XIV NOTICE
faites, et lai amènent des souffrances qu^elle était loin de, prévoir. L'Angleterre se dégoûtait de plus en plus de ses nouveaux maîtres^ Opprimée par leur despotisme, déchirée par leurs actions, désolée par la guerre civile , elle commençait à s'en prendre au parti dominant, de ses mécomptes et de ses maux. Le parlement luttait contre ce sentiment public , essayant à la fois de justifier tout ce qu'il avait fait et de s'arrêter sur la pente qui le poussait à faire bien plus encore. Ce fut , on n'en peut douter , dans cet intérêt pressant et impérieux que May entreprit son histoire. « Peut-être, dit-il lui-même dans sa préface, mon « récit rappellera-t-il à l'esprit de quelques-uns de « mes lecteurs , des pensées qui , comme le songe de « Nabuchodonosor, s'étaient effacées de leur souve- « nir. Un gentilhomme anglais , parti pour voyager « au moment de la convocation du parlement actuel, « et revenu lorsque nos différends avaient éclaté, af- « firmait, en écoutant les discours qu'on tenait de- « vaut lui à son retour, que le parlement d'Angle- « terre était plus mal compris en Angleterre qu'à « Rome , et que nos compatriotes avaient plus besoin « que les étrangers d'être informés de ce qui s'était <( passé parmi nous : tant , disait-il , ils paraissaient « oublier et les choses elles-mêmes et les idées qu'ils « s'en étaient formées d'abord. »
Dans cette disposition du public , uqc apologie déclarée eût été décriée d'avance -, il fallait qu'un ouvrage plus grave, plus calme, écrit comme s'il ne se fût adressé qu'à la postérité , vînt remettre sojus les yeux des Anglais le coupable gouvernement de