CHAPITRE VL
Récit abrégé de ce qui sepasaa dans tes différens comtés d^ Angleterre y lorsque Vordonnance du -parlement pour la milice et la commission d^ enrôlement du Roi y furent mises à exécution.
Noms de quelques lords et auprès personnes qui s^emplqyèrent dans Vun ou dans Vautre sens.
Le lord-maire de Londres est mis à la Tour et condamné par le parlement. Quelques déclarations^ messages et réponses entre le Roi et les deux chambres.
X ANDis qu'on lerait Farmëe du parlement^ des* tinée à être commandée par le comte d'Essex en personne^ le Roi> toujours accompagné de peu de
troupes^ allait de lieu en lieu^ ramassant des soldats et s'efforçant de ^'attirer despartisans. Je dirai plus tard et de suite, pour éviter la confusion , de quelle manière il augmenta^ par degrés, ses forces. Cependant Fordônnance du parlement pour la milice et la commission d'enrôlement du Roi étaient alors en conflit dans presque tous les comtés. Les principaux personnages de la noblesse anglaise ^ rangés dans Tnn ou l'autre parti, allaient en personne s'emparer des lieux qui leur étaient désignés, soit par le Roi , soit par le parlement. Ni les ordonnances de l'un, ni les proclamations de l'autre, n'étaient plus en état d'arrêter cette calamité générale «t contagieuse. Dieu n'avait pas voulu que le feu de la guerre civile se renfermât dans un seul foyer'; il s'en allumait chaque jour qUelque étincelle dans toutes les parties du pays.
On ne trouvera donc pas mauvais que je commence par exposer, en peu de mots, dans quelle situation les différens comtés, ou la plupart d'entre eux, avaient tâché de se placer dans l'intervalle qui s'écoula depuis le 12 juillet 1642 , époque où la guerre avait été clairement déclarée , et où le parlement avait nommé son général , jusqu'au 25 octobre où elle éclata par une cruelle et sanglante bataille. Cependant le lecteur ne doit ptfs ^^'attendi«e à trouver ici un récit complet et détailla' de ce% fyits partiduliers; Ce qix'on en rap*
portera a surtout pour objet de faire connaître les lords et gentikhommes qui se montrèrent les premiers de chaque côte en plusieurs comtés du royaume^ afin que^ dans la suite de l'histoire^ le lecteur se troiive familiarise avec les noms dé ceux dont les actions eurent une si grande impor^ tance dans la guerre qui se préparait alors. Oii ne pourrait , dans cette relation abrégée d'un si court intervalle de temps , donner une idée bien nette des sentimens et de la situation de chaque comté ; car à peine s'est - il trouvé une ville ou un district qui n'ait éprouvé successivement plu-» sieurs vicissitudes d'opinion^ soit que ces chan-*gemens aient eu pour cause l'incotisrtance an peu-^ pie , soit qu'il ait été contraint de se toul-ner d'un côté au de l'autre, selon que les approches de l'une ou de l'autre armée , lorsque la guerre at-rîva à' son plus haut période, donnaient le dessus à l'un des deux pdrtis.
Dans quelques comtés , il n'y eut aucune lutte, un des partis s'y trouvant le plus fort et conforme aux dispositions du peuple. Ce fut ainsi que les choses parurent se passer d'abord dans le comté de Lincoln , le premier d'où le parlement reçut dea nouvelle» de l'organisation de la milice. Quelques uBes des oircoostaiiqes de ce fait sont assez importantes pour mériter qu'on en rende un compté particulier. Lord Willoughby de Parham y avait été envoyé par le parlement en qualité de
lord-lieutenant du comté* Ce jeune lord^ en ar* rivant k Lincoln ^ fit connaître au parlement Fal* lëgresse et la bonne Yolontë avec laquelle les capitaines et officiers de la milice s'étaient soumis k ses ordres. Il les avait trouvés en beaucoup meilleur état qu'il ne pouvait s'y attendre» La ville était alors affligée de la peste , ce qui avait empêché plusieurs personnes de se présenter; mais leur absence avait été bien compensée par là formatioti d'une compagnie de volontaires > égaut à la milice pour le nombre et la bonté de leui!^ armes. Cependant les changemens dont j'ai parlé tout-» à-l'heure se manifestèrent d'une manière funeste dans ce comté , qui fut ^ par la suite ^ aussi déchiré de divisions qu'aucune autre partie de l'Angleterre^ et devint aussi le malheureux théâtre de la guerre ^ étant souvent occupe et abandonné par chacun des deux partis* Mais^ pour le moment ^ il fut très-empressé à se soumettre au lord Willoughby^ et ce fut seulement ensuite que ce lord éprouva quelque résistance de la part du comte de Lindsey^ qui tenait pour le Roi« Lord Willoughby instruisit le parlement de ce premier succès y et lui envoya aussi la lettre qu'il avait reçue du Roi et sa réponse. Il sera bon de les in^^ sérer ici toutes deux^ parce qu'elles sont les pre^ miers documens de ce genre , et les plus propres à faire connaître l'état des affaires.
Lettre du Roi au lord Wllloughby de Parham^
Chables^ Roi.
K A Tous> notre fidèle et bien^-aimë^ sahit. Noua « apprenons que vous avez commence à rassem-»^ (c bler^ enrégimenter et passer en revue les mU <( lices de notre comté de Lincoln y sous prétexte a d'une ordonnance du parlement à laquelle nous ^ n'ayons pas donné notre consentement; ce qui ^ est contraire non-rseulemènt à la loi ^ mais à fc notre commandement et volonté ^ signifié par (( notre proclamation envoyée à notre grandes shériffde ce comté. Ainsi donc , afin que vous « ne puissiez dorénavant prétendre cause d'igno- (c rance sur notre défense y nous vous ordonnons. ce et commandons^ par ces lettres , sur votre allé^ c( geance^ de cesser et de vous abstenir de lever^ (T équiper^ exercer ou assembler aucune des mi^ (T lices de notre dit comté y soit par vous-même cr ou par aucune autre personne sous vo» ordres a et agissant par votre autorisation^ Et comme y a pour ce que vous avez déjà £iit c<mcei^ndnt la cr milice de notre comtés \o\i^ pouvez vtou&èxtf cuser sur ce que vous n'a vies pas encoi?e reçu n un ordre si particulier^ nous fermerons les ff yeux sur ce qui a déjà été frfit, à condition « qu'au reçu de la présente^ vous cesserez abs(K
« jugement dëfavorable^ puisqu'il ne s'est rien K &it ici par mes ordres ^ et ne se fera rien qui ce n'ait pour objet l'honneur et la sûreté personc< pelle de Votre Majesté^ le maintien de la tranu quillite de votre royaume ^ et ^ je l'espère^ la « satisfaction de tous les sujets de Votre Maw jesté dans cette province , pi^rmi lesquels jp u demeure
a De Votre Majesté^
« Le plus humble et le plus obéissant « sujet çt seryiteur ,
« Francis Willoughby.
A la réception de cette lettre, les lords enyoyèr. rent un message à la chambre des communes pour exprimer leur approbation et leur estime de la conduite de lord Vt^illoughby , dans une affaire qui intéressait de si près la sûreté du royaume , conduite dont le mérite était d'autant plus grand que les difficultés ayaient été plus embarrassantes. Les lords, décidés à faire dans cette occasion leur propre cause de celle de lord Willoughby, demandèrent aux communes de se joindre publiquement à eux. Les communes y consentirent , et adoptèrent une résolution semblable à l'égard des députés-lieutenans , pour lé comté de Lincoln , Tote auquel, à leur tour, 1^^ lords joignirent Iç leur,
Dans le comlë d'Esses, oii Topinion était unanime, et qui pour cette raison jouit d'une profonde paix, le comte de Warwick, dont les soins ne se bornaient pas aux affaires maritimes, ayait été nomnié lord -lieutenant par le parlement. Quand il se rendit dans ce comté , pour passer «1 revue la population, il fut reçu avec des transports de joie. Non-seulement la milice était au complet, mais il s'y joignit un nombre prodigieux de volontaires , et ils étaient si attachés à la cause du parlement qu'au nom de tous les capitaines et lieutenans des diverses compagnies , ils adressèrent au comte de Warwick et aux députés-lieutenans, une pétition qui fut lue à l'ordre du jour, et reçue avec des acclamations universelles. Pour faire connaître au parlement la singulière a£kction de ce comté , le comte de Warwick lui envoya cette pétition qui était conçue en ces termes :
Au très-honorable Robert comte de ff^arufich^ lord-lieutenant du comté d^Essex, et aux dignes gentilshommes les députés-lieutenans du même comté j revêtus de cette charge par la très-hono^. rable cour du Parlement.
i< Nous capitaines et lieutenans , avec le plein H assentiment de la milice et des volontaires du a comté, maintenant assemblés, ayant vu, avant ft l'ouverture du présent parlement , notre reli-*
lO HISTOIRE
(( gioiij no$ lois et nos libertés sur le point de ce périr, par l'influence des plu» détestables con* a seilsj nous épnmyons une joij» profonde^ en a yoyant la réunion et la permanence de cette ce grande let fidèle assemblée^ qui représente le (c corps du royaume y et nous lui remettons arec Ci une entière confiance le soin de tout ce qui noas ce est cher,
« Ayant tu aussi récemment les abominables « desseins d'un parti de malintentionnés dans ce f( royaume , et la sanglante rébellion de l'Irlande , ce macbinatioas qui ont pour objet de ralentir ce l£^ marche, ou de détruire l'existence de ce ^ dignef paHement, pour nous enleyer ainsi nos u espérances de réforme, de paix et de bonheur, n soit dans FÉgUse , soit dans l'État , nous élece TOUS uos actiops de grâces vers le Roi des Rats, u et manifestons notre viye reconnaissance envers ce l'instrument de ses volontés ,.cette grande asce semblée , dont les résolutions sont indomptace blés, les efforts sans exemples , et les actes si ce utiles au bien commun; nous la remercions (c en particulier de sa nécessaire et sage ordonce nance sur la milice , qui nous a mis sous le ce commandement d'un si noble lord et de si dite gnes. gentilshommes 9 pour qui nous désirons ce que ce jour et cette réunion soient une preuve c< et un gage de notre libre et volontaire obéis*ce sanc^
« Comme nous ayons confié notre religion , nos i< lois et tout ce qui nous touche ^ à cette augsste a et fidèle assemblée du parlement y dont le zèle H et le courage nous sont si bien connus , nous (f nous désolons de voir le cœur et la conduite ic de i^otre royal maître s'écarter , contre ses (c royales promesses , des conseils de son parlece ment , pqur se livrer à d'autres conseils ^ étran- « gers à la constitution du pays , et à qui nous' H i^e voulons ni ne pouvons^ en ce qui nous con-u cçrne , {^émettre la garde de notre religion et (c de nos loi^. Nous sommes même conyaincus H que si ces mauvais c<Hiseillers pouvaient pré- « valoir- qoQtve la haute cour du parlement^ qui K çst après -Dieu notre plus ferme boulevart^ ils <« nous priveraient^ malgré leurs belles paroles ^ (f de notre reUgion , de nos libertés ^ et nous ré^^ K duiraient 1^ mxf^ condition pleine de malheur ic et de servitude.
(( |)ans la profonde appréhension de tant de (< maux^ Qous promettons librement et siDcère** (f mept de soutenir et défendre , de nos personnes ic coqm^ de uo^^biena^ et jusqu'à 'la dernière ex* fc tr^inité 9 la hçiute cour du parlement mainte-^ a nant a^emblée^ ses membres^ son pouvoir ^^ « ses privil^e$^ et par cela même, la personne (c et l'autprité de Sa Majesté , ainsi que la paisi tf du r<>y^ttn3^9 contre tout conseil , entreprise eu a force armée qui seraient dirigés contre eui^.
« Nous supplions TOtre honneur de transtf mettre de notre part cette resolution , qui^ nous (V n'en doutons pas^ sera partagée par tous ff nos bons compatriotes^ à l'auguste assemblée (f du parlement y dont nos prières demanderont (f tous les jours au ciel la continuation et le fc succès. 3»
Signé J. KiTELET^ H. F ARE E^ etc.^ etc.
Le parlement s'empressa de témoigner aux habitans du comté dll^ex son approbation^ et leur adressa une réponse qui finissait par ces mots :
u Les lords et les communes non - seulement c< approuyent , mais louent grandement votre ic sage et fidèle résolution. Us tous assurent c( qu'ainsi que tous leurs efforts ont tendu jusa qu'ici yers la paix et le bonheur du Roi et du K royaume , de même ils continueront à s'acquitt< ter de la grande et patriotique mission qui K leur est confiée ; qu'ils surmonteront tous les « obstacles qu'on tenterait d'opposer au bien puic blic^ et qu'en toute occasion ils seront dis- (V posés à montrer , surtout à tous j les égards « dûs à des hommes qui ont donné au parlement (f tant de marques de zèle et de fidélité. »
Le comté de Kent obéit aussi de bonne grâce ^ du moins sans opposition publique^ à l'ordonnance sur la milice. Quelques gentilshommes de ce comté n'étaieut pas , il est yr^i ^ fort attachée
k la Cause du parlement y aussi redigèrent - ils une pétition désobligeante pour les chambres» Ils la portèrent à Londres^ accompagnés d'un assez grand nombre de gentilshommes du comté; mais le parlemeùt en ayant eu avis^ envoya des officiers qui désarmèrent les porteurs de la pétition^ ayant qu'ils eussent passé le pont de Londres; et les deux gentilshommes qui la présentèrent à la chambre des communes , sir William Butler et M. Richard Lovelace, furent mis en prison. Les habitans du comté de Kent ^ faVo^ râbles au parti du Roi et à la commission d'enrôlement , n'étaient pas assez nombreux pour mettre ce comté en combustion. Les amis du parlement apportèrent tant d'activité dans l'organisation de la milice , désarmèrent si bien ce petit y mais ardent parti de papistes , sui^nt si bien se pourvoir d'armes^ et se taxèrent eux^ mêmes à des sommes si considérables pour le service des chambres^ que non - seulement ils maintinrent leur comté en paix^ mais fournirent aux armées du parlement des secours importans. L'extrémité orientale du comté de Sussex^ dis-* trict long et étroit qui se prolonge pendant plu*^ sieurs milles le long de la côte^ demeura ferme dans la cause du parlement , et mit un grand soin à organiser sa milice ; aussi ce pays eut'^il le bonheur de se maintenir en paix et tranquillité. Mais la partie occidentale se trouvant être Ja
i4 HISTOIRE
résidemîe de plusieurs des membres révolte's du parlement, qui y avaient^ de^plus, beaucoup d'alliances et d'amis , leur influence y causa d'abord quelques troubles; à la vérité^ ils ne furent pas de longue durée.
Les comtes de Surrey et Middlesex , par le bonheur de leur situation , se trouvèrent nécessairement faire cause commune avec le parlement^ et, par conséquent, demeurèrent en sûreté soUs sa protection.
Les^ comtés de l'est, Sufiblk, Norfolk, et Cambridge, composant autrefois le royaume d'Est- Anglie, furent heureusement préserrés, dès lé commencement, de toute grande agit&tioti, bien que la principale noblesse du pays se fAt en grande partie montrée disposée pour le Roi, dans raiFaire de la commission d'^irôlement.
Mais elle ne formait pas un parti assez fort ponr pousser le pays à la guerre. Les francs tenanciers et les bourgeois tenaient en général pour le parlemtnti ceux des gentilshommes qni essayèreot de lever des soldats f de rassembler des troupes ott de fiiire des jprovisiotis d'armes jpour le Roi , se Tirent bientôt réprimés, et tons leurs efforts fwent, dès ce moment , réduits à l'impuissance pM* le parti opposé , et spécialement par la haute prudence et l'infatigable activité de M. Olivier Cromvvell, meubvede la chambre des communes, qui avait reçu dm parlement une commission de
DU LOWG PARLEMENT. i5
colonel de cayalerie^ et dont les actions, nous fourniront bientôt un ample sujet de discours.
Le comté de Southampton fut divisé , dès le commencement y et continua long-temps de l'être et de »ibir les diverses fortunes des deux partis. Le colonel Goring ^ fils aine du lord Goring , avait été , Fannée précédente , au nombre de ceux qui avaient aidé à déjouer le complot formé pour faire marcher l'armée du nord contre les chambres ^ et cette action l'avait mis en quelque crédit dans le parlement. On l'envoya à Ports^ mouth 9 pour conserver cette place aux parle*^ mentaires > et il reçut trois mille livres pour la fortifier ; mais ^ après avoir reçu cet argent du parlement^ il manqua à la foi qu'il avait promise j et tint la place pour le Roi. Aussitôt qu'on eut la nouvelle de sa révolte ^ on s'assura do comte de Portland^ gouvemear de l'ilede Wight ^ homme suspect au parlement ^ et on lé mit en prison ^ à Londres ^ dans la crainte que y de concert avec le colonel Goring , il ne livrât cette île au parti du Roi. Le gouvernement de l'ile de Wight fut confié au comte de Pembroke y homn^e en qui le parlement avait une entière confiance.
Les parties orientales et méridionales de FAngleterre jouissaient de quelque apparence de repos; mais les comtés plus éloignés de Londres , du côté du noird et de Fouest> ne parlageaient noU^ooieat ce bonheur.
i6 BISTOIRE
Dans le comté de Lancaster , le lord Strange , fils du comte de Derby^ et lieutenant pour le Roi des comtés de Lancaster et de Chester , trouya une grande résistance k l'exécution de la commission d'enrôlement. Plusieurs gentilshommes du parti du parlement, sir Thomas Stanley, M. Holland , AL Holcraft , M. Egerton , M. Booth , ainsi que M. Âshton et M. Moor, tous deux membres de la chambre des communes , firent si bien que , dans l'espace de peu de mois , ils parvinrent à le chasser tout-a-fait du comté, qu'ils remirent entièrement sous la domination du parlement, quoiqu'il renfermât plus de papistes qu'aucun autre canton de l'Angleterre.
Le lord Strange ayait fait, le i5 juillet, une tentative pour se rendre maitre de Manchester; il avait été repoussé par ces gentilshommes. Il y eut , en cette occasion , un honune tué; ce fut le premier sang versé dans la guerre civile (i).
(i) Whitelocke (Mémoires , pag. Sg) , en parlant de Faccasation de haute trahison qui fut intentée ensuite contre lord Strange, dit aussi qu'un M. Percival fut tué par les hommes qu'il avait le?és dans le comté de Lancaster; mais il parle, peu après, d'une sortie faite par sir John Hotham et sir John Meldrum contre des troupes du Roi , cantonnées aux environs de Hull , sortie oii quelques royalistes furent tués ; et il ajoute , « ce fut le premier endroit « ou le sang coula dans cette guerre. » Whitelocke semhie donc avoir considéré le meurtre de M. Percival comme
Ce lord ne fut pas heureux dans ses entreprises contre le parlement. Étant revenu peu de temps après , à la tête d'une troupe de trois mille hommes , pour attaquer de nouveau Manchester , il l'assiégea inutilement ^ bien qu'avec beaucoup de vigueur, pendant deux semaines entières, fut enfin complètement battu , et perdit une grande partie de son monde. Il n'eut pas une meilleure fortuné dans le comté de Chester, oii il était également lieutenant pour le Roi ; il y éprouva une vive résistance de la part de sir William firereton et de plusieurs autres gentilshommes , qui rempêchèrent de s'emparer, comme il eu avait l'intention, du magasin situé dans ce comté; et le comte de Rivers, papiste, que le Roi lui avait associé dans la commission d'enrôlement , ne put le seconder assez dans ses efforts , pour empêcher que les papistes de ce comté ne fussent tous désarmés par les gentilshommes protestans du parti du parlement.
■ ' I . I. I I II 11 1 I tmm.a^.^^àm^m^mm II t I mmmt^^Êmm^mm^m^k^mm.
un meurtre et non un fait de guerre. Cette dîfFérence, très*peu importante en soi , n'est remarquable qu'en ce que M. Percival parait avoir été un parlementaire tué par les gens que lord Strange levait pour le Roi. May impute donc aux royalistes le premier sang versé dans la guerre , c'est-àdire , la première hostilité irréparable que Whitelocke at-»tribue aux parlementaires. Il parait qu'on attacha^ dans le temps 9 une grande importance à cette question qui n'en a plus aucune aujourd'hui. ( Note de l'Editeur. )
l8 HIST^OIRÉ
ÏjêS( pays pVus éloignes vers le nord furent en proie à plus de dissensions. Le comte de Newcastle^ à ta tête dHine forte garnison, tint, pour le Roi^ la yille de Neweastle, et le comte de Cumberland, lord - lieutenant du comté d*York pour le Roi, y exécuta, avec activité, la commission d'enrôlemeat ; mais ils éprouvèrent une grande résistance de la part de lord Fairfax et de plusieurs autres partisans du parlement. Nous passerons légèrement, dans ce moment, sur ces affaires du nord , qui méritent d'être racontées plus au long, lorsqu'il sera temps de faire connaître Félévatîon di\ comte de Newcastle et les diverses fortunes de lord Fiairfax et de son fils , sir Thomas Fàirfax. ^
Pans le comté de Derby , habité par une noblesse très-puissante, tant haute que moyenne, personne de marque ne se déclara pour le parlement , si ce n'est sir John Gell et son frère , dont les actions trouveront leur place ailleurs.
Les troubles ne fiirent pas moindres dans les eomtéa de Stafford et di$ Notlingham.
Us furent encore plus considérables dans le comté de Leicester, et ils y commencèrent de bonne heure. Le Roi avait nommé shériff de ce comté et mia dajQ3 U comuiission d'çnirôl^mçnt sîir Henri Haâtingg^secondfikducomtedeHuatîngdonJUeva des forces considérables pour s'emparer des magasins du comté. Le comte deStamford fat envoyé
DU LONG PAKLBMENT. 19
Contres lui par le jHirleiBânt , en qualité dé lord-lienteflAOt^ avec un CQtrpa de troupes nombreux. Son arrivée arrêta les progrès de M. Hastmgs , ^ il aâ mit on possesaion de la ville de Leicester. La IuUq fui vive dans le comté de Warwick % eutre la comte de Nortbaropton , qui tenait p^uir le Roi^ et \mà Ebrook^ pour le parlement; il y eut plusieurs ckaudes renctmtres avee perte d'hommes des deuj: eotés. Le comte ^ qui s'était emparé de Tartillerie de Baubury^ marcha )L avec une grande impétuosité^ à travers le eamt^ de Warwidk^ ravageant )e pays quHI traversait; ma.ia il fut arrêté par la résistance du peuple et oeUe des troupes de lerd Brook.
Lie: comte de Pembroke avait eu peu de peine
à organiser la milice dains le comté de Wilts ;
i»aia aeA succès ue fut pas de longue durée. Le
camte de Holkuad avait réussi de mén»e dans le
Berkshire > malgré la &ible résistance du comte
de Berkskire^ de lord Lovelace et de quelques aur
très; mais^bieatàt après, le comte de Berkshire^
roiwi à sir Joho Curson , sir Robert Dormer et
plusÂeiu's. autres membres de la commission d'en*-
râlemeiri:» s'étaat rendus à Watlington^ dans le
çoml» d'Oxford^ pour s'emparer des magasins de
cette poriioo du ccM»té , déposés dans cette ville,
ils furent £siits prieomiiers et envoyés au par^
lement par le eoleoel Hampdea et le colonel
30 HISTOIRE î
Goodwîn y tous deux membres de la chambrer des communes et chevaliers du comte de Buckingham.
Plus on s'approche de l'ouest , plus on y trouve les divisions ardentes et nombreuses ^ en raison du grand nombre de lords et de gentilshommes de haut rang , la plupart membres du parlement, qui tenaient pour le Roi dans ces comtés, et furent, par conséquent, expulsés ensuite de la chambre. Le chef de ces comtés de Fouest était William , marquis de Hertford, que le Roi , par sa commission d'enrôlement, avait nommé chef et lord-lieutenant-général des comtés de Devon,Cornouailles, Sommerset , Dorset, Wilts , Southampton , Glocester, Berks, Oxford, Hertford, et de sept autres comtés de la principauté de Galles. Malgré l'étendue de ce commandement, il ne fut jamais en' état d'opérer rien de très-important pour le ser-' vice du Roi , tant la classe inférieure était alors, dans l'ouest, attachée à la cause du parlement, et les gentilshommes qui l'avaient embrassée, actifs à la soutenir. Parmi ceux-ci, l'on doit compter les fi Is.de sir Francis Popham, MM. Alexandre,' Hugh et Edouard Popham, animés par l'exemple de leur vieux père, M. Strode , député lieutenant , et plusieurs autres, qui s'opposèrent constamment aux fréquentes tentatives du marquis.
Un grand nombre des hommes considérables de ces provinces se joignirent au marquis contre
le parlement ^ et mirent^ dans leurs différentes résidences^ une grande actiyité à exécuter lacomrjnission d'enrôlement. De ce nombre : furent le lord Pawlet^ sir Ralpk Hopton , sir John Stowell^ tous deux membres de la chambre des communes et renvoyés de la chs^mbre pour ce motif; sir Richard Slany de Cornouailles^ autre membre de la chambre des communes y renvoyé aus^i pour la même cause ^ ainsi que sir Edouard Rodney et M. Coventry, tous deux membres du parlement, et qui secondèrent le marquis dans quelques unes de ses démarches. Sir Bevile Greenville, homme très-actif et membre aussi du parlement, se montra très-ardent à faire exécuter la commission d'enrôlement dans les comtés de Cornouailles et de Devon ; il réunit ses efforts à ceux du comte de Bath, qui était venu, pour cet objet, le trouver chez lui, dans sa maison de Tastock dans le Devonshire, et fut secondé de plusieurs gentilshommes, comme M. Culins, shériff de ce comté , M, Bamfield, M. Asbford, M. Giffprd, M. Saithil, le baronet Seymour et M. Courtney, au secours desquels, l'écuyer Rpgers. amena des troupes du comte de Dorset.
Les entreprises du marquis de Hertfqrd, bien que secondées par une si grande partie de la noblesse de ces provinces, n'obtinrent cependant que des succès fort divers. Quelquefois il l'emportait; mais plus souvent, il se trouvait dans de
grands embarras. Vet^ le Mmtnencement d'août^ le marquis en perâotme, lord Patriet^sir Ralph Hoplon > sir John Stowell «t M. Smith ^ autre membre de la chambre de» communes ^ eurent Tavantage dans une estarmeuehe contre le^ dtfputés-lieutenans du comté de Sommerset^ ce qui les rendit maitii^s de la tille de Shepton- Mallet. Il y eut dix hommes tues et plusieurs blesses. 8'étant ensuite rendu à Wilts, le marquis courut risque d'y être assii^gé par plusieurs milliers d'habitans qui se souletèrent contre lui; mais ^ averti à temps de leur arritëe^ il s'téchappa de la ville par un chemin détourné. Environ ce temps y le comte de Bedford fut envoyé , contre lui, par le parlement ^ avec trois cents chevaut qui l'assiégèrent dans Sherburne avec le lord Pawlet , sir Ralph Hopton , le colonel Lunsford et plusieurs autres personnages considérables. Les faabitans du pays venaient en grand nombre, chaque jour> se joindre au comte de Bedford. Ce siège dura plusieurs semaines. Les assiégés firent de nombreuses sorties^ et, dans plusieurs chaudes rencontres > les deux partis se conduisirent avec beaucoup de courage. Les parlementaires espéraient fermement foire prisonniers, à la fin, les royalistes importans qu'ils tenaient enfermés dans la ville, et ils y mettaient beaucoup de prix. Il aurait été, en effet , trèi-avantageux pour leurs affaires d'avoir enti-e leurfe mains tant
DU LONG PARLEMENT. :i5
d'homme!; consfderabhss par leur fortune tt leur courage^ et dans l^quels ils trouvèrbiiit > ipar la smîte f ée puitoans et cruels -emiemis. Mate cette espérance fut trompée ; car, vers le cbmmencement d'octobre, ils parvinrent tous à s'échapper de Sherburne. Le comte se mit à leur poursuite et fit prisonnier M. Pallart, sir Henri y sir Joknet sir Clifi¥4es Bancto^. Une i^emaine après > le comte de Bath M pHis et Côtadtiîl Jprfsôttnîet att paHement.
On doit peu s étonner àe Voir la division se manifester dans des villes de province et des villages si éloignés du parlement ^ et où le peuple était trAvâill'é tèh différent sens pé!t Ifes îttliîtiiiâtit)tis et les craintes dès deUt partis , puisque Londres même , le siège de ce grand conseil et son principal boulevard , n'était pas entièrement exempt de ces agitatittos (i). Sans rendre coinpledeqûeU
(i) L'agitation régnait &u sein du parlement liÂ-méme, et lorsque la chambre des communes vota ( i5 j'uiUet i64a) les arméniens qui étaient considérés comme nne déclaration de la guerre civite , la division éclata parmi les hommes qui avaient poursuivi ) avec ]fe plus d'ardeur ^ le redressesemfent des griefs publics* Le plus remarquable des discours prononcés à cette occasion fut , sans contredit , celui de sir Benjamin Rudyard ^ le même orateur qui , au début du ^rlemeut^ avait déuoncé avec tatat d'énergie les abus du gouvernement de Charles I'', et ta nécessité de recourir à de vigoureux remèdes. May qui a cru devoir insérer dans son Histoire ce premier discours de sir Benjamin Rudyard ,
ques £iits relatifs à des particuliers , et trop peu considérables pour être rappelés 9 on se contentera d'en rapporter un impossible à omettre ^
comme représentant mietix que tout autre l'état de l'opinion publique, aurait dû publier aussi celui qu'il prononça contre la guerre civile, au moment oii le parti national entra dans la route , peut-être inévitable , qui devait livrer le pays en proie aux factions. Nous suppléerons à son partial silence en donnant ici la traduction de ce discours oii sir Benjamin Rudyard exprimait probablem ent , comme il l'avait fait déjà deux fois, en 1625 et en 1640, les sentimens des citoyens les plus honorables et les plu» désintéressés. Il parla en ces termes :
« M. Forateor , dans la route oii nous sommes nous « avons été aussi loin que des paroles pouvaient nous con- « duire; nous avons soutenu, par nos votes, nos propres « droits et les devoirs du Roi : sans doute il y a des de- « voîrs réciproques entre un Roi et ses sujets ; les sujets « doivent obéissance au Roi ; le Roi doit protection aux « sujets. Le déplorable éloignement de Sa Majesté tient « tout le royaume dans un état d'angoisse , à l'aspect M des cruelles calamités qui menacent de l'assaillir. Celte « chambre est profondément et en conscience intéressée à « faire cesser ces sombres dissensions. M. l'orateur , je suis « pénétré , saisi jusqu'au fond de l'âme , du sentiment de ce « qui importe à l'honneur de la chambre et au succès de ce « parlement. Le meilleur moyen de prévenir les horribles w maux qui s'avancent sur nous , c'est d'aplanir toutes les «c voies pour le retour de Sa Majesté ; par-là seulement le « peuple peut être satisfait , et notre propre conduite jus- « tifiée. M. l'orateur, pour bien juger delà situation oii « nous sommes aujourd'hui . reportons-nous de trois ans ea
DD LONGPAttLEMEJNÏ. 25
remprisonnemeot du maire de Londres à la Tour, par ordre du parlement.
Sir Richard Gurney, cette année lord*maire de
« arrière. Si quelqu'un nous eût dit alors que , dans trois « ans^ la Reine, par un motif quelconque , aurait fui « d'Angleterre dans les Pays-Bas , que le Roi se serait éloi- « gné de son parlement et aurait quitté Londres pour aller « à York, disant qu'à Londres il n'était pas en sûreté ; « qu'une rébellion générale couvrirait l'Irlande , que l'Etat . « et l'Eglise seraient, parmi nous, en proie aux discordes « qui les travaillent ! à coup sûr , nous aurions tremblé à « la seule pensée d'une telle situation; sachons donc la « ressentir maintenant que nous y sommes plongés. Si, M d'autre part, on nous eût dit que, dans trois ans, nous ' « aurions un parlement , c'eût été , certes , une bonne nou- « velle ; que la taxe des vaisseaux serait abolie par acte du <c parlement, et si bien déracinée qu'elle ne pourrait plus « renaître, ni aucune autre semblable; que les monopoles, . « la cour de haute-commission, la chambre étoilée, le « vote des évêques dans le parlement seraient supprimés ; « que la juridiction du conseil privé serait réglée et res- « treinte ; que les forêts royales seraient renfermées dans » leurs limites; que nous aurions des parlemens triennaux; « que dis-je? un parlement perpétuel que personne ne « pourrait dissoudre , si ce n'est nous-mêmes : à coup sûr « nous aurions regardé tout cela comme un rêve de bonu heur! Et bien, nous possédons vraiment tout cela, et « nous n'en jouissons . pas , quoique Sa Majesté nous ait « promis et répète chaque jour qu'elle nous en conservera « la jouissance. Nous insistons sur de nouvelles garanties ; « la possession actuelle de tous ces biens en est la meilleure M garantie, et ils se garantissent l'un l'autre. La dernière
Lt>iA(lE^> tàl Wtti^ te ^ juillet^ fSit 1à ichài^bi'e des communes ^ de clierehel* À i^lêV^r d^ ^itlo^s dûM té ^yàum^ > m lIlisaM pûbliiei- dàm k cité
« réponse du Roi nous offre même des garanties de plus ; a raWitiôûdu Vôtè àè's tt)i*ds pàpt^e^^ Tédutàtiôn âéÀ eba fâh's dès «pâ^sifes , là révision diés lôib cohtrte \e^ "récii^ân^ , « toutes tht)$feôiqû'aûèoAiîtet*roisi datai ïé$ d^t châwbfes « pottVtàit'etfèWè étéhdte ètàffertûît. *^ifôhrièlirrorateuï-, * pV^hoïi^ gàydé ^û'tSn VéxAertikànt , k tWiVIert to\itfei stftrles % de iiàsardi, Utte ^t^tetadue fTécùrîtés frotta hé mettions èa M JïéHÏ 'ce '^é ttbds jmssÉdbtts diqà. G^hïdAs^nttns ^e ci'oiye « <)ùé ho\i$ ti*îaVoh>J rien |)aWfe ^ûie ûoûs û'avdns pà* tout « 'Cfe qùè ttôïii s^ûtthâiteùs. t*o!rtihftiôiiJ^ous , Yïoàs Vie « jd'ùmôùi poM d^iue ^ébnrilé tartkiWittiilfrii'àeMièttt iAfaîl- 4( iibte ; \o\Ae$ h?$ gàràmîes hutalâib^è ^éûVetit se ttifh^iùpte H et Wâtoqù'ét-. La ftrt>Videncé 'ih Dieu he sôiiffi-è Ï>â4 qu'on « ^eU'ch'âhiiè; 'è\ie Wà\ qùé !è Mcch'9 dèbiëàre e* seè ttâîAs. 4i Cfeluï 'qui obsèï-Vt* tt^nstâWïtoeHt !e Vettt et !â pltiiè tie « ^èlttèl-à ùi n« kUt)i§»dtin«Hi j^Miafs ; ^'il tté Fait HM iiVaht « dé ^Mtre àSàUfé dû tl?mi;^s ^ il H^ûI^l quMhé miaûvaise a récolte, a. l^bràtfeUf- , e'^st màintehàrtl qu^l hxmè importe «( dé récuéiltif' toute )â àâigto^ dôiit Uoui «Omttites ca^bleis ; « car iiôUft Vôtlà à là porte dte PiùcéUdie tt dn chàt)S. Si u ùUé foià )è ^àUg tOUth)ft lé SàUg , Ut^Us tôtub&roh^ dans « ûB màlh^uV é'ertàih , eti Àttètidàht uU succès ihcéttaiti , M que nous ôbtiéildronâ Di'eU sait qnâild , Dieu ^âit lequel ! ^t *l:où't homme est téUU , éU tonsdente , d'èttijildyet- les « derniers efforts pôiir pi^éVeUîl- réffurfoU dtt satig; h ^aïig « est un péédé qui Ctifè VétigeaUte; il S^ouille tout Un pays. u Sauvons nos libertins et U6i biëtli, VUâi^ dé telle sorte H que UbûS daûviônà aUSsi Uos àméâ. J*ai tlaifèment àc- « quitté ma coiisciéiicè ; j*abaildoUtte dhafcûn h la sienne. >• Cet éloquent et Vettueuj^ discôttl-s fut aussitôt im))rimé
DU LONG t>AftLfcMEWT. S^^
iâ p^iidàmatiott du llol ï^elatlVë à là eomtnisision à'mféltmmty^étihgitéé illëgâle pAt léà deux thiim^ bbé(i)» VékitàVL&Al^fM^W^étké àé t<mii9d^«^fbl:-tikés> fat li'eâtujr^ aui Idld^ > afitt qu'il6 m&udais^eut le ttkfeirfe ]^Ui* i'itiler^(1>g6y'3 tie qui ftit àd&wdé (2).
t<t«*>> Jl<ri tÉMfl tin lUitltrf*!*
tet pttblië i Ltolrdm (17 juillet x€4a); et hi semaine 6«i<vatile le Rei le fit rëim|>ritner à York. Charles avâiit oublié alors les anciens discours de sir Benjamin Rudyard ; s*il eut ressaisi tout son pouvoir^ il aurait , on {)eutle croire, oublie également Celui-ci. {tiùtôfy*ê parîeméhîûire y tôdi. 2, col. k4l6. ) (tfr^ dé tE'diïèttr. )
\\) Cette âccûsatitm fut précédée de plusieûfs poursuite* tiDnIiii dès homibcé nftotiis iiiipitt>taiis. L^6 ftikidades «t le««âipri6dtin«tiiea» tommençaiëtit à devenir dei âiesures d'uil «Sdg« fréquent et poMr ainsi dire familielr; tl MfEsait, pbttr lei ^ncéUf ir^d'avoit-mal pat-lé dm parktâettt ou de tj[uel-^ qâ'ttn du «es membres» Ufi hoiutiïe «titr'aUtrès futcètidatané par la cliambfi» de» h)rd« poUr aviMr dit que M. Pym avait re^a «ta présent de trente livras im-ling) «t pour aia aa sept ceaU \vmn dt aaere% < Hmfsire parèâmêmëù^ 9 vmoAï ^ y col. i4od. ) ( N(m de VËHt&âr. )
(!2) Le i^rd^maire était, depuis ièflg^teitips) (ydieuk au parti daniinant pottk* ta fernieté qa'il Avait apportée ^ bieh qa'itttttiiemant^ k tâckar de réprimer lei étaeate* élevées à Tnccasioti du procès du comte de StrAfibrd. Sa mëiboa était cbutinuaUeiuant ineaadée f^r Ik popalaca , âted laquelle il était en latte ceastante , voyant sens t^i9é arraisher des maias de ses offiaiers le^ aiutios qu'il faisait arré^r et cottdaire en prison. C^ta condaite at tette lituatioa ravalant aatnraliemeat r«adu cher aa parti royaliste , vers lequel le portaient^ à Ce qa'il paraît, setintlitiatiaas. Dabft le temps de la tentative du Roi contra las ^bq kuaiatu-ès , sas settts
Quatre jouï^ après , tandis que le lord-maire était à la chambre des lords pour y répondre sur cette accusation , on lut contre lui , dans la chambre des communes^ un6 accusation additionnelle portée par le conseil commun de Londres^ lui imputant plusieurs violations de son serment dans l'exercice de ses fonctions y comme d'avoir publié plusieurs proclamations illégales au mépris des ordres du parlement.
Cette accusation fut aussitôt envoyée et lue à la chambre des lords. Sur cette lecture^ on or-
pour contenir les mouvemens de la cite forent regardés comme inspirés par quelque chose de plus fort encore que l'amour de Tordre. Le nS ou 26 juin il fit publier, dans les formes accoutumées , la proclamation du Roi , portant défense de donner de l'argent, des chevaux, etc., |>our le succès du parlement. Le porte-<épée chargé de l'exécution de Tordre fut mis en prison , et le lord«-maire sommé de comparaître à la barre pour rendre compte de sa conduite ; il y comparut le 27 et dit a que son serment To- « bligeait à exécuter tous les writs venant du Roi. » L'orateur lui répondit, au nom de la chambre, « que nul série ment ne pouvait Tobliger à exécuter aucun writ contraire « à la loi ; » et lui défendit de rien faire publier sans en avoir averti le parlement. Le 5 juillet , une ordonnance du parlement défendit à tous maires , shérififs , curés , etc. , de publier aucune proclamation du Roi ; et ce même jour , non pas le 7 comme le dit May , sir Richard Gumey fut accusé pour la publication du 26 juin. {Histoire parlement taire, tom. 2, col. i2o3 et i4o3; State^Triah y tora. 4 > col. 1 59. ) ( Noie de VEUUteur. )
donna qu'il serait envoyé à la Tour et soumis à une poursuite légale.
Plusieurs fois , dans Tespace d'un mois^ le lordmaire fut conduit à la Tour à Westminster, pour y être interrogé par les lords , et plusieurs fois il revint sans avoir pu être entendu à cause de la grande multiplicité des affaires qui occupaient alors les membres.
Enfin, après quelques audiences, il fut conduit, le 12 août, à la chambre des lords , pour y entendre son jugement. On le déclara déchu de son office de maire, incapable d'exercer à l'avenir aucune fonction dans la cité, ni dans la république, inhabile à recevoir du Roi aucun honneur ou dignité, et on le condamna à demeurer prisonnier à la Tour, tant qu'il plairait aux chambres (i).
Il ne sera pas hors de propos de faire connaître quelles furent, pendant l'intervalle qu'occupèrent
(i) Sa condamnation porta principalement sur la publication du 26 juin , et sur ce qu'il avait empêché les apprentis de se réunir pour présenter des pétitions au parlejnent. On lui envoya demander à la Tour Tépée et les autres insignes de ses fonctions ; il répondit qu'elles étaient chez lui et qu'il ne pouvait les donner. Requis de déclarer s'il les rendrait, dans le cas oii elles seraient entre ses mains, il dit qu'il ne voulait rendre l'épée qu'au Roi; alors on donna ordre que ses portes et serrures fussent forcées , et on prit les insignes dans son cabinet. { State^Trials , tom. 4> Gol. 166.) {Note de V Editeur.)
Sa HISXQWR
Roi , les moyens qu'il employa poijur angin^Qter aHqc.«s$iv«mç;pt $a$ fwç^n^ et U,« pr^f ^^tîm» que s'^çlres$èreat lavtvell^p^c^t Us ^w^ pf^rtW« Ûo di,in d'^bwci qwlquw inot$ 4^ cw^^totiooa par çcrit; îp^ifi^ QQwiA^ ceftd4çlax*4ÛAP^» pétitiQaa ot procUmatioas^ puJ^U^os k çbaq¥(Q nwTelk ciis^ constance, seraient trop nombroi4$e($ Qt trop loo-» guç$ pQ^r être ipw>éc$9 d^Q^UiiM hi<W^re> il faut les çjticrcher ^m les r^i^trw «t (^qa 1^ racwils in^pi:ii94$ à^s^ w^oï^^we^, Jcifssîflim^ttticm Huilermçjxt, d« qi^lqi^^ ^Qe« dw prifi^ipal^^ ^ choisirai ç€^ qW#U^« Qwti^mieat dci plua importait..
ti^ pwlew^t^i T^r» hi fin ^^ j^ilfel, avait a4T^$^^ \me pétUioA au IIqî,a p^^^f lui defl^aadeir de s'ahst^i^ 4« tout fwép^mtiif de gi|^rr<^ etds retirer SOS g^riii^oM, ]j# Hoi ?4p(mdit nu p^rkoftCikt > lui vçpracb^At d^ » préparai? ^m^i k U guemr»» paia^ qu'il avait nommé le comte d'Essex son gênerai , et le comte de Warwick amiral. Dans cette réponse , il s^étend sur un grand nombre de détails^ et ordonne qu'elle soit lue» ^m^i qii^ I9. pétition^ da^ns toutes le» églisea. Le parl^i»eQt r^pliqv^^ cewme il avait déjà fait, qu'il ne pouvait déposer les armes, ni transporter ses assemblées ailleurs^ comme on le lui demandait, jusqu'à ce que le Roi eût renoncé h tous ses préparatifs militaires > et se i^t rendi) au^décisioxis; de ce conseil, dont la constitution de son gouvernement lui faisait un
DU LONGr PA^RLEMENT. Si
devoir d'ëçauter i^ $&^U avis, l^ p»rlemeipit g^**^.
lies çko$eas'aigvi6Siinnhaqw,e joi^r 4aya^tflgf^> le iloi , ^ sm retour cjaçis 1^ yillç^<i'XQrk,A $.t pvr blier v«ç proolajwaitioa pow U F^pr^on (t^île^î s(XAt a?a propre paro)^) 4q lu if^lJk^on ^ ^si téfeç 4^ Wquçilç ftW roi^ Rotwti çwate d'E^î^çx, Il çffveàl im entier p^^dm ^^ oos^te et ^i tpuç^ cemi qui déposeFaiwt Ww« f^Pin^fi dsip^ les siiL jours ^ui $uiYraieiit \^ 9 M^i&U d^tç de çetl^ pror% claroatiou. H ardonnaii au3si f^u Q^$irq\iis de Dertr îorà de Jeyeç promptement toul ce qu'il pwprail de Iroupeadaos leseamté^^doAt U était lieutenants général^ et de marcber eontw le courte d'B$fie» pour le iwv, eu le faire prisoun^r^
Eu réponse è cette proclam^tiop , le parlei^i^e&t fit ui^a autre declaratiou où il eiiposait en peu de mots tout ce qu'avait &it 1q Koi cQutve les chav^brea et le Foyauiue^ «ittrifeuaut, çoiumeà Tordioaire^ cea actions nux eonseiUers pervers qui l'euto];^ raieuit, et promettant de le rendre grand et heureux a'il Youlait revenir à son parlenoient^
Mais ^ le lendemain de sa première proclamation^ le Roi^ toujours à York, en publia une autre^ où il déclara qu'aucun papiste ne serait employé dans son armée , et que Siies soldats s'abstiendraient de toute rapipe envers le peuple; deux jours après , il publia un diiscours sous le
titre de Déclaration à tous ses affectionnés sujets, concernant la conduite du présent parlement. ^^etie déclaration , longue de cinquante pages , grand inquarto, contenait une espèce de récit historique de tout ce qui s'était passé entre le Roi et le parlement , depuis le commencement de leurs différends. Elle se trouve en entier dans le recueil imprimé des ordonnances du parlement. Vers la fin de cette déclaration,le Roi proteste deson singulier attachement aux parlemens ^ ainsi qu'à la paix et au bonheur du royaume ; mais il demande que certains hommes^ qu'il désigne comme perturbateurs du repos public^ soient livrés à la justice pour être jugés par leurs pairs , et il nomme lord Kimbolton ^ les cinq membres de la chambre des communes qu'il ayait voulu saisir dans la chambre même, M. Hollis^ sir Arthur Haslerîg, M. Pym, M. Hampden , M. Strode , et, de plus , M. Henri Martyn et sir Henri Ludlow , deux membres de la chambre des communes, où ils s'étaient fait remarquer par quelques discours hardis (i). Le Roi demande aussi qu'on lui livre
(i) M. Martyn et sir Henri Ludlow, père de celui dont notre collection contiendra les Mémoires^ étaient amis intimes et tous deux républicains. On voit dans les Mémoires de Glarendon que M. Martyn lui avait fait connaître ses opinions dès l'ouverture du parlement, en lui disant : quil njr avait point (V homme assez sage pour gouverner tous les autres. ( Note de VÉdit.)
DU LOWG PARLEftIENT. 55
Talderman Penoington ^ qui avait swficédë comme lord-maire à sir Richard Gurney ^ et le capitaine YeiiD 5 un des capitaines de la cité* Il accuse ces deux derniers d'avoir excité des. tumultes dans la cité , pour frapper de terreur le parlement. Il désire de plus que^ conformément au statut de la vingt-troisièiùe année dii règne d'Edouard III^ une accusation de hatite trahison soit intentée contre les comtes d'£ss$x> de Warwick et de Stamford^ lord Brook^ sir John Hotham et le major» général Skippon^ sol4£Kt habile et pieux que la cité avait employé pour exercer sa milice , et qui joua ensuite un grand rdie dans la guerre» Enfin 9 le Rpi demapde que cette accusation soit étendue à tous ceux qui .eterceront la milice en vertu de. l'orcÏQanflCjicif 4w parlement» ,
Les écritures .se. succédaient rapidement en to^te pcçasjion. Liç lenc^emaiu du jour où parut cette lofigue. déclaration^ lé Bioi envoya un med^ sage auparleçaent pour reprQch^r aux chambres l'ordre p^r lequel elles v^^ie^it de décréter ui| emprunt 4^1?^'^^ mille Uyr<es ^térlinig sur la soinmiç que l^s.prêtiçurs avaient leyp'e pour là réduction des rebelles d'Irlande. .Sa^o}licitud0 royale pour ce n>alheureux pays ne lui - per^mettait p^as ^ di-r sait;ril> de. passer sous silence une telle ^i^(ire« Il ordofltpait aiu, chambres de rçtracte^ cet;pçdre inj^te,fit,perpiçfeiU3^ (Celles sqnt ses.e3tpreasi(»s), sous ptwe d'eja refondre devai]^t ,I)i(8a ^ devant "1^' * ' ' 5
laUméme^ deyant leurs commettans. Il espérait que le parlement ne lui ferait pas attendre sa réponse ni son obéissance^ d'autant plus qu'il ayait besoin d'être rassuré sur Femploî des 4<>o^ooo livres levées ou à lever sur ses bons sujets d'Angleterre en vertu du dernier acte du parlement^ et ne voulait pas avoir à craindre que^ sous de faux prétextes , on en détournât de méràe une portion aussi considérable pour* l'employer itaéchamment à troubler la tranqtiillité de son royaume en lui déclarant ïâ guerre..
Les dieux chambres^ dans leur réponse à centessage^ firent connaître quelles pi^autionis avaient été apportées dans Fordre relatif à' cette contribution , pour qu'elle f&t prompteniènt remboursée et né pût être iemployée que' jwmr l'usage auquel elle .était destinée. L'ordre fiit 'imprimé en même temps; dans cette même réponse,- les ekambres firent d'abord observer au Roi î^ue son message était uïie violation du privilège du parlementait à cette k>ccasion elles râfppelaient^ par l'exposé de plusieurs détails >4àsollîcïtadè avec laquelle éllt^ s'étaient occùpféëir'ïlsëcoiïrw ^Irlande et leà ôbfirtilcles que léRdî àiyît îbiis à ce que l'îrlàndè|!>ix)fit4tdé'cessëdoii^s. « Cette saii-^ k glarite rébellion, dîseht les autëtirSldë la'déclàïï' tai^ôn/'éit' lé résultait dés- mêméé? cdnkfeîls 'qui « <)fttdéjàiîbuleté, d^ûs lèseiii dii rdyaùnlév déuk (r armées -él \leiii nations prôïestantés qîfo% àVu
DU fcONG PARLEMENT. 35
(( prêtes à se plonger dans le sang l'une de l'autre (( et toutes deux soudoyées long-temps aux dépens (( du pauvre peuple d'Angleterre , jusqu'à ce (( qu'elles aient enfin été paisiblement licenciées. i( Grâce à la bénédiction . que Dieu a répandue ^ (( sur les travaux du parleiiient ^ ce projet ayant « manqué^ les mêmes conseils pervers qui avaient « causé cette guerre impie ^ ont soulevé la bar- (( bare rébellion de l'Irlande , et^ pour se mieux (( déguiser .5 en ont recommandé la répression (c aux soins du parlement qui^ par unsenti ment « de sympathie pour les indicibles misères que « souffraient en Irlande nos frères protestans , i< et ne soupçonnant pas cet horrible complot ^ ((maintenant trop évident^ a de bon cœur ence trepris ce grand ouvrage^ et dirige réellement a ses désirs et ses efforts vers l'affermissement (( de: la religion protestante^ s'employant égalées ment à rétablir une paix constante dans ce (( royaume , pour la gloire de Dieu , l'honneur « et l'avantage de^Sa Majestéyet la sécui:<ité de (c ses trois royaumes. On' verra par l'exposé de « quelques faits commeut le parlement à été (f- découragé y retardé^ enipêché dans ce grand (( et pieùxi travail , paries perfides consens qui tx eovicO'BQeat. Sa Majesté. »
Le padement fait ensuite mention de son premier envoi 4e âo^ooo livres en Irlande > et du moyen avantageux qu'on «avait trouvé pour sou-
mettre ce pays par le secours de prêteut^ , sans charger la généralité des sujets, moyen qui, probablement, aurait procuré un million en argent , si lé Roi était demeuré à Londres oïl dans les environs , et n'eût pas , en quittant le parlement et en lui faisant la guerre , intimidé et découragé tellement les préteurs, que ce bill si bien combiné a perdu en quelque sorte son efficacité.
On expose ensuite qu'au moment où, à la charge des seuls prêteurs, cinq mille fantassins et cinq cents chevaux avaient été mis sur pied pour marcher au secours de la province de Munster, sous le commandement de lord . Wharton ,. lorsqu'il ne fallait plus qu'une commission du Roi pour autoriser ce lord à en prendre le commandement, tel fut le pouvoir des mauvais conseils que cette commission ne put être obtenue ; ce qui occasionna la perte de Limmericket les maux qui depuis n'ont cessé d'accabler la province de Munster;
Que des personnes bien intentionnées avaient, à leur charge et par voie de souscription , équipé douze vaisseaux et six pinaces , et trois mille soldats de troupes de terre pour le service d'Irlande^ et ne demandaient rien qu'une commission de Sa Majesté, On envoya à York deux fois pour avoir cette commission; les vaisseaux, prêts à mettre à la voile , attendirent trois semaines, pendant lequel temps il en coûta aux armateurs près de
. DU LOWG PARLEMENT. Sy
5oo livres par jour. Après quoi la commission fut refusée, et les armateurs, plutôt que de perdre leur expédition, furent obligés de Tentreprendre sous la seule autorisation d'une ordonnance des deux chambres ;
Que les lords juges d'Irlande avaient instamment demandé deux pièces de canon de siéjge dont ils avaient absolument besoin; mais les officiers de la Tour reçurent ordre de n'envoyer aucun des canons du Roi pour la défense de son royaume ;
Que Charles Floy d, ingénieur et quartier-maitre général de l'armée d'Irlande, et employé dans ce pays contre les rebelles , a été, par l'ordre exprès du Roi , rappelé de cet important service ;
Que le capitaine Green, contrôleur de l'artil-r lerie, employé dans l'armée et chargé particulièrcr ment, parle lord-lieutenant d'Irlande, de rassem-r hier et mettre en état le train d'artillerie qui devait être envoyé à Dublin , et qui avait reçu pour cela des sommes considérables , a été détourné de sa mission par un ordre du Roi pour venir le servir dans sa guerre dénaturée contre le parlement; et le parlement ayant envoyé à Chester six cents habillemens pour les pauvres soldats d'Irlande , William Whitakçr, qui s'était chargé de les faire conduire, fut attaqué près de Coventry par les soldats du Roi , qui s'emparèrent des six oeat$ habillemens, ainsi que de la voiture et des chevaux de ce pauvre homme , bien qu'on leur .dît
que ces habillemens étaient pour les soldats d^Irr lande^ et que le pauvre voiturier eût vu cinq fois le comte de Northampton pour obtenir qu'on lui rendît sa voiture;
Que trois cents autres habillemens envoyés de même par le parlement, avec une caisse de medicamens, ont été enlevés aussi sur la route de Chester, pour le service du Roi et par là cavalerie du Roi, sous les ordres dW capitaine Middleton, ainsi que les chevaux et la voiture du pauvre conducteur. Un grand nombre de chevaux de trait préparés , par ordre du parlement, pour le service de l'artillerie et des bagages de Parmée irlandaise , et envoyés dans cette vue à Chester, où ils attendaient le mor nient du passage, ont été mis en réquisition par le Roi pour son jservice actuel en Angleterre, et ses troupes sont tellement répandues sur les routes qui conduisent en Irlande , qu'il n'y a plus aucun moyen sûr de rien faire transporter jusqu'aux lieux où l'on peut s'embarquer pour y arriver;
Que le capitaine Kettleby et sir Henri Stradling, amiral et vice-amiral des vaisseaux destinés à croiser sur les côtes d'Irlande, pour harceler les rebelles et les empêcher de recevoir ni munitions^ ni secours des pays étrangers , ont été rappelés par le commandement du Roi , et , par suite de leur départ des côtes d'Irlande , les rebelles ont
DU LONG PARLEMENT, Sg
reçu des pays étrangers de la poudre, des munitions et d'autres secours.
D après ces détails , continue le parlement, on doit croire que les rebelles dlrlande sont soutenus par ceux qui veulent ici secourir les ennemis du parlement, surtout lorsqu'on voit que ces insolens rebelles ont osé dernièrement envoyer une pétition au Roi , oii ils s'intitulent les sujets catholiques de Sa Majesté en Irlande, se plaignent du parlement puritain d'Angleterre, et deman« dent, puisque Sa Majesté ne peut venir au milieu d'eux, comme ils l'avaient espéré, qu'il leur soit permis de venir eu Angleterre se ranger autour d'elle.
Le parlement donc , voyant en quel péril les desseins de ses cruels ennemis ont mis deu:i royaumes , a jugé à propos de pourvoir à leur sûreté en préparant une armée suffisante pour la défense du Roi et du pays ; mais il a considéré que la vaisselle, apportée par un si grand nombre de personnes bien intentionnées , ne pouvait être monnoyée aussi promptement que le demandait le service, et que, d'un autre côté, ce n'était point porter préjudice aux affaires du royaume , dont l'existence dépend du succès de cette guerre, que d'emprunter, sur l'argent déposé par les prêteurs, 100,000 livres, dont il avait décidé que le paiement aurait lieu dans un très-court délai j c'est pourquoi il a voté l'ordre
4o HI8TOIIi£
en question; et dansPintention de faire coninaitre à tout le monde qu'il n'est ni pernicieux , ni illé^ gai, ni injuste, comme Ta dit le Roi, la chambre d^s communes a jugé à propos de l'insérer ici textuellement , et , au lieu de le rétracter , elle s'engage à rembourser cet argent avec toute la promptitude possible;.
Ordre f dojuilleU
u II est ordonné en ce jour , par la chambre w des communes du parlement, aux trésoriers ç( nommés pour recevoir l'argent résultant de§ w souscriptions pour l'Irlande , de fournir immér ce diatement, par forme de prêt, sur la foi puce blique , au comité de. la chapibre des lords et u des communes , chargé de la défense du (f royaume, la somme dç 100,000 livres, pour « pourvoir aux besoins publics ^t à la défense du w Roi , du parlement et du royaume, pour cette (( somme être dûment et soigneusement remet boursée dans un si court intervalle de temp$ a qu'elle ne pourra être et ne sçra , çn aucune ma- « nière , détournée de l'emploi auquel on l'a de&7 « tinée , et que rien ne pourra invalider les acteç « déjà passés en faveur des prêteurs. »
Durant ces discussions par écrit, le Roi avait souvent changé de séjour et visité en personne beaucoup de villes. II fit, le 20 juillet, aux geuT
Dp LONG PARLEMENT. 4^
tilshommes de Leicester un discours rempli , selon sa maiiière ordinaire, de protestations d'amour pour son peuple et de sollicitude pour son royaume. De là, se rendant vers le nord, il adressa , le 4 ^oût , un discours du même genre aux gentilshommes du comte d'York; puis il rétrograda vers Nottingham et y planta son étendard royal. Il se rendit peu de monde autour de lui , et le Roi n'avait même pas , à cette époque, un grand nombre de troupes pour le garder ou le défendre, si l'on eût tenté de se saisir de lui. De Nottingham , le Roi envoya , le 25 août , un message au parlement par les comtes de Southampton, de Dorset et sir John Colepepper, membre de la chambre des communes , qui avait déserté le parlement et s'était rendu à York, où h Roi l'avait nommé , peu de temps auparavant, chancelier de l'échiquier. En voici le texte :
« C'est avec une inexprimable douleur de cœur « que nous voyons depuis long-temps les troubles tf de ce royaume ; notre âme est remplie d'anf< goisses et appliquée à chercher quelque re- « mède qui puisse prévenir les misères dans léser quelle^ une guerre civile est près de plonger (< la nation entière ; et bien que tous nos efforts, i< pour accommoder les malheureux différends « élevés entre nous et nos deux chambres du f< parlement, n'aient pas eu jusqu'ici, malgré le « zèle et la sincérité que nous y avons apportés ,
« le succès que nous en ayions esperë , cependant u tel est notre constant et ardent désir de mam- (c tenir la paix publique que nous emploierons y « sans nous laisser décourager^ tous les moyens « capables d'établir solidement^ s'il plaît au Dieu <v de miséricorde^ la paix et le bonheur de tous u nos bons sujets. A cette fin, remarquant qu'il c< est résulté plusieurs malentendus des mesce sages y pétitions et réponses qui ont eu lieu ce entre nous et nos deux chambres du parlement^ ce et , pensant que ces inconvéniens peuvent être ce évités par un autre mode de négociation , dans ce lequel les sujets de nos différends seront mieux ce compris et plus librement discutés , nous ee avons jugé convenable de vous proposer de ce nommer quelques personnes capables , pour ce traiter en nombre égal avec celles que nous ce aurons chargées de nos pouvoirs, et nous dé-» ce sirons qu'elles portent dans ces conférences ee toute la liberté nécessaire pour amener l'heuce reuse conclusion demandée par tous les hom-rr ce mes de bien y la tranquillité du royaume. En ee conséquence de quoi , comme nous vous pro^ ee mettons, sur notre parole de Roi , toute sûreté ce et encouragement pour ceux qui nous seront ce envoyés , si vous choisissez , pour les négociace tions, le lieu où nous résidons, ce que nous ce laissons absolument à votre décision, compce tant, de votre part, sur un soin pareil pour
a la* sAretë de ceux que nous emploierons si tous t( désignez un autre endroit ; de même nous tous u assurons^ nous et tous nos bons sujets^ qu'au- « tant que nous le saurons faire ^ nous ne mante querons à rie» de ce qui peut servir à Tayan- K tage de la vraie religion protestante^ repousser c< le papisme et la superstition y affermir la loi cf du pays^ sur laquelle est fondée aussi bien « notre juste prérogative que la propriété et la «f liberté des sujets , confirmer les légitimes pouce voirs et privilèges du parlement et nous rendre, f< nous et nos peuples, véritablement heureux ç< par un sincère accord entre nous et nos deux (( chambres du parlement. Apportez, de votre « part , une aussi ferme résolution dans Tac- « complissement dé' vos devoirs, et que tout « notre peuple s'unisse à nous pour prier le Dieu ic tout-puissant de répandre sa bénédiction sur f< cette œuvre.
ce Si vous rejetez cette proposition, nous aurons ce accompli si largement notre devoir, que Dieu ce nous absoudra du sang qui pourra être versé, et, ee quelque opinion que les autres puissent avoir ce de notre forcé , nous vous assurons que le pieux ce et chrétien désir de prévenir l'effusion du sang ee a été pour nous Tunique motif de cette propoic sition, étant si i)ien fournis d'hommes, d'ar- ^ mes et d'argent , que nous sommes à l'abri de
(c toute violence ^ jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu
« d'ouvrir les yeux de notre peuple. »
A ce message 5 en date du ^5 aodt 1642^ les lords et les communes répondirent en ces termes :
<c Avec le bon plaisir de Votre Majesté^ les lords « et les communes assemblés en parlement^ ayant ce reçu le message de Votre Majesté , en date du « 25 août 9 ressentent avec une grande douleur u l'état de trouble et les périls qui affligent ce « royaume. Nous avons ^ autant qu'il a été eu <ç nous , travaillé à les prévenir , par les diffé- « rens avis et pétitions adressés à Votre Majesté, « Nos efforts ont été non-seulemeut sans aucun H succès^ mais ont encore produit un résultat tel « qu'on n'avait rien vu de pareil en aucun temps , ce ni par suite d'aucun mauvais conseil^ savoir (i ces proclan^ations et déclarations contre les cr deux chambres^ par lesquelles leurs actes sont « taxés de trahison, et les membres qui les comi< posent , déclarés traîtres ; ensuite de quoi Votre « Majesté a levé son étendard contre le parléce ment, mettant ainsi les deux chambres et, par w conséquent, le royaume entier hors de votre pror ce tection ; en sorte que jusqu'à ce que Votre Ma-r « jesté ait rapporté ces proclamations et décla- « rations par lesquelles sont proclamés traîtres « ou délinquans le comte d'Ëssex et les deuj^ ff chambres, leurs adhérens et assistais , et tous
« ceux qui > conformément à leur devoir, ont ac- « compli el exécuté leurs commandemens et dite rections; et, jusqu'à ce que Tétendard élevé en « conséquence de ces proclamations ait été abattu, « Votre Majesté nous a mis dans tine telle situa- « tîôn que les privilèges fondamentaux du parce lement, les fonctions publiques qui nous ont été « confiées , le bien général et le salut de ce royau- « me ne nous permettent pas de faire , au mes- « sage de Sa Majesté, une autre réponse que « celle-ci (i)» »
Peu de jours après, le Roi envoya des ilistructions , scellées de son sceau particulier, à tous les membres de sa commission d'enrôlement , répandus dans les différéns comtés d'Angleterre et du pays de Galles, ainsi qu'au marquis de Her^tford, lieutenant-général , pour le Roi , de tous les comités de l'ouest, au comte de Cumberland, lord-
(i) Ce fut quelques jours après cette réponse, le â sep^ tembre, que le parlement donna ordi'e de fermer tous, les spectacles en raison des calamités de l'Irlande , et des malheurs qui menaçaient l'Angleterre , déclarant que les temps d'affliction publique doivent être consacrés à la prière et au repentir plutôt qu'aux jeux et aux divertrssenlens. ( Hist. parLj t. 2, col. i44<-) ^® ^^^ ^^ cette ordonnance, bieil qu'extrêmement religieux , est fort éloigné de cette couleur de fanatisme ou plutôt de bigoterie que prit plus tard le langage des actes publics, et qui distinguait déjà depuis longtemps la secte destinée à devenir momentanément dominante. {Note de rEditeur, )
« que nous ne pouvons revenir sur notre pre-^ i< mière réponse pour les raisons qui y Sont ex- « primées 5 car Votre Majesté n'a pas abattu son « étendard , ni révoqué les proclamations et dé- « clarations par lesquelles vous avez taxé de traic hison les actes des deux chambres du parlement^ « et déclaré traîtres les membres qui les com^ « posent. Vous avez même^ depuis votre; niessagè « du 25 août^reproduit cesaccusatiqns^dans vos fc dernières instructions à vos commissaires de « rëci^utement. Lor^ue votre étendait^'iera i( abattu^; que vos. déclarations ^ proclamations (I ou instructions! seront révoquées 9 ^VoU^eMa^ (c . jesté^ d'après notre bumble^pétition^ quitte éolk (< armée et vient, retrouver son fûiie^t^p péiàt K recevoir ses fidèles; i avis, VotreiMa|i8fi^é liera (f . accueillie par de tels témoignages dé-nétte îidé^ C( lité et de notre obéissance^ que vous verr^ « avec certitude; que vous ne pouirez trouver {i votre sûrefie , TOtiife honneur et votre dignité, « ailleurs que dàixs ViaSection de votre peuplé et les a siocères^consfiilsâevotsrè parlement, de cepar^ « . lement qiii ^ dans éés.^ibsrations: et d^m^ ises» «. cOnstans et infattg^hfes /efibirts , ai eu à sur^ (c monter des diiEcullés ihpoâes , seulement>pjptt^ « préserver votre "rdyauané de la vi(iii»ieei;deB u maux eît des dai^ei^ prêts, là raeicabler; At* ce if [)arlement qui:ihérite mieiix'dè Votre M^sijesté , êiiet- qui, représmtunt tout votre. rajràuÉnejHne
(( peut consentît à être mis en balaiice avee ceu^e <c dont les conseils et leà sentinaeiis furieux rétts^ (( sissent tellement à déjouer to^s nos eâPorts « pour secourir llrlande énssmglantéer^ quendtt^ « avons tout lieu de craindre que nos tftivau^t et a nos énornieÀ dépenses en iaveor d^ ce maihéii- (( reux royauBM ne denûteatmit absoluttiefi'ë êkù» « fruit. Désirant dtmc humblement qxié Toa»
« nous accordiiez rotpc pvés^nce^ itt)tis espéi'onsr « du jugement de Votre Majesté, qtt^tïlt c<m^ « ^etidra qu'il n'est point d'itutre tùùytn d^as^ « surer le bonbeur de Votre Majesté ellé^ttiéf^ê^ (ç et le saint de son royanme» ^
Le parlenaent publia aussitôt api^ tine décla^ ration portant qw , Âurcé de prendre les arme^ pour la conservation du royaume , des toiâ et d^ la liberté , il ne pourrait les déposer jusqu'à ce que le Roi eût retiré sa protection à ceux que les chambres avaient déclarés délinquans', et les eût abandonnés à la justice du parlement.
Le Roi , peu de joim» après , fit à cette dernière réponse du parlement une réplique portant en substance qu'il ne pouvait rien faire ^ ni rien offrir de plus qu'il n'avait fait, et qu'il se regardait comme pur et innocent du sang qui pourrait être répandu dans cette guerre , priant Dieu de le traiter, lui et sa postérité, selon la mesure de sa sincérité dans le désir qu'il avait témoigné de maintenir la religion , les lois et les
5o HISTOIRE
libertés de ses sujets^ et les privilèges du parlement. Le parlement répondit que^ selon son opinion , le Roi n'avait pas fait tout ce qu'il pouvait ou devait faire , tant qu'il mettait son honneur à protéger des délinquans dont le salut était incompatible avec la sûreté du royaume et le maintien des droits du parlement , exposés à tomber par là dans le dernier mépris. Le parlement ajoute qu'il est impossible ii aucun homme raisonnable de croire beaucoup à la sensibilité du Roi pour les sanglantes calamités de l'Irlande ^ quand on voit en même temps plusieurs des rebelles Irlandais , et leurs partisans reconnus ainsi que leurs agens^ admis en sa présence avec bienveillance et faveur, quelques uns même employés à son service.