‹ Histoire du Long-ParlementChapitre 33 sur 36 · I. Sa · texte numérisé non relu

I. Sa

é(9B ËGLAIRGISSEMENS

rhomme le plut laborieux; d'une sagacité que ne pouvait tromper le plus fin ni le plus habile , et d'un courage per- •onnel, égal à ses plus éminentes qualités ; en sorte qu'on ne ^nyait le désirer pour ennemi , quand il était possible de t'en faire un ami , et que , comme ennemi y il était aussi à craindre qu'aucun homme le pût être. Sa mort ne fut donc pas moins agréable à l'un des partis, que déplorée par l'autre. £n un mot, on pouvait lui appliquer ce qui a été dit de Ginna, qu'il n'était aucun mal que sa tête ne fût capable de combiner, sa langue de persuader, sa main d'exécuter. Sa . mort parut donc une grande délivrance pour la nation. • .fHiëioiredmlaRébelbon, tom6,page86— 91.)

Sur r enlèvement du grand sceau d^ Angleterre et le départ du garde du sceau jLittleton pour rejoindre Charles /«% à York, (mai 1642.)

« Environ ce temps, il survint un événement qui troubla beaucoup la faction dominante, d'autant plus qu'elle ne s'y attendait pas. Le lord-garde-du-sceau quitta Londres et se rendit à York , et mit ainsi le Roi en possession de son grand sceau ; ce que tous les partis regardèrent alors comme un très-grand avantage. Le Roi était très-mécontent du.lord-garde-du-sceau , Littleton , qui n'avait pas agi pour lui aussi utilement qu'il l'avait espéré, avait perdu toute sa vigueur depuis le moment de l'accusation des cinq membres , et, au lieu de s'opposer le moins du monde à aucune des extravagantes discussions du parlement, avait soufifert en silence qu'elles eussent toutes leur cours. De plus , Littleton avait non-seulement refusé, comme on l'a dit, d'exécuter les ordres du Roi, relativement aux comtes d'Ëssex etHolland; mais il avait montré de grandes complaisances et fait grandement la cour à ce parti , dont les membres , dans les deux cbambres , avaient eu affaire à lui. Enfin , dans une question récemment soumise à la chambre des pairs , rela*tivement à la milice , il avait voté contre le Roi et la loi , au grand scandale et mécontentement des partisans du Roi.

u II jouissait , comme jurisconsulte , d'une grande réputation pour sa science et pour les autres qualités qui appar-tiennent aux hommes de premier ordre. 11 était d'une bonne famille du comté de Shrewsbury , et avait hérité de son père une fortune considérable. Il était d'une belle figure ; son extérieur était celui d'un homme conMBe il faut, et in-

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ftniment agréable. Il était connu pour le courage que dam ta jeunesse il avait manifesté les armes à la main. Il avait pris beaucoup de peine à s'instruire dans la partie la plus difficile et la plus compliquée des lois, aussi bien que dans celle qui était de l'usage le plus habituel. Il était non-seulement trës-expert et versé dans les livres, mais aussi dans la connaissance des registres et précédens légaux. Il s'était associé, pour ce trasvail, à M. Selden, avec lequel il était lié d*une étroite amitié, et qui lui avait été d'un grand secours; en sorte que , parmi ceux qui s^adonnaient à la pratique , il était regardé comme le plus fort dans la connaissance de la jurisprudence ancienne, et, par la seule supériorité de ses talens , s'était élevé au premier rang parmi les praticiens devant les cours de la loi commune. Il avait été nommé greffier de Londres , avant d'avoir été appelé au banc du B.oi , et était arrivé à la clientelle la plus étendue dans toutes JBB cours , soit de la loi commune , soit autres. Quand le B.oi regarda d'un peu plus près à ses affaires , et s'aperçut qu'il aurait bien des choses à faire à Westminster, il renvoya un vieux procureur général inutile et ignorant , qui avait été revêtu de cet emploi par la faveur de Buckingham, et Litlleton l'obtint à sa place , ce qui lui valut beaucoup plus d'honneur que de profit, car il se trouva privé par cette fonction du revenu qu'il avait d'abord tiré de sa pratique. A la mort du lord Coventry , Finch ayant été fait garde du sceau, Lîttleton fut promu à l'emploi de grand juge des plaids communs, alors le meilleur office de judicature. Il avait coutume de dire que , dans le secret de ses désirs , cet emploi avait été l'objet de sa plus haute ambition. Ce fut , en effet , la sphère oîi il parut avec le plus d'éclat et d'avantage; il possédait toute la science requise pour de pareilles fonctions, et était un excellent juge, d'une haute gravité, et au dessus de tout soupçon de corruption.

« Tandis qu'il occupait cet emploi, l'archevêque de Can-

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torbéry et le comte de StrafFord engagèrent le Roi à l'appeler au conseil oii il soutint sa réputation ; et , lorsque le lord Finch quitta le royaume au commencement du parlement, on le regarda, à beaucoup d'égards, comme l'homme le plus propre à remplir sa place. Le comte de StrafTord p lorsqu'il eut été mis à la Tour ; demanda que Littleton fàt nommé baron, espérant que, par son autorité et sa connaissance des lois , il s'opposerait trës-utilement aux procédés extraordinaires et inexcusables du parlement; mais, du moment oii Littleton fut chargé du grand sceau , il sembla hors de son élément ; et dans les affaires même de la chancellerie , quelque expérience qu'il eût de la pratique et des procédés de cette cour, il se montra frappé de perplexité, d'irrésolution , et ne dépécha pas, comme on aurait dû s'y attendre, les affaires du conseil. Il ne conserva dans le parlement aucune dignité , et tomba dans un si complet abattement , que presque personne ne lui témoignait plus d'égards, si ce n'est ceux qui étaient le plus opposés au Roi; ceux-ci, à la vérité , s'attachèrent extrêmement à lui et en furent reçus avec une égale bienveillance. Ses amis attribuèrent ce changement à une grande maladie dont il avait été saisi peu après avoir été fait baron , et dont. tout le monde avait cru qu'il mourrait. Elle l'avait empêché plusieurs fois d'aller k la chambre ; en sorte qu'il ne rendit au comte de Strafford aucun des services qui avaient été l'unique objet de sa promotion ; à compter de cette époque il ne fut plus le même homme. Mais certainement ce changement avait une autre cause que sa maladie , et il était préocupé de quelque crainte sinistre qu'il ne pouvait maîtriser, et n'aurait confiée à aucun de ses amis.

« M. Hyde , un de ceux à qui le Roi se fiait le plus dans la chambre des communes , et qui avait toujours eu une grande estime pour le garde-du-sceau , fut aussi troublé que personne de sa conduite ; comme il le voyait fréquem,*»

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ment, il alla le trouver à l'occasion du vole sur la milice, , et lui dit. sincèrement, et avec une grande liberté , combien il avait perdu dans l'estime de tous les honnêtes gens , et que le Roi ne pouvait qu'être excessivement mécontent de lui. Il ajouta encore plusieurs choses au sujet de ce vote : bien que le garde du sceau ne sut pas alors que le Roi accordât secrètement tant de confiance à M. Hyde, il savait très-bien que Sa Majesté en avait très-bonne opinion, et, dès le commencement du parlement, il avait sou\ent entendu le Roi , lorsque l'entretien tombait sur les jurisconsultes de la chambre, prendre cette occasion de parler de M. Hyde , comme d'un homme dont il avait ouï dire beaucoup de bien; ce que le garde du sceau avait souvent rapporté à celui-ci. Il connaissait aussi , l'amitié qui existait entre le lord Falklahd et M. Hyde, et savait combien de méfiance commençaient à exciter les fréquentes communications qu'avait celui-ci avec les deux nouveaux conseillers privés. ^

« Ce fut dans soiji cabinet à Exeterhouse que M. Hyde lui tint ce discours , qu'il écouta avec toute l'attention possible. A peine M. Hyde avait-il commencé à parler, que lord Littleton se leva de sa chaise pour all^r à la porte de son cabinet, et voyant quelques personnes dans la chambre prochaine, il les pria de se retirer, puis il ferma la porte de cette chambre et celle de son cabinet , revint s'asseoir, fit asseoir aussi M. Hyde , et commença par le remercier beaucoup de son amitié , dont il avait , dit-il, fait toujours grand cas , ajoutant qu'il ne pouvait lui mieux témoigner l'estime qu'il faisait de cette amitié et de lui , qu'en lui parlant aussi librement qu'il allait le faire. Alors , il déplora sa propre situation , et le malheur d'avoir été tiré de la cour des plaids communs où il connaissait et les affaires et les personnes avec qui' il avait à traiter, pour être élevé au poste éminent ©il il se trouvait alors , qui l'obligeait à communiquer et à traiter avec des hommes d'une autre sorte , et qu'il ne con-

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naissait pas, sur des afiaires qu'il ne comprenait pas, et sans trouver parmi eux un seul ami avec lequel il put conféref •ur les doutes qui s'élevaient dans son esprit*

« Il parla du malheureux état des afiEaires du Roi , di* sant combien il avait été et était enoore trabî par cen^ qui l'entouraient. Il s'exprima avec tonte l'indignation po»? sible contre les procédés du parlement , et afonta que 14 faction ne ferait jamais tout cela , si elle n'était résolue d'êa faire encore davantage; qu'il connaissait trop bien le Roi^ et avait trop, bien observé la conduite de divers individus, aîiisi que le cours généra Ides araires publiques depuis ces cinq ou «ix derniers mois, pour ne pas prévoir qu'avant peu la ^erre aurait lieu entre le Roi et les deux cliarabres , et il reniar^ qua'de quelle importance il serait alors pour le Rni d'nvoir avec lui le grand sceau. U se rqiandit alors en expressimv de respect et d'affection pour la personne du Roi , aussi bien que pour sa haute dignité ; ajoutant que personne n'étaîi plus prêt que lui à mourir avec et pour Sa Majesté ; que c'était parceqn'il prévoyait cette nécessité qu'il s'était con-<duit avec tant de complaisance pour le parti, afin de le rendre favorable à leurcause» on d'obtenir du utoins qu'il ne se mé* fiât point de lui. Il savait que beaucoup de gens avaient tÂdié d'élever des soupçons contre lui, et que peu de jours auparavant il avait été délibéré sur la question desavoir si, dans la crainte que le Roi n'envoyât chercher le sceau , ou ne le l»i retirât , il ne serait pas bon de le mettre en quelque lieu sAt oii l'on ne courrait pas risque de le perdre , et d'oit legalnledu sceau le recevrait toutes les £ois qu'il lui aérait néeessaiTe|>oiir l'exécution de son office ; car^ 4lu reste , on ne vimlnit pas le désobliger. C'était la connaissance qn'^il a'vait eue dé cetle délibération , et la crainte qu'on n'y donnât suite^ qui ,dav« les derniers débats sur la milice, l'avaient engagé à voter d'une manière propre , il le savait, à donner de tres-ïlicbéusés im* pressions au roi et à beaucoup d'autres personnes dont il n'é-

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Uât pas bien connu. Mais s'il ne s'était soumis sur ce point à l'opinion du parti, le sceau lui edt été enlevé le jour même, tandis qu'en accédant par son Yote , qui ne pouvait porter préjudice qu'à lui et non pas au Roi , il avait si bien gagné leur confiance , qu'il était en état de conserver le •ceau entre ses maios, jusqu'au moment oii le Roi le lai demanderait , et qu'alors il serait tout prêt à le porter à Sa Majesté.

« Ce discours fit grand plaisir à M. Hyde , qui denaanda à lord Littleton s'il lui permettait , quand il en trouverait roccasi<m , d'assurer le Roi qu'il était prêt à lui rendre ses services , aussitôt qu'il en serait requis. Lord Littleton le pria de le faire , et de transmettre au Roi la parole qu'il donnait d'exécuter ce qu'il venait de promettre aussitôt qu'il plairait à Sa Majesté ; ils se séparèrent là-dessus.

« Ce fut très-peu de jours après que le Roi , excessivement mécontent et irrité de la conduite du garde-du-sceau , en- 1N>ya au lord Falkland l'ordre de lui redemander le sceau. La volonté du Roi était positive en ceci, bien qu'il ne fût pas encore déterminé sur le choix de l'homme qu'il mettrait à la place de Littleton. Sa Majesté comprenait aussi les deuxautres amis (t) dans sa consultation, leur demandant d'examiner s'il fallait confier le sceau au lord-grand-juge Banks, ccm Ire lequel elle faisait elle-même quelques objections, ou à M. Seldea; elle exigeait qu'ils lui fissent connaître, sur-le-champ, leur opinion à ce sujet. L'ordre de demander le sceau au titulaire actuel, était positif; mais les trois amis ne savaient qui indiquer pour le remplacer ; le lord-grand-juge Banks paraissait aussi effrayé que l'autre , et bien que ce fût un homme 'de grand talent et d'une honnêteté sans tâche , on ne le croyait pas suffisant pour un tel emploi dans des cîrcons-

(0 M. Hyde et sir John Colepepper.

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tances si orageuses. Ils ne cloutaient pas de TafTection de M. Selden pour le Roi ; mais , en n^éme temps, ils le connaissaient trop bien pour n'être pas certains qu'il refuserait la place si elle lui était offerte. Il était âgé , d'une santé délicate , depuis long-temps accoutumé à ses aises , et les aimant beaucoup. Il était riche , et n'aurait pas entrepris un voyage à York , ni consenti à coucher hors de son lit pour toutes les places du monde , dont il ne s'était jamais soucié.

« Tous trois étant d'avis qu'il ne fallait offrir le sceau nî à l'un ni à l'autre, M. Hyde leur raconta la conversation qu'il avait eue avec le garde-du-sceau, et les promesses que lui avait faites celui-ci ; il ne doutait pas qu'il ne les exécutât très - ponctuellement. Il proposa donc qu'en faisant part au Roi de leur opinion sur les deux personnes dont il leur avait parlé, ils lui conseillassent de suspendre sa résolution à l'égard du garde-du-sceau, et de lui écrire avec bonl« de lui rapporter le sceau, plutôt que de le lui redemander et de l'en dépouiller. Il offrit de s'engager auprès du Roi pour le garde-du-sceau , que celui-ci obéirait aux ordres de Sa Majesté ; mais aucun des deux autres ne fut de son avis. Ils n'estimaient pas le garde-du-sceau , et ne croyaient pas qu'il se rendît auprès de Sa Majesté, si elle le faisait demander, pensant qu'il trouverait quelque détour pour s'en excuser. Il leur répugnait donc que M. Hyde hasardât sa réputation sur sa parole. Il les pria alors de considérer combien il était absolument nécessaire que le Roi se déterminât d'abord sur le choix de la personne à qui il voulait confier le sceau , avant de le tirer des mains oii il était alors ; car il ne pouvait être oisif, sans que la justice du royaume ne se trouvât en désordre, et sans exciter de plus grandes et plus justes clameurs qu'il ne s'en était encore élevé ; il/ fallait , d'ailleurs , prendre grand soin qu'il ne fût au pouvoir de personne de le refuser, ce qui serait encore plus préjudiciable à Sa Majesté. Il les pria , par-dessii» tout, de bien

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réfléchir que l'affaire était surtout de faire arriver le gran4 sceau au lieu oii Sa Majesté s'était déterminée à résider^ et que si lord Littleton tenait sa promesse , et voulait servir le Roi , ce qu'il y avait de mieux incontestablement , c'était de les avoir, lui et le sceau. Si , d'un autre coté , Littleton manquait à sa parole et ne craignait pas d'offenser le Roi, il refuserait de remettre le sceau, et informerait les lords de sa désobéissance, que la faction le louerait; récompenserait et le prendrait en faveur , qu'alors il serait à l'avenir à la disposition des factieux ; ce qui serait un plus grand mal qu'on ne pouvait l'imaginer, et que le grand sceau de Sa Majesté serait journellement employé contre elle , sans qu'il fût possible , avant plusieurs mois , d'en avoir fait faire un nouveau.

« Ces objections leur parurent de quelque poids , et ils se résolurent de rendre compte dii tout au Roi et d'attendre ses ordres. Lord Falkland et M. Hyde écrivirent à Sa Majesté et envoyèrent leurs lettres le soir même. Le Roi approuva leurs raisons, et fut bien aise que M. Hyde eut tant de confiance dans le garde-du-sceau. Quant à lui cependant, dit-il , il en doutait toujours , et était déterminé à envoyer, l'un des jours de la semaine suivante, chercher le sceau et le garde-du-sceau , ajoutant que ce serait , comme on le lui avait conseillé , le samedi dans l'après-midi, aussitôt que la chambre des lords aurait fini sa séance , afin qu'on n'eût connaissance de rien jusqu'au lundi. M. Hyde , qui avait continué à voir fréquemment le garde-du -sceau , et se fiait de plus en plus à sa droiture , alla chez lui, et le trouvant ferme dans sa résolution, et persuadé, d'après la violence des chambres, qu'il ne fallait pas tarder long-temps , il lui dit qu'il lui arriverait un message dans la semaine suivante; que lui, M. Hyde, le verrait encore une fois pour l'avertir du Jour, et qu'alors il se rendrait avant lui à York , ce qui fil grand plaisir k lord Littleton; il fut convenu, entre les Iroii amis^ qu'il était temps, qu'il fallait qu'il partît dans

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un jour ou deux , le Roi ayant eu soin de l'envoyer chercher un peu d'avance , et qu'alors la déclaration du ig mai sur la milice aurait passé.

Le samedi suivant , entre deux ou trois heures de Taprësznidi , M. Elliot , valet de chambre du prince , se rendit chez le garde-du-sceau , et le trouva seul dans la chambre oii il avait coutume de se tenir ; il lui remit une lettre écrite de la main du Roi, dans laquelle celui-ci le priait, avec beaucoup d'expressions de bonté et d'estime, de se rendre promptement auprès de lui , ajoutant que si son indisposition (car il était souvent tourmenté de la gravelle et d'une rétention d'urine) ne lui permettait pas de faire le voyage aussi rapidement que l'exigeait la circonstance, il fallait qu'il coniîât'le sceau à celui qui lui portait la lettre , et qui , étant jeune et fort , ferait toute la diligence nécessaire ; en sorte que lui pourrait faire son voyage avec les précautions qu'exigeait sa santé. Le garde-du-sceaû fut surpris du choix du messager qui ne lui plaisait pas , et plus encore lorsqu'il le vit instruit du contenu de la lettre qu'il se flattait qu'on n'aurait pas communiqué à celui qu'on en* verrait. Il répondit avec beaucoup de réserve, et quand l'autre , qui n'était pas poli, lui demanda assez brutalement le sceau qu'il n'imaginait pas devoir sortir de ses mains, il répondit qu'il ne le rendrait qu'au Roi lui-même ; mais ensuite se remettant et relisant la lettre , il fit promptement réflexion qu'il y aurait danger à emporter le sceau* avec lui, parce que si on le poursuivait et qu'on le prît , ce qu'il avait tout lieu de craindre , le Roi se trouverait trompé dans son attente et privé du sceau qu'il mettait avec raison tant d'importance à posséder , et qu'alors on lui imputerait son malheur à crime , et qu'on le soupçonnerait d'une infidélité que certainement il détestait du fond du coeur. Il pensa que le seul moyen de prévenir cet inconvénient , ou du moins de

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paraître innocent de la chose , était de remettre le sceau k celui que le Roi avait chargé de le recevoir. Ainsi ^ gans rien dire à M. Elliot de ce qu'il comptait faire , il mit le sceau, entre ses mains. Celui-ci monta sur-le-champ à cheval , fit la route avec une diligence extraordinaire , et porta le sceau à Sa Majesté y qui fut trës-satisfaite de l'avoir et très-contente de son messager,

« Le garde-du-sceau dit ce $oîr--là qu'il 4^tait indisposé et se coucherait de bonne heure , qu'ainsi il ne fallait laisser entrer personne chez lui. Alors il fit appeler le sergent qui était chargé de la garde du sceau , et en qui il avait avec raison. une trës-grande confiance , et lui dit sans détour qu'il était déterminé à partir le lendemain matin pour aller trouver le Roi qui l'avait mandé, qu'il savait bien combien par cette démarche il exciterait le ressentiment du parlement, qui prendrait tous les moyens possibles pour se saisir de lui , qu'il ne savait même pas comment il pourrait faire le voyage. Il se remit donc entièrement entre ses mains , le chargea d'avoir soin que ses chevaux fussent prêts le lendemain matin, lui dit qu'il viendrait seul à sa suite, et lui servirait de guide pour le conduire par le meilleur chemin , ne voulant communiquer son dessein à personne qu'à lui. L'honnête sergent eut beaucoup de joie de cette proposition , et prépara de très-bon cœur tout ce qu'il fallait pour le voyage. Il envoya les chevaux hors de la ville. Le garde-du-sceau monta en voiture le lendemain de très-bonne heure, et aussitôt qu'ils furent hors de la ville , lui , le sergent et un seul valet montèrent à cheval , et , comme on était au commencement du mois de juin , ils firent cette première journée si forte ^ qu'avant la fin du troisième jour lord Littlelon baisa la main du Roi à York.

II avait eu soin d'assigner , pour la séance du lundi de la «hâmbre des pairs , une heure plus avancée qu'à l'ordinaire.

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Le dimanche se passa sans que personne remarquât l'absence du garde-du-sceau , et plusieurs personnes , sachant qu'il n'était pas à sa maison , le crurent à sa maison de campagne de Cranford , oii il se rendait souvent le samedi soir, revenant le lundi d'assez bonne heure pour la chambre. Fies lords consentaient volontiers à ce que , ces jours-là , la séance commençât plus tard ; mais , lorsqu'on sut le lundi matin à quelle heure et de quelle manière il avait quitté sa maison , le désordre fut grand dans les deux chambres ; et ceux qui s'étaient imaginé avoir tant d'influence sur lui qu'ils se croyaient instruits de toutes ses pensées, et en avaient pris et donné aux autres une grande idée de leur importance , baissaient la tête , éperdus de honte ; et bien qu'ils crussent certainement qu'il était déjà hors de portée lors de l'ouverture de la séance, cependant, pour manifester leur indignation contre lui , et dans l'espérance que ses infirmités l'auraient retenu quelque temps en route (personne en effet ne supposant qu'il eût pu faire ce voyage avec la diligence qu'il y mit) , ils donnèrent , pour se saisir de sa personne , un ordre tel qu'il semblait qu'il s'agît du scélérat ou du meurtrier le plus odieux. On le fit imprimer et répandre par exprès , avec la plus grande diligence, sur toute la surface du royaume.

•t On a rapporté ici , avec le plus grand détail , toutes les circonstances qui précédèrent et suivirent le voyage * du garde-du-sceau à York , par un sentiment de justice envers la mémoire de ce noble personnage dont l'honneur a beaucoup* souffert dans l'opinion d'un grand nombre de gens , par suite des vanteries de celui qui avait été chargé de lui demander le sceau et l'avait reçu de lui. C'était un homme qui parlait haut , et avec hardiesse , et qui aurait voulu faire croire que c'était par sa résolution et sa fermeté qu'il avait enlevé à lord Littleton le grand sceau , malgré

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$es dents. Quelque impossible que fût la chose, elle ne trouva que trop de crédit, et c'est pourquoi on a exposé ici le fait tel qu'il est, dans un récit exact, et qui ne contient autre chose que la vérité due à celui qu'il concerne. » {Hist. de la Rébellion j par Clarendon, tom. 3, pag. 34 1-348; tom. 4 1 P^g* i~8* )

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Sur les motifs qui déterminèrent un grand nombre de mem^ bres des deux chambres à quitter le parlement et à rej oindre le Roi, e« 1642.

« D'après ce qu'on à dit du nombre et de là qualité des pairs , qui, ens'absentantde la chambre , et se rendant auprès de Sa Majesté, firent clairement connaître qu'ils étaient opposés aux résolutions d'oii naquirent tant de désordres , on pourra s'étonner un jour que ces pairs, et ceux des membres des communes qui, alors et dans la suite, se déclarèrent pour le service du Roi, et qui composaient réellement la moitié, ou près de la moitié de cette chambre, n'aient pas mieux aimé, par leur active et fidèle assiduité dans les chambres , et conformément à la mission qui leur avait été confiée , s'opposer à ces pernicieuses mesures , que de quitter leur poste, et de laisser ainsi des hommes dont les funestes intentions étaient déjà assez manifestes, en possession du crédit , de l'autorité et de tout le pouvoir d'un parlement, avec la certitude que le peuple serait aisément et grandement séduit par eux. Je ne veux ni ne puis excuser ici les hommes qui, depuis le commencement de ce parlement , soit paresse ^ négligence , irréflexion ou lassitude , se sont dispensés d'y assister dans un temps oii ceux qui projetaient ces prodigieux changemens étaient réellement en très-petit nombre , et ne parvenaient journellement à en amener d'autres à leur opinion , que parce que ceux qui s'y opposaient ne se montraient pas également actifs et appliqués à soutenir la leur. Je n'excuserai pas davantage les pairs qui , se trouvant quatre contre u« , se sont laisséft duper , persuader et forcer par des menacea, à l'abandon de leurs droits; et cela,

5ia ÉCLAIRGISSE&IENS

par une poignée d'hommes , que , dans le commencement , ils auraient pu aisément écraser. Dans la chambre des communes , au contraire, les principaux njieneurs étaient des hommes de talens remarquables , de beaucoup de réputation, d'une admirable dextérité, prétendant à une sévère justice , et à beaucoup de régularité ; le nombre des faibles' ou des esprits étroits , qu'ils devaient naturellement diriger, faisant toujours la majorité , ils se trouvèrent toujours, des l'origine, en élatd'emportei tout ce qu'ils avaient visiblement à cœur de faire passer , ou au moins de décréditçr et de dépopulariser tout homme contre qui ils jugeaient nécessaire de procéder , fàt-il en possession de la réputation la plus irréprochable, et n'élevât -on contre lui que les plaintes les plus frivoles. Ainsi il était impossible qu'ils lie fussent pas redoutables dans cette chambre , si ce n'est aux hommes les plus élevés au-dessus de toutes les considérations vulgaires.

« Mais je ne doute pas que quiconque repassera avec soin les différens faits qui ont eu lieu dans les deux chambres , depuis le temps de la publication de la première remontrance, lorsque Sa Majesté revint d'Ecosse, jusqu'au temps dont nous parlons , ne pense que le parti pris par un si grand nombre de membres de se rendre , comme tous les lords et quelques membres des communes en avaient reçu Tordre exprès , soit auprès de Sa Majesté, soit au lieu ou ils croyaient être le plus utiles à Sa Majesté, pour la conservation de la paix dû royaume , était un acte , non-seulement de devoir, mais de prudence, et une conduite digne de sages et honnêtes citoyens. Dans la chambre des pairs , les évéques , qui avaient autant de droit d'y siéger, et étaient aussi bien membres du parlement qu'aucun des autres lords, ^ en avaient été, pour la plupart, éloignés par la force et par une violence positive; depuis lors avait passé le bill qui excluait de leur siège tous les hommes de leur ordre. Ceux

ET PIÈM9 mSTOIUQUES, SiS

des pairs qui étateot léjim coimhis {wmt IMir «ai gOMvernement actuel de Téglise , élaie&t publîqvaflaent mesacés par la populace; quelqae«-«aa même en avalait éiè attaqués. L'affaire de la milice avait été deux fins re jetée dans la chambre haute y après des débats solemi els ^ jusqu'à ce qu'enfin une telle violence se fut m«iifestée aux portes de la chambre même» et qu'au dedans les menaces et les accusations contre ceux qui refusaient dé consentir à cette affaire eussent été portées à ce point qu'auemi de ceux, qu'on avait remarqués pour s'opposer auxtiatfmtes volontés de la faction, ne pouvait croire sa vie à l-'abrî du dan* ger dont le. menaçaient des. mains brutales ; quelqvés-uns avaient été déclarés ennemis dje leur pays, pour avoir refusé ce qu'il était légalement en leur pouvoir de refuser ; 'd'autres avaient été accusés criminellement par les communes pour des paroles prononcées dans les débats de la chambre des pairs , ensuite de quoi plusieurs reçurent , par lettre , l'ordre spécial de se rendre auprès de Sa Majesté. t)e semblables lettres avaient toujours été regardées comme un bon, légal et suffisant motif pour s'absenter de la chambre^ et depuis le commencement des parlemens jusqu'à ce jour , on n'avait jamais négligé d'obéir à des ordres de ce genre. Ces membres n'eurent pas été quelques semaines avec Sa Majesté que, sur un avis faux et extravagant, deux d'entre eux furent, sans plus d'examen , déclarés ennemis du royaume , et neuf autres , sur une accusation portée contre eux par la chambre des communes, furent déclarés incapables de siéger dans la chambre des pairs, pendant la session, uniquement à cause de leur absence ; décision qui rentrait uniquement dans la juridiction des pairs, et par suite de ce jugement , eussent-ils voulu revenir , ils se trouvaient exclus de leur chambre.

N Dans celle des communes , le cas était pire eticore« Eni premier lieu , ceux qui avaient réclamé cette liberté essen-»

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tielle à wn pad«aiMit ^ et ^i, oonfermëment à leur opinioPf avMent fcénoî^oé lear âoignement et leur répugnance pour ce que le parti violent ponrsniyait avec tant de véhémenœ y avaient été , comme on Ta dit , proclamés ennemis de leur pays, d lewre écrits avaient été placardés, sur papier ou parchemin, dans les lieux les plus visibles, accompagnés de quelque épitbète ignominieuse; bien que la chose ne fat avouée ni autorisée par aucun acte public de la chambre, cependant, conime, lorsqu'on s'en plaignit, il ne fut nen fait à cet égard y et que la plainte fut d'ailleurs très-peu encouragée , on en put conclure que cette violation des pririléges de la chambre ne lai était pas désagréable. Ainsi , par ce qui a été exposé ici en détail avec sincérité , il est évident que , si les émeutes n'étaient pas directement provoquées par la chambre, elles y trouvaient un appui et un enoou'ragement.

« Alors, ce qui avait été rejeté après des débats solennels et étendus dans' une chambre complète , fut plusieurs, fois repris dans une chambre incomplète , à des heures inusitées et non parlementaires , et décidé en sens contraire des premières conclusions. Cependant les membres de la minorité se bornaient alors à faire ce qu'ils regardaient comme leur devoir et à s'opposer à ce qu'ordonnait la majorité. Ils espéraient que les esprits finiraient bientôt par s'éclairer; que bien, qu'on us&t quelquefois, contre le Roi , d'expressions violentes et irrespectueuses, on s'abstiendrait d'actions dangereuses et illégales ; qu'enfip du moins on n'obtiendrait jamais de la chambre des pairs de se joindre ou de concourir à aucun acte préjudiciable au pouvoir souverain. Mais quand on vit que la majorité de la chambre des communes avait eu l'adresse de rendre la minorité de la chambre des lords trop forte pour la majorité , et qu'en même temps que tous se montraient jaloux jusqu'à la fureur des* privilèges du parlement a l'égard du Roi, les chambres elles-mêmes atta-

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qu^ent là racine de toûs leurs pmilëges ; que , d'après des considérations purenient métaphysiques j on s'emparait de la milice du royaume , ce qui ne devait avoir lieu qu'en cas de nécessité ; que y malgré l'ordre du Roi, on lui donnait un chef contre le gré du Roi ; que le parti y maître d'exécuter ses résolutions quand il lui plairait , avait pris celle de nommer un générai ( résolution bien connue avant le temps oh ce grand nombre de membres se rendit à York et en d'autres endroits y et mise à exécution trois on quatre jours après ) , beaucoup de gens pensèrent qu'il était temps de mettre leur innocence à couvert , et que , puisque par la marche et les réglemens de la chambre des communes , ils ne pouvaient pas, comme les lords, laisser une protestation, comme un monument ou un témoignage de leur opposition aux résolutions ou actes illégaux ,ils n'avaient d'autre moyen de faire connaître leur éloignement pour tout ce qui se faisait , que de n'y pas concourir p^r lear présence. On pensa , av^ec raison , comme il n'y avait pas d'autre moyen de faire la.chose paisiblement et avec sûreté, que le peuple, en comparant le nombre de ceux qui étaient demeurés présens à ces actes nouveaux, et la qualité, le nombre , la réputation de ceux qui s'étaient absentés , en serait plus facilement déterminé à préférer les anciennes lois. du royaume à ces votes inouis qui enétaientlade8truction,etn'émanaientqued'unpelitnombre d'hommes , s'intitulant eux-mêmes les deux chambres du parlement ; que ce serait donc un bon moyen pour agir sur la conscience et les sentimens modérés de ceux qui demeuraient en arrière, et les convaincre de la nécessité d'employer tous leurs efforts à amener, par quelques démarches convenables auprès de Sa Majesté , un heureux et général accommodement, capable de tout réunir et d'établir les privilèges , la dignité et la sûreté du parlement sur leurs vraies et légitimes bases.

« A la .vérité , quelque raisonnables que pussent paraître

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ces espérances , elles n'eurent |res l'effet qu'en en attendait , de rwnener ies m^es k la benne foi ; an contraire , des hommes qu'avait ferl dérangés la ]iréseace de ceux qnive* naient de se retirer , et qoe lanr opposition empêchait d'aller ansM YÎte qn'ils l'auraient veulu dans le mal qu'ils projetaient, £arent enchantés d'en être débarrassés. Cependant , oensidéraot bienlât q«el eilei cette séparation pouvait produire snr l'esprit des hommes éclairés y ils trouvèrent moyen de jeter le blime sur ceux qui étaient «bsens, et de prévenir en même temps les inconvéniens qu'ils pouvaient avoir à craindre de leur retour. Ils publièrent un ordre pour que tons les membres absens eussent k comparaître tel jour , sous peine y pour chacun, de cent livres d'amende ; et quiconque ne paraissait pas au jour désigné , qu'on n'avait pas mis k un terme assez long pour que ceux qui étaient loin eussent le temps de s'y rendre , ne devait plusse permettre de siéger dans la chambre avant d'avoir payé l'amende et expliqué k la chambre , d'une manière satisfaisante , le motif de son absence ; si bien que tous ceux qui étaient avec le Roi y et le nombre beaucoup plus considérable de ceux qui s'étaieut réellement éloignés pour se rafraîchir l'esprit y ou par raison d'affaires , et avec le projet de revenir , comprirent clairement qu'ils étaient définitivement exclus de la chambre; ii était clair, en effet, qu'on n'approuverait jamais les motifs de leur absence, si on ne voulait pas de leur personne et qu'on n'approuvât pas leurs opinions. La chose fut bientôt prouvée, car le jour ne fut pas plutôt passé, que, sans être autorisée par aucun précédent, et sans aucune apparence de droit , la faction expulsa un grand nombre de membres, quelquefois jusqu'à vingt par jour, non-seulement de ceux qui étaient avec le Roi , mais d'autres qui lui avaient également déplu ; et elle ordonna que de nouveaux ^vnts fussent envoyés pour qu'on élût d'autres membres à leur place.

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« On ne saurait nier qu'il ne soit resté à la chambre quelques hommes d'une grande honnêteté et intégrité. Ils s'opposèrent, avec beaucoup de courage et de liberté, aux procédés impossibles à justifier qu'on j suivait alors. On le leur permit beaucoup plus facilement qu'on ne l'avait fait auparavant , dans le temps ou le nombre des opposans était plus grand ; et il se peut faire qu'il se trouvât encore dans cette chambre quelques hommes qui se reposaient sur l'idée d'avoir fait leur devoir en refusant toujours leur consentement à toutes les décisions séditieuses ou illégales. Mais j'en appelle à la conscience de ces hommes eux-mêmes ; en demeurant à la chambre , n'ont-ils pas été plusieurs fois contraints par la force et la terreur de concourir ou de se soumettre à plusieurs actes contraires à leur conscience dans les matières de loi et de droit y contraires à leur jugement et à leurs lumières , contraires aussi à leur serment et à la fidélité qu'ils avaient jurée au Roi ? Je leur demande si, dans le cas ou ils s'y seraient refusés , ils n'auraient pas été pillés , expulsés, mis en prison. On ne saurait donc blâmer ceux qui, pour conserver leur innocence et leur liberté , ont mieux aimé encourir toutes les censures , tous les embarras auxquels ils pouvaient s'exposer , et qui, depuis, ont été abondamment amassés contre eux. » {Histoire de laRébel^ liouj tome 4 9 page i54* )

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