‹ Histoire du Long-ParlementChapitre 17 sur 36 · I02 HISTOIRE · texte numérisé non relu

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toute la noblesse anglaise , étaient fort opposés à la guerre^ et seconderaient leurs démarches auprès du Roi.

Les corenantaireg, encouragés par ce rapport , renouvelèrent si obstinéosent leurs humbles pé«titions au Hoi, qu'après quelques messages de part et d'autre^ et Dieu voulanl se montrer favo^ rable ^le Roi permit que six d'entre eux Tinssent le I G juin traiter en personne dans la tente du comte d'Arundel ^ avec quelques seigneurs anglais* Le Roi daigna même ^ au bout de quelques jours^ assister à ces conférences; enfin, après beaucoup de protestations des coyenantaires et quelques explicationa du Roi avec eux , l'heureuse médiation de 8age$ et nobles conseillers amena une pacification solennelle , dont les articles donnèrent satisfaction h toutea les parties j seulement , les covenantaires^ écossais parurent mécontena de quelques expresi^ions , dont le roi s'était servi dans le préambule de l'édit de pacification. Il appelait, par exemple, leur dernier synode, /i«ei^dioesynodus glasguensis , et qualifiait leurs prépaie atifs d'armemens, de tumultueux, illégaux et

rebelles.

Cependant, sur leur humble reque^> le Roi conseptit, soit à effacer, soit à modifier quelquesunes des phrases les plus dures^ , comme aussi à expliquer plus clairement d'autres phrases ambiguës j» afin dç bannir la méfiance de l'esprit des

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peuples ; des copies de cet acte furent remises à diyers seigneurs anglais , qui s'étaient sincèrement appliqués à procurer cette heureuse paix , afin que si quelque doute s'élevait dans la suite , on pût les consulter sur Tifitention des contractans.

Le roi déclara aussi ^ pour la satisfaction des Écossais , que si quelques-unes de ses expressions pouvaient paraître dures , ses intentions à leur égard n*en étaient pas moins bienveillantes ; qu'il devait prendre soin de sa considération dans les pays étrangers ^ et qu'il était inutile de disputer sur des mots , quand les choses étaient arrangées et leurs demandes pleinement consenties^

Le Roi leur accorda , pour le 6 août suivant , un libre synode national^ et un parlement qui devait se tenir le no du même mois , pour confirmer et ratifier ce que le synode aurait décrété. Les Ecossais reçurent avec reconnaissance cette autorisation^ convaincus que c'était là l'unique et vrai moyen d'établir une paix solide dans l'Église et l'État.

Us se réjouirent aussi beaucoup de ce que le Roi leur avait promis d'être à Edimbourg à cette époque ; mais cette espérance fut déçue ; le Roi s*excusa, alléguant que des affaires graves et pressantes , dont îl était informé par les lettres de la Reine et de son conseil , exigeaient sa personne à Londres; il annonça qu'il enverrait à Edim-

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hourg un député^ muni de pleins pouvoirs pour tenir tout ce quHl avait promis ; ce fut le comte de Traquaîre.

Cette pacification fut solennellement conclue à la grande joie des gens de bien^ le 1 8 juin 1659 y les deux armées devaient être licenciées dans l'espace de quarante-huit heures , ce qui fut exe'cuté j et les Anglais et les Éco&sais retournèrent chez eux ^ rendant grâce à Dieu qui ^ sans effusion de sang^ avait termine ce différend^ et prévenu une guerre si méchamment projetée.

Mais cette joie dura peu, car le comte de Traquaire , commissaire du Roi, ne put s'entendre avec le parlement écossais. Les Écossais se plaignirent qu'on n'accomplissait rien de ce que le Roi avait promis dans la pacification, comme on le verra clairement plus tard;

Quoi qu'il en soit, à peine le Roi était-il de retour à Londres, que l'acte qui, au dire des Écossais , contenait les vraies conditions du traité , fut dénoncé par le Roi, et d'après sa proclamation brûlé de la main du bourreau. Aucun des articles de cet acte n'était mentionné dans la proclamation , et le peuple anglais ne fut nullement informé de ce qu'il contenait; aussi les Anglais commencèrent-ils à craindre grandement que les conseils qui avaient amené les premières dissensions , ne prévalussent encore à la cour , d'autant qu'on

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apercevait de nouyeaux préparatifs de guerre (i). Laissons pour quelque temps le parlement écossais. A la même époque lord Wentworth, lord député d'Irlande, arriva en Angleterre ; il fut reçu par le Roi avec de grandes marques de faveur et de crédit, honoré d'un titre plus élevé et créé comte de Slrafford. Les Anglais attendaient impatiemment quel serait reflet de son arrivée ; on avait en général une haute opinion de ses talens et de son habileté, et on le regardait comme le seul ressort sur lequel l'État ddt rouler à l'avenir. Mais^ comme je veux rapporter la vérité, je dois dire que , dans leurs conversations habituelles , les hommes éclairés de ce temps formaient des conjectures ti'ès-diverse* sur l'usage que ferait ce grand homme de sa capacité et de sa faveur. Quelques-uns, conformément à leurs désirs, considérant la rectitude des principes qu'il avait montrés d'abord , semblaient se flatter que toute la conduite qu'il avait tenue depuis son élévation n'à-

(i) « Quiconque prendrait sur lui, dit Clarendon, à « raconter tout ce. qui est relatif à ce traité , serait à coup « sûr obligé d'inventer son récit ; les négociations les plus « importantes se passèrent en conversation^ et très-peu de « choses furent rédigées par écrit. Parmi ceux qui prirent « pari à l'afifaire , on n'en trouve pas deux qui s'accordent « dans ce qu'ils en racontent , ni sur ce qui fut convenu, « ni même , ce qui est pis , sur le sens des conventions écri- » te«. n {Hist. de la RébelL t. i, p. 211.) {Not. derEdit,)

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Tait eu d'autre but que de se mettre trè&-bîeii arec le Roi y afin de' p&nyoir ensuite y par sa sagesse et «on crédit, obtenir un heureux empire sur le jugement et les affections du monarque, Fëloigner des raattvais conseils qui l'avaient long-temps envahi et le faire entrer dans des voies où il trouverait plu^ d'honneur et de bonheur. On pensait que le comte était assez sage pour comprendre ce qui convenait le mieuià un homme sage , et ce qui pouvait faire chérir sa grandeur en en assurant la durée. Mais d'autres , se rappelant la manière dont il avait gouverné en Irlande et son ambition, n'osaient espérer autant de lui ; ils craignaient qu'il n'eût pas assez de vertu pour risquer sa fortune, en s'opposant auxfnauvais conseils qui entouraient le Roi , ni assez de faveur pour parvenir à gouverner en chef; ils avaient peur qu'on ne l'eût fait venir seulement pour mener à bien l'œuvre coupable que des têtes moins fortes que la sienne avaient commencée. Ils pensaient qu'il se hasarderait plutôl à l'accomplir qu'à former de nouveaux et meilleurs desseins; car on a remarqué que peu de ministres se sont opposés à leurs princes et qu'ils les ont plutôt soutenus et secondés dans leurs mauvaises inclinations. C'est ce qui fait que peu de ministres ont détourné leurs princes des mauvaises routes oîi ils étaient entrés; ilssesonteux-^mémes écartés des bonnes intentions dans lesquelles ils semblaient être d'a-

bord. Aussi les hi&loriens n'ont-ils jamais attribué à Marcus Agrippa ni à Statilius Taurus , les mérites d'Auguste, ni imputé à Sejan les TÎces de Tibèrq, selon cette maxime de Macchiavel, recta oonsilia à quooumqiie prqficiscunturj à principe prudentid ; non autem principis prudçntia à rectia consiliis derivatur.

En ce temps^ le Roi déclara à son conseil l'intention oi* il était dç convoquer un parlement en Angleterre pour lecommencement d'avril suivant. Ou sembla s'étonner d'entendre quelque chose d'aussi nouveau que le nom d'un parlement; mais le long délai mis. à ^a convocation donna lieu de craindre quelque nouvel artifice^ d'autant que les jpréparatifs dç guerre contre l'Ecosse se pouraaivaient avec activité. Le lord député d'Irlande devait d'abord se rendre dans ce pays et y convoquer un parlement; il passa en effet la mer à la fin de décembre.

On ne savait pas quelle pouvait être sa mission; mais on aurait désiré que le parlement anglais çomn^ençât avant que les affaires d'Ecosse ne fussent poussées trop loin; car on présumait qu'une prompte convocation pourrait prévenir ime ^i triste guerre, et épargner à la ns^tiop le$ çbai'g^s que devaient accumuler jusqiji'^u mois d'avril tant de préparatifs militaires, qui ne pouvaient manquer de nécessiter un sub- Siide, 0» pensait qu'il valait mieux prévenir une

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