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CHAPITRE PREMIER

Considérations sommaires sur la reine Elisabeth y le roi Jacques I^. et le commencement du règne du roi Charles /*'*. Ses deux premiers parlemeiis. Guerre avecV Espagne et la France* Mort du duc de fiuchingham. Troisième parlement du roi Charles.

JLa reine Elisabeth y de glorieuse mémoire ^ outre ce riche fonds d'opulence et de grandeur que son sage gouvernement avait acquis à la nation anglaise 9 l'avait enrichie d'un plus grand trésor^ ( que noiîs pouvons^ àbon^lroit^ regarder comme la source de tous les autres ) une religion épurée des superstitions du papisme.

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Cette reTorme engagea la Reine dans de nouveaux intérêts , et lui fit faire cause commune avec les protestans contre les puissans monarques attachés à l'autre religion ; ce qui parut d'abord avoir pour elle autant de danger et de désavantage qu'elle y a trouvé ensuite d'honneur et de sûreté. Tant il est impossible Qu'aucun péril vienne à triompher de ceux qui secondent le Seigneur contre les puissans !

L'orage qui s'élevait en France , sous un aspect si menaçant . contre les faibles commencemens du règne de la Reine^ fut soudainement dissipé par la mort de Henri II , et peu de mois après , celle de son fils François II qui avait épousé la reine d'Ecosse. Le plus grand danger qu'elle pût craindre encore , venait de l'Espagne oii régnait alors Philippe II, prince puissant en vastes domaines, en richesses , en forces militaires , et non moins ferme dans la cause 4^$ ennemis du protestantisme. Il s'y était engagé par les instigations et avec l'^^istance dés jésuites, dont l'établissement, dans le siècle précédent, avait été hautement protégé par le pape Paul lll , avec l'intention de les opposer aux doctrines évangéliques qui commençaient à se répandre rapidement en Allemagne et en d'autres pays.

L'ordre entier des jésuites , daios le but de faire de la chrétienté un seul royaume temporel , conformément à l'esprit de la hiérarchie papale^

avait dévoué ses services à la monarchie d'Espagne y la plus propre de toutes à l'accomplissement de ce dessein ; car c'était de beaucoup la plus puissante , par l'union récente de tant de royaumes et de duchés sur la tête de l'Empereur Charles^ que le bonheur de sa naissance avait appelé à héritera la fois de la Castille^ de l'Arragon ^ de toutes les vastes acquisitions de son grand-père Ferdinand en Italie et dans les Indes occidentales ^ et du riche et utile patrimoine de son père Philippe, la Bourgogne et les Pays- Bas. Il avait laissé toutes ces possessions à son fils Philippe qui avait encore augmenté ce territoire si étendu par l'addition du royaume de Portugal , et semblait ainsi un ennemi trop puissant pour que l'Angleterre et tous les protestans de l'Europe fussent en état de lui tenir tête.

Mats la Beine avait si inséparablement lié la cause de sa propre grandeur à celle de la religion elle-même , qu'il était difficile de renverser l'une sans opérer la ruine de l'autre. Dieu qui lui avait fait la grâce et donné le courage de s'appuyer entièrement sur lui, l'a de sa main toutepuissante non seulement préservée de tomber , mais élevée au-dessus de tous ses ennemis*

Comme ce n'est pas une histoire qu'on a entrepris de faire ici , ce discours n'a pas pour objet d'exposer au long par quels degrés et par quels moyens la Reine est parvenue à accomplir les 'hauts

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faits d€ son règne , mats seulement <ie déclarer en peu de mots qu'avant de mourir elle a eu le bonheur de se voir l'instrument que Dieu a partout fait servir aux progrès de la religion >protéstante. Elle a abaissé la grandeur de l'Espagne ^ en préservant la France de sa ruine pour lui opposer quelque contre-poids , comme elle avait auparavant sauvé l'Ecosse du danger d'être engloutie par la France. Elle a protégé les Hollandais contre Philippe y a vaincu ses armrées sur terre et sur mer , et a fait , en outre , tant et de telles choses qu'elles ne semblent pas pouvoir être l'œuvre d'un seul règne. Enfin elle a entièrement soumis l'Irlande à son obéissance y malgré toutes les subtiles machinations de l'Espagne ^ et les secours d'armes donnés ouvertement à de rebelles sujets ; toutes choses qu'elle a accomplies par la justice et la prudence de son gouvernement , sa régularité à ne recourir à l'affection ^ aux bras et à la bourse de ses sujets que par les voies parlementaires , comme aussi par le soin qu'elle a eu de pourvoir à la sûreté de son rojraume ^ en fortifiant au dehors les protestans; Elle a ainsi ôté à tous ses ennemis le pouvoir de l'atteindre par la force ouverte ; et , protégée de Dieu jusqu'à' la fin ^ bien qu'on ait souvent tenté de la faire périr par des trahisons domestiques et des assassinats ^ elle est morte dans un âge avancé^ laissant à son successeur le roi Jacques le royaume d'Angleterre eu meilleure sî-

tuation qu'il ne fut jamais ^ et le royaume dlrknde entièrement subjugué et soumis; sansqu^il eût d'autre peine à prepdrè que de recueillir le fruit des dépenses et des travaux du règne précédent. Il n'avait pour cela rien à faire que de propager la vraie foi dans ce royaume > dessein que la Reine ^ prévenue par la mort, n'avait pu entièrement accomplir. C'eût été alors , selon toute apparence , une tâche facile pour le roi Jacques : indépendamment de la gloire de Dieu^ il y eût trouvé l'àccroissemeqt de sa propre grandeur , de sa puissance temporelle , et il lui suffisait de suivre avec fidélité la route que lui avait aplanie la reine Elisabeth (i)«

(i) Jacques I*' , à son avènement au trône d'Angleterre, trouva tous les partis religieux et politiques bien disposés pour lui^ « Les puritains , en faveur desquels il était plus « d'une fois intervenu auprès d'Elisabeth , se promettaient , M de la part d'un prince qui professait une religion analogue M à la leur , sinon la complète abolition de la hiérarchie « ecclésiastique, du moins une grande réforme dans l'Église, « Le clergé anglican qui s'était enquis avec sollicitude du « caractère de Jacques , avait reconnu , dans sa conduite et « dans ses essais de con1;roverse , un penchant décidé pour «< le système épiscopal. enfin les catholiques, parti alors w nombreux et puissant , espéraient de lui beaucoup d'ïn- « dulgence et ne doutaient pas que leurs doctrines ne «c fussent, au fond , agréables à un monarque qui voyait en « eux les premiers défenseurs des prétentions de sa famille^ « et dont la mère, disaient-ils, était morte martyr de leur

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La prospérité de l'Angleterre semblait alors à son plus haut période ; mais Dieu permet que bien souvent la prospérité des Etats décline , sans aucun signe qui nous en avertisse ou aucune raison que nous soyons capables d'apercevoir , ainsi que Fa déploré un auteur payen :

O faciles dare summa Deos, eademque tueri Difficiles (i) /

Ces considérations ont porté quelques grands esprits, parmi les écrivains^ à imputer l'accroissement et le déclin des royaumes et républiques à certains aspects des signes du firmament^ à des conjonctions et oppositions des planètes, et à diverses éclipses des célestes flambeaux; d'autres les ont attribués à une force cachée et à la secrète

a cause. )) ( Histoire à^ Ecosse , par Malcolm Laing, tôm. 3 , pag. 2; troisième édition, Londres, 1819.) Ces espérances contradictoires qu'inspirait à tous les partis l'avènement de la maison de Stuart, doivent être comptées parmi les causes de sa ruine ; son élévation n'était une victoire pour personne , et tous se promettaient que son gouvernement leur procurerait la victoire; aussi fut-elle, des l'origine, dans une situation incertaine et^fficile, en butte aux espérances de tous les partis sans qu'aucun lui fût intimement attaché. ( Note de V Éditeur» )

(i) Que les dieux consentent aisément à élever la grandeur des Etats , et qu'il est difficile d'en obtenir d'eux le maintien !

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puissance des nombres , et la plupart au perpétuel mouvement de rotation que suit la fortune. Mais les jùgemens de Dieu en ces sortes de choses sont hors de la porte'e de notre intelligence , et c^est être trop sage que de ne vouloir pas quelquefois consentir à s'e'tônner.

Le roi Jacques , successeur de la reiile Elisabeth , ëtàit un ptince sage et instruit , d'un caractère miséricordieux et plein de botité, excellent en doctrine dans la religion qu'il professait^ ainsi que le monde s'en peut convaincre parce qui nous reste de ses écrits ; enfin un prince de qui l'Angleterre avait conçu de merveilleuses espérances , et qu'elle reçut aVec beaucoup de joie et de transport. Mais il ne commença pas où s'était arrêtée celle qui l'avait précédé^ et marcha au contraire dans une route opposée. Je ne me hasarderai pas à prononcer d'après mon opinion sur le^ motifs de cette conduite; mais quelques-uns ont osé, diàns ces dçrnières années , écrire et publier qu'elle venait des craintes que lui avait fait concevoir pour sa propre sûreté, l'audace des assassins formés par les jésuites. D'autres, plus bienveillans , ont pensé qu'il pouvait avoir été dirigé par un grand désir de demeurer en paix et union avec les autres princes , bien que dans l'erreuf sur les moyens d'y parvenir. Il était en effet par sa nature trèsenclin à la paix et-ennemi de l'effusion du sang , ct)nforménieht à cette parole qu'il avait toujours

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à la bouche : Beati pacîfici. Je ne sais pas pénë* trer les pensées des hommes , et ne fais que rapporter ce quHls ont laisse voir de leurs actions.

Le roi Jacques ^ au commencement de son règne, fit la paix avec FËspagne que la reine Elisabeth avait mise très-bas et aurait probablement poussée encore plus près de la ruine y si elle eût vécu quelques années de plus. Le gouvernement républicain des provinces unies des Pays-Bas, cet utile allié de TAngleterre, commença à tomber dans le mépris, sous ce vain prétexte donné pour une raison , que ce n'était pas pour un monarque un bon exemple à encourager.

Alors commencèrent de secrètes négociations entre Rome et la cour d'Angleterre , et des tentatives pour réconcilier les deux religions. Malgré l'odieuse conspiration des poudres , on adoucît la rigueur des lois pénales contre les catholiques; les pompes d^Fépiscopat et le nombre des cérémonies augmentèrent journellement dans l'église anglicane^ et toutes les affaires civiles, tant au dedans qu'à l'étranger , furent dirigées dans un système analogue. ' *

Il ne fut pas aisé au Roi de sortir de cette route, une fois qu^îl y fut entré ; s-i bien qu'enfin les papistes commencèrenj; par degrés à avoir accès auprès dasa personne et à son serjv^ice. Il conçut alors un tçès-vif désir de mgrier le ptince son fils à l'infante d'Espagne. Il y eut à ce sujet de

nombreuses et longues négociations^ durant le cours desquelles ^ non-seulement le roi d'Espagne , mais le pape , se prévalurent , en diverses occasions y pour leur avantage , de Fardent désir du Roi ^ et le trompèrent de plusieurs manières ^ comme le montre évidemment sa correspondance avec son. ambassadeur^ trouvée et publiée depuis lors.

Âinsi^ dans la conduite des affaires^ tant civiles que religieuses ^ le Roi se trouva insensiblement amenée non-seulement à abandonner^ mais à contrarier ses propres intérêts^ comme cela parut bien malheureusement dans Taffaire du Palatinat^ où f selon l'observation du duc de Rohan ^ outre l'intérêt des protestans et l'honneur de la nation p étaient grandement engagées la fortune et l'existence de ses enfans (i).

De là naquit un autre mal ; c'est que le Roi ^ répugnant peut-être à ce que la nation toute (Bntière eût connaissance de la direction qu'il avait prise, montra tous les jours plus d'éloignement pour les parlemeus ; ne les appelant que pour fournir à ses dépenses^ les dissolvant dès qu'ils

(i) La princesse Elisabeth, fille de Jacques I*', avait épousé, en 161 3, Frédéric Y, Électeur Palatin, chef des protestans allemands , élu roi de Bohême en 1618, et qui , défait en 1620 à la bataille de Prague, perdit ensuite ses États d'Allemagne dont l'électeur de Bavière fut mis en possession. ( Note de VÈdit,)

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commençaient à se mêler des affaires d'État: , et emprisonnant^ à diverses reprises^ les membres du parlement ^ pour des discours tenus dans son enceinte; ce qui e'tait contre le privilège fondamental de cette haute cour.

En même temps que les parlemens étaient ainsi méprisés et insultés , pour subvenir aux dépenses du Roi, qui n'étaient pas peu considérables, on inventa des moyens contraires aux lois; et le Roi, soit qu'il en voulût éviter l'odieux ou la fatigue , se débarrassa, en quelque sorte, de toutes les affaires du gouvernement sur le duc de Buckingham , que , du rang de quatrième fils d'un chevalier, il avait élevé aux premiers offices du royaume, et qu'il avait, en outre, revêtu du plus grand pouvoir, en lui conférant , par une faveur extraordinaire, la fonction de, nommer à toutes les places et emplois dans l'Église et dans l'État.

Le duc, peu de temps avant la mort de Jacques, était parvenu au plus haut degré de faveur et de confiance auprès du prince , qu'il égara ensuite autant qu'il avait égaré son père : semblable à une vapeur malfaisante qui , exhalée de la terre , s'élève si haut qu'elle voile le soleil à son couchant comme à son levant.

Le roi Charles commença son règne le 27 mars 1625 , environné des espérances de la nation et des téipoignages universels de son amour et de son respect. Cet amour que le peuple portait à

sa personne ^ lui avait même e'té témoigne antérieurement, lorsqu'il n'était encore que prince de Galles , à son retour d'Espagne , quoique son voyage n'eût pas été agréable au pays. Lorsque le peuple le vit revenir sain et sauf , on n'eut besoin d'aucun édit pour ordonner des fêtes -et des actions de grâces; toutes les associations, toutes les familles , comme si tous les cœurs eussent été réunis en un seul, se rassemblèrent spontanément pour prier Dieu, chanter des psaumes, se réjouir dans les festins et faire des charités aux pauvres ; on n'a guère vu , je crois , un ,tel accord de senti mens se manifester sans l'intervention de l'autorité.

La même affection le suivit sur le trône ; il y fut accueilli par les mêmes espérances. Ces heureux présages se fondaient sur la tempérance de sa jeunesse, qui , à l'âge de vingt-trois ans , où il était parvenu alors , était demeurée exempte de tout vice, et ne s'était mêlée à aucune de ces licencieuses extravagances , que son âge et sa fortune eussent fait regarder non-seulement comme naturelles, mais presque comme excusables (i).

(i) La bienveillance du public pour le Roi était si grande que , deux jours après l'ouverture de son premier parlement (22 juin 1625), sir Benjamin Rudyard dit dans la chambre, des communes : « Les diffërens qui se sont élevés « entre le feu Roi et le parlement, ont été la vraie cause « de toutes les misères du royaume; c'est le Roi actuel

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. Cependant^ quelques-uns suspendirent leurs espérances ^ ne sachant ce qu'ils devaient penser d'un prince jusque-là si re'servé ; il ne s'était encore déclaré pour aucun parti , et n'était jamais intervenu dans les affaires de l'État , quoique , durant le règne de $on père^ il se fût fait plusieurs choses très-ndommageables à ses intérêts du moment et à ceux de l'avenir. Mais cette conduite avait été en général bien vue de la nation^ et considérée comme un effet de sa piété et de son obéissance envers le Roi son père ^ et l'on en avait tiré ce favorable augure : « Que celui qui savait « si bien obéir saurait commander avec justice. »

« qui, du vivant de son père, a fait faire les premiers pas « vers une réconciliation ; ce qui a déjà valu aux sujets « plus de bien qu'aucun parlement ne leur en avait fait de- « puis cent ans. Que ne devons-nous donc pas attendre de «' ce prince maintenant qu'il est Roi et tient tout le pouvoir «' dans sa main? Son bon naturel , sa pureté , son goût pour « les parlemens, tout en lui est de bon augure. Je propose « donc qu'on prenne tous les moyens propres à rendre tout « facile entre le Roi et le peuple , de telle sorte qu'ils ne se «c querellent plus désormais. » (Histoire Parlementaire, par Gobbett , tom. 2 ^ col. 5 ; Londres 1807. ) Déçu , comme toute l'Angleterre , dans ses espérances , sir Benjamin Rudyard fut , plus tard , un des membres les plus prononcés de l'opposition presbytérienne ; on en verra la preuve dans le discours qu'il prononça à l'ouverture du long parlement ^ et que May a inséré textuellement dans son ouvrage.

( Note de V Éditeur. )

On s'étonna de le voir se lier d'une si étroite amitié avec le duc de Buckingham ; communément ceux qui jouissent auprès du souverain d'une si extraordinaire faveur^ éclipsent et rabaissent beaucoup l'héritier présomptif : du moins suppose-t-on qu'il en est ainsi; et pour cette raison , on les voit haïs et renversés par lui , lorsqu'il arrive au trône. Les histoires anciennes et modernes sont remplies d'exemples de ce genre.

Au commencement du règne du roi Charles ^ un parlement fut convoqué à Oxford , la peste régnant alors à Londres avec une grande fureur. Le duc de Buckingham y fut hautement accusé ; mais , au grand déplaisir de beaucoup de gens qui en conçurent la crainte de voir les affections privées Femporter beaucoup trop en lui sur le bien public , le Roi le soutint contre le parlement , qui fut dissous pour cette seule cause , après avoir accordé deux subsides et avant que rien eût été fait pour le redressement des griefs du royaume , ainsi qu'il est exprimé dans la première et générale remoùtrance du parlement actuel ( i ) ^ où

(i) Cette remontrance fut votée par la chambre des communes y le mercredi i5 décembre x64i ; elle ^st intitulée , Remontrance des États du royaume , et s'exprime dans un langage clair et nourri , et offrant toutes les apparences de la vérité. Voyez la collection de toutes les Remontrances, Déclarations , etc., de ce parlement, pubKées par. Husbands en 1642. {Note de V Auteur.)

sont touchées en peu de mots plusieurs des malliei^reuses affaires de ces temps-là : par exemple, la guerre contre l'Espagne ^ entreprise par le Roi immédiatement après la dissolution de ce parlement, sur des plans mal conçus, et tout-à-fait en opposition avec l'avis des personnes sages qui lui conseillaient d'attaquer les Indes occidentales. Cette marche eût été, sans aucun doute , de beaucoup la plus facile et la plus propre à assurer les succès de l'Angleterre contre l'Espagne. Au lieu de cela , le Roi leva , avec de grandes dépenses , une armée navale pour assiéger Calais, et la mit sous les ordres du duc de Buckingham, qui fut revçtu des doubles titres d'amiral et de général, bien qu'il ne commandât pas en personne. L'expédition fut conduite de telle sorte qu'elle échoua tout-àfait, et fut aussi déshonorante que dispendieuse. Ce parlement se plaignit aussi d'un autre projet mis à exécution dans ce temps, et déploré par tout le peuple anglais , comme subversif du plus grand intérêt de la nation , le maintien de la religion protestante. Une flotte anglaise fut équipée et mise à la disposition des Français, qui s'en servirent pour disperser et anéantir toutes les forces maritimes des Rochellois; perte irréparable pour ces derniers , et qu'on put regarder comme le premier pas vers leur destruction (i).

(0 La cour de France avait promis , disent les Mémoires

Ceux qui, étaient alors à la tête des affaires , furent soupçonnes et accuses par le peuple d'avoir consenti à ce prêt de vaisseaux, moins par affection pour la France, que par un projet formé contre la religion. En effet , dans le même temps ,

royalistes , de ne se servir des vaisseaux anglais que contre les Génois , alliés . de l'Espagne , et Charles I*' ignorait qu'elle eût dessein de les employer contre la Rochelle. Il est difficile de croire que cette ignorance ait duré longtemps. Lorsque ces bâtimens arrivèrent à Dieppe, le bruit se répandit, parmi les équipages, qu'ils allaient servir contre ]es Rochellois. Les marins irrités adressèrent une remontrance a l'amiral sir John Pennington, y apposèrent tous leur signature , en forme circulaire , pour que rien ne fit reconnaître les meneurs , et la déposèrent sous son livre de prières, Pennington leur jura qu'il se ferait pendre en Angleterre pour fait de désobéissance , plutôt que de se battre en France contre ses frères les protestans. Toute l'escadre fît voile aussitôt pour les .Dunes. Là , elle reçut de Buckingham l'ordre de retourner à Dieppe. Le duc, sachant bien que cet ordre ne suffirait pas , employa toutes sortes de ruses pour les déterminer à obéir ; et le bruit de la réconciliation du roi de France avec ses sujets huguenots vint favoriser ses desseins ; mais, en arrivant à Dieppe , la flotte reconnut qu'elle avait été trompée. Sir Ferdinand Gorges retourna soudain en Angleterre avec le vaisseau qu'il commandait. Presque tous les officiers et matelots des autres bâtimens désertèrent, malgré les offres que leur fit faire le roi de France. Un seul artilleur, dit-on , resta, et il fut tué en pointant sa pièce contre la Rochelle ; la nouvelle de sa mort fut, en Angleterre, un snjet de grande joie populaire.

( Note de l'Éditeur. )

le Roi rompit avec la France , sans que l'on pût en comprendre la raison ^ et lui saisit des vaisseaux pour une valeur considérable , sans donner aucune indemnité aux Anglais ^ dont ^ par suite de cette mesure^ les marchandises furent retenues et confisquées dans ce royaume.

L'Angleterre , pour s'en venger, leva une brave armée qui^ commandée par le duc de Buckinghanoi en personne, alla débarquer à l'île de Ré , et vainquit les Français dans la première rencontre; mais f après quelques mois de séjour en ce lieu y l'inexpérience >du général fît prendre aux affaires un tour si malheureux que les Français eurent l'avantage, et nous firent éprouver une grande défaite , où plusiieurs braves gentilshommes perdirent la vie , et la nation beaucoup de son ancienne gloire (i).

De là s'ensuivit une autre mesure qui contribua à la ruine des Rochellois. Les Anglais malades et blessés furent envoyés dans leur ville , où, sur la promesse solennelle que leur fit l'Angleterre de les ravitailler, ils secoururent ces malheureux du peu de vivres qui leur restaient» Ces vivres étaient déjà insuffisans pour les Rochellois , et le roi de France avait beaucoup de moyens de faire durer long-temps le siège ; car il joignait alors aux richesses et à la puissance

(i) Voir les Mémoires de Warwick.

de sa couronne , la force et la réputation qu'avaient données à ses armes leurs derniers succès^ contre les autres villes protestantes de la France.

Les Rochellois assiégés , ne doutant pas qu'ils ne reçussent d'Angleterre les convois et vivres qui leur étaient dûs ^ et dont ils avaient besoin , envoyèrent leurs vaisseaux pour les chercher. Mais ces vaisseaux ^ qu'on attendait si impatiemment de voir revenir chargés de pain^ furent retenus en Angleterre par un embargo^ et retenus si long-temps que cette malheureuse ville fut obligée de se rendre y vaincue par la famine , le plus cruel de tous les ennemis.

Dans le même temps qu'on retenait les vaisseaux chargés de porter des vivres à la Rochelle , on préparait en^ Angleterre na grand armement pour la secourir ; mais ces préparatifs traînèrent en longueur^ jusqu'à ce qu'il ne fût plus temps de les employer, et l'armée fut à la fin dispersée par la mort funeste du duc de Buckingham^ son général, poignardé à Portsmouth par un gentilhomme nommé John Felton.

Ce Felton était un militaire de petite taille et d'une figure peu prévenante, d'une disposition sérieuse et mélancolique , mais religieux dans toute la conduite de sa vie comme dans ses discours ; ce que je ne remarque pas pour donner crédit à cette action illégale , en supposant, comme le firent alors quelques-uns, une inspiration de Dieu.

Felion avoua à ses amis ^ soit publiquement ^ soit en particulier , qu'il s'était souvent senti secrète-^ ment poussé à cette action; qu'il avait résisté et prié pour s'en défendre, et avait presque surmonté ces mouvemens ; mais qu'il avait été enfin déterminé en lisant les remontrances faites contre le duc par le parlement qui venait d'être dissous ; qu'alors sa conscience lui avait dit qu'il était juste et louable de se rendre l'exécuteur de la justice sur l'homme que la plus haute cour de judicature, le corps des représentans du royaume , avait condamné comme traître. Que la postérité en juge comme il lui plaira; il est certain que Felton montra un grand repentir sur l'illégalité de son action y et cela non par crainte de la mort et des châtimens d'ici bas, car il exprima le désir d'avoir la main coupée avant son exécution y ce que les lois d'Angleterre ne permirent pas aux juges d'ordonner (i).

Le Roi avait, peu de temps auparavant, dissous im autre parlement, convoqué dans la seconde année de son règne (2) , et durant lequel y

(i) Voir, dans les Éclaircissemens et pièces historiques à la fin de ce volume, le récit détaillé de l'assassinat du duc de Buckîngham, par Garendon.

(2) Il y a ici une etjceur qui se reproduit dans tout le paragraphe. Le parlement dans lequel fat accordée la pétition àes droits^ ne fut dissous qu'après la mort du duc de

DU LONG PARLEMEjNT. . ^^

à la grande joie du peuple, fut accordée la pétition des droits. Cependant cela ne procura , pour le moment, aucun soulagement, car le parlement fut aussitôt dissous , et le Roi persista dans la con* duite qu'il avait tenue jusqu'alors. Ainsi cette conduite, au lieu de fortifier ]a liberté du royaume, la montra plus que jamais dépourvue de défense;

Buckingham , assassiné le 23 août 1628. May a voulu parler sans doute du second parlement de Charl«» I'' , convoqué le 6 février 1626, dissous le i5 juin suivant, et dans lequel il ne fut nullement question de la pétition des droits. L'unique cause de sa dissolution fut y comme pour le premier , Tobslination trës-légitime des communes à poursuivre le duc de Buckingham et à ne voter les subsides qu'après avoir obtenu le redressement des griefs publics. Le Roi adressa à la chambre les menaces les plus hautaines s « Si vous ne vous hâtez de voter les subsides qui -vous sont demandés, écrivait-il à l'orateur^ ce sera tant pis pour vous ; car, s'il arrive quelque malheur, à coup sur, je serai le dernier à m'en ressentir. » ( Mémoires de Whitelocke , pag. 3, édit. de 1682, in-folio.) Deux membres de l'opposition , sir Dudley Diggs et sir John Ëlliot furent arrêtés et mis à la Tour par ordre du Roi, à cause de leurs discours contre Buckkigham ; la chambre , irritée, déclara qu'elle ne s'occuperait d'aucune affaire avant qu'on eût fait droit .à ses plaintes sur cette violation de ses privilèges. Sir Dudley Carleton , vice-chambellan de la maison du Roi , essaya de la calmer en l'intimidant : « Tous les royaumes « chrétiens, dit-il, ont eu jadis des parlemens, et leur M prospérité était grande alors ; mais les rois ont ap- « pris à connaître leur propre force; ils ont vu l'esprit

aS HISTOIRE

car on vit que les lois elles-mêmes n'étaient pas un obstacle à la volonté du Roi. Le parlement , 4ans l'espoir de quelques condescendances ^ avait déclaré l'intention de donner à Sa Majesté cinq subsides. Après la dissolution du parlement y le montant tout entier des cinq subsides fut exigé par un édit d'emprunt , et ceux qui ne se soumirent pas à cet emprunt , furent mis en prison ; de grosses sommes d'argent furent requises et levées

« turbulent de leurs parlemens; ils se sont peu à peu ap- « puyés sur leur seule prérogative , et enfin les parlemens « ont été détruits dans toute la chrétienté , excepté chez « nous. Si vous aviez vu comme moi les peuples étrangers , « vous seriez épouvantés d'un tel malheur ; là , les sujets ne te sont point y comme chez nous , gras et frais , les épaules « bien garnies de chair ; ce sont des spectres et non des « hommes ; ils n'ont que les os et la peau , quelques « haillons pour couvrir leur nudité , et des sabots aux pieds ; « ils ne peuvent ni manger de la viande ni porter de bons « habits; il faut qu'ils paient , et le Boi les taxe comme il « lui platt. C'est une misère au-delà de toute expression , <c et nous en sommes encore exempts. Prenons donc bien « garde à maintenir le Roi en bonne 4iumeur pour les parte lemens , car de là dépend tout le bonheur de notre na- « tion. »> Mais les avis de sir Dudley irritèrent encore plus la chambre ; il fut interrompu par les cris à la barre ! à la barre ! et malgré ses explications , ses amis eurent beaucoup de peine à empêcher qu'il ne fAt contraint de venir à la barre demander pardon de son discours. ( Histoire parle^ mentairey t. a, col. 120 ; Mémoires de Whitelocke, p. 6. )

( Note de V Éditeur, )

par lettres du sceau-privé. Il y eut un ëdit pour pressurer les sujets par voie d'excisé; on logea des soldats chez eux, et un projet fut formé pour mettre la nation aux fers j au moyen de la cavalerie allemande. On vit encore beaucoup d'autres choses de même nature.

La conduite des affaires de FÉtat, relativement à nos alliés y avait été aussi funeste à leurs intérêts que déshonorante pour l'Angleterre, et préjudiciable à la cause de la religion.

La paix fut faite avec l'Espagne , sans le consentement du parlement ; et y par là , fut perdue toute espérance de voir les plus proches parens du Roi rétablis dans leur légitime souveraineté; par là aussi y la religion protestante fiit trèsaffaiblie en Allemagne. Nul ne peut considérer, sans étonnement, quelle sorte de conseils avait alors influence sur la cour d'Angleterre; et la postérité prendra peut-être pour un paradoxe cette simple vérité que, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur , la religion protestante a reçu de grands dommages de la part de deux Rois, dont l'un l'a défendue en personne par de savans écrits, et dont l'autre, dans sa conduite particulière, en a observé les préceptes plus exactement qu'aucun autre prince contemporain. Mais les affaires civiles furent trop mal conduites pour donner les moyens de défendre la vraie religion , ou du moins pour laisser le pouvoir de la pro-

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pager. Il se peut aussi que rindifference pour la religion ait été la cause du malheur qui n'a pas permis qu'on obtînt , dans les affaires civiles , de plus favorables et plus glorieux re'sultats. Les droites voies par où la reine Elisabeth les avait si heureusement conduites^ étaient depuis longtemps abandonnées; et la déviation devint tous les jours plus grande et plus fatale au royaume, qui fut dirigé dans un sens manifestement contraireaux principes deson gouvernement. La Reine avait rendu les titres d'honneur plus honorables, en les accordant avec réserve, et sans doute lorsqu'ils étaient bien mérités; ils se trouvèrent tout à coup fort baissés de prix , non-seulement parce qu'ils avaient été donnés trop facilement , mais parce qu'ils furent ouvertement vendus, et devinrent l'acquisition de gens de bas étage , ou la récompense d'hommes vicieux.

A la mort du duc de Buckingham le peuple fut transporté d'une joie extraordinaire, et en donna ouvertement des témoignages auxquels les gens sages trouvèrent qu'il n'était ni convenable ni décent de se livrer à l'occasion d'un événenâent si triste et si tragique , beaucoup plus propre à exciter la compassion de ceux qui pensent chrétiennement , quelles que fussent d'ailleurs les fautes de l'homme.

On pourrait opposer aux transports de ce peuple le distique de Sénèque :

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Res est sacra miser; noli mea tangere fata ; Sacrilegœ bustis abstinuêre manus (î).

Peut-être Dieu fut-il offensé de Texcès de leur joie^ car il leur donna bientôt à connaître que lavantage de cette mort n'était pas pour eux aussi grand qu'ils l'avaient attendu : mais ses jugemens sont élevés au-dessus de la connaissance des hommes. La vérité est que le peuple qui^ en général^ a imait le Roi et répugnait à mal penser de lui y considérait le duc comme le seul obstacle au bonheur du royaume; on pouvaitbien craindre qu'il ne s'élevât 9 par la suite , à la place du duc ^ d'autres ministres dont les intentions seraient aussi mauvaises ou pires ; mais on ne supposait pas qu'aucun pût avoir au même point le pouvoir dç les accomplir^ ni qu'il se rencontrât un second génie capable d'acquérir im pareil ascendant sur celui du Roi. Il est certain que la joie qu'on éprouva de la mort du duc , vint surtout de ce qu'on redoutait beaucoup les malheurs auxquels pouvait être exposé un pays ^ oii cet homme qui se savait haï du peuple , tenait entre ses mains les clefs du royaume. Il était en effet amiral et garde des cinq ports > avait le commandement

(i) Le malheureux est un être sacré; n'insultez point à mon sort ; les mains sacrilèges elles-mêmes s'abstiennent de loucher aux tombeaux.

5a HISTOIRE

des soldats et le pouvoir exclusif de leur accorder des récompenses et de ravancement.

Mais ces joies et ces espérances ne furent pas de longue durée; dans la même année ^ la quatrième du roi Charles^ et après la mort du duc de Buckingham^ un autre parlementfut dissous (i); et alors les priyiléges de cette haute cour furent plus violés que jamais. Six membres de la chambre des communes , qui s'étaient montrés ardens à soutenir les priyiléges du parlement^ furent renfermés durant plusieurs mois dans une étroite prison ^ sans pouvoir obtenir ^ pendant tout ce temps , la liberté d'avoir ni livres , ni plumes, ni encre, ni papier, et sans pouvoir être admis à caution, comme le prescrit la loi. Ils furent aussi tour^

(i) C'est ici le troisième parlement oii fat traitée l'affaire de la pétition des droits. Il siégea pendant deux sessions , la première du 17 mars au 26 juin 16289 et la seconde du 21 janvier 1629 au 10 mars suivant , jour de sa dissolution. Ce jour-là , le Roi se rendit à la chambre des lords ^ mais sans faire appeler la chambre des communes et son orateur; il s'entretint gracieusement avec les lords, leur disant que la conduite séditieuse de quelques vipères, membres de la chambre-'basse , était l'unique cause de la dissolution du parlement» Il ordonna ensuite au lord cbanr> celier de faire son office ; et , malgré l'absence des communes, le chancelier dit : Mylords et messieurs de la « chambre des communes , le Roi dissout ce parlement. »> {Mémoires de Whitelocke, pag. 12; Histoire parlemen-^ taire , tom. 2 , col. 492. ) ( Note de VÉdit» ) ^

mentes de procédures devant des cours inférieures, condamnés et mis k l'amende pour des choses faites en parlement^ et le paiement de ces amendes leur fut arraché par .la violence. Quelquesuns, avant d'être relâchés^ furent obligés de donner caution de lenr bonne conduite. Ceux qui la refusèrent furent détenus pendant plusieurs années. Un deces.d«rniers, sir John Elliot, mourut des rigueurs de sa captivité, n'ayant pu obtenir qu'elle fût adoucie, bien que, dans l'intérêt de sa santé, il présentât souvent à ce sujet des demandes appuyées des témoignages de ses médecins. C'était un gentilhomme d'une grande capacité, et qui s'était montré l'un des plus hardis dans ses discours pour la liberté de son pays et contre les iniquités du duc de Buckingham. Comme il n'avait été à cet égard que l'organe de Topinion publique , la liberté dont il aVait usé dans le parlement avait obtenu en général le suffrage de la nation ; mais elle excita l'indignation des courtisans , et fut , à cause des circonstances, blâmée parles politiques réservés ; à la manière dont Tacite blâme Thrasea Pœtus , car on la regarda conime inutile et par conséquent insensée, là ou elle ne pouvait apporter aucun remède; aibi periculum ^ nec aliis liber tatem.

Le peuple anglais, après la dissolution de ce parlemènt^fut plusieurs années sans jeter unr ega rd en arrière vers son ancienne liberté. Le Roi publ ia une I. 5

déclaration contenant des accusations contre plusieurs membres duparlement^ mais dirigée en fait contre le parlement lui-même. La nation abattue , futfbrcée de lire ces choses ayec patience et même d'y accéder^ en dépit des jugemens de sa raison. De ce moment le peuple anglais fut priyé de toute espérance de parlement ^ et les araires furent conduites par des officiers publics > comme si le jour de rendre compte n'eût jamais dû arri- Ter (i).

Je Tais^ pour procéder ayec mçthode^ et pour que

(i) Le Koi sembla lui-même s'appliquer à répandre chez le peuple la conviction qu'aucun parlement ne serait plus convoqué; il publia , peu après la dissoJution du parlement de i6a8, une déclaration portant : « Qu'on cherchait dans « de mauvais desseins k faire croire qu'un parlement serait M bientôt réuni ; que Sa Majesté avait prouvé , par sa con- (« duite précédente , qu'elle n'avait pour ces assemblées n aucune aversion , mais que leurs derniers excès l'ayant « malgré elle détournée de ce système , elle regarderait H comme une insolence , tohte démarche ou parole qui ten- « drait à lui prescrire une époque quelconque pdur la con- « vocation de pari emens nouveaux. » — u Je nepuism'empêcher, dit Glarendon en rapportant ce passage, de dire ici que ces imprudentes et précipitées dissolutions des pârlemens ont été la source de ces torrens de désastres qui nous inondent aujourd'hui. Quoique je n'aie été membre d'aucune de ces premières assemblées, je n'y suis point étranger; j'ai examiné avec soin les journaux des. deux chambres , et causé familièrement avec les hommes qui y avaient joué le principal rôle. On ne saurait nier qu'il n'y

le lecteur soit à portée d^apprécier la cause des troubles qui survinrent ensuite, présenter d'abord^ dans un exposé simple et fidèle, l'énumération abrégée de quelques-uns des griefs du peuple , et pareillement celle de quelques-uns des vices qui régnèrent dans la nation^ durant l'espace de sept ou huit ans après la dissolution de ce parlement. Je rendrai compte ensuite des différentes dispositions du peuple d'Angleterre , et des divers jugemens des hommes sur le gouvernement durant cette période. Je dirai , en passant*, quelque chose des mœurs et coutumes de la cour d'Angleterre , ainsi que de l'état des affaires ecclésiastiques, et de Ik manière dont on en jugeait généralement.

ait eu quelques discours peu conformes à la dignité da iieu 9 comme au respect dû à Sa Majesté et à ses conseils ; mais je ne connais aucun^te, aucune résolution de l'une ou de'i'autre chambre, qui ne fût d'accord avec la sagesse et la justice que doivent conserver , eurde si grandes occasions , des cours supérieures. Quiconque réfléchira sur les actes arbitraires, et les iniquités de quelques-uns des ministres dans les intervalles de leurs réunions , ne sera plus scandalisé de la vivacité , et même de l'emportement qu'elles ont ensuite laissé éclateir. » ( Histoire de la Rébellion, tom. I , pag. 6 , édition de Bâle. ) ( Note de V Editeur. )

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