets ont supporté une charge de sept cent mille livres sterling ; et cependant , les marchands ont été laissés tellement sans défense contre la violence des corsaires barbaresques , que ceux-ci se sont emparés de plusieurs gros vaisseaux d'une haute valeur et de plusieurs milliers de sujets de Sa Majesté qui languissent encore dans les misères de l'esclavage.

Nous avons vu, par suite du même système, les forets agrandies au mépris de la charte des forets, et d'énormes compositions exigées par suite de cette mesure î les exactions pour Fhabillement et la marche des troupes , et d'autres charges relatives à l'armée ; l'enlèvement des armes de la milice dans plusieurs comtés ; lé projet monstrueux d'accaparer toute la poudre à tirer , dans une seule main , en l'enfermant dans la tour de Londres , et la vendant à si haut prix que les pauvres n'étaient pas en état d'en acheter ; ^rsonne , d'aifleurs , ne pouvant en avoir sans permission , {ilusieurs portions du royaume se trouvaient privées des moyens de défense nécessaires , en même temps qu'en la vendant au prix exorbitant auquel elle a été portée , on en tirait un avantage illégitime , à la très-grande charge et au détriment des sujets. Lès bois de charpente des forêts 6n Roi ^nt été généralement détruits , particulièrement fceux de la forêt de Dean , d'oii se tiraient . presque tous èeux dont on avait besoin pour l'entretien de la marine , «t qui a été vendue à des papistes. Au moyen d'un préfendu litre du Roi , les sujets ont été dépouillés de leurs

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droits sur les lais et relaie de la mer. On a fait un mo^ nopole du savon , du sel , du vin , du cuir , du charbon de terre y et en quelque sorte de toutes les denrées de l'u-^ sage le plus commun et le plus nécessaire. On a imposé des gènes à la liberté des sujets j relativement à leur habitation , à leur industrie , à leurs autres intérêts. Ils ont été vexés et opprimés par des pourvoyeurs , des clercs de marché , des commis au salpêtre. On leur a fait payer de prétendues nuisances , comme le droit de conserver çer-? tains bâtimens dans Londres , ou aux environs ; la conversion de terres labourables en pâture, et le maintien des pâtures , ont été défendus sous le nom de causes de dépopulation. On a par ces moyens tiré des millions de la bourse des sujets sans grand profit pour Sa Majesté. De grandes quantités de terres communales et particulières ont été enlevées aux sujets , sans leur consentement et malgré leur volonté , sous le prétexte du statut rendu pour l'amélioration de l'agri-i^ culture et par un abus de la commission des digues et ca* nau3^. £t non-seulement l'intérêt privé , mais la foi publi-' que a été violée par l'enlèvement de l'argent et des lingots qui se trouvaient à la monnaie; et tout le royaume a été au moment de se voir dépouillé par l'abominable projet d'une monnaie de cuivre. Pour s'être refusés à ces charges illé* gales , un grand nombre des sujets de Sa Majesté ont été tourmentés de longs et coûteux procès. Quelques-uns ont subi des amendes et des condamnations ; d'autres ont enduré de longues et dures détentions , qui ont coûté à beaucoup la santé , à quelques-uns la vie; d'autres ont eu leur maison forcée , leurs biens saisis. On a privé quel- . ques autres de la liberté d'exercer leurs légitimes professions. Des vaisseaux ont 'été arrêtés dans leur traversée et saisis à la mer d'une manière hostile par les faiseurs de projets /comme par des ennemis publics. Les marchands ont eu défense de décharger leurs denrées dans les ports où

ils en pouvaient tirer le plus d'avantage , et ont été forcés de les porter aux lieux les plus favorables à l'intérêt des monopoleurs et des faiseurs de projets. Là chambre Étoilée a prodigué les jugemens extra vagans, non-seulement pour maintenir et faire prospérer les monopoles et les autres taxes illégales , mais aussi dans pl^usieurs autres cas qui ne présentaient que peu ou point d'offense ; en raison de quoi les sujets de Sa Majesté ont été accablés de taxes pesantes , d'emprisonnemens , de peines aiflictives , mutilations , fustigations, pilori, bâillonnement, détention, bannissement; et ces arrêts ont été exécutés d'une manière si rigoureuse , qu'ils privaient non-seulement les condamliés de la société de leurs amis , de l'exercice de leur profession , de la douceur des livres , de l'usage du papier et de l'encre , mais violaient , par une séparation forcée, cette intime union que Dieu a établie entre un homme et sa femme ; en telle sorte que plusieurs époux ont été privés des consolations et de la société l'un de l'autre pendant plusieurs années de suite , sans pouvoir espérer aucun soulagement , si Dieu , par sa toute-puissante providence , n'eût apporté quelque interruption à la domination et à l'influence des auteurs et fauteurs de ces mesures despotiques et imprudentes.

Des juges ont été dépouillés de leur emploi pour avoir rer fusé d'agir contre leur serment et leur conscience ; d'autres. Ont été tellement intimidés qu'ils n'ont osé faire leur devoir , et, pour les 'mieux tenir dans la suj.étion, on a retiré de leur patente la clause : quam diu se bene gesserit ; et on y a inséré celle-ci : durcmte bene placito. Des hommes de loi, ont été réprimandés pour étr^ demeurés fidèles à leurs clients; des avocats et des procureurs ont été menacés, quelques-uns même punis, pour avoir poursuivi en justice des demandes légitimes , et par ce moyen tout accès à la justice a été interrompu et fermé. On a contraint, contre la loi , les sujets à de nouveaux sermens ; de nouvelles juri-

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<!lictiotis ont été créées sans aucune loi ; le conseil pnVé a voulu , par ses ordres , entraver les sujets dans Tosa^e de leurs biens , propriétés , dans leurs poursuites et actions légale». La prétendue cour du comte Maréchal a été arbitraire et illégale dans son existence comme dans ses procédés. La chancellerie, la cour de rÉchîquiér, la cour des Tutelles et les autres tribunaux d'Angleterre ont été oppressifs, par l'extension illégale de leur juridiction. Un grand nombre de familles ont vu leurs biens détériorés , et quelques-unes ont été ruinées par les amendes exigées pour des compositions sur des tutelles. Tous les baux de plus de cent ans ont été faits de manière à créer des droits de tutelle contraires à la loi. On a usé de procédés ilîégaux pdUr engager le jury à décider pour le Roi. Les cours de la loi commune , voyant les hommes disposés à chercher la justice là oii elle était capable de se plier à leurs désirs , ont, comme on le sait, dévié des règles de la loi commune , et ont souvent dépassé les limites de leur juridiction pour commettre Tinjustice sous prétexte d'équité. Des titres d'honneur , des places de judicature , et d'autres offices ont été vendus pour de grosses sommés d'argent, d'oii il est résulté que la justice commune du royaume a été mise fort en danger, tion-seutement en ouvrant, à des hommes peu capables, les moyens d'entrer dans des places importantes, mais aussi en donnant occasion à la corruption , aux extorsions, à l'injustice , car il est rare que les emplois mal acquis soient bien remplis. On a accordé des commissions jpour examiner les abus commis dans la perception des émolumens , et, lorsqu'on a découvert de grandes exactions, on a compbsé avec les délinquans, non-^ seulement pour le temps passé, mais pour des immunités et garanties accordées d'avance aux délits à venir, ce qui , sous couleur de remédier aux griefs des sujets, n'a fait que les enraciner et les aggraver. La méthode ordinaire de nom-

itier I«s shérîffs n'a point été observée, mais on a souvent employé dans ces nominations des formes inusitées, quelquefois pour punir ceux qu'on nommait et leur iniposer une ehaorgt , quelquefois pour choisir des hommes propres à ser» tir d'instrument à ce qu'on voulait faire.

Les évéque» 'et antfes membres du clergé ont usé de leur victoire pour faire suspendre, excommunier , priver de leurs emplois et dégrader plusieurs laborieux, savans etpieux ministres, à la grande douleur et fâcheuse oppression d'un grand nombre de bons sujets de Sa Majesté. La cour de haute commission en est venue à un tel excès de rigueur et de sévérité qu'elle n'est guère restée en deçà de l'inquisition romaine , et que même , en plusieurs cas , le pouvoir die Farchevéque a été rendu encore pins, oppressif en appuyant et fortifiant son autorité de celle du conseil-privé. - Les évéques et leurs tribunaux ont également persécuté les comtés, et, bien que leur juridiction n'ait pas égalé celle de !a haute cour pour la rigueur 'et l'excès des châtimens, elle n'a pas été moins oppressive , en raison delà gé« néralitc et de la multiplicité de ces vexations qui , tombant «11^ la dernière classe des ouvriers et des artisans , en a appauvri des milliers , et a tellement tourmenté et vexé les autres, qu'un grand nombre, pour échapper à de pareilles misères , ont quitté le royarume et se sont réfugiés quelques-uns dans la nouvelle Angleterre et d'autres parties de l'Amérique , quelques autt*es en Hollande ou ils ont transporté leurs fabriques d'étoffes de laine ; ce qui n'a pas seulement occasioné une perte et diminution de la richesse actuelle du royaume , mais a entraîné un grand mal en nous exposant au danger de perdre ce commerce d'étoffes qui a été pour cette nation une abondante source d'honneur ©t de richesses. On a regardé comme les phis propres aux emplois ecclésiastiques , et on a placé de préférence ceux qui se sont montrés les plus empressés à favoriser les progrès

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de la superstitioD , et les plus ardeas à décrier la pîeté et rhonnéteté.

Les sermons les plus publics et les plus solennels qu'on ait prêches devant Sa Majesté ont eu pour objet, soit de mettre la prérogative au-dessus des lois, ou de rabaisser le droit de propriété des sujets , ou bien ils ont été remplis d'invectives destinées à rendre odieux ceux qui cherchaient à maintenir la religion , les lois et les libertés du royaume ; et ces derniers étaient certains de se voir écartés des corn*missions de paix et de tous les autres emplois donnant quel* que part au gouvernement du pays. Plusieurs nobles personnages demeuraient conseillers de nom , mais le pouvoir et l'autorité résidaient de fait dans les mains d'un petit nom» bre d'hommes choisis parmi les fidèles du parti , et dont les résolutions et les déterminations arrivaient au conseil pour y recevoir leur confirmation et leur exécution , non pas pour y être débattues et délibérées, nul ne pouvant , sans danger de disgrâce , essayer de s'y opposer. Bien plus , ceux qui ne concouraient pas pleinement et activement au succès de ces desseins, quelle que fût d'ailleurs l'éminence de leur caractère et de leurs talens, étaient si loin de se voir employés dans aucune place de confiance et conférant quelque pou^ voir , qu'ils étaient négligés , repoussés et en toute occasion insultés et opprimés. Cette faction avait atteint un tel degré et une telle plénitude de pouvoir , qu'elle commençait à penser qu'il était temps de terminer son ouvrage dont l'accomplissement dépendait de ces trois points :

i**. Il fallait que le gouvernement fût délivré de toutes les entraves qu'imposait la loi à l'égard des personnes et des propriétés ;

2**. Il fallait que les papistes et les protestans se réunissent sur la doctrine , la discipline et les cérémonies ; seulement , cette union ne devait pas encore porter le nom de papisme.

3*. Lies puritains, sous le nom desquels le parti comprend tous ceux qui veulent conserver les lois et les libertés du royaume , et y maintenir la puissance de la religion , dpi^ vent être oa extirpés par la force , ou chassés par la crainte^ A cet effet, on avait jugé nécessaire de soumettre l'Ecosse à des superstitions et à des innovations papistes qui pussent la rendre capable de s'unir à l'Angleterre dans le grand changement qu'on avait intention d'opérer. C'est pourquoi on voulut contraindre les Écossais d'accepter de nouveaux canons et une nouvelle liturgie ; et lorsqu'ils s'y furent re-r fuses 9 on leva une armée pour les y forcer ; les papistes et le clergé se montrèrent très-empressés de contribuer de leur argent pour cette entreprise. Les .Ecossais levèrent également une armée pour leur défense; et quand les deux armées furent en présence et près d'en venir à un combat sanglant, les bienfaisantes dispositions de Sa Majesté, les conseils de la noblesse anglaise et la respectueuse soumission des Ecossais parvmrent tellement à l'emporter sur les mauvais conseils , que la paix se fît , et que Sa Majesté retourna tranquillement et avec honneur à Londres.

Cette réconciliation inattendue fut infiniment agréable à tout le royaume, excepté au parti malintentionné qui avait pour chefs l'archevêque Laud et le comte de Strafford. Eux et leur faction commencèrent à s'élever contre la paix , à envenimer les procédés des Etats d'Ecosse , et réussirent ainsi à irriter Sa Majesté , au point qu'elle se prépara de nouveau à la guerre. Telle était leur confiance, qu'après avoir corrompu et désorganisé toute la machine du gouvernement , ils espéraient corrompre encore le seul moyen qui demeurât de tout rétablir dans l'ordre et l'état légitime. Ils conseillèrent donc au Eoi de convoquer un parlement , non pour en prendre conseil et avis, mais pour s'en autoHser , en tirer des secours d'argent et engager ainsi toqt le royaume dans leur querelle. En même temps , ils

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eonlÎDuaient leurs injustes levëes d'argent, résôius de soumettre le parlement k leurs volontés y et d'établir le mal par des lois, ou de le dissoudre, et de se donner ainsi quelque prétexte de plus de continuer à extorquer par la violence c^ qu'ils ne pouvaient obtenir d'un libre consentement. Le motif qu'ils donnaient pour justifier la guerre était que les demandes irrespectueuses du parlement d'Ecosse étaient une raison suffisante pour autoriser Sa Majesté à prendre les armes contre les Écossais , sans écouter ce qu'Hs avaient à alléguer en faveur de ces demandes. .On leva donc contre eux une nouvelle armée. On saisit leurs vaisieaux , soit en mer , soit dans tous les ports d'Angleterre et d'Irlande. Leur pétitioil- fut rejetée^ leurs commissaires ne purent obtenir audience. Toute l'Angleterre fut milérablement réduite à l'état le plus violent par les levées d'hommes et d'argent, et par l'emprisonnement de ceux qui refusaient de se soumettre à ces levées. Le comte de Strafford , qui avait passé en Irlande , obligea le parlement de ce royaume à se déclarer contre les Ecossais, et à donner quatre subsides pour soutenir celte guerre. Il voulut que les Irlandais s'y engageassent personnellement de lear Vie et de leur fortune, et donna des ordres pour la levée en Irlande d'iiAe armée de huit mille hommes de pied et de mille chevaux, la pins grande partie papistes. Le parlement se réunit le i3 avril i64o. Le comte de Strafford, l'archevêque de Cantorbéry et leur parti obtinrent du Roi qu'on insisterait pour que la chambre des communes accordât les secours nécessaires à la guerre d'Ecosse, avant d'avoir pourvu à nucun redressement des grands et pressans griefs du peuple ; ce qui était contre les privilèges et procédés fondamentaux du parlement : et cependant , le parlement, dans son humble respect pour Sa Majesté, y consentit, jusque-là que l'on convint de prendre en considération l'affaire des subsides, et qu'elle fut débattue péri-

daiit deux jours. Douze subsides avaient été deoaandés pour le rachat de la seule taxe des vaisseaux. Un troi&iëiijLe )our de discussion avait été désigné pour terminer ^affaire , quand les chefs du parti commencèrent à craindre que le peuple ne, s'accom^nodat avec le Roi , en lui accordant l'argent qu'il demandait , mais qu'en même temps il ne déjouât leurs méchans projets de guerre contve l'Ecosse ; car on voyait bien qu'il n'était nullement disposé à soutenir cette guerre.

Ils conseillèrent donc méchamment au Roi de dissoudre le parlement , et de retomber dans ces voies de désordre qui offraient à leurs mauvaises intentions plus de moyens de sucées.

Après la dissolution de ce parlement, prononcée le 5 mai 1640.9 le parti devint si audacieux qu'il conseilla au Roi de se servir de son pouvoir pour se fournir d'argent sur les biens de ses sujets, à sa volonté et sans leur consentement. Les jours suivans, on fit des recherches dans les cabinets , buréaii:i^et tiroirs de quelques membres des deux chambres ; peu de temps après , on en mit un autre dan^ une étroite prison , pour n'avoir pas livré quelques pétitions qu'il avait reçues au nom de la chambre ; et suppos qu'on projetât encore, comme on l'a dit, quelqne mesure plus rigoureuse, il est probable que la maladie du comte de Strafford, et les émeutes qui s'élevèrent à Southw^rl^^ et aux environs de Lambeth , furent les motifs qui engagèrent à se relâcher de ces intentions violentes. On publia , au nom de Sa Majesté , une fausse et scajidaleuse dé*" claration contre la chambre de$ communes , qui , ce-t pendant , prodtusit peu d'ef&t sur le peuple , et ne «ervM qu'à manifester l'impudence de jçeui: qui ^n étaient les auteurs.

On essaya de lever un emprunt forcé sur la cité de Londres. Le lord maire et les aldermen reçurent l'ordre

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de dresser, dans leurs dififérens quartiers, la liste des noms de ceux qu'ils jugeaient en ëtat de prêter , et des sommes qu'ils pouyaient prêter. Ceux qui refusèrent de le faire furent mis en prison.

L'archevêque , les autres ëveques et le clergé, demeurèrent assemblés en convocation ; et en vertu d'une nouvelle commission , cette convocation fut convertie en un synode provincial , dans lequel , par une présomption inonie , ils firent des canons contenant plusieurs choses contraires à la prérogative royale, aux lois fondamentales et aux statuts du royaume , aux droits du parlement, à la propriété et à la liberté des sujets , et des choses tendantes à la sédition et d'une conséquence dangereuse par lequelles ils établissaient leurs usurpations^ justifiaient leur culte de l'autel, et ces autres innovations superstitieuses qu'ils avaient introduites sans l'autorité d'une loi.

Ils imposèrent un nouveau serment à plusieurs sujets de Sa Majesté , tant ecclésiastiques que laïques , pour les obliger à soutenir leur tyrannie, mirant «ur le clergé une forte taxe à titre de don à Sa Majesté , et se montrèrent en général fort disposés en faveur de la guerre d'Ecosse, qui fut désignée par quelques-uns, sous le nom de guerre épiscopale. On composa une prière qu'il fut ordonné de lire dans toutes les églises , et dans laquelle on appelait les Écossais rebelles, pour en faire venir les deux nations aux mains et les rendre irréconciliables. Tous ces prétendus canons et constitutions furent soutenus par des décrets de suspension , excommunication et destitution , au moyen desquels on voulait se défaire de tous les bons ministres, et de la plus grande partie des hommes bien intentionnés de ce royaume , afin d'ouvrir une voie plus facile aux projets de réconciliation avec Eome. Le parti papiste exigea de telles exemptions des lois pénales , qu'elles équivalaient à la tolérance ; ce qu'on accompagna de beau-

coap d'autres encouragemens et faveurs de la cour. Le parti avait à lui un des secrétaires d'£tat , sir Francis Windebank, agent puissant, au moyen duquel il réussissait dans tout ce qu'il désirait, et un nonce du pape qui résidait à Londres pour agir et gouverner conformément aux instructions qu'il recevait de Rome , et pour intercéder en faveur des papistes avec le puissant secours des princes étrangers de cette religion. Par son moyen , les papistes de toutes les sortes , haute , moyenne noblesse et clergé , ont été convoqués en forme de parlement. On a érigé de nou- Telles juridictions d'archevêques romains; des taxes ont été levées; il s'est formé dans l'Etat un autre Etat, indépendant par son gouvernement, opposé au nôtre d'inté.rêts et d'affections , occupé à corrompre secrètement ceux des hommes de notre religion qu'il trouvait ignorans et négligens , empressé d'ourdir des complots coi^tre les plus fermes ; attendant ainsi l'occasion de détruire par la force ceux qu'on ne pouvait espérer de séduire. Dans cette vue , ils se fortifiaient d'armes et de munitions , s'encourageaient par des prières superstitieuses que le nonce ieor enjoignait de faire toutes les semaines pour le succès de quelque grand dessein ; ils avaient un tel pouvoir à la cour , qu'une commission fut donnée dans l'intention d'en revêtir quelque homme important de cette religion pour l'autoriser à lever des soldats , et à les commander et employer conformément à des instructions secrètes dressées , nous le croyons , tout à l'avantage des auteurs de cette combinaison. Les trésors de Sa Majesté furent épuisés , ses revenus anticipés , ses serviteurs et officiers forcés de prêter de gro^es sommes d'argent. On cita une foule de gens devant le conseil privé pour s'être refusés à des paiemens illégaux^ et on les fatigua par la longueur du temps qu'ils y demeurèrent. Les prisons furent remplies de ceux qu'on y «envoyait pour, Ja même cause. Un grand nombre de shérifi

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furent sommés de comparaître devant la chambre Étoil^e, et quelques-uns furent emprisonnés pour ne s'être pa^ portés avec assez d'activité à Içver la taxe des vaisseaux* Le peuple languissait dans le malheur et la crainte , ne voyait plus aucune ressource et tombait dans le désespoir. La noblesse commençait à se lasser de son silence et de sa patience, et à comprendre quels devoirs et quelle mission lui étaient imposés. Quelques-uns de ses principaux mem-* bres adressèrent donc une pétition à Sa Majesté , dans un temps oii les mauvais conseils étaient si puissans qu'on avait lieu de croire qu'une pareille démarche était plus dangereuse pour ses auteurs qu'utile au redressement des maux publics, dont on sollicitait l'adoucissement.

Tandis que le royaume était dans cette agitation et cet état de souffrance, les Écossais , gênés dans leur cômncierce, appauvris par la perte d'un grand nombre de vaisseaux , ne pouvant parvenir à apaiser Sa Majesté par des suppliacations dénuées de la force des armes ^ entrèrent dans le royaume avec une puissante armée , traversèrent plutôt qu'ils ne forcèrent le passage de la Tyne à Nevrburne, près de Newcastle, et sans aucun acte hostile, sans exercer aucun ravage dans le pays , prirent possession de Newcastle, et se trouvèrent en position favorable pour pousser plus vivement l'armée du Roi. Mais leur respect , le sentiment de leur devoir envers Sa Majesté , et l'amour fraternel qu'ils portaient à la nation anglaise , les engagèrent à s'arrêter ; ce qui donna au Koi le loisir de s'attacher à de meilleurs conseils, que Dieu bénit et dingea en telle sorte, qu'il convoqua à York , le 24 septembre , le grand conseil des pair' et annonça un parlement pour l^e 3 novembre suivant. jLe premier jour du grand conseil , les Écossais présentèrent à Sa Majesté une humble pétition, d'après laquelle on décida que des négociations seraient entamées à Rippon. On convint d'une cessation d'armes et l'accommodement 4é-

finîtif fut remis aux soius et à la sagesse du parlement. Au premier moment de notre réunion , toute opposition sembla disparaître , les maux produits par ces mauvais conseils étaient si évidens que personne n'osait s'élever pour les défendre. Néanmoins, ce qu'il y avait à faire présentait en soi de grandes difficultés ; la corruption et les maux accumulés pendant seize ans , fortifiés par la coutume , Tau* •torité, et par l'intérêt commun de plusieurs puissans délinquans, étaient arrivés au jour du jugement et de la réforme. Il fallait pourvoir à l'entretien de la maison du Roij car on l'avait réduit à un tel état de détresse . qu'il ne pouvait subvenir à ses dépenses ordinaires et ■ nécessaires sans le secours de son peuple. Il fallait payer deux armées , dont la charge se montait à près de quatre-vingt mille livres sterling par mois, et on était obligé d'imposer de lourds fardeaux an peuple déjà épuisé par un grand nombre de mesures oppressives.

' Telles étaient les difficultés , en apparence invincibles, qu'avec l'aide de la Providence divine nous avons surmontées, les contrariétés incompatibles que nous avons en grande partie conciliées. Six subsides ont été accordés , ainsi qu'un bill de capitation, qui, s'il eût été levé comme il convenait,

* devait rendre encore la valeur de six subsides , en tout , six cent mille livres. Nous avons , en outre , contracté envers les Ecossais une dette de deux cent vingt mille livres, et cependant. Dieu a tellement béni, les eflForts de ce parlement que le royaume a tiré grand avantage de toutes ces

charges. On a aboli la taxe des vaisseaux, qui coûtait au royaume plus de deux cent mille livres par an. On a délivré les citoyens de la taxe de l'habillement et marche des

• troupes et des autres charges militaires, qui, dans plusieurs provinces , ne s'«levaient guëres moins haut que la taxe des vaisseaux. On a supprimé tous les motiopoles dont quelques-uns coûtaient ensemble, au peuple plus d'un million

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par an , le savon , 100,000 livres , le vin , 3oo,ooo , le cuir, nécessairement beaucoup plus , et le sel non moins que le cuir ; sans compter les monopoles moins importans , dont le dommage exactement calculé s'élèverait à une somme considérable. Mais un résultat encore plus avantageux , c'est d'avoir extirpé la racine de ces maux , le pouvoir arbitraire qu'on prétendait attribuer )à Sa Majesté de taxer ses sujets, ou d'imposer leurs propriétés, sans leur consentement, donné en parlement, ce qui a été maintenant déclaré contraire à la loi par le jugement des deux chambres, et aussi par un acte du parlement. On à fait un autre pas trësimportant ; les mauvais conseillers et exécuteurs de toutes ces injustices , ces griefs vivans ont été tellement réprimés par la justice qui a été faite du comte de Strafford , par la fuite du lord Finch et du secrétaire Windebank, l'accusation et l'emprisonnement de l'archevêque de Cantorbéry et du juge Berkley, et l'accusation de plusieurs autres évéqueset juges , qu'il est vraisemblable que nous en sommes débarrassés pour le présent et préservés k l'avenir.

L'interruption des parlemens est désormais prévenue par le bill des parlemens triennaux , et la brusque dissolatioa du parlement actuel est également prévenue par un autre bill portant qu'il ne pourra être ni dissous ni ajourné sans le consentement des deux chambres; deux lois qui, à les bien considérer , doivept être regardées comme plus avantageuses que toutes les précédentes, parce qu'elles assurent . aux remèdes actuels le temps d'(^érer pleinement leur-effet^ et établissent pour l'avenir un^ source perpétuelle des remèdes nécessaires.

JLa chambre étoilée , la cour de haute comnîssioû et la cour du président et du conseil du Nord , oii se forgeaient tant de maux , d'oppressions et de violences, ont été entièrement supprimées ; ce qui a donné plus de garanties .aux «u)ets pour la si)u'eté de leur personne ? de leur libef to et de

leurs propriétés, qu'ils n'en pourraient obtenir d'aucune loi pour régler la marche de ces cours, ni d'aucun exemple destine à imprimer la terreur aux juges.

Le poavfHlr immodéré du conseil privé , et l'abus excessif de ce pouvoir , ont été réglés et restreints de manière à nous donner tout lieu d'espérer que les tensps à venir ne connaîtront rien de pareil aux actes qu'il s'est permis contre la liberté publique , si ce n'est par l'histoire qui nous fournira une' occasion de plus de louer Dieu des bontés de Sa Majesté et des fidèles efforts du parlement actuel, hes canons de la convocation et le droit d'en faire à l'avenir ont été abolis par le vote des deux chambres.

Le pouvoir exorbitant des évéques et de leurs tribu-> naux est infiniment diminué par quelques précautions in* sérées dans le bill contre la cour de haute commission. Les auteurs des nombreuses innovations introduites dans la doctrine et les cérémonies, et les minisires scandaleux dans leur conduite, ont été tellement frappés de crainte par les plaintes et les accusations justement portées contre eux, qu« nous avons tout lieu d'espérer qu'ils se montreront plus réservés à l'avenir; soit qu'ils arrivent à une intime conviction de leur propre folie , ou se trouvent contenus à l'extérieur parla crainte de la punition.

Une bonne loi a restreint les forêts dans leurs justes bornes; d'autres lois , également bienfaisantes, ont réprimé et pré^ venu les empiétemens et l'oppression des cours des mines, les extorsions des clercs de marcbé , la contrainte exercée sur les sujets pour les obliger à recevoir l'ordre de cheva'^ lerie contre leur volonté, en soumettant à des amendes ceux qui ne le recevaient pas , et les vexations exercées dans la levée de ces amendes.

On prépare plusieurs lois et institutions excellentes, de&^ tinées à remédier au pouvoir désordonné, aux vexations et usurpations des évcques; à réformer l'orgueil çt rpisivelé

d'un grand nombre des membres du clergé ; à soulager le peuple des cérémonies inutiles dans l'exercice du culte; àfaire juger et écarter les ministres indignes et inutiles, et à entretenir, dans tout le royaume, de pieux et actifs prédicateurs.

On a fait sur beaucoup d'autres affaires pressantes des propositions de la plus grande importance pour le bien de ce royaume; et quoique jusqu'ici bien peu aient pu avoir leur effet , nous espérons qu'avant la fin de cette session , ces choses auront reçu quelques améliorations et quelque perfectionnement.

Dans le nombre sont : l'établissement des revenus royaux et l'ordre à y apporter pour réprimer les abus commis par les officiers de la couronne, et retrancher les dépenses superflues , et afin qu'il soit plus sûrement pourvu aux déboursés nécessaires pour l'honneur de Sa Majesté, la défense et le gouvernement du toyaume;

Des lois pour régler les cours de justice et diminuer les lenteurs et les charges des procès ; une méthode efficace pour empêcher l'exportation de l'or et de l'argent, et l'inégalité du change entre nous et les autres nations ; Tamélioration des produits naturels du pays; l'accroissement de nos manufactures ; l'établissement d'une balance du commerce qui puisse accroître la richesse du royaume, ou au moins l'empêcher de se détériorer, ainsi qu'il est arrivé depuis plusieurs années par la négligence dont on a usé à cet égard. Donner, sur nos cotes , plus d'importance à la pêche du ha-^ reng, ce qui sera très-utile pour fournir aux pauvres un moyen de travail , et formera une abondante pépinière de marins , capables ie mettre le royaume en état d'exécuter de grandes entreprises.

Voici maintenant les oppositions , les obstacles et autres 'difficultés que lious avons rencontrés dans nôtre route , et qui continuent à nous disputer le passage avec quelque puissance ^ et beaucoup d'opiniâtreté.

Le parti malintentionné, que nous avons déjà désigné comme le fauteur et l'agent de toutes nos misères, a de nouveau pris courage; il a eu le crédit , même depuis la convocation de ce parlement, de faire porter quelques-uns de ses faiseurs et de ses instrumens à des dignités , à des places de confiance et d'un service actif. Il s'est eflforcé de donner k Sa Majesté de fâcheuses impressions contre nous et une opinion défavorable de nos démarches, lui persuadant que nous avions travaillé pour nous et non pour elle, et que nous avions obtenu d'elle beaucoup de choses trës-préjudiciables à la couronqe sous le rapport de la prérogative et du revenu. Pour repousser cette calomnie , nous ne croyons pas avoir autre chose à dire, si ce n'est que tout ce que nous avons fait esl pour Sa Majesté, pour sa grandeur, son honneur et pour lui fournir Tappui dont elle a besoin. Quand nous donnons vingtcinq mille livres par mois pour le soulagement des provinces septentrionales, c'est au Roi que nous les donnons, car il est dans 4'obligation de protéger ses sujets. Les personnes qui nous ont mis dans la nécessité d'encourir ces énormes dépen* ses ,* sont les mauvais conseillers de Sa Majesté, et leurs cou-^ pables instrumens, à qui l'on doit attribuer les griefs qui ont amené les Écossais en Angleterre. Et s'il plaisait à Sa Majesté de contraindre les auteurs de cette guerre à en faire satisfaction, ce qui serait, de sa part, juste et facile, on pourrait raisonnablement, à ce qu'il paraît, délivrer de ce fardeau le peuple, entièrement innocent des causes qui nous l'ont imposé.

Quand nous avons pris sur nous la charge de payer l'armée , ce qui coûte plus de cinquante mille livres par mois, n'est-ce pas au Roi que cela a été donné ? Tous les officiers de cette armée n'étaient-ils pas engagés avec Sa Majesté , à des conditions plus chères , et avec des traitemens plus forts que ceux qu'on accorde d'ordinaire? N'avons-nou*. pas pris aussi siur nous le paiement de ce secours fraternel ^

470 ÉCLAFRCISSEMENS

de trois cent mille livres, que nons avons donné anx Êcos-* sais? Cette somme n'était-elle pas destinée à réparer les dom« mages et les pertes qu'avaient souflerts les Ecossais , de la part des vaisseaux du Roi et de ses ministres? Ces trois objets se montent à plus de onze cent mille livres. Sa Majesté a reçu, en outre, en impôts sur les denrées, au moins quatte cent mille livres , en sorte qu'elle a tiré de la bourse de ses sujets, depuis le commencement du parlem:ent , un million et demi. Et cependant ces hommes ont l'impudence de dire il Sa Majesté que nous n'avons rien fait pout* elle.

Quant à la seconde partie de leurs accusations , nous teconnaissons avec beaucoup de gratitude que Sa Majesté a passé, dans le parlement actuel, plus de bills utiles en faveur €le ses sujets, qu'il ne s'en est passé en plusieurs générations. Mais en même temps , nous ne pouvons oublier que les mêmes conseils empoisonnés se sont laissé reconnaître dans les efforts que l'on a faits pour empêcher l'acceptation de ces actes utiles. Et quant aux deux chambres du |(arlement, nous pouvons en toute vérité et en toute modestie affirmer que nous avons toujours eu soin de ne rien demander qui pût affaiblir la couronne , soit par rapport à ses légitimes profits , ou au pouvoir dont elfe a besoin. Les parle* mens triennaux ne sont pas , dans le fond , une concession aussi étendue que celle que la loi nous autorise à requérir; des statuts , encore en vigueur , ordonnent qu'il y ait chaque année un parlement ; et quant à la forme , il est au pouvoir du Roi d^empêcher qu'elle soit jamais employée , s'il veut, en convoquant à temps le parlement , prévenir la nécessité d'un autre mode de réunion. Lebill pour la continuation dû parlement actuel paraît , sans doute , apporter quelque restriction au pouvoir qu'a le Roi de dissoudre les parlemens ; mais il ne l'enlève pas à la couronne , il ne fait qu'en suspendre l*exèrcice pour cette fois , et dans la circonstance actuelle : ce qui était si nécessaire pour la sécurité

«lu Roi lui-même y et pour la tranquillité publique « que tans cela nous n'aurions pu prendre sur nous aucune des grandes charges que nous nous sommes imposées ; mais nous aurions été obligés de laisser les deux armées livrée» au désordre et k la confusion y et tout le royaume au sang et au pillage.

Il résultait de la chambre étoilée plus d'oppression que de profit ; les fortes amendes étaient, pour la plupart, remiseS| et le reste renvoyé à dé longs termes. Les amendes imposées par la cour de haute commission étaient, en elles-mêmes, injustes , et ne rentraient que rarement ou jamais dans la bourse du Roi. C'est sur ces quatre bills que l'on s'est parti* culiër^ment appuyé ; dans le reste, oi^ne trouve pas l'ombre d'un préjudice fait à la couronne.

Les mêmes hommes ont cherché à diminuer notre crédit dans le peuple , et à lui donner de l'éloîgnement pour les parleqjiens. Ils nous ont accusés d'avoir perdu beaucoup de temps à faire peu de chose , particulièrement sur ce qui a rapport aux griefs concernant la religion. Ils disent encore que le parlement est un fardeau pour le roya^ume , en ce que , par les nombreuses protections qu'on en obtient , il entrave la justice et le commerce y et que la quantité de subsides qu'il accorde est beaucoup plus pesante que les taxes qu'on endurait auparavant. A cela , nous avons une réponse prête. Soit que l'on considère le temps employé par le parlement actuel, par rapport à la longue durée du temps qu'ont apporté à s'accroître et à s'enraciner les grîefs que nous avons déjà écartés , aux puissans appuis qu'avaient en leur faveur les délinqiaans que nous avons poursuivis , aux grands besoins et autres charges de l'État aipcquels nous avons pourvu ; soit qu'on le mette en balapce avec les nombreux avantages que non-seulement la génération présente , mais les gêné k atîons futures doivent , selon toute probabilité , recueillir des bonnes lois et des procédés du

parlement actuel, noas ne doutons pas que tout homme d'un jugement impartial ne conclue que notre temps a été beaucoup mieux employé que ne l'a été , en beaucoup de précédens parlemens , mis l'un au bout de l'autre , un intervalle de bien plus longue durée. Nous pensons aussi que les charges qui ont été imposées aux sujets, et les autres incon . véniens qu'ils ont supportes , paraîtront bien légers , comparés à l'avantage qu'ils en ont reçu et en doivent recevoir* Quant à ce qui concerne les protections , le parlement en sent si bien l'inconvénient qu'il est dans l'intention d'en soulager le peuple , autant que cela pourra se faire , d'accord avec l'honneur et la justice , et qu'il s'occupe à passer un bill pour donner satisfaction à cet égard.

Les mêmes malintentionnés ont essayé, par de nombreuses et adroites manœuvres , de semer la division entre nous et nos frères d'Ecosse, calomniant. leurs procédés et leurs intentions à notre égard , et s'efTorçant secrètement de nous exciter et irriter les uns contre les autres. Leur parti, dans la chambre des pairs , composé d'évéques et de lords papistes, a eu le pouvoir d'apporter beaucoup d'obstacles et de retards à la poursuite des délinquans et d'empêcher qu'on ne procédât à la discussion de plusieurs bills utiles passés dans la chambre des communes, concernant la réformation de plusieurs grands abii£ et corruptions dans l'Église et dans l'État.

Ils ont travaillé à séduire et à corrompre quelques mem-* bres des communes pour les attirer dans des conspirations et des complots contre la liberté du parlement , et par leurs agens et instrumens ils ont tenté de jeter la désaffection et le mécontentement dans l'armée de Sa. Majesté, et de l'enga-» ger à soutenir leurs pervers et perfides desseins , à se décla-* rer pour que les évêques conservassent le droit de voter et leurs fonctions dans la chambre des pairs, et h contraindre le parlement de régler , limiter et disposer sa marche de [^

manière la plus propre à concourir aux intentions de cette dangereuse et puissante faction ; et lorsque le dessein pernicieux qu'ils avaient formé de faire marcher l'armëe contre le parlement et la cité de Londres a été découvert , et que la tentative a été prévenue , ils en ont Combiné un autre de la même damnable nature , ajoutant à leurs premières démarches des efforts pour engager l'armée Ecossaise à de«* meurer neutre , taudis que l'armée anglaise , qu'ils avaient travaillé à corrompre et envenimer contre nous, par de fausses et calomnieuses suggestions , aurait exécuté leurs intentions perverses pour le renversement de notre religion et la dissolution de notre gouvernement.

C'est ainsi qu'ils se sont continuellement livrés à des pratiques pour troubler la tranquillité , à des complots pour opérer la destruction de tous les États du Roi , et qu'ils ont employé partout leurs émissaires et leurs agens à la réussite de leurs diaboliques projets , toujours découverts et déjoués en Angleterre et en Ecosse , par la vigilance des hommes bien intentionnés , avant qu'ils fussent mûrs pour l'exécution. £n Irlande seulement, pays plus éloigné, ils ont eu le temps et la facilité de monter et de préparer leur entreprise , et ils avaient porté leur ouvrage à un tel point de perfection qu'ils se seraient mis en possession de tout le royaume^ auraient totalement renversé le gouvernement, extirpé la religion et détruit tous lei protestans , à qui la conscience de leur devoir envers Dieu , ' leur roi et leur pays , n'aurait pas permis de se joindre à eux , si par la merveilleuse providence de Dieu , leur principale entreprise sur la ville et le château de Dublin n'eût été découverte et prévenue le soir même du jour qui précédait celui de l'exécution. Malgré-cette découverte, ils ont éclaté en plusieurs autres parties de ce royaume, ont surpris des villes et des châteaux, commis des meurtres , des rapts et d'autres infamies, ont secoué tous les liens de To-

beissance envert Sa Majesté et les lois du royaume 9 et ont allumé dans tout le pays un incendie tel , que l'infinie bé* nédiction de Dieu sur la sagesse et les efforts du gouverne^ ment , peut seule parvenir à l'éteindre. £t certainement , si Dieu , dans sa grande miséricorde sur notre pays , n'eut découvert et confondu lear premier dessein , nous aurions été le prologue de la tragédie d'Irlande, et offririons iiiait)tenant au monde nn lanïentable spectaole de misère et de confusion.

Et maintenant quelle espérance avons^nous, si ce n'est en Dieu , puisque le seul moyen que nous ayons de subsister et d'opérer une réforme est, après lui, dans le parlement? Que pouvons-nous , nous chambre des communes , sans le concours de la chambre des lords ? Et quel concours pouvons^ nous en espérer, quand les évêques et les lords récusans s'y trouvent en si grand nombre et si puissans qu'ila sont en état de traverser et d'arrêter nos plus énergiques efforts pour la réforme, et, par ce moyen , de donner au parti mal intentionné la possibilité de calomnier nos démarches? Ils répandent dans le peuple que notre intention est d'abolir tout gouvernement de l'Église, et de laisser chacun en H^ berté de servir et d'adorer Dieu selon son propre caprice y d'absoudre les sujets de cette obéissance qu^ils doivent , après Dieu , à Sa Majesté à laquelle nous savons qu'a été confiée la loi ecclésiastique , aussi bien que la loi temporelle et le soin de gouverner les membres de l'Église d'Angleterre selon les règles d'ordre et de discipline établies par le parle* ment, son grand conseil dans toïites les affaires de l'Église et de l'État. Nous confessons que notre intention et le bat de nos efforts ont toujours été de Kmiter le pouvoir exorbitant que se sont arrogé les prélats , entièrement contre la parole de Dieu et les lois du pays. C'est dans cette vue que nous avons passe le bill qui les écartait des fonctions et emplois temporels , afin qu'ils pussent se donner plps en-

tieremént au modeste exercice de leur mtnlslère. Ils se sont «ax-méraes opposes à ce-biU , et ont été le principal obstacle à son acceptation.

Nous déclarons ici qne nout sommes fort loin de vouloir on de désirer relâcher le frein précieux de la discipline et du gouvernement de l'Eglise, et de laisser de simples individus, Ou des congrégations particulières , choisir la forme de culte ^ui leur plak, car nous tenons pour nécessaire qu'il soit «tabli dans tout le royaume une exacte conformité h la règle prescrite par les lois, d'accord avec la parole de Dieu. Nous désirons délivrer les consciences de l'observance des cérémonies inutiles , supprimer les innovations et faire disparaître les monumens d'idolâtrie ; et pour mieux effectuer cette réforme, nous souhaitons qu'on assemble un synode général des plus graves, des plus pieux, des plus savans , des plus judicieux docteurs de cette île , assistés de quelques docteurs étrangers de la m^me religion que nous; que ce synode soit chargé d'examiner toutes les. choses nécessaires à la paix et au gouvernement de TÉglise , et d'exposer au parlement le résultat de ses consultations, pour être, par celui-ci , adopté et confirmé, et recevoir le sceau de l'autorité, afin que tout le royaume soit tenu de lui obéir.

Us nous ont méchamment accusés de l'intention de détruire et de décourager la science; tandis que notre soin et ndtre désir principal est delà faire prospérer et de pourvoir suffisanfiment dans tout le royaume à l'entretien des ministres en état de prêcher : ce qui sera un grand encouragement pour les hommes instruits , et un moyen certain de prévenir l'indigence , l'abjection et l'ignorance oii se trouve maintenant réduite la plus grande partie du clergé. Notre intention est également de réformer et de purifier les sources de la science , les deux Universités, afin que les ruisseaux qui en découleront soient clairs et purs , et deviennent l'honneur et la satisfaction de tout le pays.

4y6 ËGLAIRCISSEMEKS

Ils se sont efforcés de noircir nos procédés en parlement^ en défigurant, par des interprétations forcées, le sens de nos ordonnances. Ils disent au peuple, qu'en touchant au pouvoir de l'épiscopat , nous avons occasionné des sectes et des conventicules , tandis que ce sont l'idolâtrie et les cérémonies papistes introduites dans l'Église par les corn* manderaens des évéques , qui , non-seulement en ont éloigné le peuple , mais l'ont obligé à quitter le royaume. Ainsi , semblables à Élie, nous nous voyons accusés par ce parti mal i ntentionné, de porter le trouble dans l'État ; et tandis que nous travaillons à la réforme des abus , ils nous désignent comme les auteurs des maux que nous nous appliquons à prévenir»

Nous pensons que, pour perfectionner l'ouvrage commencé et écarter à l'avenir tous les obstacles ^ il y a plusieurs mesures efficaces à prendre.

D'abord^ comme nous apercevons que les principes de la religion des papistes tendent à la destruction et à l'extirpation de tous les protestans , aussitôt qu'Us trouveront l'occasion favorable , il est nécessaire de les tenir dans une condition telle qu'ils ne puissent être en état de nous faire aucun mal ; et pour éviter qu'on leur accorde désormais la connivence et la faveur qu'on leur a montrées jusqu'ici, il est indispensable que Sa Majesté veuille bien consentir à l'établissement d'une commission composée de quelques hommes d'élite à la nomination du parlement , et chargés de surveiller les progrès des papistes , jeurs conseils et leurs démarches, et d'employer tous les moyens que fournissent les lois pour prévenir leurs pernicieux desseins contre la paix et la sûreté du royaume. £t il faut user démesures efficaces pour démasquer l'artifice des papistes qui se couvrent d'une feinte conformité à l'Église , artifice à la faveur duquel des personnes mal affectionnées à la véritable religion , ont été admises à des places de confiance et revêtues de la plus grande autorité.

ï^our le maintien des lois et des libertés du royaume, et afin que tous les griefs et toutes les exactions illégales puissent être portées et punies aux assises, et que les juges et juges de paix aient soin d'en saisir le grand jury, et que les juges et shérifFs prêtent serment de faire exécuter , comme ils le doivent, la pétition des droits et les autres lois; Sa Majesté sera humblement suppliée par les deux chambres de ne remettre le soin de ses affaires , soit à rintérîeur , soit à l'étranger, qu'à des conseillers , des ambassadeurs et d'autres ministres , tels que le parlement ait lieu de prendre confiance en eux , sans quoi nous ne pourrions donner à Sa Majesté les secours qu'elle demande pour l'entretien de son' propre gouvernement, ni accorder aux protestans d'outre mer l'appui dont ils ont besoin.

Il peut souvent arriver que les communes aient de justes motifs pour prendre ombrage de tels ou tels conseillers , bien qu'elles ne les accusent d'aucun crime ; car il y a des causes de méfiance qui ne s'appuient pas sur des preuves, et d'autres qui , bien que prouvées , ne sont pas légalement criminelles : comme d'être connu pour favoriser les papistes , ou de s'être montré très-ardent à défendre ou à soutenir quelque&-uns des grands' coupables recherchés dans le parlement , ou de parler avec mépris de l'une ou de l'autre chambre du parlement ou des procédés parlementaires, ou d'être le facteur , l'agent de quelque prince étranger d'une autre religion , ou d'être justement soupçonné d'avoir obtenu, pour de l'argent , des places de conseiller ou autre place de confiance dans le 'gouvernement. Ces choses et beaucoup d'autres sont des motifs suffîsans pour que nous suppliions instamment Sa Majesté de ne pas mettre ses importantes affaires entre les mains de ceux qui s'en sont rendus coupables, bien que nous ne voulions pas procéder contre eux par la voie légale de l'accusation. » Il est nécessaire que tous leis conjseillers d'Etat soient te-

478 ÉCLAIR CISSEMEKS

nus au serment d'observer les lois qui conâervent la liberté des sujets, et qii'ib prêtent égaleoieiit serment' de ne rece-voir aucun don, récompense ou pension d'aucun prince étranger , à moins de le déclarer , dans un 'temps requis , aux lords du conseil de Sa Majesté ; et quand même , alors , ils se parjureraient méchamment, il y aurait cela d'«i^le, qu'ils seraient reconnus faux et parjures envers ceux qui les emploiraient ^ et obtiendraient aussi peu de crédit auprès d'eux qu'auprès de nous.

Afin que Sa Majesté ait des motifs de s'attacher aux bons conseils, il faudrait lui montrer, d'une manière humble et respectueuse , combien il serait avantageux pour elle de voir ses revenus établis avec une magnificence capable de la soutenir avec honneur, et tout son peuple uui dans des dispositions d'obéissance envers elle et dans ses efforts pour le bien public ; de voir.enfip , par l'influence de son pouvoir et de son gouvernement, son royaume et ses alliés, jouir du bonheur, de la richesse, de la paix et de la sàreté.

Il est nécessaire de prendre tous les moyens possibles pour réunir les deux royaumes d'Angleterre et d'Ecosse , et de les engager à s'aider et assister mutuellement, pour l'honneur de l'île et le bien commun de tous deux. Il faut écarter du milieu de nons tous les sujets de discorde sur êes matières religieuses et indifférentes en elles-mêmes , et nous réunircontre l'ennemi commun à qui nos divisions donnent les moyens de nous détruire, ainsi qu'il l'espère, et s'y est efforcé bien souvent.

Liés aux Églises étrangère^ par la charité que nous leur devons , et par la prudence que nous commande notre propre intérêt , il faudra nous appliquer, par toutes sortes d'o^ fices d'amitié , h les unir avec nous dans la. même cause , et travailler au maintien de leur liberté, leur sûreté et leur prospérité : car, par ce moyen, nous accroîtrons notre propre force, et par notre concours vers un but commun ,

nous pourrons effectuer le bien de tout le corps protestant; Si ces conseils sont suitisy nous ne doutons pas que Diea ne couronne ce parlement d'un succès qui sera , pour Sa Majesté, le fondement et la source de plus d'honneur et de bonheur que n'en ont jamais obtenu les rois ses prédé* cesseurs.

Déclaration de Sa Majesté, à tous ses affectionnés sujets , en réponse à la remontrance ou déclaration de Vélat du royaume ^ faite par la chambre des communes, (Publiée de l'avis de son conseil privé. )

Bien que nous ne pensions pas que par sa remontrance ^ur l'état du royaume , notre chambre des communes ait en l'intention de nous obliger à une apologie de nos acétions passées ou présentes, néanmoins, puisque , en consi«> dérant les troubles actuels, il lui a paru si nécessaire de publier cette déclaration pour la satisfaction de nos affectionaés sujets, nous avons jugé conforme aux devoirs du rang dans lequel Dieu nons a placé, de prendre part à une oeuvra si utile , et nons ne croirons pas au dessous de notre dignité royale , de descendre , en cette occasion , à tous les détails propres à concilier et affermir les sentimens des derniers de nos sujets : car telle est l'intime conscience que nous avons de la droiture de notre conduite , et de n'avoir rien fait , grâces à Dieu , que pour la paix et le bonheur de notre royaume, y comprenant la prospérité de nos sujets , que nous désirons, du fond de notre cœur, que nos plus secrètes pensées soient exposées à leur vue et à leur examen , bien que nous ne puiasiovs , il faut l'avouer , nous empêcher d'êtres très^affligé que , dans ces conjoncttires , oîi l'étranger est déjà si instruit des malheurs de ce royaume ,• il existe une

48o ÉCLAIRCISSEMENS

nécessite qui nous oblige à publier de pareils détails. Nous prions Dieu qu'il n'en résulte aucun des inconvéniens qu'on n'a pas eu l'intention d'amener.

Nous passerons , en peu de mots , sur cette partie du récit oii soat retracés , avec de si vives expressions , les mal— heurs qui ont accablé le royaume depuis notre avènement à ]a couronne jusqu'au commencement du parlement actuel ; et, sur cette autre oii l'on reconnaît combien de bonnes lois ont passé par notre grâce et faveur , dans ce parlement , pour la sûreté de notre peuple. Nous dirons seulement , sur ce point , que , si nous n'avons refusé aucun des bills qui nous ont été présentés par notre parlement, pour le redressement des griefs mentionnés dans la remontrance, l'un des motifs qui ont lé plus puissamment contribué à celte déter-, minalion de notre part a été la résolution que nous avons prise, aprësavoir examiné et reconnu l'état de notre royaume, de délivrer, à l'avenir, nos sujets des fardeaux qui les tenaient en souffrance : résolution que nous aurions exécutée, quand niiéme ces lois ne nous auraient pas été proposées. Nous les maintiendrons donc aussi inviolables que nous aurons soin que le demeurent nos propres droits ; et nous ne doutons pas que tous nos affectionnés sujets ne considèrent avec assez de gratitude et d'attachement les remèdes apportés à leurs maux , pour se rappeler sans peine même ce qu'ils ont eu à supporter par suite des accideus et de la nécessité des temps; et peut-être, quelque peu de part que nous prétendions en ceci à leur reconnaissance , un . pieux sentiment des bénédictions de Dieu sur cette nation les portera-t-il à confesser, que même dans ces. seize der- . nières années , ils ont joui , sous le rapport de la paix et de l'abondance , d'un haut degré de prospérité , non-seule- / ment par comparaison avec leurs voisins^, mais même en rapprochant nos temps de ceux qu'à juste titre on a tenus pour fortunés. ^ . ' . .

Nous supposons que les craintes et les méfiances qui peuvent faire quelque impression sur l'esprit de nos peuples , sont de deux sortes , et portent , les unes sur la religion , les autres sur la liberté et les intérêts civils. Il se peut que les craintes sur la religion ne soient pas seulement relatives aux dangers de voir la nôtre , la religion reconnue du pays , envahie par le parti romain ; mais qu'elles aient rapport à quelques-unes des cérémonies qui l'accompagnent , et dont un certain nombre de consciences délicates sont ou se prétendent scandalisées ; car nous ne parlerons pas des cérémonies qui , adoptées sans warrant ou injonction légale , sont déjà ou seront bientôt abolies.

Quant à la religion , comme il se peut qu'on nous soupçonne de. quelque penchant pour le papisme > nous voulons déclarer au monde entier, qu'après avoir été , dès notre enfance , élevé dans les préceptes et la pratique de la religion actuellementétablie dans ce royaume, non content de nous en tenirsimplementaux principes de notre éducation, nous avons, et la chose est bien connue, employé beaucoup de temps et de peine à examiner les bases de cette religion , en tant que différente de celle de Rome; et nous sommes , du fond de notre âme , complètement convaincu et assuré qu'elle est 9 de toutes les religions actuellement pratiquées dans le monde chrétien , la plus pure et la plus conforme à la parole sacrée de Dieu ; et comme nous croyons pouvoir la soutenir par des raisons sans réplique , nous serions prêt , nous l'espérons, à la sceller de notre sang, s'il plaisait à Dieu de nous appeler à ce sacrifice. Rien donc ne saurait être accepté de nous avec autant d'empressement , que les propositions qui pourraient contribuer à la rendre plus puissante ici , ou à la propager au dehors , seul moyen d'attirer la bénédiction de Dieu sur nous et sur cette nation; et nous serions bien malheureux , si notre peuple avait eu besoin de cette profession de foi de notre part , car nous avons toujours eu soin , I. 5l

4^ ËGLAIRGISSEMEMS

sans oilentetioo » <{ue notf» pratique persoonelle mit cons* iammeot an évidence , autaol qu'il était en notre pouvoir^ TattenAMn et le respect q^ue nous portans à notre religion.

Quant aux dlilTérends «fui se- sont élevés entre nous , sur des matièf es d* religioa , indifférentes en eHes««meme$ > nous Gonsenttf ons- volontiers y par égard pour un certain nombre de nos affectionnés sujets , que ^ seIcMk l'avis de notre parlement , quelques lois soient portées pour exempter les consciences délicate» de tou^ châtiment ou recherche relativement à deaccas el à des cérémonie» regardées y par la plupart » comme des dtoees indifférentes , et tenues , par quelquesuns, comme entièrement iHégales, pourvu que la chose soit faite et soutienne avec assez de modestie , de modération et de soumission y pour que la paix et le repos du royaume n'en soient pas troublés ; que la décence et la convenance du service de Dieu n'en reçoivent ancune atteinte , et que les pieuses 9 sages et dévotes actions des hommes respec-^ tables qui furent les premiers ouvriers de notre bienheureuse ré£6rmation , ou de cens qui vivent a»)ourd'hiKi parmi nous, ne siHent pas calomniées et diffamées; carnons ne pou*vous , sans douleur de cœur, et. sans nous fêiive quelque re-^ proche à nous^^mémes et à nos ministres de la, non exécution de nos lois., considérer la licence audacieuse avec laquelle certains honunes inapriment des pamphlets , prêchent et publient ées sermons si pleins d'amertume et de malveillance contre le gouvernement aciuel , contre les lois établies,, et remfpiis d'un esprit si séditieux contre nons^néme et contre la paix du royaume, que noiM^ sommes quelquefois confondus en voyant de quels yeus sont regardées ces choses , de quelles, oreilles elles sont entendue»» '

N.ons avons donc de justes motifs d'ordonner, comme nous Tavon» déjà fait et fiaiisons encore ici , à tous nos juges et a-gens de' justice, à notre procureur et à notre avocat-géne"^rai , et à tout le reste de notre savant conseil , de pour-

suivre avec toute l'activité possible, eux et leurs fauteurs, ceux qui, soit par leurs écrits ou leurs discours , ont si audaciçusement et si méchamment violé les lois , troublé la paix de TËtat, et, autant qu'il est en eux , ébranlé les bases sur lesquelles se fondent et s'affermi^seiit cette paix et ce bonheur. Et nous ne doutons pas que tous nos affectionnés sujets ne sentent très-bien que cette conduite ir^muante, virulente, ne peut aboutir qu'au désordre, et que si die n'est pas punie et prévenue à temps, elle jetera, nonseulement de la défaveur sur le salutaire tempérament que nous voulons adopter, mais deviendra, plus qu'on ne le saurait dire, une source de calomnies et d'accusations contre la religion de notre royaume d'Angleterre.

Quant aux libertés et aux intérêts civils de nos sujets , nous n'aurons que peu de chose à dire , puisque , par ce grand nombre d'excellentes lois , passées par nous dans le parlement actuel , nous avons érigé un si grand > nombre de mouumens durables de notre royale et paternelle sollicitude pour notre peuple ; et , en vérité , à notre grande satisfaction. Nous regardons ces concessions comme si larges et si amples , qu'elles ne laissent plus, au très*grand nombre des hommes sages , que peu de choses à désirer.

Nous avons très-bien compris ^e quel droit et de quel privilège nous nou& étions départi en consentant au bill du, parlement triennal et à celui de la continuation du parlement actuel , ainsi que dans le préambule du bill sur les droits de tonnage et de pesage, cause de tant de divisions dans le dernier parlement, et que nous avons voulii écarter, afin qu'aucun de nos intérêts personnels ne fût à l'avenir l'occa-^ sion de troubler la concorde. Nous nous sommes cru suffisamment dédommagé par la certitude que npvts conservons encore d'obtenir de notre peuple un juste retour de con^ fiance, de libéralité et d'obéissance. Dans les bills pour la suppression des cours de haute commission et de notre

chand>ra Étoilée , nous crûmes avoir donné à notre peuple une satisfaction suffisante pour qu'il lui fût aise de revenir de toutes les méfiances et de toutes les craintes qu'il avait pu concevoir de l'exercice arbitraire et oppressif des pouvoirs civil et ecclésiastique, surtout lorsque le retour d'un parlement triennal devait le rassurer contre toutes les inquiétudes possibles.

Nous aurions mieux aimé , sans être obligé de rappeler ces choses, et plusieurs autres qui ne sont point indignes d'attention, qu'elles fussent appréciées par le cœur et l'affection de notre peuple ; car, de même que nous avons saisi ces occasions de rendre sa condition plus douce et plusheu- ^reuse, nous ne doutons pas que, par un retour de gratitude et de soumission envers nous , il ne soit prêt à soutenir nos droits avec autant de tendresse et d'ardeur , et à défendre notre honneur d'oii dépendent si fort sa sûreté et son existence. £t nous aurons soin qu'il ne nous soit proposé aucune mesure propre à compléter et à affermir cette sûreté , à laquelle nous ne nous montrions également prêt à contribuer de tous nos efforts.

Si , comme nous en prenons Dieu à témoin , ces résolutions sont l'effet des conseils que nous recevons actuellement, et que tous nos affectionnés sujets puissent, avec confiance, compter sur les avantages qu'elles leur promettent; certainement 4 elles ne peuvent être accompagnées d'aucun mauvais dessein contre le public, et aucune des personnes portées par nous , depuis le commencement du parlement actuel , à des dignités , à des places de confiance , ou conférant quelque autorité , n'a non plus donné lieu à de pareils soupçons ; et nous devons l'avouer , ce n'est pas un de nos moindres malheurs de voir que, bien que nous n'ayons gardé à notre service ni protégé aucun de ceux dont notre parlement a cru devoir se plaindre depuis le commencement de sa session , et bien que , dans quelque temps que ce soit , il

nous soit à peine arrivé d'accordé^ à qui que ce fut un témoignage de bienveillance et de faveur , sans avoir eu soin de choisir, pour cette distinction , dés hommes qui jouissaient parmi notre peuple d'uii haut degré de réputation et d'estime, cependant il se soit si promptement élevé des malentendus entre eux et notre peuple, et qu'on ait conçu si vite des soupçons contre leur fidélité et leur droiture, surtout, lorsque nous ne négligeons pas une occasion de déclarer que nous ne croyons pouvoir être bien servi que par d'honnêtes gens , et d'une manière honnête. Si, néanmoins, noqs nous sommes réellement mépris dans le choix des hommes que nous employons aux afifaires , aussitôt que nous en serons informé, soit par nos propres observations, ou par. des renseignemens certains qui pourraient nous venir d'ailleurs , nous les abandonnerons à la justice publique, chargés des marques de notre mécontentement.

Si , néanmoins , quelque parti malintentionné reprenait courage, et formait le dessein de sacrifier la paix et le bonheur de son pays aux sinistres projets de son ambition, en se re<;ouvrant d'un prétexte de religion et de conscience; s'il s'efforçait de détruire notre réputation et notre influence dans le pays, d'affaiblir, parmi nos bons sujets, notre autorité et notre légitime pouvoir ; s'il allait attaquant les lois actuelles pour relâcher les liens du gouvernement, afin que le désordre et la confusion vinssent éclater au milieu de npus ; nous ne doutons pas que Dieu, au temps qu'il aurait marqué , ne nous le fît découvrir, et que la sagesse et le courage de notre haute cour du parlement ne nous aidassent à le réprimer et le punir.

Après avoir dit tout ce qu'il était possible; pour faire connaître la pureté et la droiture de nos intentions envers notre peuple , et fait tout ce que .nous avons pu pour manifester nos intentions , nous devons croire avec confiance que tous nos bons sujets reconnaîtront que , soit par nos ao-

486 ÊGLAIRCISSEMENS

lions passées, soit par la résolution que nons a^^ns plis» ê^ consentir à ce qui nous sera demandé avec justice , itwm avons pleinement accompli tout ce qui nous était prescrit ; et que , maintenant , leur repos et leur prospérité dépendent uniquement d*eux, et qu'il est en leur pouvoir de les maintenir par leur obéissance et leur respect envers les lois , liéritage de tous les sujets et unique garantie qu'ils puissent ajroir pour leur vie , leur lil>erté et leur propriété. Si on les négligeait et méprisait sous quelque spécieux prétexte que ce fôt , il en résulterait nécessairement pour eux de grands malheurs , si ce n'est même une irréparable confusion. Et nous n'en doutons pas , rien, de la part d'un Koi, ne saurait être mieux accueilli par ses sujets que la déclaration que nous faisons ici, que nous sommes résolus pour notre part , non-seulement à observer les lois pour notre compte, mais aussi à les soutenir contre quelque opposition que ce soit , fût-ce au hasard de notre vie.

Nous espérons que non -seulement la loyauté et les honnêtes sentimens de tous nos affectionnés sujets concourront, avec nous, à main tenir constamment la bonne intelligence entre nous et notre peuple ; mais, dans les circonstances actuelles , leur intérêt et le nôtre , et la compassion qu'excite rétat déplorable de nos pauvres sujets protestans, en Irlande, les iïivitent à demeurer unis et d'accord entre euxv afin que nous puissions nous associer dans une même intention de secourir et délivrer ce malheureux royaume , oii des rebelles inhumains exercent sur notre misérable peuplé des barbaries tellement înouies qu'aucune oreille chrétienne n'en peut, sans horreur, entendre le récit, et qu'aucune histoire n'en pourrait offrir un semblable. Et comme noiis mettons cette aiffiction au-dessus de toutes cellbs qu'il a plu à Dieu de répandre sur nous, c'est un grand accroissement à la douleur qu'elle nous cause, de voir que les troubles de l'Angleterre aient empêché d'appliquer

ET PIÈCES HÎ8TORIQDES. 48?

4 ces mAUn ., toujours oroissans , des remaies aussi prompts ^u'oo devait 4'att<mdrei^«t qtie re&igefitria aéœssité. Pour noUe part, des ^tie la lyrenriëreoouveHe >de celte rébellion nous fut parcveiMie » nous en iniormiines «être parlement d'Sposse 0k .nous «étions alors , et .reqvâixies'son aide *et son assistance. Notre parlement d'Angleterre reçut hlimédiatement de nous le même avis et la même recommandation ; et , depuis notre retour ici , nous avons été au devant de toutes les propositions qui nous ont été faites en ce sens. £t nous avons dernièrement offert, par un message, à notre chambre des pairs , communiqué à notre chambre des communes, de nous charger de lever promptement dix mille volontaires anglais, pour le service d'Irlande , si la chambre des communes voulait , par une déclaration , s'engager à les payer ; détails que nous sommes en quelque sorte obligé de publier , ayant appris les bruits répandus par la méchanceté de quelques-uns , ettendansà faire croire que. les retards de cette affaire venaient d^nn défaut de bonne volonté de notre part à accélérer l'accomplissement de ce grand ouvrage ; en raison de quoi nous reconnaissons ici que ce serait un grand crime envers le Dieu tout-puissant , et un crime inexcusable k l'égard de nos bons sujets de nos trois royaumes, si nous n'employions pas tout ce que tions avons de moyens et de facultés à secodrir et protéger ce malheureux peuple , de la manière la plus prompte et la plus efficace.

« Et maintenant , nous conjurons tous nos bons sujets , de quelque rang qu'ils puissent être , par tous les liens d'amour, de devoir ou d'obéissance , précieux à tous les gens de bien, de se joindre à nous pour le rétablissement de la paix dans cet autre royaume, et le maintien de la paix dans celui-ci; d'écarter les inquiétudes et les craintes qui peuvent interrompre le cours de leur affection pour nous , ainsi que les méfiances et les appréhensions capables de diminuer leur

488 ËCLAIRGISSEBIEiyS

chanté les ans envers les autres. £t alors , si les péckés de cette nation n'ont pas déjà détermine contre nous tous un inévitable jugement , Dieu fera encore de nous le puissant ^t glorieux Roi d'un peuple libre et heureux. » ,

( Histoire parlementaire , tome a , col. 946 — - 964 ;

Sur l'entrée de Charles l" dans la chambre des communes , pour V arrestation de MM, Hampden , Pjrm. , Hollis , Strodeet Haslerig. (4 janvier 1642.)

- « Quand les cinq membres accusés vinrent ce jour-là , l'aprësHlinée , à la chambre, ils ne furent pas plutôt assis à leur place que la chambre fut informée par le capitaine Langrish , qui avait servi en France, qu'il venait de Whitehall , oii il s'était trouvé parmi les officiers et les soldats, et avait appris d'eux .que Sa Majesté se rendait àia chambre des communes avec . une garde militaire ; il les avait de^vaiicés avec quelque difficulté pour arriver à la chambre avant eux , et faisait savoir à la chambre que ces officier^ et ces soldats étaient déjà tout près. Un des membres delà -chambre avait aussi reçu de la>x:omtesse de Carlisle , sœur du comte de Northumberland , l'avis secret d'une tentative qu'on devait faire ce jour-là pour se saisir des cinq membres. La chanal>re les engagea donc à se retirer , pour éviter les désordres qui se seraient élevés,, si les soldats avaient voulu user de violence pour Jes faire sortir. Quatre desdits membres cédèrent de bonne grâce à cet ordre*; mais M. Strode s'obstinant à demeurer , sir Waller Earle , son ancien ami,, le poussa enfin dehors par« force au moment ou le Roi eur trait à Westminster dans la cour du Palais-Neuf. Lorsque Sa Majesté traversa Westminster-hall , les officiers , employés et réformés dont il était accompagné , se ran^rent en haie des deux cotés de la salle , laissant au niilieu d'ei^x \m passage par lequel Sa Majesté. se rendit à l'escalier qui conduit à la chambre des communes. La garde des pen-

49^ ËCLÂIRCIS5EMIENS

sionawres et des ballebarâiers^ qui accompagnait aussi Sa Majesté , demeura devant la porte de la cbambre , qui fut ouverte avec violence, et Sa Majesté entra dans la chambre. £n passant pour se rendre au fauteuil de Forateur , elle jeta un coup d'oeil à droite du côté de la barre de la cbambre , lieu oii M. Pym avait coutume de s'asseoir ; mais Sa Majesté , qui le connaissait bien , ne le voyant pas , elle s'avança vers le fauteuil « et dit : « Avec votre permission , « M. l'orateur, je vous emprunterai un moment votre fau- « teuil ; n sur quoi Sa Majesté j monta. Apres y être demeurée nn instant , elle jeta les yeux sur lesmembres delà cbambre y qui demeuraient tous debout et décoii verts; mats elle n'y aperçut aucun des cinq membpe&. Et auiast. Ions même qu'ils y -eussent été, il eût été difficile de les distîniguer parmi tant de visages découverts , 4ofis levé84'Ia'.fois. Alors Sa Majesté parla ea ces termes:

« Messieurs , je suis fâcbé de l'ocoasian qai /m'amène M parmi vous ; je vous ai envoyé hier «n sergent d'armes , M chargé d'nbe mi^sTon très«4i»portante , qui était de saisir « quelques personnes accusée» ^far mxm ordre , de h«ute tra- « bison; sur qu^ j'attendais de vous l'obéissance et «cm pas « un message. Je dois voos déclarer ici qoe bien qu'aucun « des rois d'Angleterre n'ait été plus soign^Mix que je ne le ^ serai de maintenir vos privilèges de tout ia«a |KHivoir, « cependant , vous àevez 'savoÎT qwe dans les cas de M trahisetti M '^ a pHis de pmilége pour personne. Je « viens savoiir si que)qttifl*«n6 de ceuK qm «i otit été ac- « coffés t^ tmtfvetft ici ; ^ar jie d(»s vous dive ^ messieurs , « que tant que les membres que j'ai accusés ,ne>B pas d'un « crime léger , mais- de trabîseti , seront dans cette ckam- 4c bre^ je tie puis espé»r qu'elle itestre dai» W drosi de- M voir ou je désire sincèrement la voir. Je iviens )dk>«ic vous « dire que je veux lesatroir, quelque partifu^setreuvest. te Je vois bien que les oiseaux se soirt «envoles; à la bonne

ET PIÈCES HïSTORTQUES. 49^

« heore ; féiteadsde vous que voua me les eikverrez auasi- « lot qu'ils reviendront , et je vous certifie , sur ma pàroie « de Roi , que je ti*eus jamais le projet d'employer la Ibrce, « mais que je procéderai contre eux par les voîea légales et « de droit , car je n*ai jamais eu d'autre întenlion. Maiu- « tenant , puisque , je le vois bien , je ne puis faire la chose « pour laquelle j'étais venu , je saisis l'occasion de répéter « ce que j'ai défà dit , que je maintiendrai tout ce que j'ai « fait pour tous mes sujets et pour leur bien. Je ne vous « dérangerai pas davantage ^ mais je vous le dis , je compte « qu'aussitôit qu'ils rentreront dans la chatnbre , vous me « lesenverres , autrement je prendrai des moyens pour les <*' trouver. »

Tandis que le Roi était demeuré à regardier autour de la ^cèambi%, Forateur s'était tenu au«^es80us du fauteuil tout près de lui. Sa Majesté lui demanda n quelqu'un des cinq membres était d'ans ht chambre , s'il ]es voyait , et à quelle place; alors l'orateur, tonobantà genoux, répondit: «Avec « le bon plaisir de Yotre Majesté , je n'ai ici ni yeux pour t( voir, ni langue pour- parler, qu'autant qur'U plaît à la « chambre 9 ^at je suis ici le serviteur, dame \é com- « mander, et je supplie humblement Votre ^Majesté de me « pardonner, si je ne puis faire d'autre réponse, à ce qu'il « plaît k Votre Majesté de me demander. >»

Lof sqtie le Roi ^eut fi ni son discours^ i\ sortit de la chambre qui était dans -une grande agitation j et j^nsienrs membres crièrent assez hatrt pourquoi l^entendk': Privilège, privi^ lëge. La chambré s'ajotirna au lendemain à «me iiénve. Le même s^r, Sa Majesté envoya Jean Mlawéli , fauisskr de la chambre èés pairs-, requérir M. Ruahwortli, «1ère assis* tant de là chambre des communes, que SaMajes4ié etmt vu prendre son dtscouH en caractères abré^fé», deveairla trouvefr; 'et quand Maxwell l'eut amené »u{Koi,'Sa Majesté voulut qu*il lui remît une copie du discours qu'elle avait

49^ ÉGLAIRGISSEMENS

prononcé k la chambre. M. Rusliwortliy errant que Sa 'Majesté yoadrait Texcuser^ la pria de se rappeler que 'M. Francis Nevil, député du comté d'York à la chambre des conmionesy avait été mis à la Tour, seulement pour avoir répété à Sa Majesté les paroles dites à la chambre par M. Henri Bellasis, fils du l<Nnd Faukonbridge. A quoi Sa Majesté répondit brusquement : « Je ne vous demande pas « ce qu'ont dit aucuns des membres de la chambre, mais ce « que j'ai dit moi-même. » Sur quoi, M. Rushworth obéit sans hésiter à Tordre de Sa Majesté , et en sa présence , dans la chambre appelée le jojrau, transcrivit, d'après ces caractères abrégés , le discours de Sa Majesté , qui demeura dans la chambre tout le temps qu'il écrivit; alors, et en ce lieu même, il présenta an Roi ce qu'il venait d'écrire, et il plut à Sa Majesté d'ordonner qu'on, l'envoyât sur-lechamp k l'impression. Cela parut imprimé le. lendemain matin. {Histoire parlementaire, t* 2, eoL 1009 -— loii.)

Voici une autre relation du même fait que nous joignons à celle de Rushworth , parce qn^elle contient quelques détails curieux ; elle émane d'ailleurs d'an homme du parti royaliste» sir Edmond Yarney , tué ensuite k la bataille d'Ëdgehill , et dans les papiers duquel on l'a trouvée écrite au crayon .

M Le mardi 4 janvier i64a , la chambre des communes s'étant réunie vers une heure , on y apprit qu'il y avait un dessein de s'emparer, par force, de la personne de cinq membres. Pour éviter tout tumulte, on leur ordonna de s'absenter, mais. sans transcrira cet ordre sur lès registres; et ils se retirèrent. Peu après le Roi arriva avec ses gardes et pensionnaires, au nomibre de deux ou trois cents soldats et gentilshommes. II ordonna aux soldats de rester dans la grand'salle et «nous fit dire qu'il était à. la porte. On pres^ crîvit il l'orateur de se tenir à sa place , la masse devant lui; le Roi vint à la porte suivi du seul comte Palatin , et en-

joignit , sous peine de mort , à ceux qui le suivaient , de ne point entrer. Le comte de Roxborough resta en dehors, le dos appuyé contre la porte. Le Roi s'avança le chapeau à la main, vers le fauteuil de l'orateur ; l'orateur se leva pour aller audevant de lui ; le Roi prit sa place, mais sans s'asseoir dans le fauteuil. Il dit alors qu'il attendait de nous l'obéissance à son message de la veille, et non une réponse. L'orateur ayant dit qu'il n'avait point d'yeux pour voir ni de langue pour parler, si ce n'est quand la chambre lui en donnait l'ordre , sur ce , ie Roi reprit : m Je crois mes yeux aussi bons que les vôtres; « mais les oiseaux se sont envolés ; j'espëre que la chambre « me les enverra, car leur trahison est odieuse, et telle « que vous devriez tous me remercier de l'avoir découle verte. » Il s'en alla aussitôt , tenant toujours son chapeatt à la main jusqu'à ce qu'il fût à la porte. La chambre s'ajourna sur-le-champ au lendemain à une heure , pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire. » ( Histoire parlementaire^ t. 2 , col. loi I , note. ) »

4s4 C^GLAIRGISSEMENS

Sur le caractère de M. Hampden.

(c La mort de M. Hampden (i) eût été regardée comme la compeusatioQ d'une défaite ; elle ne pouvait , par conséquent , qu'ajouter beaucoup à la victoire. Il fut atteint à l'épaule de deux balles qui lui bri&ërent l'os , et il en mourut trois semaines après dans des douleurs extraordinaires ; cela causa dans tout le parti une aussi grande consternation que si son armée toute entière eût été détruite et exterminée. Plusieurs observèrent , et ces observs^tions ne sont pas l*ares dans les crises des grandes affaires , que la plaine de Chalgrave y théâtre de cette dernière rencontre , oii M. Hampdeu avait reçu le coup mortel , était le lieu oii il avait mis à exécution , pour la première fois , l'ordonnance de la mi- 'Hce , et engagé dans la rébellion tout ce comté oii il jouissait d'un grand crédit. On sut , par les prisonniers faits ce jourlà, et tous en convinrent , qu'après l'attaque faite le matin sur leur quartier , il avait mis une excessive activité à rassembler des forces pour poursuivre l'ennemi; que^ bien que colonel d'infanterie , il s'était mis y comme volontaire , avec

(i) Blesse à mort à la rencontre de Chalgrave en juin i643. — Ce portrait de M. Hampden porte évidemment le cachet de la malveillance. Soit areuglement, soit à dessein, Clarendon y garde le silence sur les qualités morales de M. Hampden , pour n'insister que sur la supériorité de son esprit , et le présenter plutôt comme un habile chef de parti que comme un grand citoyen. Mais il n'en est pas moins curieux de voir ce que pensait , du genre de talent et d'influence de M. Hampden , le plus éclairé et aussi le plus modéré de ses adversaires ; d'autant que les briUans éloges , donnés à ce grand homme par les écrivains de son parti , sont vagues elle font peu connaître. {Note de t Editeur.)

les premiers cavaliers qui s'étaîeat trouvés prêts , et que , lorsque le prince Kobert fit halte , tous les officiers étant «l'avis d'atteoclre que leur corps les eût rejoints, M. Hampden , l'homme, après le général , le plus considéré de tous , fut seul d'avis contraire et obtint d'eux qu'on avancerait ; tant sa destinée le poussait violemment à venir payer le prix de son offense , au lieu même oii il l'avait commise environ un an auparavant.

« C'était un gentilhomme d'une bonne famille du comté de Buckingham , né riche et de l'extérieur le plus civil et le plus affable ; à son entrée dans le monde il s'était abandonné à desdivertissemens, des exercices et des sociétés fréquentés par les hommes les plus livrés aux plaisirs. Il se renferma ensuite dans des sociétés plus réservées et plus graves, sans perdre cependant sa gaité et sa vivacité naturelles , et surtout sa facile obligeance envers tout le monde. Cependant les gens qui vivaient dans son intimité voyaient en lui un grand éloignement contre le gouvernement de l'Église ;. mais la plupart n'y apercevaient qu'un mécontentement contre quelques hommes de l'Église , et les innovations qu'ils avaient introduites , dont M. Hampden redoutait les effets pour la tranquillité publique. Avant l'affaire de la taxe des vaisseaux, sa réputation était plutôt grande dans son comté qu'étendue partout le royaume ; mais alors il devint le sujet de tous les discours ; chacun voulait savoir qui , et quel était celui qui osait, à ses propres périls^ soutenir la liberté, la propriété publique , et délivrer son pays du danger de de** venir la proie de la cour. Au milieu de toute cette agitation y il conserva dans sa conduite une modération et une modestie si rares , que ceux qui le veillaient de plus près , pour prendre contre lui quelque avantage au moyen duquel ils pussent parvenir à ébranler sa fermeté dans la cause qu'il soutenait , furent eux-mêmes obligés de lui rendre hommage.

49^ ÉGLAIRCISSEMENS

a L*arrét porté contre lui le grandit encore plus que Faction pour laquelle il le subissait ; et lorsqu'il revint au parlement actuel, comme chevalier de son comté, tous les yeux se fixèrent sur lui comme sur \e patriœ pater ^ et le pilote destiné à guider le vaisseau à travers les tempêtes et les écueils qui le menaçaient. Je suis persuadé que son pouvoir et ses moyens àe faire le bien ou le mal étaient à cette époque plus grands que ceux de qui que ce fût dans le royaume , et au-dessus de ce qu'en avait jamais possédé aucun homme de sa condition ; sa réputation de droiture était universelle , et ses sentimens paraissaient tellement dirigés vers le bien public , qu'il ne semblait pas qu'aucun intérêt particulier , ou aucune corruption pût jamais les faire dévier.

« La modération et l'afifabilité singulières , les apparences de modestie et de déférence qu'il montrait dans la discussion , lui donnaient l'air de vlj point apporter d'opinion- à lui, mais simplement le désir de s'éclairer et de s'instruire. Cependant il avait une manière si subtile d'interroger , et sous la forme du doute il savait si bien insinuer ses objections , qu'il pénétrait de ses opinions ceux desquels il prétendait les recevoir et se faire instruire ; et même auprès de ceux qui savaient se garantir de cette influence, et discerner en lui les opinions arrêtées auxquelles ils ne pouvaient s'accommoder, il conserva toujours la réputation d'un homme ingénieux et consciencieux. C'était en effet un homme très-sage et de grandes facultés, doué de l'esprit de popularité et du talent de gouverner le peuple, plus complettement qu'aucun homme que j'aie jamais connu. Dans la première année du parlement, il parut plutôt travailler à modérer et adoucir l'esprit de mécontentement qu'à l'enilammer ; maisleshommesclairvoyans elsans passion apercevaient clairement que sa modération venait de sa prudence , et de ce qu'il voyait que les temps n'étaient pas encore mûrs , plutôt que de dispositions réellement modérées. Il mettait

aa jour des opinions et des motions, dont il confiait elisaite réducatîon à d'autres , déguisant si bien ses propres des-^ ieins , qa'il semblait raroraent désirer plus qu'on n'ayait obtenu ; plusieurs fois , sur d#s propositions OHtréés , et destinées, lorsqu'elles auraient été suffisamment mûries fat la majorité^ k otevrir k voie k d«p projets qu'on tkt mettait? paii encore en avant , on le vit soi^tir de la chambre' au ittoûként du v«le y afin de ne pas paraître Oonseàtir à «<ne telle absurdité; ce qui fit naître ches quel^ties*iKis autaiit de douté sur sa droiture que cela excita l'approbation des autres. Fet'^ sonne nrdbuteqn'iln'eàt eu auntoins-conhaissancé dès pre* miëres maobioations pour atu^dnes l'invasion dès Écossais en Angleterre , ainsi que de tout ce qui se complota depuis dans le parlement en leur faveur et pour amener des cbangemens dans le gouvernement.

Lorsqu'il se vit au nombre des membres accusés , par le Roi., de haute trahison , il se fit en lui un grand changement ; son caractère et sa conduite devinrent beaucoup plus âpres; et il n'est pas douteux que,, dès qu'il eut tiré l'épée , il jeta le fourreau. Il s'opposa avec violence aux ouvertures de paix que le roi envoya de Nottingham , et repoussa de même tous les expédions qui , dans les négociations d'Oxford , auraient pu amenek* quelque accommodement. On comptait particulièrement sur lui pour empé-^ cher qu'on ne fît naître au comte d'£ssex aucun désir de paix , ou , s'il en avait , pour les rendre inutiles. Au fait , le parti avait beaucoup plus de confiance en lui que dans le général lui-même. Au commencement des troubles , il prit le commandement d'un régiment d'infanterie et remplit en toute occasion , avec la plus grande ponctualité , les devoirs d'un colonel. Il était d'une grande tempérance , souverainement maître de ses passions et de ses sentimens ; il avait par conséquent un grand pouvoir sur ceux des autres. Il était d'une activité et d'une vigilance que ne pouvait fatigue''

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