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dont elle porte la peine' <m recueille le fruit ; et trèspeu dliommes ont Tesprit asseâs ferme, assez désintéressé pour vouloir connaître et savoir démêler, dans des faits qui ne pèsent point sur eux, la vérité toute entière. Voilà pourquoi Thomas May est maintenant pbcé si haut dans Testime des patriotes anglais ; il a présenté la révolution comme elle se présente en effet à eux , dans ses intentions générales et ses causes légitimes. Ce qu'il en dit , ce qu'il s'applique à en faire valoir , c'est ce qui en subsiste encore , ce qui répond encore aux idées et aux sentimens de ses lecteurs actuels. Ce qu'il en a dissimulé ou omis , ils n'en sont point avertis par leurs émotions personnelles, et rien ne les provoque à le rechercher péniblement. Il est des vérités qui meurent avec la génération qui les a vues , et le monde serait trop sage s'il avait recueilli , sans en rien perdre , toutes celles qui s'y sont révélées depuis qu'il y a des hommes et des événemens*
Loin donc de s'étonner que les Whigs de nos jours soient si peu frappés de l'adroite partialité qui règne dans les écrits de Thomas&lay , et l'appellent un historien candide et sincère , il faut faire honneur , sinon à son caractère , du moins à son esprit, de ce qu'au milieu des événemens il a été à peu près aussi impartial que devait l'être, en Angleterre, la postérité ellemême. Il n'a point insulté effrontément à la vérité; il n'a fait l'apologie d'aucun crime , d'aucun grand désordre ; il n'a point injurié bassement ses adversaires. Omettre, pallier, dissimuler, insinuer, c'est là son art et son effort; sa raison ne lui permet guère d'entreprendre davantage ; et si , dans son Abrégé , il
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s'est plus complètement asservi au joug d'une faction plus violente, je suis porté à croire que ce ne fut pas sans embarras ni sans regret. Aussi , malgré les réproches qu'il mérite comme historien , son ouvrage est^il au nombre des plus instructifs qu'on puisse lire sur cette époque. On n'y trouve point, il est vrai, cette liberté , cette variété , cet abandon qui régnent dans les Mémoires proprement dits. Mais c'est aussi un grand intérêt que celui d'une histoire presque officielle , écrite à mesure que se sont accomplis les événemens , sous l'inspiration de leurs auteurs , et dans le dessein de retenir ou de rattacher le public à une cause qui, après tout, était la cause de la liberté et du pays contre le despotisme et la cour.
C'eût été grossif fort inutilement cette collection que d'y insérer les deux ouvrages de May. On a traduit d'abord son Histoire du Long-Parlement^ écrite avec beaucoup plus de détails et de soin que son Abrégé. Elle s'arrête , comme je l'ai dit, en i643, et V Abrégé se prolonge jusqu'en i648* Nous avons fait traduire l'-^irege^ à partir de l'époque où s'arrête \ Histoire; et quant à la première partie , nous avons indiqué, dans des notes, les principales différences qui se rencontrent entre les deux ouvrages, dans le récit des mêmes faits. Les rapprochemens que contiennent ces notes prouveront clairement que ïHistoire et Y Abrégé n'ont été écrits ni dans le même esprit ni sous la même inspiration.
Nous avons aussi cru devoir joindre à cette traduction un assez grand nombre de notes, destinées à suppléer au silence de l'auteur sur le caractère des
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hommes importans , les menées secrètes des partis et ces faits anecdotiques qui abondent d'ordinaire dans les Mémoires ^ mais que le but particulier et la couleur semi-oflicielle des écrits de May ne lui ont pas permis d'y insérer*
Ainsi complétée, V Histoire du Long-Parlement nous a paru l'ouvrage qu'il convenait le mieux de placer en tête de cette collection.^ Elle offre , plus complètement et plus simplement qu'aucun autre , le tableau de la marche des événemens et de la situation générale des partis \ tableau où les divers Mémoires viendront successivement occuper la place qui leur appartient»
DE L'AUf EUR,
Li'TTTiLiTi de l'histoire et les règles de ce genre de composition ont ëtë si bien et si complètement expli-» quées par des écrivains judicieux que ce serait un travail perdu , et qui prolongerait fort inutilement cet ouvrage, que d'y revenir encore. Je désirerais être assez habile pour que le lecteur , au jugement duquel je me soumets, reconnût dans ma narration l'observation de ces règles , au lieu d'en trouver l'exposition vainement étalée d'avance dans une préface.
Je n'ai d'autre prétention que de demeurer fidèle à. la vérité , cette règle unique à laquelle toutes les autres doivent se rapporter, comme toutes nos vertus morales doivent se rapporter à la justice. Un écrivain peut offenser la vérité par beaucoup d'autres moyens que par un pur mensonge. Quelques historiens , tout en exprimant une grande aversion pour le mensonge direct , ont cependant revêtu la vérité d'habits qui lui convenaient si peu qu'ils semblent lui donner le rôle de la fausseté à remplir^ ils lui apprennent à séduire plutôt qu'à instruire les lecteurs par des artifices de rhétorique , d'injustes réticences et un ton d'invective propre à égarer le jugement de la postérité dans la fausse route où ils veulent le conduire. -Un savant évêque d'Angleterre , mort il n'y a pas longtemps , regardait les annales du cardinal Baronius
comme plus funestes à la cause du protestantisme que les controverses de Bellarmin ; et cela peut être vrai , car on est bien moins en garde contre les coups d'une histoire partiale que contre ceux des écrits polémiques où l'hostilité se montre à visage découvert.
Je me suis efforcé d'échapper à cette faute ; mais j'entreprends malheureusement un sujet de telle nature qu'il n'est pas très-aisé de le traiter avec impartialité , et qu'il est presque impossible aux intentions les plus pures d'en éviter le soupçon ou le reproche. D'autres écrivains entreprendront , je le suppose , le même sujet , et comme aucun d'eux peut-être ne parviendra à satisfaire pleinement le lecteur, je demanderai pour nous tous cette faveur, qu'on nous traite comme on traite avec le genre humain , et qu'on déclare le meilleur ce qui paraîtra le moins mauvais.
Le sujet de cet ouvrage est une guerre civile , une guerre on peut dire plus que eivile , et remplie de choses miraculeuses , tant dans ses causes que dans ses effets , au moins autant qu'aucune de celles que nous ont représentées tous les siècles; une guerre aussi cruelle que dénaturée , et où les fureurs de l'épie, l'aigreur des écrits , tant publics que particuliers , ont atteint tout ce qu'on a jamais vu en ce genre. Elle a tellement partagé les opinions et les affections des hommes , qu'à peine a-t-on pu voir une vertu recevoir des éloges, un argument opérer la conviction ou ua récit obtenir la confiance , si ce n'est dans un seul et même parti. Ce serait donc une folie présomptueuse que d'espérer des deux partis , même l'indulgence pour un pauvre et faible écrit, incapable de mériter