‹ Histoire du Lycée BonaparteChapitre 8 sur 10 · U6 HISTOIRE · texte numérisé non relu

U6 HISTOIRE

Vte de Beaumonl; Servais, littérateur; Malepeyie, avocat; Gte de Tournon; Mis de Bongars; Clavel, trehorier actuel du Corps It^gislatif et de rAssociatiuii amicale des anciens élèves du lycée Bonaparte, collège Bourbon; K. Becquerel, médecin des hôpitaux de^Parb et professeur, qui a écrit sur les maladies des enfants et un Traité de Séméiologie des urines, un Traité d'hygiène, etc. ;héhier, confrère et collègue do Becquerel, auteur des Eléments de pathologie interne et d'autres écrits sur la médecine ; Bassery, agent de change, et son frère; Tilmant, chef d'orchestre au Théâtre-Italien, puis à rOpéra-Comfquc; Landoroiy, élève d'Habeneck, un des premiers violons de l'Opéra ; Doche, ancien chef d*orchestre du Vaudeville et auteur d*airs nouveaux, qui a laissé son nom à aoo actrice; Lebrun, inspecteur de rinslruction primaire; H. Barbet, négociant ; Edmond et Joseph Périer, anciens députés et banquiers; Froyez, référendaire au sceau; Biaze de Bury, fîls et collaborateur do Castil- Blaze, beau-frèro de M. Buloz, littérateur et musicographe ;Foureau de La tour, avocat; Scherer, ingénieur des ponts et chaussées; Forestier, receveur général; Lechevalier, avocat; Forest, huissier; Foy, trois frères, fîls du général : l'aîné, Fernand, est ancien pair de France, Maximilieu officier d*état - major, Tiburce préfet; Cte d'Espinchal; Bon de Montbrun ; Bon Seillière, banquier; Giiod (de l'Ain), fils du nilnislre; Becquet, magistrat; Philippe Panel, comédien de s»lon, attaché au ministère de la Guerre; Louveau, juge de paix à Paris; Cto de Forget, cousin de Tempcrcur, petit fils de M"* de Lavaletle, qui sauva son mari, lors du procès du maréchal Ney; Gendron; Ctc de Ganay; Vilain ,. architecte ; de la Tour, chef de section aux Cultes; G. Jessé, négociant; Hé-

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relie, deux frères: Taîné , ex-auditeur au conseil d'Etat ^Bon de Marbot; Pancellier, architecte; Vial et Isambert. magistrats; Du plan , Vilté, Delpii, les Thomas , directeurs de compagnies d'assurance; Gervais,dôBeauraont; Hamclin, du Seuil, O'Donnell, Lambert, Lerat de Magnitot, Trubert, Bouchard, Préteau de Peny et G. de Laténa, référendaires à la Cour des comptes; Mallet, architecte; Payelle, avocat; Dupin, ci-devant référendaire ; Woidier, rentier; les deux Singer: Tun ancien agent de change, l'autre propriétaire, uni à Mlle Lablache; Dartigues , Emile Garnot, Lagarde et Minorel, avocats; Emile Thomas, ex-directeur des ateliers nationaux ; Pépin-L«halleur, nvocat; Lavielle; VIgourel, banquier; de La Malle , ex-aîditeur du conseil d'Etat; Guessard, professeur à l'EcoledeschartesjMauguin, architecte; Vetnières. chefà la préfecture de. la Seine; Bouchez, avocat; le Vte Priant, officier d'ordonnance de l'empereur ; trois de Ségur, petits-neveux de l'académicien, et petits-fils de Rostopchin, qui a brûlé Moscou : l'un député au Corps législatif, un autre maître des requêtes, et le troisième, qui a été peintre, comme un de ses frères a fait des fables, chanoine^ignitaire de Saint-Dems ; Cte de la Ferrière, député; Cte d'Argout, maître des requêtes; Cte d'Aygues-Vives, éjcuyer de l'empereur; Raiilard, juge ; Excelmans, capitaine de frégate, qui a été officier d'ordonnance du prince- président; de Barrère, consul à Tiiflis; Fabre, consul ; Vte Gourgaud ; Guiard, fils d'un avoué d'Avallon. infatigable lauréat, auteur d'une parodie d'Hernani lue un jour deSaint- Charlemagne : il a pourtant loué Victor Hugo dans les Luxioles, volume devers, avant d'être professeur de seconde à Charlemagne, et il a fini tristement ; Mou-

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nier, professeur de rhétorique à Poitiers; Barguières, professeur agrégé à la Faculté de médecine, puis médecin sanitaire en Orient ; Châtelier, avocat à Cayenne ; Ruelle, ingénieur des chemins de fer ; baron de Rothberg; Sadous et Ck)llet, professeurs; Gérard de Mdlcy, uni à Mlle Grisi ; Ménard, journaliste à la Martinique, frappé à mort dans un duel au fusil ; D'Escayrao-Lôture, qu'une mission scientifique a enYojé en Chine avec l'armée française; Morton, auteur dramatique anglais ; Serpeille , journaliste ; Cte Lepic, aide de camp de l'empereur; Bon Lepic, préfet; les fils du maréchal Reille, desquels il en est un aide de camp de l'empereur et un député; Vte de Septeuil; Nitot; Gille, qui a écrit dans laPret9e; de Fontanelle, Michel et Mila deCabarrieu, préfets; Gentil de'^iol- Alphonse, fils du général : il figure dans letableaadela Smala ; deux Houdaiile : Tatné au Trésor» l'autre substitut à Nancy, tous deux beaiix*frôres de M. Haffet; Cte deTrelllard» magistrat; Saint-Didier, inspecteur au Trésor: Ghamiot , que Tile Bourbon a connu journaliste; deux Brillant, l'alné, ancien auditeur au conseil d'Etat; Goiset, associé d'agent de change; baron Regnauld, officier supérieur; Sibire, avoué, président da j comité des fondateurs de TAssociation amicale; Magnier, arbitre ; Marguerin, professeur de-rhétorique supplémentaire à Bourbon, puis direcbeuf de l'école Targot, dont les veiâierohes -hisioriques et les écrits relatifs à I l'eneeigiiëmerTt de ^histoire sont venus aprèade nom- j brea« aiftioles du inéme; atutonr dans to O^rrifif I français f VivanIDevon ; fldouard Disant» consul, io* i tend«nty8o«6-piiéle(,homÉiQ de lettres; RoffltaiD,pro- | fesseur au Collège; Moissard, ingénieur de la narine: ^ Botfrge», qui a éiéirédactettr en cbei de ÏAkb», journal d'Alger ; Talma, capitaine de frégate ; Monicault,

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magistrat; Chatoney etPezzoId, ingénieurs des ponts et chaussées; les de Brayer; Çuvillier, élève de 1819 à 1825, officier en sortant de Saint-Gyr jusqu'en 1853, professeur de mathématiques du Lycée postérieurement; DouUay, professeur de rhétorique à Orléans; Cahours, professeur de chimie àJ'Ecole centrale, essayeur à la Monnaie, eiaminateur à rÉoolo polytechnique; D' Contour, ancien interne des hôpitaux, décoré à la suite d'une mission du gouvernement en Russie, auteur de travaux sur le diabète sucré, sur le croup, sur les abcès du sein, sur le choléra ; Lestreiin, un dentiste à la mode, reçu docteur on 1856, ancien élève des hôpitaux de Paris; Blaisot, intendant militaire; Joanet, professeur d'hydrographie; Hugon, ofGcier d'artillerie; Cbalap, prix d'honncur.de pliiiosophie au concours en 1829 ; Guépin, de Nantes, même succès l'année d'après; Béhic, ex-député, inspecteur général des finances, puis conseiller d'Etat ; le colonel Marguenin; baron de Beau verger, littérateur et membre du Corps législatif; Hortus , chef d'institution et adjoint au maire du VU* arrondissement; Hubert, ancien avoué; Renart, professeur à Bourbon, puis à Saint-Louis; Darbonnens, du ministère de la Justice; Froyez, référendaire au sceau ; Cuffer, médecin à Soissoins; D^ Seguin, auteur d'un b^nu travail, lu à l'Académie, sur un nouveau moyen d'extraire des matières animales un gaz propre à léclairage ; D'Taupin, qui a publié des mémoires estimés sur les maladies des enfants; Ed. Hostein, caissier d'une maison do commerce, puis paysagiste, dont la réputation a commencé au salon 1855; Léon Fleury, fils d'artiste, revenu luimême de Rome paysagiste distingué ; Favé, colonel d'artillerie, aide^de-camp de l'empereur; Ternaux, frère do l'ancien député ; feu Charles de Riancey , lit-

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tératear et représentant da peuplé, frère du râdactear actuel de V Union; de Pourtalès, amlnssadeor de Prusse ; A. Cuisinier de Montis, de qui circalenl do vers mis en musique; Amiot, professeur de mathématiques à Bonaparte et à Saint-Louts; Dethan, adjoint au maire du !•' arrondissement; Eugène Duplay, chef d'institution ; Mimerel, avocat à la Cour de cassation; Salvetat, directeur de^ travaux chimiques à la manufacture deSèvres ; de Bellefonds, commissaire principal au ministère de la Guerre; Boussaton, Sibire et Cre* ton, oommissaires-priseurs ; Boudin deYesvres, Uvocat, Thomas, Yver, Lefébure de Saint^Maur, Faiseau-Lavanne et Ducloux, notaires; Dreux et Thton de la Chaume, anciens notaires; Pettit, avoué ; feu Gustave Pélissier, fort dans toutes ses classes, puis attache à des maisons de banque ; Du verger, professeur k Vtcole de droit; Mis de Caulaincourt, membre du Corps législatif: Bon de Montfort.ofâciersupérieur; Alboize, auteur dramatique; Eugène Talbot, professeur de rhétorique à Louis-le Grandet auteur de plusieurs ouvrages ; Gauthier, conseiller d*Etat, secrétaire général du ministère de la maison de l'empereur; Ledieu, directeur du Mont-de-Piété ; Mimerel, représentant, puis sénateur; Durand-Bra^er, ofdcier de marine, puis élève de Gudin et peintre de marine très-eslimé ; Talabot: Isambert; Pépin-Lekalleur; Crespy-le-Prince, peintre; Rixin, qui justifiait son nom en se montrant un élève bien rageur.

ScHOBLCHER^ — fils d'un marchand de porcelaines établi autrefois au coiii du boulevard Montmartre, en face, de la nie Richelieu. Je dis marchand plutôt que fabricant : personne alors ne voyait dans le commerce une dépré-

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dation exercée aux dépens du producteur et du consommateur. Y. Schœlcher eut un prix enl818. Son frère aussifut élève de Bourbon; mais il rencontra en Afrique un ancien colon de nie de la Réunion, qui le tua en duel. Le journaliste Schœlcher^ républicain et socialiste, fut élu représentant du peuple à la Guadeloupe ; il avait commencé en 1833 à écrire en faveur des nègres, des ouvriers et des paysans.

Tardif, — poêle échappé d'une étude de notaire, a fait paraître des chansons , le JR^mède d'amour, imitation d'Ovide, les Myrtes et les Lauriers, recueil de vers. Il a cessé de rimer et de vivre vers 1855.

Nélaton, — né en 1807, est. professeur de clinique chirurgicale à la Faculté, membre de rAcadémie impériale de médecine et chirurgien attaché aux cliniques. Ses thèses sont: Recherches sur l'affection tuberculeuse des os, Tumeurs de la mamelle, De Vinfluence de la position dans les maladies chirurgicales, Parallèle des divers modes opératoires dans le traitement de la cataracte. U est Tauteur d'un Mémoire sur le mécanisme des luxations de la mâchoire inférieure. Le Dictionnaire des Dictionnaires de. médecine et d'autres recueils doivent à Nélaton des articles importants.

Son grand ouvrage est : Eléments de pathologie chirurgicale.

Les VoiLLEMiER — sont deux frères. L'aîné, Jules-François, n'a étudié la méderine qu'en écrivant dans les journaux pab-ci et en élanl par-là reraplaçîuU au Collège-, conservateur du musée des médailles à la Monnaie, pendanl la République, il est maintenant préfet des étudesxians la pension Cousin. Léon-Clément, reçu docteur en 1834, puis professeur agrégé et chirurgien des hôpitaux, avait remporté à la Faculté un prix Montyon, décerné chaque année au meilleur mémoire sur la maladie qui a prédominé Tannée précédente. Un de ses malades, M. Marrast, fit nommer Voillemier en 1848, un des trois administrateurs des hôpitaux. Aujourd'hui il est chirurgien de rbôpital La Riboisière.

MoRTEMART. — Le marquis de Mortemart, député du Rhône au Ëorps législatif, et son frère, ont fait leurs études au Collège. L^un d'eux, député sous Louis -Philippe, voiail assez souvent avec MM. Thiers et Odilou Barrot,

Lesseps. — Le comte Théodore de Lesseps, sénateur ; son frère, le promoteur ardent du percement de risthme de Suez, et son autre frère, le baron de Lesseps,- représentant le bey d^ Tunis à Paris, se sont assis tour à tour sur nos bancs, ainsi que des meml>res plus îeunes delà même famille.

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Ernest Legocvë, — fils de Tauteur du Mérite des femmes^ a vu le jour en 1807 dans l'appartement qu'il occupe actuellement à Paris. Bouilly, le vieux conteur^ a été son tuteur, et Ta envoyé à Bourbon, en administrant sa fortune assez bien pour lui faire 20^000 livres de rente à sa majorité. Mais Mlle Sauvan^ qui tenait une pension de demoiselles^ a contribué aussi à l'éducalion du jeune homme, en lui rendant ellemême à son tour, comme une part d'héritage encore plus difficile à conserver intacte, l'opinion favorable à son sexe qui avait dicté tout un poëme à feu Legouvé. Ernest était souvent le premier de sa classe; il ne sortait ' pas le dernier de Tinstitution Butet quand venait un jour de congé, et il allait souvent chez MlleSauvan, avec Sauvan son condisciple, plus tard commissaire -priseur. Dans cette autre pension, où des leçons il passait aux conseils, et des récréations aux distractions, il apercevait au parloir ou par les fenêtres, sous les arbres du jardin, ou le dimanche à l'heure delà messe, et mieux encore le jour de la distribution des prix, une vingtaine de jeunes personnes qui n'avaient plus la moindre envie d'être prises pour des enfants. Une seule de ces pensionnaires fut distinguée par le rhétoricien,qui reconnaissait à merveille la

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trace de ses pas sur le sable, le frôlement de sa robe sans la Toir, sa voix au milieu d'autres voix^ et sa musique au piano de bien loin. L'amour qu^elle avait inspiré au fils du poète n'était plus un mystère pour cette demoiselle; mais vraisemblablement les dix-neuf autres s'y fussent montrées sensibles d'unie manière différente : le jeune bomme^ bien qu'il fût aimé, avait trop de fortune poui qu'elle consentît à devenir sa femme. Le bachelier, n'ayant pu venir à bout de ceite résistance, que son âge motivait aussi, prit congé de Paris et voyagea beaucoup, dans l'espoir d'oublier. A son retour, il publia des vers, les Morts bizarres, puis MaXj roman.

Nous lui demandons grâce à lui-nlême pour ces deux premiers livres, que le poète ctassique désavouerait presque aujourd'hui. L'ingrat torturait àravir la penséeet le mètre lorsqu'il s'abandonnait aux inspirations romantiques, et le sujet de son roman, cavalièrement mené, était bon : il en ferait aujourd'hui cinq actes haut la main. La pensionnaire de Mlle Sauvan était devenue institutrice; Legôuvé, ayant vingt-huil ans, la décida enfin à l'épouser. La seconde manière d'un auteur, d'un artiste, commence assez souvent lorsqu'il renonce à la vie de garçon. 11 s'est pourtant écoulé des années entre la première

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éditibn A^Edith de Falsen et dfiux succès remportés au théâtre^ a\ec la collaboration de Scribe, par notre éminent camarade :

Aérienne Lecouvreur, les Contes de la reine de Navarre. D'autres ouvrages ont montré que Legouvé peut réussir fort bien sans collaborateur, notamment deux pièces en vers :

JBéatrix, Un jeune homme qui ne fait rien.

En 1847, il faisait au Collège de France un cours d'histoire morale des femmes; huit ans après, il prenait possession du fauteuil d'Ancelot à T^cadémie française. Les deux premiers banquets de l'Association des anciens élèves du Lycée ont eu Legouvé pour président.

Besgherejlle frères : — savants grammairiens, fils d'un épicier de la rue du Rocher. Les deux frères ont publié, tant ensemble que séparément, un grand nombre d'ouvrages utiles, et notamment un Cours complet de la langue française et le Dictionnaire national^ dit Bescherelle. L'ainé a été attaché à la bibliothèque du Louvre, et l'autre au bureau du conseil d'Etat.

Gustave Planche, — mort à la maison Dubois, dans sa 49"*« année, le 18 septembre 1857, a élevé la critique à la hauteur d'un art.

Toot ce qu'il a passé en revue se ressent encore de Farrêt qu'il a prononcé, lequel de-

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meure inséparable de Tœuyre qui en est Tobjet, et quelquefois même lui survit. D'un poëte ou d'un artiste déjà en vue, déjà célèbre. Planche ne craint pas de remettre en question à chaque instant la gloire, en présence de ses ouvrages , d'autant mieux qu'il ne les soumet à un examen redoutable qu'en se montrant aussi poëte .'et artiste. D'où vienstu, dit-il à ridée, et quelle forme as-tu revêtue? D'autres se contenteraient d'un signalement banal pour contresigner le passeport ou refuser leur signature. Mais lorsque Téminent critique parle d'un livre, d'une pièce de théâtre, d'un tableau ou d'une statue, ce n'est jamais un concurrent qu'on puisse récuser comme juge : le compte rendu est sa seule production.

Il a commencé tout doucement par des traductions de Thomas Moore, dans le Globe:

mais son premier succès est dû à un premier article sur le salon de 1831. Ne sont-ce pas^ pour ainsi dire, les monuments d'une jurisprudence que les articles de Gustave Planche recherchés dans la collection de la Revue des DeuiXhMondes et dansxm petit nombre d'autres recueils périodiques, ou bien réunis en volumes? Diderot, en matière d'art, fait moins autorité que l'auteur de ce livre : Les Peintres et les Sculpteurs.

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Quand un boname de goût parvient à démontrer que la réputation d'un écrivain ou (i'iin artiste contemporain est surfaite ou esl usurpée, ne rend-il pas service à tous les autres? Cependant on finit toujours par prendre en grippe le critique de profession; les abeilles font cercle en aiguisant leurs dards , en bourdonnant^ au lieu de choisir les fleurs qui rendraient succulent leur miel^ et plus bas que la ruche d'ingrates fourmis s'assemblent, pour crier elles-mêmes au frelon. Maîtres et disciples de toutes les écoles mettent Timpuissant au défl; le sérail en veut à Teunuque ; la fable du Renard et des Raisins trouve une application nouvelle. Mais ces raisins trop verts et bons pour des goujats> Gustave Planche les laisse encore à tous les malappris qui le provoquent grossièrement.

On lui reproche une tenue qui ne laisse pas d'être quelque peu cynique; mais les profils qu'on tire uniquement de la littérature permettent-ils de s^babiller comme un associé d'agent de change? L'éloge rapporte.des titres et des places auxquels n'a jamais prétendu le Diogène du compte rendu. Ses idées sourdent loin des combinaisons de Tambitiop et de l'intérêt, et filtrées goutte à goutte, elles ruissellent à l'ombre, avant de faire leur lit d'un seul flot sur le papier blanc. On dirait que la

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copie alors coule de source ; néanmoins elle a donné cours et à des sueurs et à des larmes, que font briller comme des perles rares Tart et le style qui les enchâssent. Rarement une rétribution à tant la ligne est suffisante pour le journaliste sans que Vx de la corruption y ajoute ses fonds secrets. Or, un jour quUl est sans argent, Planche aime mieui se critiquer lui-même que de pêcher en eau trouble avec sa plume d'aigle, et il insère dans V Artiste quelques pages intitulées V Homme sans nom y qui n'ont paru qu'en première édition dans le Recueil des Por* traits littéraires, 11 cesse d'écrire sitôt qu'un héritage le fait riche , et il passe tout le temps qu'il peut en Italie, dans les musées, dans les théâtres, à jouir, sans en rendre compte , d'une liberté «et d'un soleil que Paris lui refusait souyent. Son père, établi pharmacien au coin du boulevard et de la rue de la Chaussée-d'Antin, lui a donné pour frères deux élèves du même collège : Charles Planche, paysagiste, et Augustin Planche, traducteur des Principes d'économie politique de Mac-Culloch, rédacteur de la Revue britor nique et Axx^ournal des Economistes, attaché actuellement à la Bibliothèque impériale.

Jeanron , — né à Boulogne-sur-Mer, suivit d'abord ^sur les pontons de Portsmoutb^ son

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père, que les Anglais ayaient fait prisonnier à Flessing, Elève du collège Bourbon, il ne Ui fut jamais d'un atelier de peinture. Le musée de Gaen acheta la première toile de Jeanron qui eut du succès : Les petits Héros de Juillet- L'artiste, ayant été présenté par Godefroi Cayaignacà Ledru-RoUin^ qui lui commanda ensuite des tableaux, on suppose qu'il portait déjà la carmagnole avant le 24 Février à Tintérieur de son atelier. Mais il n'avait pas que ce titre à la nomination de directeur général des musées de France en 1848; il avait obtenu dans les expositions des récompenses comme peintre, il avait commenté Vasari , et il avait publié des articles sur les beaux-arts dans les revues. Vivien et M. Thiers vinrent revoir ce LoHvre de la peinture que le roi déchu aimait tant : Jeanron leur en fit les honneurs. La Constituante, en cédant aux instances du nouveau directeur , vota deux millions pour restaurer les galeries du Musée, où la lumière ne se distribuait pas d'une manière assez fa* vt)rable à l'exhibition des œuvres d'art. Hais peu de temps Jeanron garda sa place. Il reprit ses pinceaux comme avant Février, et le gouvernement du prince-président lui acheta un tableau remarqué au sîdon d'alui s : c'était la Vue du porj abandonné d'Ambleteuse, et de ce port , voisin du camp de Boulogne, Napo-

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léon !•' avait souvent braqué sa longue*Ttie sur les côtes de ^Angleterre.

Alphonse Karr. — Cher lecteur, rassureloi : je ne m'en vais te raconter ni l'anecdote du cuirassier, ni celle du chien, ni celle du nègre^ ni celle de Mme Louise Colet. Le héros principal de ces quatre aventures s'est bien gardé de nous en laisser la primeur. Au reste^ le talent et le succès Ini-même ne réussissent à populariser le nom de certains auteurs que si des historiettes toutes personnelles se mettent de la partie. Or, pour occuper de soi, \m\' dant trente ans, un public qui n'est pas toajoursde bonne humeur,il faut non-seulement y mettre beaucoup du sien, et ne pas attendre du hasard la bonne fortune des indiscrétions; mais encore avoir plus d'esprit que les biographes passés, présents et à venir.

Eugène Karr , frère d'Alphonse , employé supérieur dans une grande usiQ«, s'est appliqué de bonne heure à l'étude des sciences exactes , qui a fait de lui un homme positif. Leur mère était la nièce du baron Heurteioup, médecin de l'empereur; leui" père ,un musicien qui ne manquait pas de talent. Mais la vie de ce dernier n'a pas été plus calme, moins débattue que plus tard celle de l'auteur. Celui-ci, n'ayant pas toujours été d'accord avec sa famille, écrivaiC, étant jeune encore :

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« Le ciel ne donne aux jeunes gens des parents que pour apprendre comment ils ne doivent pas, plus tard, se conduire avec leurs enfants. »

Alphonse Karr n'élait pas un élève à citer pour sa docilité et son application. Toutefois, il obtenait assez souvent les premières places^ surtout en vers latins et en thème , n'en déplaise à Tauteurdu roman Fort en thème.

Grand fileur, il devint un excellent nageur, à force de se baigner au lieu d'aller en classe, et il prêtait son nom de bonne grâce à des calembours que voici : car-nage^ car-abifiy car-afoUy çar-ême, caMony car-relet.

Car on le trouvait laid^ avant que la barbe lui séparai la bouche des oreilles. Mais une taille élevée et de larges épaules, qui sont venues avec la barbe, ont fait du maître d'étude de la pension Labbé , remplaçant au Collège, un bel homme, que les meilleurs juges à cet égard poursuivaient d€ leurs œillades en ville. Sa tenue trahira toujours Taffectation d'originalité dont son talent n'est pas exempt. Du reste , il a trouvé moyen de porter avec élégance jusqu'au chapeau pointu du bousingot, ainsi que son rotin, avec tin habit de velours noir ou une redingotte olivâtre à large oolieti renversé, un pantalon collant et des bqttes npidilesiPour exécuter de tels ordres, il fallaiiqtt»>CXiiiid0t> taiUeiiir d/'Alphonse Karr,

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lui (lui de Fargeni et tint singulièrement à s'acquitler. Les hardiesses de sa toilette font ordinairement contraste avec la retenue et la modestie que Karr observe quand il se trouve hors de chez lui et avec plus de trois personnes. Aussi bien^ quel esprit, quelle yem, en présence d'un petit nombre d'amis au coin du feu, ou sous un arbre du jardin 1

Il écrivait déjà dans le Figaro étant pion, étant remplaçant. La révolution de Juillet le fit collaborer à rétablissement d'une barricade rue de Courcelles, mais malgré lui; il en convint fort bien en s'excusani d'un retard involontaire auprès des successeurs de Labbé; maître de pension, qui le voyaient revenir les mains sales et plein'de poussière, avec une petite rose moins fraîche que de coutume à la boutonnière. Il ne tourna le dos aux classes qu'en publiant le premier de ses livres, qui est aussi le meilleur : Sous les Tilleuls.

Doisy, un des élèves quil avait surveillés chez Labbé, le rencontra plus tard, mais dans une circonstance qui l'empêcha d'abord de se faire reconnaître. Une affaire d'honneur ame nait Doisy sur le terrain, et l'ancien maître d'étude était un des témoins de l'adversaire. L'élève reçut, sous les regards du maître, nouveau genre de leçon, un coup d'épée dans le bras; puis il lui rappela leurs ancien

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nés relations. Raison de plus pour que le témoin prodiguât ses soins au blessé^ en lui reprochant de s'être fait reconnaître trop tard et de s'être fendu trop tôt! Alphonse Karr celte fois avait raison ; mais la plume à la main^ ne s'est-il pas rendu coupable d'hérésie en matière d'escrime? Grisier , maître d'armes de Karr^ puis de Doisy^ et puis le nôtre^ est loin d'avoir appris à ses élèves que certains coups se parent avec le corps, et néanmoins l'humoriste a mis en tête d'un chapitre de roman cette épigraphe :

« La troisième parade est celle du corps, c*est la meilleure, o Grisier,

Ce monde est comme une grande salle d'armes pour Alphonse Karr, qui, dans ses Guêpes, boutonne tant d'abus et met tant de préjugés au pied du mur ! Il prodigue des leçons d'escrime qui ne font pas couler le sang^ mais qui déchirent bien des plastrons et qui enlèvent bien des masques. En garde! en garde! Il frappe deux fois du pied, et de ces deux appels, qui se répètent souvent, le style de l'écrivain tient compte par des moins, — qui n'ont pas d'autre raison d'être — .

Léon Gatayes entretient depuis longtemps, avec Alphonse Karr, une conversation imprimée qui met le public en tiers dans un tête-à-

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tête amical; ils ne reçoivent jamais que par la voie de la presse, grande ou petite, des nouvelles l'un de l'autre, lorsque Gatayes séjourne en Angleterre, ou lorsque Karr a transporté à Saint-Adresse, ou bien à Nice, la scène de sa vie, que l'excentricité et la célébrité concourent à rendre théâtrale. Les mêmes journaux ont retenti des débats judiciaires que soulevait une demande en séparation de corps présentée par Mme Karr. Sa fille, Mlle Thérèse Karr, signait déjà quelques articles dans rilrWs/e, dans le Musée desFamilleSj pendant laRépublique,et,plus instruite qu'un bachelier ès4éttres,elleétailégalcmënt bonne musicienne. '

A cette époque Alphonse Karr, rédacteur en chef du Journal^ organe des opinions du général Cavaignac, se montrait plus républicain que ses livres ne l'avaient fait croire. Le parti des maîtres d'études voyait pourtant dans cet ancien collègue un fidèle de Tavanlveilie. Un dîner, tous les vendredis, réunissait les collaborateurs autour du rédacteur en chef, qui ne les tenait pas à distance.

Est-ce que Nadar, le coupeur du Journal, ne fut pas appelé un jour dans le cabinet d'Alphonse Karr, qui lui demanda s'il dînait tous les jours? Le rédacteur principal, craignant que les appointements du modeste col-

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laborateur ne fussent pas en rapport avec ses besoins, sMnformait amicalement de son genre de vie, et il prenait la peine d'établir, d'après ses réponses, unbudgetque pour son propre compte il n^avait jamais su dresser. Bref Nadar, qui avait une mère , un frère et une sceur^ sortait du cabinet avec un supplément de traiteriient et muni d'excellents conseils sur la manière de s'en servir.

Une autre fois, on parlait d'expulser certain aiédecin qui s'était introduit et qui avait fini par s'installer dans le bureau de rédaction sans y avoir été appelé; Karr, pour épargner un affront à cet intrus, se chargea de reconduire sans qu'il lui fût dit un seul mot. Un alinéa du feuilleton qui faisait suite hebdomadairement aux GuépeSf fut consacré à M***, et exposa sa situation plus spirituellement, sans doute, que nous n'allons le faire de mé* moire. Il avait demandé tout d'abord audience au directeur-gérant pour lui parler de la pluie et du beau temps; le lendemain, il avait abordé le coupeur en lui tâtantle pouls, à titre d'ami de la maison ; le troisième jour, il avait distribué des poignées de main autour du tapis vert, en empruntant une plume et du papier pour gratifier le garçon de bureau d'une ordonnance dont il n'avait que faire; peu de jours après, la place dé l'importun

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était marquée à la table des rédacteurs, et enfin il gravait son nom avec la pointe des ciseaux de Nadar sur le couvercle d'un pupitre vacant. L'article d'Alphonse Karr, encadré de rouge, fut placé sur ce pupitre; le monsieur arriva, et il n'eut pas grand'peine à se reconnaitre dans le portrait que le maître avait tracé; il prit la porte et court encore.

Ladoucette, — dont le père a rempli les fonctions de député et de préfet, est agronome et membre du sénat. Il est sorti de l'Ecole de Saumur pour devenir officier, et pourtant il a fait son droit. Auditeur, puis maître des requêtes au conseil d'Etat, il a obtenu les suffrages du département de la Moselle, comme représentant du peuple. Son frère, Eugène, est député du département des Ardennes.

Haussmann. — Le baron Georges-Eugène Haussmann, sénateur, préfet de la Seine, fils d'un intendant militaire, petit-fils d'un conventionnel, a été élève de Bourbon et de Henri IV. Bien que clerc de notaire, il s'est fait recevoir docteur eu droit avant de passer souspréfet.

MoRNY. — La comtesse de Souza , auteur d'Adèle de Sénanges et d'autres romans, a présidé maternellement à l'éducation du comte Auguste de Morny, fils de son premier .mari,

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le comte de Flahaut. Élève de la pension Muron, ce jeune homme a suivi tous les cours du collège Bourbon! Membre de la Chambre, il y a baptisé tout un parti de cette mémorable dénomination, les Satisfaits. La révolution de 48 Ta fait siéger du côté des plus mécontents à FAssemblée, et bientôt le grand comité électoral de la rue de Poitiers n'a pas eu de membre plus actif. Comme nouveau ministre de rintérieur, il a contresigné les actes présidentiels du 2 décembre 1851 ^ et s^est dégagé lui-même de son mandat de représentant du peuple en y gagnant une popularité consacrée par de nouveaux votes. Le courage n'a jamais manqué à l'homme d'Etat, maintenant président du Corps législatif. Aussi bien tout lui réussit depuis le coup d'Etat : direction régulière et calme, des délibérations au Corps législatif, ambassade extraordinaire," mariage, combinaisons financières, grandes affaires d'industrie, haute in- Quence sur celles de l'Opéra, engagements simultanés de chevaux et de paris sur le turf. Le comte de Morny est membre de la commission de patronage instituée près du Lycée.

Berthier, — prince de Wagrara, fils unique de rillustre maréchal, vit le jour en 1810, entra à la Chambre des pairs àTâge de 26 ans,

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puis au sénat lors du rétablissement de ce corps de l'Etat.

Charles de Boigne, — que les femmes de ttiéâtre y les usuriers^ les tailleurs et les marchands de chevaux aidèrent si volontiers à voir la fin d'un riche patrimoine^ finit par s'enrôler dans le régiment des spahis de la littérature, comme rédacteur d'uii courrier de Paris. Son oncle avait rompu avec la tradition des oncles de comédie, en le deshéritant des espérances qu'il offrait déjà à Tescompte. L'imagination impatiente de Charles de Boigpe se rabattit sur les combinaisons encore moins trompeuses du roman, et il ne fut plus indiscret qu'à l'endroit des bruits de coulisses, en offrant au public les piquantes révélations des Petits mémoires de l'Opéra. D'autres souvenirs plus personnels et moins exclusivement consacrés à un seul théâtre , eussent pu être donnés en pâture à la curiosité des gandins de 1856; mais le lion de la-chronique parisienne avait donné son nom à une Anglaise.

L'orchestre de la chambre des députés. — On a déjà pu voir et on verra encore que bon nombre de députés, avant de siéger an

palais Bourbon , se sont assis sur les gradins de bois du Lycée. Quatre membres de la

Chambre entre autres, sous le règne de Louis-

DU LYCÉE BONAPABTE. 219

Philippe, se souvenaient parfaitement d'avoir été un an dans la même classe et dans la même division. Nous regrettons de ne pas savoir si Tancieu professeur dont ces quatre députés avaient reçu les leçons en commun, était M. Mauger, maître de philosophie; M. Romby, maître de mathématiques; M. Gaillard , en rhétorique; M. Laine, en seconde; M. Layé, en troisième; M. Noël Chambry, frère du proviseur, ou M. Ouisiile , ancien élève du Collège, ou M. Larpza, en cinquième, ou enfin M. Magnien, en sixième. Toujours est-il que Fun des professeurs que nous venons de citer avait une affection toute particulière pour un mot de la langue française, qui en soi n^ivait rien de drôle, mais qui revenait si souvent dans les allocutions du maître que les élèves finissaient par en rire. — Monsieur un tel, vos dehors en classe ne sont pas convenables. — Les dehors trompent toujours Tesprit superficiel. — Quand j'ai besoin de toute votre attention, je m'aperçois que votre esprit est dehors. — Yotre copie a été brochée , et votre leçon n'est pas sue : quV vez-vous pu faire dehors? — Vous murmurez?

un tel ; allez dehors.

On avait commencé par se toucher le coude et par sourire chaque fois que le mot était articulé ; puis on en avait fait des gorges-chau-

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des, et le maître^ sans comprendre quMl donnait lui-même le signal de l'hilarité générale, avait sévi contre les plus rieurs , qui se tenaient encore les côtes quand il les enyoyait dehors. Ces mesures de rigueur empêchaient Texplosion bruyante de se reproduire; mais on riait sous .cape, on se mouchait , on toussait^ on crachait; pour saluer la réappa.rition des deux syllabes inévitables. Quatre- élèves placés sur le dernier gradin^ le plus éloigné de la chaire, mimaient en sourdine une fanfare quand le cas se représentait : Tun prenait pour violon un livre et une plume pour archet, Tautre avait Tair de scier de la contrebasse, un troisième faisait mine de jouer des cymbales, et le dernier avait pris le trombonne : chacun avait son instrument et s'était engagé, sous la foi du serment, à faire sa partie dans le quatuor pour rire, aussi longtemps que les trois autres concertants. Cette singerie, qui se renouvela jusqu'à la fin de Tannée scolaire, dégénéra tellement en habitude pour les quatre musiciens, que leur famille respective, le dimanche , les surprenait séparément dans Texercice de leur pantomime quand par hazard on prononçait le mot.

Tous quatre ils assistaient plus tard à la séance d'ouverture d'une session parlementaire. Le roi, selon l'usage , avait pris la pa-

DU LYOÉB BONAPABTB. 221

rôle y et le discours de la Couronne contenait par malheur cette phrase :

« L'ordre et la liberté à rintériear aDgmentent Tinflaence aa dehors...»

Tout à coup on chuchote dans les tribunes publiques, et plus d'un journaliste ose rire. S. M. regarde à droite et à gauche , et elle voit les quatre nouveaux élus qui lui donnent, au mépris de toutes les convenances, une sérénade ironique. Le trombone se trouvait placé au centre gauche , et il y allait d'un cœur! Heureusement Tair était court.

L'attention prêtée aux paroles royales,, qui avaient réussi à prendre le dessus, faisait perdre l'incident de vue. Mais le chef de TEtat, avant de quitter le Palais-Bourbon, s'informa avec soin du nom des symphonistes ; et l'un de ces noms mal notés fui éliminé, le premier, d'une combinaison ministérielle présentée dans la suite au roi.

La voie lactée, — qui forme une grappe d'étoiles, demeure invisible en plein jour; mais les plus beaux soirs la dévoilent, cette illumination lôinlaine! Trop lointaine , par exemple, pour que la grande ville se contente des constellations qui se groupent au firmament 1 Que Paris serait sombre si la rampe des théâtres se réglait sur la voie lactée, qui ne s'allume pas tous les soirs !

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Les auteurs dramatiques vont souventdeux à deux, et il en est sorti en si grand nombre du collège qui nous occupe que risolement changerait leurs habitudes. Néanmoins, le vaudeville , la comédie , le drame ont trop de comptes à régler avec nos souvenirs, pour que nous en venions à bout sans nous y reprendre à plusieurs fois. Les vaudevillistes, quand ils ont de Tesprit, sont les plus heureuses geos du monde; ils ne comptent plus leurs ouvrages, on les leur joiie pendant qu'ils les composent, on en rend compte avant que la toile ne baisse; ils mettent leurs couplets en prose, si le public est rebattu de couplets, et le trait ne leur fait pas faute. Les dramaturges, il est vrai , frappent souvent de plus grands coups que les auteurs de comédies à ariettes ou sans ariettes; mais le ciel dramatique est vaste, rempli d'étoiles plus ou moins brillantes, et nous reconnaissons une autre voie lactée dans le groupe que nous allons en détacher.

Fils d'an musicien connu et bibliothécaire da Codservatoire, Ferdinand Langlé se destinait à la médecine en sortant du Lycée : le docteur Sue, son oncie, rattacha sous ses ordres aux gardes-du-corps, comniâ sous-aide major. Mais la vocation littéraire s'empara de Télève-chirargien dans la maison du roi. Langlé, cousin d*Eugène Sue, a publié les Çora$8 du Gay- Sçavoir, VHitiorial du Jongleur; il a collaboré a des Journaux, et il a fait représenter plus de cent cinquante

DU LTCÉB BONAPABTB. 223

pièces, notamment le Folliculaire, le Camarade de m, \e Bas-Bleu^ la Jacquerie, le Sourd du Théâtre- Lyrique. La société des auteurs dramatiques l'a souvent nommé membre et trésorier de sa .commission. Mais son premier état, la médecine, lui donnait aussi quelques titres à devenir, administrateur des pompes funèbres de la ville de Paris, puis des pompes funèbres générales de France. Les trois fils de Ferdinand Langlé ont aussi fait leurs études au Collège; l'un <i'eux. Aylic Langlé, a donné en 1854 au Théâtre- Français MuriUo, comédie en vers.

Simon Terreneuve, au Gymnase, et d'autres ouvrages dramatiques ont été signés par Colombe, pseudonime adopté par Pernot, ancien élève du Collège, qui a porté aussi à la cour du roi de Prusse le titi-e de baron Colombet.

Le principal ouvrage de Fontmichel est le Chevalier àe Calonne^ opéra-comique.

Vaulout, dit Revel, fils d'un tailleur, est mort à 20 ans, après avoir fait jouer en deux années 10 pièces, dont 9 sans collaborateur : l'autre, composée en société avec Scribe, était le Spleen. Revel fabriquait un vaudeville beaucoup plus vite que son père un habit; il ne lui fallait que 24 heures pour exécuter la commande d'un acte avec autant de couplets que d'heures.

Feu Eugène de Laboullaye, journaliste, n'a rien fait àe mieux poiir la scène que les Quatre Sergents de la Rochelle.

Autre auteur dramatique : Berçuau.

Mallian, mort en 1851, avait obtenu de grands succès avec des vaudevilles et des drames, 11 était de tous les éoots, et il ne craignait pas le subrécot; mais il avait mieux porté le Champagne que la vin bleu, qu'il

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buvait vers la fin dans tous les verres. Un de ses derniers ouvrages. Marie-Jeanne, était joué par Mme Dorval à la Porte-Saint-Martin.

• Adolphe Ribing, comte de Leuven, auteur d'un grand nombre de vaudevilles et d'opéras-comiques fort agréables , est le fils d'un des trois Suédois qui conspirèrent la mort de Gustave III. Rappelons que ces trois conjurés ayant tiré au sort, Anckarstroem fut chargé da rôle principal, et qu'il déchargea à bout portant on pistolet sur Gustave III, au milieu d'un bal, dans la nuit du 15 au 16 mars 1792. Ce roi, qui avait protégé et lui-même cultivé les lettres, laissait des comédies, qui ont été*traduites en français. Robespierre s'est opposé à la représentation d'une tragédie dont le sujet a été repris, sous Louis-Philippe, dans l'opéra de Gustave III ou le Bal masqm. Le complice d' Anckarstroem, exilé de son pays, vint habiter la France cù on l'appelait Leuven tout court. Quand son fils épousa Mlle de Planard, le proscrit fut reconnu au bal même de la noce par un des" invités de la famille de U mariée, M. de Gossens, qui n'avait pas vu Ribing père depuis le fameux bal. L'auteur de Sophie Arnould et du Brasseur de Preston, a été chef dans les bureaui de la maison du roi Louis-Philippe.

» Un des camarades de Leuven, et aussi" bon élève que lui, Auguste Pittaud de Forges, entra d'abord dans l'administration des douanes; mais ses liaisons avec des gens d'esprit ayant fait remarquer qu'il en avait aussi, il fonda à Bordeaux le Kaléidoscope^ feuille littéraire, et puis il retailla sa plume pour les petits journaux de la capitale. Ses principaux collaborateurs au théâtre ont été Eugène Sue, Duport et Leuven ; ses principales pièces, le Fils de V Homme, Vert-Vert, Soui Cléj les Baigneuses, Farinelli, le Bamoneur, Néan-

DU LYOÊB BONAPABTB. 225

noins Deforges est chef da burfeau des archives au ministère de la Guerre.

Pour celui qoi a fait vingt romans et vingt drames, îomme Alphonse Brot, les bureaux du ministère de l'Intérieur deviennent un lieu de rafraichissement. L'auteur de Priez pour elle, d^Àinsi $oit-il, d'Entre onze heures et minuit, de la Lescombat et de la Tour de Londres s'y livre à des travaux plus calmes, plus réguliers, qui lui rappellent ceux du Collège.

Passons à Pierre-Michel Martin, dit Luhize, natif de Rayonne, et employé d'abord chez Jacques Laffitte. La Cinquantaine^ le Conseil de discipline, le Spectacle à la cour, le Muet de Saint-Malo se remarquent dans son répertoire.

La Guadeloupe a vu naître Pinel-Dumanoir, qui n'est venu à Paris que sous la Restauration , pour faire ses études. Déjà homme du monde lorsqu'il était élève de rhétorique, il arrivait bien tenu, bien cravaté, comme pour rendre une visite au père Planche. La Semaine des Amours, en collaboration avec Mallian, a remarquablement inauguré une réputation confirmée par les Vieux Péchés, la Fiole de Cagliostro, les Premières armes de Richelieu, la Perruche, Don César de Bazan, Gentil -Bernard, Clarisse Barlowe, les Femmes terribles, etc. Quelque temps directeur des Variétés, Dumanoir a enlevé à ce théâtre Mlle Olivier, sa femme. Le Théâtre-Français peut envier au Vaudeville et au Gymnase ses dernières comédies trèsbien écrites et quelquefois en vers.

Les Enfants de troupe. Un Fils de famille et d'autres succès mérités sont dus à Edmond Desnoyer de Biévilfe, frère de Louis Desnoyer, directeur de la partie littéraire du Siècle, Dans le mémo journal, depuis 1856, Biéville rend compte des pièces de ses confrères.

éCM HIBTOIBB

comine s'il n'était plus de la partie. Ce double emploi n'est pas d*an bon effet, malgré raatoritéso matière dramatique d'an ancien collaborateur de Scribe et de Bayard.

Le plus grand acteur comique de notre siècle a laissé trois fils. Auguste Potier est mort peintre. Charles Potier a déjà fait une multitude de pièces dans les petits théâtres et le Fadeur, drame de l'Ambigu; de pins, il joue la comédie aux Variétés, après avoir été le pensionnaire de quatre ou cinq autres théâtres. Enûo Henri Potier, professeur au Conservatoire, a compose la musique de MademoUeUe de Méranges, de P/ucorello, etc.; sa femme a chanté à TOpéra-Gomiqueetà rOpéra-National.

Le baptême d'auteur dramatique fut reçu par Eugène Labiche au théâtre da Panthéon; aujourd'hui, le Gymnase, les Variétés, le Vaudeville et le Palais- Royal se partagent à Tenvi cet ingénieux esprit. N'y a-t-il pas en même temps beaucoup de gaieté et de philosophie, et autant d'allusions spirituelles qued*eatrain, dans V Article 960, le Chapeau de paille dltalie, les Suites d'un premier lit, la SensUive, le Voyagt de J|f. Périchon, la Poudre auœ yeux, les Vivacités au capitaine Tic ? Tous les tics sont saisis avec habileté par l'observateur judicieux, qui leur fait juuer le r^ledes passions, parce qu'ils sont réellement les traits particuliers de noti;e époque. Le mariage lui-même en est un, et l'adultère en est un autre pour beaucoup de gens. IB en rient quand Labiche les force à se reconnaître, et cet auteur laisse en effet à toutes les folies le ton sérieui qu'elles affectent dans notre société. Quand tu ne mets plus en scène, mon cher Labiche, des Parisiens, des Français de notre époque , réussis-tu ? Beaucoup moins, convenons-en. Aussi bien tu as renoncé depuis

DU LYCÉE BONAPAETE. ggTf

longtemps aux costumes historiques dont tu as affu* blé jusqu'à Grassot dans M, de Coiilin, Ta corvette file plus de nœuds à l'faeure en embarquant moins de traditions. Est-ce à dire que tu aies à craindre les naufrages? Je te sais bon pilote, je t'ai vu bon nageur. Un Jour, ir m'en souvient , nous étions quatre à faire l'école bulssonnière; nous avions loué à Auteuil un bateau, que la Seine entraîna, malgré la résistance d'un rameur passablement inexpérimenté, lequel te rappelle aujourd'hui, comme circonstance atténuante, qu'il était le plus jeune de la bande. Tu nageais et ma barque s'en allait à vau-l'eau, lorsqu'un. de nos camarades, qui te suivait de loin, cria : Au secours! Tu le rejoignis, et il eut l'imprudence de paralyser tes mouvements, en s'accrochant à toi avec les ongles; tu parvins toutefois à le sauver. Paulin, à qui tuas rendu ce grand service, est maintenant capitaine en retraite.

On assure que Guénée, fils d'un chef d'orchestre du théâtre du Palais-Royal, touchait déjà des droits d'auteur sur le boulevard du Temple avant de quitter le Collège. V Orphelin du parvis Notre-Dame et les Pages de Louis XFsont le dessus de son panier.

Le ciief-d'œuvre de Capendu, jusqu'à présent, ce sont les Faux Bonshommes,

Celui d'Alexandre Dumas fils est , à notre avis, le Demi-monde. Mais la Dame aux Camélias, Diane de Lys et les autres fleurons de la môme couronne sont également d'un prix exceptionnel. L'exception ne domine pas moins dans les caractères qu'rl dépeint, et c'est le côté vulnérable de son œuvre. Mais comme •linvraisèmblable devient possible lorsqu'il . attache, lorsqu'il passionnel Quel auteur plus en vue que cet héritier d'un nom si populaire? Ses premières repré-

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sentatîoDS font événemoQt dans la grande ville. Alexandre Dumas fils a commencé par faire monter an ThéÂtre-Historique une piècia lyrique, dont les principam personnages étaient Ghactas et Àtala, et il avait la rime encore plus facile lorsqu'il était en pension. lia écrit des vers sur la mort d*un jeune camarade, le fils de Dumanoir. Chaque fois qu*on présentait alors à Alexandre Dumas père un album, en le priant d'y mettre quelque chose, il répondait : — J*en parlerai jeudi à mon bonhomme, qui tourne mieux les vers que moi.

L'Odéon a donné plusieurs grands ouvrages d'Âmédée Rolland, qui commence par des coups de maître

Montjoie est peintre et vaudevilliste.

Plusieurs théâtres ont monté et montent des actes dont l'auteur est Jules Adeniz de Golombeau.

Feu Supersac, secrétaire de la direction de l'OdéoOt avait fait représenter deux ou trois actes et butiné pour le Corsaire. C'était alors un fanfaron de vice, un lion de contrebande, un faux mauvais sujet; tous ses amis voulaient Ten corriger. Nous disions dooc de Supersac : Il est content qu'un beau cheval l'éclaboussé, parce qu'en s'essuyant avec un mouchoir blanc, comme tout le monde n'en a pas, il salue le cheval du nom de Fortunio, deValeria, deKossuth, ou de Gimblette, en sportman qui connsdt son tuf/) et il en fait autant quand passe une jolie femme, la vit-ii pour la première fois; mais, au fond, il est sage comme une* demoiselle... qui n'aurait jamais connu que lui.

Enfin les deux Théàtres>Français, les Variétés et d'autres théâtres encore ont représenté maints ouvrages de Gaston de Montheau, né en janvier 1828, fort dans ses classes non moins que Supersac, et pais rem-

DU LYCÉE BONAPABTE. 2^9

laçant aa Lycée pendant la première année de la réiblique.

Edouard Lemoinb^ — administrateur du ymnase, dont son frère est le directeur, commencé par donner des répétitions, une.

3is ses classes terminées. Fondateur du Dra^' )eau tricolore, feuille de Chalon-sur-Saône, d rédacteur de la Constitution de iiiO y il a îcrit également dans le Siècle, la Patrie et 'Ordre. Nous connaissons encore d'Edouard Lemoine un certain nombre d'articles dans le Dictionnaire de la Conversation, un vaudeville intitulé Norbert, fait en collaboration avec son frère, deux brochures publiées après le 24 Février avec le titre : Visite à Louis- Philippe, et un joli recueil de nouvelles.

De Falloux. — Frédéric-Alfred-Pierre Du Goudray de Falloux naquit au bourg d'Yré le 11 mai 1811. Son grand père avait été anobli par Téchevinage; son père fonda un majorât sous la Restauration, et son frère aîné devint protonotaire à Rome.

L'orateur le plus distingué ati congrès de Tours, en 1814, était déjà le vicomte de Falloux^ qui fut nommé député deux ans après et représentant du peuple en 1848. La journée du 15 mai le vit accompagner Lamartine à l'Hôtel de Ville. Le 23 juin de la même . année, il élevait énergiquement la voix, à

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TAssemblée, pour déclarer les fondateurs des ateliers nationaux responsables de toutes les conséquences de cette institution révolutionnaire. En demandant compte un peu plus tard des .missions électorales données à des représentants du peuple par le chef provisoire de TEtat^ candidat à la présidence, ne regardait-il pas cet abus d'influence, cette pression ofQcielle^ comme une yiolation flagrante de Tesprit de la constitution qui Tenait d'être promulguée ? Quand le talent de la parole révèle à chaque instant un grand courage, l'amour du bien, l'esprit d'indépendance et de progrès dans ce qu'il a de compatible avec les principes éternels de Tordre social et de [la religion , on parle d'or.

Nommé une ou deux fois ministre depuis l'élection présidentielle, Falloux n'est demeuré que peu de temps au pouvoir, trop peu du moins pour la majorité des électeurs qui ont voté comme lui dans les circonstances les plus solennelles.

Ce n^est pourtant pas le ministre que l'Académie a fait asseoir dans le fauteuil du comte Mole; c'est l'ancien orateur parlementaire, c'est l'auteur de Y Histoire de Pie F, de la Vie de Louis XVI et des Entretiens de Louis XVr, rédacteur de Y Ere Nouvelle el,

DU LYOBB BONAPABTB. 231

du Correspondant, qui vient encore de publier les L étires de Mme de Stoetchine.

Falloux a épousé Mlle de Caradeuc àe la Ghalotaiset a fait plusieurs voyages en Italie. Il est allé à Nice pour sa santé, un peu avant le coup d'Etat, et il a été reçu à Venise par le comte de Chambord.

Benjamin Dblessert, — fils de M. François Delessert, de Tlnstitut, neveu de M. Gabriel Delessert, ancien préfet de police, père enfin d'un littérateur archéologue, fut représentant du pevple. H avait suivi les cours de la rue Caumartin, ainsi que plusieurs autres membres de sa famille, et les deux frères Albert et Sigismond de Nadaillac. Le comte de Nadaillac, ayant sauvé la vie en 1851 à Mme de Vallon, née Delessert, qu'une partie de plaisir avait pensé noyer, a épousé Mme de VaU Ion*

Casimir Périer. — Son père montrait à cet élève de Bourbon comment un député indépendant peut devenir un grand ministre.

Casimir Périer fils entra dans la diplomatie; puis il fûtélu député à Paris, et ensuite représentant dans le département de l'Aube. Mais, lui qui s'était tant promis de consacrer sa vie entière aux affaires publiques, aurait-il pour jamais changé d'avis depuis la dissolution de l'Assemblée ? C'est depuis lors qu'il a le temps

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de chasser, et que la Saint-Hubert est une grande fête pour son joli éhâteau de Pontsur-Seine!

E.DccLEKC, — né en 1812 à Bagne res-de- Bigorre, n^a été que deux ans à Bourbon.

Correcteur d'imprimerie , rédacteur ensuite du Bon Sens, de la Revue du Progrès^ du Nationalj il a diné souvent avec les'rédacteurs de cette dernière feuille chez le restaurateur nommé Lhomme, rue Cadet. Leurs piqoeniques n'avaient rien de fastueux; néanmoins pour y faire honneur, il fallait un tempérament que Duclerc enviait à ses commensaux et même à Louis Blanc, son ami intime. La proclamation de la République fit le journaliste adjoint au maire de Paris, puis ministre des Finances, puis constituant. Une des qualités qui lui avaient manqué pour conserver son portefeuille, c'était Thabitude des emprunts , science qui ne s'improvise pas comme une révolution. Heureusement Duclerc avait eu le bon esprit de ne pas donner congé d'une chambre modeste dans la rue Lepelletier, son domicile de la veille.

Edgar Ney — et ses frères ont obtenu de nombreuses nominations au Collège. La mort du prince de la Moskov^a, musicien très-distingué qui avait épousé la fille de Laffîte, a fait passer son titre sur la tête du quatrième

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fils du maréchal^ le général Edgar Ney, sénateur, aide-de-camp et premier veneur de l'empereur. Celui-ci était déjà officier d'ordonnance du prince-président et envoyé en mission près de Pie IX^ lorsque la fameuse lettre que lui adressait le chef de TËtat, le 18 avril 1849^ amena de si vives discussions à l'Assemblée sur le pouvoir temporel du pape.

Tous les représentants du peuple qui s'étaient montrés quelques mois auparavant hostiles à l'élection du prince-président, demandaient déjà le rappel de l'armée française envoyée dans les Etals-Romains et la suppression du pouvoir temporel.

Hauréau, — en tant que journaliste, contribua à la rédaction de IsL-Tribum et du National, avant de rédiger en chef le Courrier de la Sarthe. Destitué en 1845 de la place de bibliothécaire au Mans, il rentra au National. Il fut élu membre de la Constituante. La l'évolution de Février l'avait déjà fait conservateur des manuscrits à la Bibliothèque nationale : position conservée par lui pendant quatre ou cinq ans. Mais à côté du démocrate il y a dans Hauréau un historien, un philosophe, un érudit. Le souvenir de ses Lettres de la Montagne, apologie de Robespierre, n'a pas fait assez peur aux membres de l'Institut pour empêcher l'académie des Sciences mo-

234 HISTOIBB

raies et politiques de décerner, pendant larépublique^ son prix annuel de 1,500 fr. à V Examen critique de la philosophie scolastique, sorti de la môme plume. Celle-ci s'est trempée dansFancienneécritoire des bénédictins, pour s'humaniser tout-à-fait, et elle a entrepris une tâche gigantesque, la suite de Gallia Christiana, et voici plusieurs fois que l'académie des Inscriptions et belles-leltres consacre Tutilité de ce travail complémentaire en 7 appliquant le prix Gobert, dont la valeur est de 10,000 fr. Hauréau a donné aussi la traduction de* la PAar^a/e dans les classiques Nisard, et V Histoire litttéraire du Maine.

Amédée Jacques. — Des idées trop purement démocratiques ont privé le corps enseignant du concours d'un homme de talent; auteur de la Liberté de penser : cette publication par fascicules» fondée en 1847, a attiré avant le coup d'Etat, sur sa tête, l'excommunication universitaire. Le même philosophe a donné un travail sur le magnétisme dans la Revue Nouvelle, et un Mémoire du sefès commun; il a publié avec MH. Jules Simon etEmile Saisset, un Manuel de philosophie, en 1847, ettout seul, dix ans après : Excursion au Rio- Salado et au ChacOj etc. Fil&d'un peintre estimé, Amédée Jacques est le beau-frère de

DU LYCÉE BONAPABTBi !^

Gide. Un prix d^honneur lui a été décerné par le Collège, qu'il a quitté pour entrer à rÉcole normale ; il a ensuite professé la philosophie à Amiens, à Douay, au collège Bourbon à deux reprises, à Versailles et à Louisle-Grand, outre qu'il a été trois ans maître de conférences à l'Ecole, Son discours à Bourbon^ en m9, traitait des inégalités instituées et par la nature et par l'état social entre les hommes. Nous y relisons :

« En vain essaierait-on de réduire cette multiplicité vraie à l'unité d'une moyenne imaginaire qui ne serait jamais qu'une abstraction sans modèle. •• Le monde est bien fait, et il n'est ni de^ notre droit ni en notre pouvoir de le refaire. »

John Lehoinne — fut aussi un bon élève, envoyé au collège Bourbon par un maître de pension de la rue Pigalle; seulement il ût une partie de ses classes à Stanislas. Bien que né à Londres^ il était le fils d'un Français^ avocat à Paris et puis dans les départements. Le Journal des Débats sert principalement de tri- 'buneàcetle plume éloquente de John Lemoinne^ qui traite encore toutes les questions de la politique étrangère au point de vue et dans les intérêtsdurégimeconstitutionnelque la France a perdu au 2i Février. La netteté et rélége^ce du style placent depuis longtemps au premier rang, dans la presse^ le jouma-

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liste diplomate qui s'est formé effectivement au ministère des Affaires étraugères.

Eexord Tbxieb, «- que JolinLemoiane a pu coonaitre à Bourbon et à Stanislas^ y a montré pour les couronnes beaucoup plus dMndifférence : n'était-^ pas afficher déjà des sentiments républicains? A toutes ses copies d'autrefois sa copie d'à présent n'a rien à envier : elle fête le dimanche dans les colonnes du Siècle^ comme courrier hebdomadaire, et Vllluslration, ce bas-relief de la presse contemporaine^ a pour rédacteur en chef Edmond Texier. Sa Biographie des journalistes, st&Lettressur F Angleterre etsa Physiologie du poëte ne valent pas son Tableau de Paris.

Le grand Texier est né à Rambouillet; ses comptes-rendus de la dernière campagne d'Italie, rédigés sur les lieux^ lui ont valu la croix d'honneur.

BÉNÉDiGT-LoTS Lheeminier — a conbribué.

avec le susnommé , à la rédaction du Porte- /i?ui7/tf,puis il a écrit danslePay^.'Ce spirituel bohème a fait des charges sans nombre à so»

homonyme du Collège de France^ rien qu'eu lui adressant ses créanciers et ses maîtresses, dont les habitudes du professeur n'avaient que faire. Loys est aussi bon nageur qu' Alphonse Karr, Labiche et Nadaillac. On s'aperçoit, de plus, à l'école de natation, qu'il a le corps

DU LYCÉB BONAPABTE. 231

presque aussi velu qu'un ours. Il se le fait raser de lenips à autre; mais/comme il coupe, en pareil cas, les draps de son lit, force lui est de remettre au mois suivant les bonnes fortunes en retard.

Db Heeckeren. — Son père, le baron d'Anthés, était surnommé à la Chambre des députés , sous la Restauration , le généralissime de la clôture^ tant il aimait à clore les discussions et à faire lever la séance. Georges , né en 1813 et en- Alsace, était bien en pension un élève d'exception : il revenait parfois le dimanche soir avec un billet de banque pour ses menus plaisirs, et il n'y avait pas alors de coupures au-dessous de 500 francs. Elève de Saint- Cyr, il quitta cette école aux journées de Juillet, parce qu'il renonçait à suivre la carrière militaire en France. Sous les auspices de son oncle, le prince de Hatzfeld, il prit du service en Rusiie, sans perdre toutefois sa qualité de Français. Sous-lieulenant d'abord dans les chasseurs de Timpératrice., puis capitaine dans les chevaliers-gardes, il dut tous les succès possibles à une prestance militaire sans égale, à une jeunesse cavalière, à un tempérament capable de soutenir tous les défis de l'esprit d'aventure. M. de Heeckeren , ambassadeur de Hollande^ adopta Georges d'Anthès, qui alors ajouta le nom de son second père

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au sien. L'offlcier ne faisait pas face qu'aux bonnes fortunes ; il était brave comme Tépée. Or le poëte Pouschkin, se prétendant plus libéral que lui, se trompait peut-être sur ce point; mais sur un autre point on lui en évitait la peine et même le doute, car on le trompait à coup sûr. Le capitaine en a rendu raison à Pouschkin ; mais il a eu, de plus, à laver une insulte que lepoëte avait faite àrarabassadeur de Hollande : double affaire d'honneur, dans laquelle Tofflcier a reçu une blessure au bras, mais qui a coûté la vie à son adversaire ! Ni Tempereur ni la loi ne pardonnaient eu pareil cas; Georges a donc dû renoncer pour la seconde fois à un avenir militaire tout dessiné ; il est revenu en Alsace. Conseiller généraldu Haut-Rhin, au début, il s'est porté après candidat à Colmar pour la députation, contre un procureur général; il n'a reçu le mandat parlementaire que deux années plus tard, en 48. Le 15 mai, un huissier de l'Assemblée était aux prises avec six hommes qui allaieul rétrangler; ce que voyant, Heeckeren a quitté sa stalle, et il a fait de son poing, rien qu'en le fermant, unelelle arme, que les six hommes n'ont pas demandé leur reste. Ce représentant, que les Assemblées constituante et législative ont nommé secrétaire, servait d'intermédiaire dans les négociations entamées

DU LTOÉÈ BONAPABTB. 239

peu de semaines avant le coup d'Etat entre TElysée et un tiers-parti, qu'on appelait aussi j

le parti-Tbiers. Le baron de Heeckeren est j

sénateur de la création.

Mobel-Fatio. — Sa famille esioriginaire de l'Helvétie. Son père, négociant à Rouen, puis à Paris, le mit d'abord au collège Louis-le- Grand; mais il en fut renvoyé sans rançon, en 1824, à la suite d'une conspiration qu'on peut appeler dans l'histoire de l'Université le complotées bouts de chandelle. A unsiguBl donné, et donné par Morel-Fatio, cbaque élève de sa cfasse éteignait vite la cbandelle ficbée sur son pupitre; les autres classes imitaient une à une celle qui se plongeait d'abord dans les ténè* bres : cette extinction des feux devenue générale favorisait bientôt un vacarme non moins général, et les maîtres n'avaient plus qu'à se boucher les oreillesàtâtons.ÂrrivéàBourbon, Morel-Fatio passa à d'autres exercices du même genre, auxquels nulle récompense n'était encore affectée : c'est pourquoi il n'eut aucun j)rix. En 1827, il partit pilotin à bord d'un bâtiment marchand anglais, pour apprendre la navigation. Au retour, on le jugea suffisamment apte au commerce, et il entra d'abord chez son père, dont les livres en partie double s'illustrèrent avant peu de culs-de-lampe, quelquefois faits sans lampe ; ensuite on le

240 HiSToms

plaça dans la maison de banque de Jean- Charles Davillier. Puis il renonça au commerce. En Afrique^ où il se rendit, il dessina et il pBignit; il en revint avec deux vues d^ Afrique^ qu'il exposa et qui eurent du succès au salon de 1833. Depuis lors^ que de toilçs signées Morel-Fatio 1 En 42, il s'inspira admirablement d^un baut-fait : Le commandant Marnier avec un slopp français enlevant à l'abordage un brick anglais. Il fui choisi par Horace Vernet pour exécuter, sous ses yeux, le Bombardement de Saint-Jeand^Ulloa. N'alla-t-il pas aussi avec le prince de Joinville jusqu'en Orient? Toutefois les voyages n'empêchèrent pas.Morel d'épouser la fille du général Duchaslel ; après celui d'époux vint pour lui le titre de père. Il fournissait un large contingent à la galerie de marine de Versailles, et il publiait de beaux livres illustrés, entre autres La Marine, avec un des frères Pacini, et plusieurs grands recueils d'Études m^itimes. Aujourd'hui ce Léou Morel-Fatio, qui a si bien marché, est le conservateur du Uusée de marine et du Musée ethnographique, qu'il a créés au Louvre, el maire du XX** arrondissement. Son frère fui au même collège.

PiGEORY, — architecte, ancien rédacteur eu chef de \d, Revue des Beaux- Arts, a écrit des

Dû LYCÉE BONAPABTE. 341

livres sur son art : Histoire de la ville de Saint- Florentin et de sa cathédrale, et les Montiments de Paris au dix-neuvième siècle^ où le collège Bourbon n'est pas oublié.

Roussel, — élu représentant du peuple par le département de l'Yonne, figurait au nombre des, partisans du général Cavaignac; n'avait été officier antérieurement, et lauréat du Collège en 1824,

Lespérut, — fils d'un général, n'a quitté la pension Labbé ^qu'en 1830. Le département de la Haute-Marne Ta envoyé àT Assemblée, puis au Corps législatif.

RouAix et Testelin — ont voté , comme républicains, à T Assemblée. Le premier, avocat à Saint-Girons, avait pris possession de la sous-préfecture, dans celte ville, à la première nouvelle des événements deFévrier.

Le second, docteur-médecin, avait organisé' le banquet réformiste de Lille.

Mortier, -— duc de Trévise, né en 1814, fut chevalier d'honneur de la duchesse d'Orléans et pair de France en 1845. Il fait partie du sénat depuis 1853.

Arrighi, — doc de Padoue, sénateur, membre du comité de haut patronage du Lycée, est né le 26 septembre 1814. Son père, général et gouverneur des Invalides, avait appartenu lui-même, comme élève, à une des

242 HISTOIBB

pensions du Collège, avant la création de cet établissement. Padoue fils entra à TEcole polytechnique en 1833, et il donnait en 1839 sa démission d'officier. Dix ans après préfet de Seine-et-Oise, il fut ministre de Tlatérieur en 1859.

Alphorsede Cajlonne, —parent des anciens professeurs du même nom, a protesté par de spirituelles brochures contre la révolutioD de Février; il a écrit dans VOpinion publiquCf et il a fondé en 1852 la Revue contemporaine, qui tient tê(e aujourd'hui à la Revue des Deux-Mondes.

Emile de Labédollière, — rédacteur du Siècle, était bien jeune en 1828, quand Psyché^ feuille romantique, a publié des vers de sa façon. Une chanson, après 1830, Ta fait traduire en cour d'assise. C'est l'auteur des Industriels, avec Henry Monuier, de VEistoire des mœurs el de la vie privée^ de Paris nouveau, de VEistoire des environs de PariSy etc., traducteur de Cooper et de Dickens.

Julien Lemer. — fils d'un capitaine de frégate, n'a pas eu moins de succès au Collège que LabédoUière. On le destinait d'abord au notariat. Mais il a tourné le dos aux panonceaux de cuivre pour écrire des articles dans une multitude de journaux, et des romans, voire même des brochures politiques.

DU LYCÉE BONAPABTE. 2tà

Paul Jcillerat^ — flls d'un ministre protestant^ a publié des poésies sous divers titres, et il a fait jouer deux comédies en un acte au Théâtre-Français et à TOdéon.

De Valbbzen, — qu'on regardait au Collège comme le flls d'un Talleyrand, porte le nom retourné de Mlle de Bezenval, sa mère. Attaché d'ambassade à Madrid, consul au Cap, puis consul à Damas, il a été privé de ses fonctions en 48 ; mais renvoyé ensuite à Damas, il s'est distingué par sa présence d'esprit et son courage dans les affaires d'Alep, et il a occupé depuis le consulat de Calcutta. Or, voulez-vous faire connaissance aussi avec le major Fridolin? Le major a signé de fort jolies nouvelles : une dans les Débats^ c'est La Queue du chien d'Alcibiade, et une dans la Revue des Deux-Mondes^ ayant pour titre La Retraite des Dix-Mille^ etc. Ce nom frileux est un pseudonyme, un manteau couleur de muraille à l'usage des aventures littéraires. Les folies d'Espagne, les services diplomatiques et les veillées littéraires deValbezen lui ont acquis des droits rélsls à son grand maigre de surnom. C'est principalement à •î.ulrid qu'il a perdu un embonpoint pré- « oce.

Ai:oiGANNE, — attaché comme secrétaire à la haute commission de l'Exposition univer-

1244 mSTOIBB

selle^ a rendu compte de cette exposition dans le Moniteur. La Revue des Deux-Mondes a publié d'autres articles d'Âudiganne, auteur d'une brochure apologétique sur M. Guizot^ d'une Histoire électorale de la France et de plusieurs ouvrages sur Tindustrie.

Leroux. — Le député au Corps législatif ainsi nommé et son frère ont été élèves du Collège. Jules Leroux, frère de Pierre Leroux, a fait partie lui-même de TÂssemblée, comme représentant de la Creuse, et nous le croyons également un des nôtres : des nominations sont accolées au nom de Jules Leroux danslelivretdes prix de 1826. D'autre part,Aimé-A^mandLe^oux,avocat,estmembrede^Associalion amicale des anciens élèves duLycée.

Blavoyer, — né à Troyes le 28 janvier 1815, avocat et agriculteur, fut envoyé par le département de TAube à la Constituante et à la Législative. U siégeait dans les rangs des conservateurs.

Pigeon, — membre de ces Assemblées, était aussi agriculteur; mais il avait sen.

comme officier d'artillerie en sortant de TLcole polytechnique. Son frère et lui avaiei'î fait leurs études dans la pension Labbé.

Élèves de la quatrième période : — Sénart, note»'^ et maire de VillersCollerets ; Véron, rédacteur • Charivari; le Cte d'Aygues-Vives, écuyer de l'er-

pereur ; Girard, Dotaire à Montmorency, et son frère, Gilbert, homme de lettres, lauréat de l'Institat; Lestiboudois; D' Boaland; tt. Fou rni lion , chef d'instition à Colombes; Saint-AIbin-Lechat, receveur particulier à Bar; Oscar de Watteville, littérateur, sous-chef à l'Iostruction publique; son frère, au ministère de l'Intérieur; D' Achalme ; Vte d*Araboise, musicien compositeur, inspecteur des Enfante- Trouvés ; Nacquart , juge ; Manceaux, conseiller d'État; Flandin, id.; Bon de Chassiron , auteur d'un Voyage en Chine , maître des requêtes, gendre du prince Murât ; le Vte de Schramm, fils du général, membre du conseil-général de Maine-et-Loire ; F. Foerster, négociant; E. Forqueray, ingénieur; Bertre, magistrat; Delahaye, attaché au parquet; de Montpezat, peintre; F. J. Cloquet, neveu du chirurgien; Tournadre, employé supérieur aux Finances, et Tournadie, officier supérieur de cavalerie; Timbal, peintre ; Barrié, médecin dentiste; un Locré, peintre, un autre attaché à la Banque; Poitevin, officier supérieur; Hacquin, magistrat; Lantiez, notaire à Deuil; Ro*tning, homme de lettres; Conte; Violette, notaire i\ Cormeilles; Beau, notaire à Paris; Yernet, peintre en miniature; Pajol, officier supérieur; Leroux, id.; Beaume, avocat; Bongrand, magistrat ; Ernest Weber, musicien; Edmond Becquerel, professeur de physique aux Arts-et-Métiers ; Alphonse de Rothschild, régent de la Banque, et son frère Gustave ; le Mis de Conegliano, membre du Corps législatif; le Mis de Caulincourt, id.; Amyot, éditeur; Breton , gendre de M.Hachette, éditeur; Binder frères; Susse frères, Giroux- Lagarde, agent de change ; Prunier, TournadreetBuisson^agréés; le Cte Lehon, député ; Ad.de Belleyme, id,; F. Bartholony^ auditeur au conseil d'État ; Vte Des-

246 HISTOIBB

ro78» id.; Cte de Pons-Reonepont, td.; Alfred Blao* che, id,; Ed. Morea^u ,id.; Boivin , id.; Bon de Bayignan , id.; de Bivocet, id.; Leroy, id.; Tanrbé dessablons , <(!.; Edouard Winslow, armatear; Vilcoq, soos< préfet ; J. Trlamon, auditeur à la Cour des comptes; Sivanne, inspecteur d* Académie ; Blot, commissairepriseur ; Yendryès frères, l'un professeur, Tautre fondeur en cuivre; Gh.SeydoQx, maire et manufacturier as Gâteau; Auguste Rollet, secrétaire générai de la Vénerie impériale; Rodrigues, agent de change; Lecomteûi, Evrard, id.; Paul Robert; Amedée Revenaz; J. BeooDil auteur dramatique ; Pitois; Prétavoine, maire de Louviers; Piard-Mitouflet, ancien avoué ; A. Pasqnier, médecin militaire ; Ménage; E. Marey, avocat; Anatole Manne, sous-chef du cabinet du ministère desTravasi publics ; Loche, contrôleur des contributions directes, et son fîrère, ingénieur desponts-et-chaussées; DrLepère; Lehecq, avocat; Henri Léger, sous-directeur < de la compagnie d'assurance la Réunion ; Letèvre-Pon- 1 talis, lauréat de l'Institut, auditeur au conseil d'£tat. •t son frère avocat; Langlois de Neuville, chef aux Travaux publics; Lagout, ingénieur; HansioD, Koemphen, avocat; les deux Jouaust, liceociés en droit ; Hubert^Saladin, ingénieur ; Dr Blanche; Gros- Jean, avocat; T. Fleury ; A. Denis, rédacteur en ctiei de la GaMette des Théâtres; Ch. Desolme, id. detEntope artiste; Duquesne, avocat à la Cour de cassation; £. Dupin , inspecteur de l'exploitation centrale des chemins de fer ; Dupin ; Ducloux et Beau, notaire»; Marin, Lehelloco, Picard, Dromery, Bertinot, Caroo et Devaux, avoués ; Jules Debray , professeur au lycée; Dailly, maître de poste; P. Dauga; ChasteDel* Beaulieu ; Gharié-Marsaines» inspecteur générai des Donts-et-chaussées; E. Gamuset, docteur endroit;

DU LYCéB BONAPARTR. 34*ï

Dr Belliol; A. Barman, banquier; Ballot-Beaupré, avocat; Minorât, id,; Gourd, id.; Duplan, id,f Angar, directeur d'une compagnie d'assurances; 6. de Conninck, P. E. de Maupas, A. Chartrey , A. Larigaudélie, A. Sabaté, H. de Bressenne, R. de Lignerollcs, A. C. Beaudon/C. Charpentier, E. Bouillette, V. Catlard, A. H. Fournier, M. E. Sauter, A. Dorcy, A. Robles, A. Busoni-Lemaire, J. Gastel, Y. Marquis, Sybertz, 6.-E. Naquet, M.-A.-P. Charmasson de Puylaval, E. Lenoir, E. de Cerval, L.-J. Masselot, P.-H. Fissent, T. Lafont, V.-E. Levainyille, G. Letemplier, J. Tuslane, E.-A. Briel, L. de La Rochelle, A. Cuvier, W. do Combrughe, A Maire, Bataille, baron Jeanson, P.-A. Senelle, G. Dillon, F.-A. Dubuisson, P.-J.-B. Chaulay, E.-G. Guibout, P.-E. Crémieux, S.«A. Pasteur d'Etreillis, A. Fombert, C. Potel, C.-E. Furet, L.-E. d'Herbecourt, B.-G. Dequeux de Beauval; A.-L. Genin, N.-M. Brouhot, F.-E. Bouchot, G. Rufif, V.-L. Jonnart, V. Bishop, Corot, Cb. de Vasconcelles, E. de Progcs, Ch. Rodier, A. Massot, J.-F. Ferrier, E. de Wailly, Réaubourg, P. Delpit, A.-R.-M. Bellinger , L.-E. Soyer. T.-F. Morisset, L.-A. Lejosne, E. Durand de Vallay, J.-P. Delavergne, A. de Sulauze, A. Rendu, Raynouard, J.-C. Lardereau, E.-A. Auger, L. Léguer* rier, L.-A.-P. Génissieux, E.-A. deGuinguand, L. Jatiet, A. Bouillant, L.-F.-A. Peyron, P.-A. Mercier, E.-J. Ducolombier, E. Donon, Roger de La Bourdonnaye, P.-J. Féart, O.-L. Chas, P.-A. Quéquet, A. Dartlel, Dutens, M. Bertin, C. de Mallortie , P.-D. Poutz, Mitelette, E. Lippens, A. Guoq, L-A. Cantelou, J.-F. Geoffroy, G. Corre , C. Saigey , G.-P. Nicod, L. Fir maire, H. de Cibarieu, A. Dupré, A.-E. Auda , Martin, de Mootlaur, A. Sosson, C. Hardouin, C<de Mailard, y. Bisaon, E. Ferrières. J.-E. Linarè», E.Lépine,

248 HiSTomE

A.Prat, A.-S. Montalan, J.-J. MoUot, L.-F. Daiieox, L. de Milly, A. de Marolles, deMenche, L. Delearie, L.-E. de Cressard, A. Bouge, E.-6. Dapont. T. Dapré, J, Cournol, P.-C. Mariua, D.-V. Pille, E. Hostier. L. de Perthuis, L. Brossart/J. Troyer, J. Masseras, U. Chenou, E.de Quillebœuf, L.-A. Huguenot, E.-C.-T. de Bonnoville, A.-E. Sadoc, E.-L. HcrmeUJ. Matter, A. de Maassé, 6.-H. Montmarqué, C.-E. de Birague, J.-A. Bacquey , G. Pruppacher, L.-J et E. d'Hervas, A. Rhéa de Muntgomery, A. -A. de Ferranty, B. Miette. A.>E. Rouquairol, C. d*Audiffrety L. de Ck>rbigny, A.-L Valcourt, G. Mynard, L.-H. Saint-Ange, J.-B.-6. Mauze, X. Preys, G. J.-A.-O. Macaire, G.-R. Gavart, Gracieo. L. Sayalette» E. de Barrère, J.-B.-D. Saucier, A, -F. Legentil, G. Sennegon, M.-A. de Sémallé, G. de Gaaville, E. Lecamus, G. Vaiatour, J.-A.Cantor, A. Fraysse, P,-Th. Ferrand, E. Ourry, A.-J. d'Estrées, Ruynaud de Saint-Georges, E.-C. Letellier.de Loyac , A. Vieyra , A. Alletz , G. de Larue, G. Gomte, Miliotti, de Hissac, les deux frères Admirault , Mala, C.Besnard,E. Tbimon, F. Gauthier, Bonnet, An. Hubert, Lebœuf , Allain-Lechartier , Suchet, Piquet, A. Baudoux , Rochç , Monod, fils d'élève; Daperron, chef à Tenreglstrement ; Bourguignat, avocat aux Gonseils; JDulong, fils d'un général; Trubert, référendaire à la Cour des comptes, et son frère ; Robillard, maître des requêtes ; Allou, avocat, et son frère; Jamtel, Lehec et Lafaulotte, avocats; Jamet, chirurgien* dentisle; Wcill, huissier; les deux Tribert, Tun avocat; Doulcct,jBide-de-camp du duc d'Aumale, capitaine, mort en Afrique, et son frère Jules, archivi>(e au Corps législatif; Heurtant, économe à Stanislas: Fayolle, littérateur ; d'Hauterivje, auditeur; Dallemamagne; E. de Planard, secrétaire de section au Goo-

DU LYCBE ÎBONAPABTE. 249

seil d'Etat; Noblet, avocat; Bon de Serdobio ; deux de Jouy, celui-ci mort eu Afrique, celui-là auteur dramatique, ex-directeur; de Renty, trois frôres, Fréteau de Pény , référendaire ; Yranofif , secrétaire ù l'ambassade de Russie; Cte de Marolle ; Léorat , Lèpelletier, avocat ; Bouillon, sous-chef à l'Instruction publique ; Cochery , avocat ; Pascalis, maître des requêtes au Conseil d'État; Paulmier, avocat; Bercioux, inspecteur du service des essais à la Monnaie ; Schmytz, avocat; Dachanoy, ex-inspecteur des finances; Raquin ; Schuler, chef à l'enregistrement; Legris et Petit de Gatines, avocats ; Cte Edouard Jacqueminot de Ham ; Rocheux, médecin à l'Hospice de la vieillesse, hommes ; Vtc de Janzé ; J.-E. Perrot de Chezelles;Delpecb, médecin; E. de Labrador, peintre, fils d!un grand d'Espagne; Debodeocq, peintre d'histoire , élève de M. Cogniet, blessé au bras droit en juin 1848,. auteur de Virginiei tableau fait avec la main gauche ; de Jonquières , peintre ; les Sempé; Guillaume, employée la Poste; Lefebvre, chez M. Roischild; Leborgne, au ministère de la Marine; A. Mamony, auteur de romances ; Ferbach, professeur; feu Arthur Smith, bibliothécaire adjoint à la Sorbonne, auteur d*un dictionnaire chinois, chargé d'une mission en Chine; Henry aîné, attaché au chemin de fer de Lyon; Bouley, vétérinaire ; Poriquet, avocat ; les deux Delapalme, fils d*un député; le Cte Duroure; Mosselmann; Lemarant, fils de l'amiral; Arrivetz, chef de bureau aux Finances; Y vert, peintre;. Davillier, fils d'élève; Massieu de Clerval, avocat ; Mis de Louvencourt; Boyenval; Barrot, avocat; Clavaud^ capitaine de vaisseau; C. Muron, fils du chef d'institution, négociant; Ginisty, chef à la Poste; Bon de Guiller ville, avocat ; Déel; Mollot, du ministère des Finances ; Poissonnier,

960 HI8T0IBB

chef à la Gaerre ; deax frères de Gorbigny ; Monffle, chef à la Gaerre; Goilin; Lai me, avocat; ÂQglboui: Da Costa, ancien ageat de change ; Baudesson de Richebourg, td.;Ctede Gibeins, C.Cliquet, de Beauvais^YaHot et Quétil, avocats; Cte de BeauPort; Gremeret, pharmacien; E.Gavel, entrepreneur de roulage; CtedeChatillon; Demours; Blanc frères; Lebtelle, professeur; PradiDes, chef à la Poste ; Portier; Saint- Albin, qui a été inspecteur général i TOpéra-Comique; Gtirette, chef àlaMarioe; Gamberlin; Bronel; d'Avril; Surat, professeur à Sainl- Louis; Laperrière; Gogery, receveur d'enr^istrement; Fastré, avocat; Bon Ghopin d*Arnoaville ; Ancelet, architecte; Mis de Gheveigné, Cte d'Amblard deBeaumont, Cardot, huissier; Frécourt, id. ; Pécourt , de Saint - Charles et Maitrejean^ avocate ; Bourceret, directeur d'une Gie d'assurances ; de Moral , Becker, de Lagneaa et Cardeîlhac, avocats ; Bon Lecouppef , Hittorf , Lupin, Faijas , Saint-Mars, fils d'élève; Filleul, jurisconsulte; Ghampy, agent comptable à la Marine; Cte Isoard, Boulin, bibliothécaire è l'Institut; Cannéva, chef aux Finaqpes; Arthur de Beauplan et Montagne, littérateurs; Bergier, chef à la Poste; Troy, Duchaussoy, chef à la Guerre; Saocié, docteur endroit; Pluyette, Graëb, chef aui Finances^ Bon de Gravier, Galisset, de Drieseo , desEssarts et Dutilleul, avocats; HoUard, docteur ès-sclences ; Pitoin, entrepreneur de roulage^; TiDot, propriétaire; Cte de Bouille, Protais, secrétaire général du chemin de fer de Bordeaux à la Teste : Bon d'Hennin, A. Feillet, professeur; Charles, avo cat; Bon Devé, Gobi in, professeur au Conservatoire: Mis de Pinot, Helleu, élève brillant, puis professeur à Stanislas, maintenant à Bonaparte; les dent Caillet. professeurs; Ouiraudet, professeur; Hérold, Van

DU lyo4b bonapaete. 251

Robais, dont les ancêtres ont fondé à Abbeviile la manufacture de draps ; les deux Passy, Dreyss, Tasseur, Neff, Delacoulonche et Tbouvenini professeurs; Morel, architecte du Sultan; Mello, colonel dans la République argentine; de TEspée, Guibert et Regnault, ingénieurs des ponts-et>chaussées; le prince Czartoriski; les deux de Wilt, fils d'élève et littérateurs, gendres de M. Guizot; de Los Vallès, fils d*élève; Ritt, Poisson et Saint-Charles, avocats; Audenet, ban^ quier; de Rhône, journalilste ; d'Argenton, nrasicien compositeur, et son frère, officier supérieur ; Sébault, Barré deLancy, jurisconsulte ; de Lucy, peintre connu sous le nom de LucFossari, qui rappelle celui de sa mère, Mlle de Fossarieu; les Ruggieri, Masimbert, professeur à Chartres, à Lisieux, à Dijon, à Rollin, à Saint- Louis, à Charlemagne et enfin à Bourbon, annotateur d'Esope et de Xénophon ; Devillers, Edmond Smyth , Duclos; Detrez, médecin^ auteur d*un mémoire sur la goutte et sar la gravelle; Pouillet, fils delà cantatrice; de Sainte-Croix, Rogeron, ex-banquier; Saurin, marchand de chevaux à Angers; Doussot, professeur de rhétorique à Tlle Bourbon ; de Chatillon ; François-Victor Hugo ou Charles Hugo, l'un et Tautre littérateurs et fils de l'illustre poète; les Solicofre, fils d'élève ; Régnauld, architecte ; Clémencet, professeur de rhétorique ; Guibert et Huet, des ponts-etchaussées; Dufay , négociant, petit -fils du Petit MixnteaU'Bleu; les deux Carrière, officiers en Autriche, fils du duc de Berry et de Mlle Virginie, maintenant Mme Touchard; Poirré frères; de Monbrian; Al. de Valdemare, traducteur de Botta ; D' Duvivier.

TiRLET. — Le baron Tirlet, fils d'un général^ candidat du parti modéré dans le dépar-

252 HISTOIBE

tement de la Marne, y réunit 48,182 suffrages qui le ûrent entrer à TÀssemblée.

Victor Lasserre, — dit Victor Escousse, auteur de Farruck le Maure, drame en \ers, se tua tout jeune, en 1832, avec Le bas, son collaborateur. Il avait été élève de Bourbon jusqu'en cinquième inclusivement, et dès lors il a^aitcomposé une tragédie intitulée -.Alexandre. M. Lemaire, professeur de rhétorique, faisait allusion dans son discours en 1833, au suicide des deux jeunes gens qui n^avaient pas su attendre la gloire ".

c A 12 aDS, disall-il, on repousse ramilié doctorale; enfin on sMmpatiente de n'être pas un grand homme à l'âge où le plus grand homme des^ temps modernes vivait encore inconnu dans une école. »

Philibert àvdebrand — a écrit dans des feuilles de toutes dimensions; mais il est principalement journaliste du petit format.

Prévost-d'Avezk. —De 1830 à 1838, les premières représentations des pièces de Victor Hugo et d'Alexandre Dumas avaient toujours lieu le jeudi ; un service de billets de faveur était fait aux élèves du collège Bourbon, lesquels étaient représentés près de Fauteur d'ilnf on j^ et A^Angèle par notre camarade Prévost, qui avait commencé ses études au séminaire et qui les continuait avec succès à VUniversité.

DU LYCÉE BONAPAKTE. 253

Il entrât ses classes terminées, au ministère (les Travaux publics; mais jamais employé n'y fut moins esclave de ses devoirs. Il avait mal aux yeux, et l'art de s'en servir pour s'absenler de deux ou trois jours Tun; toutefois il ne portait de lunettes qu'au ministère et dans sa chambre. Les autres jours on le voyait arriver quand le canon du Palais-Royal était parti, et il faisait comme le canon sur le coup de trois heures. De plus, il cajolait si bien les surnuméraires du bureau que ceux-ci, les trois quarts du temps, se chargeaient de ses écritures, en faisant dés vœux pour qu'il passât sous-chef. Mais Prévost ne mettait à profit les protections que ses travaux littéraires lui conciliaient, que pour obtenir tous les ans plusieurs mois de congé qui ne faisaient pas perdre grand chose au ministère. On finit même par lui accorder une permission d'ab^sence illimitée, sans traitement; un ambitieux ne s'empara de son pupitre et de sa vieille redingotte qu'à titre provisoire, et si le titulaire ne reprit pas la place qu'on lui réserva toute l'année, c'est q[u'il oublia tout-à-fait de donner de ses nouvelles au chef de division.

En revanche, il écrivait la physiologie du séminariste dans les Français peints par euxmêmes, et il publiait des articles de ràèeurs, de voyages et de polilique dans la B£tme de

254 HlfiRCOIBB

Part*, la Ref)He britannique et le Constitutionnel. Lorsqu'il rendit visite au baron Taylor, un matin, car c'est l'heure des réceptions rue de Bondy, ce Mécène le traita comme un garçon d'avetiir, comme une célébrité en herbe, en ne le laissant pas pénétrer dans sa chambre avant d'avoir fait étaler des in-folios^ des papiers en désordre tant sur le lit que toui autour. Cette mise en scène avait la prétention de faire considérer le baron Taylor comme n'ayant jamais eu de collaborateurs, et par malheur il s'en présentait un qui venait lui offrir une plume sans signature. Le membre de rinstitut parla à ce jeune homme d'un grand ouvrage qu'il faisait à lui seul, et cette circonstance nous explique assez que, depuis plus de vingt ans , son nouveau livre n'ait pas encore paru. Il avait aussi Thabitude de prendre pour des poètes tous les nouveauxvenus de la littérature, et c^est pourquoi, à la fin de Taudience , il serra vivement la main de son visiteur matinal, en lui disant : — Vos vers sont délicieux ; j'en ai lu avec grand plaisir,et j'en relirai dès que j'aurai un moment à moi.

Or jamais notre ami n'avait rimé ; il délestait la poésie. Quand par hasard il se crut obligé d'adresser à tout risqué les premiers vers venus à des dames, ils étaient de moi, et

DU LYOÉB BONAPAETE. 255

ces dames avaient encore d'autres raisons pour les cacher. Prévost se destinait surtout à la carrière d'écrivain politique, et il fût certainement devenu, avec le temps, ou rédacteur en chef d'un grand journal, ou orateur parlementaire : le régime constitutionnel l'empêchait de désespérer du portefeuille ministériel. Il pelotait, en attendant partie. Dans le monde, il était déjà un homme aimable ; mais il n'eut jamais son pareil pour l'entrain et la bonne humeur dans la société de ses amis. A table, au bal, il avait plus d'esprit argent comptant que la plume à la main, et quelle verve pour les compliments, quelle finesse dans la raillerie ! Tout était respect ability dans sa tenue, comme dans ses écrits, dans ses relations de famille et d'affaires : mais quand l'intimité avait brisé la glace de l'étiquette et secoué le joug du qu'en dira-ton, coriime il retombait en souriant à genoux devant le plaisir ! Gomme il lui disait bien : Je t'aime ! 11 faisait quelquefois des charges, et quelles charges ! Un jour il récitait une fa-. ble , les Animaux malades de la peste , en reproduisant la voix et les gestes de M. Tissot, professeur au Collège de France. Un autre jour il empruntait le ton du secrétaire-perpétuel de l'Académie, se disposant à couronner Bignan, et, d'une voix qui scandait la prose

256 HISTOIBS

comme des yers^ il adressait leatement au lauréat quelques paroles bien senties : — Approchez^ monsieur Bignan, et venez recevoir la palme que TAcadémie décerne à vos nobles labeurs.

Son hospitalier belvédère de la rue Paslourel, où le lendemain des meilleures fêtes annonçait un surlendemain , pourquoi Prévost le quitta-t-il? L'ambition en ce jour néfaste l'a emporté sur le plaisir. L'auteur d'Un tour en Irlande, beau volume qui venait de paraître, avait plusieurs fois passé la Manche tout seul ; il avait parcouru avec moi les bords du Rhin et les Pyrénées; mais il voulait encore voir du pays, visiter Tltalie. D'ailleurs, Prévost, comte d'Avèze, à la veille de passer marquis , avait-il fait vœu de célibat? Plusieurs mariages étaient sur le tapis.

Par malheur la santé du voyageur se dérangea, en Italie^ et la révolution de 1848 renversa des combinaisons qui intéressaient son avenir. Le dernier dîner de garçon auquel il ait pris part n'était pas gai : tout le monde s'y ménageait, bien qu'il y eût un seul malade. Il demanda à ses amis sMls étaient devenus membres d'un comice agricole ou d'une société de légumistes , et il eut la condescendance de porter ce toast : Ad bovesf Un calembour répondit : Ad aves l

bu LYOéB BONAPARTE. 257

Prévost- d'Avèze mourut chrétiennement en juin 1849, pleuré par une mère qui Tavait adoré, et vivement regretté par ses camarades.

La Presse des Écoles. — En 1834, au mois de mars , un journal parut sous ce titre. Ses rédacteurs et ses abonnés étaient presque tous élèves du collège Bourbon ; il y en avait beaucoup moinsàCharlemagne et àLouis-le-Grand.

Le premiernumero.de cette revue fut distribué dans la cour du Collège sans que le censeur, M. Clerc, eût le temps de s'y opposer; mais, dès la seconde fois, le service ne put être fait qu'à la porte de rétablissement. Cette publication romantique, donnant tous les quinze jours une livraison nouvelle, attaquait nonseulement les traditions classiques, mais encore le régime des pensions et collèges de rUniversité.

Le corps enseignant tout entier fut en émoi:

nos maîtres riaient, d'autres criaient au scandale. Mais on jouissait alors d'une liberté qui permit au journal du collège Bourbon de poursuivre, sans trop d'inquiétudes, sa publication toute l'année, et le duc d'Orléans luimême s'était fait inscrire un des premiers sur la liste des abonnés. Un journal qui s'appelait V Anti-romantique fut créé à Paris, sous les auspices de TUniversité , pour répondre aux attaques de la Presse des Écoles et de plu-

258 HXSTontE

sieurs autres feuilles littéraires. M. Napoléon Petiljean, alors répétiteur à Sainte-Barbe, ' traita notre publication du haut en bas dans 1^ Journal des Débats, et M. Casimir Bonjour nous fut encore moins sympathique dans m feuilleton du Constitutionnel.

Les fondateurs de la Presse des Ecoles étaient:

Ferdinand Dugué, élève de philosophie. Depuis ioi^ il a publié des romans et des poésies; il a fait jouer au TbéÂtre-Français et à TOdéon des ouvrages eo vers, et il a donné au boulevard une quantité de drames, dont le plus remarquable au, point de vue littéraire est le Juif de Venise.

Leclerc, également philosophe. Maintenant notaire à Saint-Denis.

Âmalric, Baron et Victor Leroux, élèves de rhétorique. Un ou deux livres ont été publiés postériearement par le dernier.

Breton et Bazot, en seconde.

Etienne Énauit, même classe. Auteur d'une multitude de nouvelles et de romans, publiés d'abord en | feuilletons. La Vallée aiuB Pervenches est, ]|)our ouu^, le mcMleur livre d'Etienne Enault.

Louis Judicis, môme classe, né en 1816. Attaché à l'Hôtel-de-Villo, précédemment à une mairie, Judicis est l'auteur d'un drame, les Cosaques, joné avec suc- | ces à la Gaité, et de plusieurs autres pièces. Il a collaboré à des romans avec Etienne Enault; il a signe également des traductions d'auteurs grecs et latifl^< ainsi que son frère, qui a fait de jolis vers.

Même classe encore, l'historiographe actuel du lycée

DU LYOÉB BONAPABTE. 289

Bonaparte, dont la prose et les vers ne m'ont que trop occupé. C'est le seul de qui j'oserai dire : Il n'a pas plus d'esprit que moi. Mais nous sommes gens de revue, puisque nous n'avons h nous deux que 42 ans.

Lemalre, élève de rhétorique à Charlemagne, et neveu du professeur déjà nommé, puis professeur luimême.'

Pierre Pauli, élèy© de Sainte-Barbe, en philosophie à Louis-le-6rand, mort peu d'années après.

SuDRB ^- obtenait en 1838 un prix de dissertation latine au concours général, et il se faisait remarquer^ en outre^ par sa haute sta-^ tare au milieu des nombreux élèves du Collège que le Toi recevait à Versailles, le 16 août de la même année. Louis-Philippe leur faisait lui-même les honneurs du Musée, sa magnifique création; il adressait la parole aux élèves et aux maîtres, ses invités^ et puis il leur offrait une collation. Sudre, avocat, a été nommé officier supérieur dans la garde nationale.

Edouard Fournie», — né en 1819, est un charmant feuilletoniste du lundi, dans la Pafrie; mais je rengagea s'y montrer sévère pour les petits actes qu'il fait jouer quelquefois. Dans ses recherches sur Paris, il tire un excellent parti des documents que fournit la Bibliothèque à laquelle il a été attaché. Ses travaux bibliographiques ont déjà restitué à rhistoire littéraire des renseignements eu-

260 HTSTOmS

rieux et utiles. La fécondité de Fournier^ qui pond tant d'articles et de livres, n*est pas le seul rapport sous lequel il serait dificile à Irois hommes de le remplacer. Il faudrait néanmoins qu'il montât sur Etienne Enaull, pour donner le bras à Sudre, ou à.

Nadar, — traduction populaire de Tournachon. Si celui-là ne faisait pas fortune avec toutes les réclames que ses obligés restitueiil à son superbe établissement photographique, il resterait un garçon d'esprit, que réjouit fort sa popularité, et l'enfant prodigue, toujours jeune, d'une famille qui ne saurait s'éteindre. Son Panthéon de la littérature est déjà vieux; mais il a mis en vue maintes réputations jusqu'alors plus douteuses. Celait comme une barricade, que des célébrités nouvelles ont prise d'assaut sans coup férir. De nos jours on ne se bat plus sur le chemin de la postérité : de si près tous les trains se suivent ! Les convois partent,. ils n'arrivent pas toujours en bon état; mais à toutes les stations il se prend des billets. On ne dira donc pas : Le siècle Nadar, comme on a dit :

Le siècle de Périclès. Pourtant Nadar est photographe; ce photographe dessine avec un chic particulier; ce dessinateur écrit des nouvelles, et ce romancier au petit-pied est personnellement agréable à rencontrer partout

DU LYCEB BONAPARTE. iffoi

OÙ Ton s'amuse, bien que démocrate à tous crins. Son père, libraire à Lyon, portail un nom connu par des éditions estimées, qui ont paru dans la même ville. Son frère est aussi photographe, après avoir fait de la peinture.

Ch. db Besseliâvre — est le fils d'un peintre en miniature, lequel donna longtemps des leçons de dessin au Collège. Son tuteur, M. Dartois, le vaudevilliste, est devenu son beau-frcre, son collaborateur dans maints théâtres, et enfin son associé dans Tentreprise des Concerts-Musard.

Julien Girard. — Prix d'honneur de rhétorique au concours en 1839, prix d'honneur de philosophie Tannée suivante. Aujourd'hui le créole Girard occupe au lycée Bonaparte la chaire de rhétorique, après Tavoir occupée à Charlemagne.

Bacdrillart, — né en 1821, fut souvent coaronné àTUniversilé avant que TAcadémie française lui donnât le prix d'éloquence àdeux reprises, pour Téloge de Turgot et celui de Mme de Staël. Economiste de l'école libérale, Baudrillart est rédacteur du Journal des Economistes et du Journal des Débats; il fait un cours au Collège de France.

Théodore de Banville, — poète plastique, semble avoir vu le jour à Paros. Il modèle,

262 mSTontB

il estompe^il esquisse admirablement, et quelquefois il taille dans le marbre. Ses Cariatidesy ses Stalactites^ ses Odelettes, ses Ode$ funambulesques sont d'un charmant esprit.

Banville écrit aussi en prose marmoréenne; il a rédigé dans plusieurs journaux le compte-rendu des pièces de théâtre, et il a fait représenter le Beau Léandre, au Vaudeville.

ÂssELiNfiAU, — fils d'un uiédecia de l'administration des Postes, a écrit de jolies noiivelles. Sa collaboration littéraire à beaucoup de journaux y a souvent mis son nom près de celui de Banville, comme dans le livret des prix du collège Bourbon.

Oscar Honoré, — bien que successeur de son père, comme fabricant de porcelaine, est homme de lettres ; ses romans paraissent en feuilletons dans la Patrie et autres journaux. Il a obtenu le prix de 10,000 francs, que M. Véron avait mis à la disposition de la Société des gens de lettres. Le secrétaire de notre Association amicale est Oscar Honoré.

A. Fresneau, — qui remporta en 1842 le prix d^honneur de philosophie au concours, était natif de Redon. Les suffrages du département d'IUe-et-Vikine le firent représentant <lu peuple, et l'Assemblée le vit prendre part

DU LYCÉE BONAPABTB - 263

avec talent aux discuséions relatives au préambule de la Constitution.

MfiCHOR Sghaninitz, — disions-nous eu 1851, est actuellen^ent un des princes qui commandent une des tribus caucasiennes les plus hostiles auxRuges ; il fait à ces derniers^ une guerre acharnée avec Schamyl.

Edmond et Jules de Concourt — n'ont pas quitté leur nom patronymique de Huot en débutant dans la littérature, comme le dit le Dictionnaire des Contemporains : on les appelait de Concourt au Collège. Du reste, ils étaient nés à Concourt, dans les Vosges. Ces frères Siamois de la littérature appartiennent à la branche de Técolo romantique qu'on appelle l'école fantaisiste : ils ne font absolument qu'un, par leurs écrits pleins de finesse et d'originalité. Rédacteurs de Paris^ feuille littéraire quotidienne qui a vécu environ deux années, ils ont semé d'autres-articles ailleurs. La librairie contemporaine leur doit : Les Mystères des Théâtres j la Lorette, Histoire de la Société française pendant le Directoire^ les Actrices^ une Voilure de masques^ Sophie Arnouldy Portraits intimes du X/X« siècle^ etc.

De Broglie. — Les fils du duc de Broglie, ancien ministre, membre de l'Académie française, ont fait leurs études à Bourbon. On lit

2&i mSTOIBE

beaucoup les livres et les brochures du prince Albert de Broglie^ ainsi que ses articles dans différents recueils ^ notamment le Correspondant.

Guillaume Guizot, — qui porte un autre grand nom^ s^est fait connaître du premier coup par un travail très-distingué : Ménandre, étude historique et littéraire sur la comédie et la société grecques. *

De Pressengé. — Un des membres de celle famille protestante, à laquelle le Lycée a dû plusieurs élèves, est auteur d'une Histoire des trois premiers siècles de VEglise chrétienne, etc.

Taine, — revenu de laSorbonne en 1817 avec le prix d'honneur de rhétorique, entra ensuite à TEcole normale. C'est déjà Tauteur de beaux livres, quelquefois très-sérieux, quelquefois amusants, tels que ses Philosophes français et son Voyage aux Pyrénées.

Prévost-Paràdol, — également sorti de l'Ecole normale, écrit principalement dans les Déb'ats. 11 a occupé pendant un an la chaire de littérature à la Faculté d'Aix-en- Provence. L'Académie française a couronné son Eloge de Bernardin de Saint-Pierre^ et Tacadémie des Sciences morales son travail intitulé : Du rôle de la famille dans Véducation. Prévost-Paradol avait obtenu au con-

DU LYCÉE BONAPAETB. 265

cours général le prix d'honneur de philosophie en 1848 el un prix de discours français l'année précédente. On l'appelait Prévost au Collège ; son autre nom fut porté à la scène par sa mère, sociétaire du Théâtre-Français, laquelle jouait encore les reines de tragédie du temps de Mlle Rachel. •

Élèves de la cinquième période : — Dorat, Lecomte, Malhon, de Bournonville, Duboscq» Bertiard des Essarts, Carller, Ghiboarg, de Boissière, de Saint Eglan,6i;'ault, Camus, Ti Ilot, Château, JumeUe, Cailleux, Leven, de Schweizer, GondouiD, Barlholomé, Descamps, Cœurô, Tuuzelin , do Crouzas-Cretet , Carlier, Flolard, de Fréniicourt, Bouillat, Terré, Servel, Burdier, Parisot, do Vèze, Delon, Lasnier, de Rochcplate, Vuaflard, do Catalogne, Chambolle , de Saint-Didi<»r, Meslier, Lanzi, Sasîas, Gronderle, de Labretèche, de Bussac, Loisillon, Floquel, Mascré, de Lavergne, do Beaumont, de La Coulonche, de Mérolla, de Lacépède, do Valois, d'Eichlall, de Coursy, AlcuUi, Montaigut, Challat , Qcllion , Mongrolle, Thouret, de Cumont, Polkt , Desbarolles , Delage, U«èbe, de Vrnouillet, Lacheurie, Saffers, Audouit, Daigremont, Paccard, Desmousseaux, Maldan,Goyler, de Médine, SchefTer, Sabatier, de Bagnaux, Goud* chaux, de Neuilly, Calhelineau, Allard, Martorey, de Markuwen, Notkicwicz, do Ltoières, Degousée, Go- Uiond, Biaugeois, Tramblay, Porte, Murât, Cassius de Liuvaî, de Tessecourt, Berville, Blayn, Dauloux, Van Leemputen, Gaspard, Malibran, Leroy, de Forcade, de Prulay, ThieuUen, Dresch, Journée, Damourette^ Forges , do ViUiers , Mille, de Blaye , Dachon,

266 mSTonus

Préircst, Molinos, de Broniral, jy[alo, MéquiUel, Modthiers, de ChabanDos, Diiceux, Renault, Robinet, Flandin , Péreire, Fanaa, Chaix, Mora, Rosier, Franklin, Alix, Feldtrappe, d'Anre, d*Avrecourt, Ber- Ibelot, GuédoD, Lebaudy, Cuchelet, Salomon , de Comberousse, Sauvage, deTascher, Yvan, Planât, de Baignères, Ledoyen, Hébert, Bazin, Renard, Borel, de Pontchevron, de Brème, de La Redorte, Stévcnard, Nau, Descbamps, Brouard, Herz, Ck>ttereau, Poozols, de Bivery, Paris, Vassal, Tisserand, Grandin, Trolley, Vée, Campbell, Fessa rd, Forey, Persiani, Tamburini, Hermann, dcc Brauoeck, de Saint-Phalle, de Crouy, de Taschereau, Lncaze, Joinviile, Lesguilloo, Billard, Halphen, de Guigné, Durand - Ruel , Chaucbat , Gibert , Dussert , de Flahaut , Chaix-d'Esl-Ange, avocat, fils du procureur-géoéral ; Borda, littérateur ; Léon Say, auditeur à la cour des Comptes; Gaudin, attaché aux AfTaires éfrao* gères ; Gulffrey, avocat; A. de Courson, auteur d'une Hiitoire des peuples Bretons ; Devicque, auteur de plusieurs grands drames ; Cte de Riencourt, depnté; Hurbain, négociant en vins ; Cte d'Argout, mattre des requêtes ; Y te Redon de Beaupreau, td.; Marbeau , %d,\ Hudault, id, ; Péan de Saint-Gille, notaire ; Coin, agent de change ; Vte de Loverdo et Bon de Lucay, auditeurs au conseil d*État; de Barthélémy, id.\ Molitor, fils du maréchal ; Bérard, Cordier, de Conchy, Martini, de Bessières, Gandillot, de Cholseul-Prasiin. Garcia, de Germroze, Autran, Lefrancde Pompignao, de Cools, d'Aoust, Granger, Crosnier, Fix, Cohen, de Noailles, de Malle ville, Second, Legendre, Feuillet, de Livois, deBuissy, Valiéo, de Monvert, Yalatour, de Talleyrand, de Latour-Maubourg, Duperrey, Ardanl, DuruOé, de Mailly, Gillet, Etcbegaray, Cruvoilber.

DU LYCÉE BONAPAETB. 267

Bayvet, Surville, Lelièvre, Gosselin, de Chabrol, Demimuid, Isnard, Devô, Boitard, de Billiers, Lachave, Plé, Baroche, de Rochechoaart, de Perrinelle, Hardy, de Li voix, Auger, de Wurstemberg, de Rivery, Chaise, de Valcrol, de Forbin, Imberl de Saint-Amand, de Fia Vigny, de Marine, de Périgue, FagEÎez, Berger; Pourcelt, notaire; de Bémusat frères. Collier, I^on Halevy fils, les Pozzo di Borgo, O'Neill, de Luppé, L. A. de Cabarrus, Picard, Boutmy, Ollô-Laprune, Beaumont, Ludlow, Saussine, Ariste Albert, J. Andrieux, attaché à la bibliothèque du Sénat ; H. Becker, £. Bordler, Campenon, Cartier, Delacourtie, de là Fosse-d'Auxais, Dqbois frères, Duriez, Fauvel, Forly et Foureau de la Tour, avocats; de Benaxé, Cartier, Devaux et Lesage, avoués; G. Bonnet, Moreau, E. Boullon , L. Chevalier, auditeur à la Cour des ' comptes; Ch. Chollet, du ministère des Finances; Chrétien, Constanlin frères, Corby, de Lamarre, A. Delocbe, J, Delon,coramissaire-priseur ; E. Delpech, professeur ; Desforges et Simon, notaires; E. Douault, licencié en droit, Vte Duchatel, R. Du parquet,, F. Fabrége; Froment-Meurice, joaillier; L Gasson, E. Gervais,*avocat; Guélot, îd;; A. Huart, id,; Humann, id,; E. Gimer, A. Goarnot, Cle de Greffulhe, Gunlzberg , Herbelte frères, d'Hostei frères, Langoit , commissaire priseur, J. Loboucher, B. Lécrivain; Emile Legrand, rédacteur de la partie judiciaire de la Patrie ; J. G. Houssaye, auteur d'une instructive Notice sur la Chine^ fondateui: d'une exposition chinoise annexée à TExposition universelle et négociant en tbés; Albert Le Bée, de Mas, A. Michau, L. Michau, A. Messéan, Moreau de Champlieux, Alph. Mul lot, avocat; Nicolas, O. Noirot, A. Normand, architecte; G. Normand, Parmentier, peintre; Parmentler, avoué; Parmentier,

268 / HISTOIBE

négociant; Pataral, avocat; Pector, id.\ F. Picard, A. Protais, peintre; A. Riche, E. Richard, de Saint- Ronaain, L. de Sancy, Sauvage, H. de Schneider, Ch. Sédillot, G. Touzelin, E. de Valois, avocat; A. de Vandeui, R. Vinchon, peintre ; Jarry, avocat; Levesqae, conseiller à la Cour; Groos, ingônicar civil; Droax, manufacturier; Sanson, Ad. Moreau, Hipp* Moreau, Rasetti, avoué, et Rasetti, homme de lettres, auteur d*nne Jolie pièce au second Théâtre-Français; Javal^ Halphen, Paillet; le Bon de Mackau, auditeur au conseil d'Etat; Jolivard, avocat; Ch. Lagrange, fermier d*annonces; Grétérin» Beugnot, Hôly d*0i$8ci, de Lagrenée, Goubie, de Béville, de Janvry, Fauche, Dupré, prix d'honneur de rhétorique au concours de 1848} Ducolombier, id. de mathématiques en iS49; de Bretteville, id» on 1851; Bahut, id» de logique en 1855; Desdouits, id. en 1855; Listz, id. de rbétor/qae en 1856; Buffin, id, de logique en 1857; Faubert, id. de rhétorique en 1858; Martin, id. de logique en

AansTBs dramatiques: •— Colson, élôve du lycée Bonaparte sous le premier empire, a joué pendant trente ans les réles de confident, de raisonneur ot de notaire au Théâtre-Français.

Talbot est sociétaire actuel.

Laferrière marquera dans l'histoire du théâtre comme Tacteur le plus longtemps jeune, comme le seul amoureux dont les larmes n'aient jamais fait rire, et le drame de son époque n'aura pas eu de Léandre plus passionné, plus touchant, plus aimé.

Brindeau, encore plus nomade que Laferrière, a été sociétaire de la Comédie-Française, et Alfred de Masset n'y avait pas de meilleur interprète. N'esta pas

DU LYCÉE BONAPÀBTB. 269

dommage que Brindeau coure tant la province? Ou l'y gâte.

Charles. Ponchard rappelle à rOpéra-Comique l'excellente méthode du célèbre chanteur, son père, et de plus il joue en comédien qui a passé par le Théàtre- Fraiîçais.

Berton, fils du cdmpositeur, a débuté rue Richelieu vers le même temps que Ponchard. Des succès au Gymnase avaient marqué de nouveau sa place à la Comédie-Française ; mais la Russio l'a rappelé à elle avec des arguments irrésistible^. Son fils, artiste du Gymnase, et ses beau-frères, fils de Samson, du Théâtre-Français, ont été, ainsi que Berton, élèves du collège Bourbon.

Delaistre a créé de grands rôles sur les scènes du boulevard du Crime, et il y a doublé Frederick.

Langlois, fifs d'un syndic au tribunal de commerce, porte au théâtre le nom de sa mère, Mlle Taillade. II a représenté Napoléon au théâtre du Cirque, et Charles IX à la Porte-Saint-Martin; il a repris aussi avec succès un des rôles de la Tour de Nesle» Contrairement au proverbe, il est moins bien servi quand il se taille lui-même un rôle dans un drame de sa composition.

Le père de Lhéritier, du Palais-Royal, et de son frère, attaché au contentieux des douanes, qui ont fait leurs classes à Bourbon, était sous-chef auK Finances. Les Baigneuses^ les detuo Papas très-bien, les Suites d'un premier lit, les Jarretières d'un huissier y et cent autres pièces amusantes ont fait de Lhéritier un comique excellent.

Pascal a joué successivement dans quatre ou cinq théâtres de Paris. Il passait m Collège pour è(rc ap-

210 mSTOIBB

pelé à jouir d'une grande fortune, qui a changé de mains.

Eugène Monrose, frère du sociétaire actuel de laComédie*Française, et oncle de Mlle Monrose, de TOpéra- Comique, tient les premiers rôles en province, après avoir fait à Paris autant d'apparitions que Pascal.

Moreau-Sainti, fils d'un acteur de i'Opéra-Comique, a été quelque temps pensionnairo du théâtre des Variétés ; il contribue à Téducation dramatique des pensionnaires du Conservatoire.

Lbs pensions du Lycée. — Les écoles secondaires relevant du lycée Bonaparte, à Fépoque de son ouverture, étaient les pensions : Bulet, rue de Clichy; Goëbel, même rue; Guibourg, faubourg du Roule; Hix, rue Matignon ; Lemoine, rue de Berrî, et Moreau, faubourg Saint-Honoré: Mais des instituteurs particuliers, moins autorisés d'abord que les chefs de ces écoles secondaires, envoyaient •également des élevés au nouveau lycée, dont ils répétaient les leçons, tels que les sieurs Labbé, Duckett, Briant et Mouton.

M. Billet de la Sarthe, grammairien, né en 1769, avait été au séminaire et porté le pelit-coUet; {Suis il avait étudié en médecine, fait un cours de physique à l'Athénée et donné des leçons dans une école centrale. Il étail établi maître de pension au faubourg Saint- Germain avant de fonder une école polymatique daus la rue de Clichy, 'dite alors delà

DU LYOÉB BONAPARTE. gll

Liberté. Il présenta en 1800 sa Lewicologie à la deuxième classe de l'Institut; mais Fabbé Morellet et François de Neufchateau critiquèrent vivement Touvrage de Butet, qui se dé-cida à déclarer, par une lettre au Moniteur, que son système lexicologique n'était pas suivi à récole polymatique. Il avait fait graver des têtes de lettres où figuraient ces mots dans un triangle : surveillance et affection; tuio, cito et jucunde. . Marie-Joseph Chenier avait parlé de Butet dans un ouvrage. Le mathématicien Kaynaud donnait des répétions dans son établissement; le maréchal Regnauld-de-Saint-Jean-d'Angély et le vaudevilliste Mélesville y ont été élèves. Le maître de pension présenta plusieurs fois sa candidature à rinstitut, sous les auspices de Tabbé Sicard, directeur des Sourds-Huets, qui fut tout seul à lui donner sa voix, et lorsque mourut cet ami qui avait été grammairien, il espéra recueillir plus facilement son héritage académique; mais il obtint alors une \oix de moins que dans les concours précédents. Au reste^ M. Butet suivit de près Sicard dans la tombe; son fils eut postérieurement un emploi au chemin de fer du Nord, et sa fille épousa un changeur de monnaies au passage des Panoramas. Son institution se fondit avec Tinstitution Bintot établie dans la même rue.

272 HISTOIBB

L'abbé Bintot ne s'était pas marié peadanda République, mais il ne reprit plus la soutane. Il denieurait déjà rue de Clicby, avec un petit nombre d'élèves en 1806, bien qu'il fût alors professeur au Lycée. L'année suivante on classait sa maison comme institution particulière. Magister grand et maigre^ à la parole vive, à la physionomie sévère, il tenait bien sa pension, où la patoche remplaçait la verge de Tancienne Université. On appelait patoche une sorte de tire-pied, comnie en ont les savetiers, avec lequel des coups sur la paume de la main étaient administrés par punition aux jeunes élèves, et qui n'a disparu qu'en 1830 des pensions du collège Bourbon. Le successeur de M. Bintot à Vécole polymalique fut M. Barthélémy, après lequel vint M. Rouit, ancien élève du Lycée, puis M. Pitolet, également ancien élève. L'établissement était fermé avant la fin du rè gne de Louis-Philippe.

H. Gœbel était aussi rue de Clichy. Il faisait toujours suivre sa signature de ces mois. citoyen français, afin de n'être pas pris pimr un Allemand. Mais il savait épousé une Anglaise. Ses deux filles, miss Maria et miss. Henriette, étaient charmantes et d'une rare distinction. On les faisait danser une fois par an, ainsi que les sœurs et les mères des élèves,

DU LYOÉB BONAPAETE. 2TI3

dans un bal modestement organisé par sous- .

cription. Miss Maria est devenue la femme d^un professeur, et miss Henriette, qui l'eût cru 't a débuté au Vaudeville.

Ayant l'ouverture du Lycée, Hérold, auteur du Pré aux Clercs^ fut élevé chez M. Hix; puis les pages de l'empereur y furent placés, en attendant qu'une maison spéciale leur fût ouverte faubourg Saint-Honoré. Le filsdu maître de pension mourut en se rendant à Bahia, et le chagrin qu'en ressentit M. Hix le portaà céder presque tons ses élèves à deux pensions de la rue de la Pépinière et à vendre une portion de sa propriété. Son gendre , M. Auber, garda pourtant quelques jeunes gens, qui le suivirent bientôt rue Blanche, et plus lard, comme nous l'avons vu, il était censeur au Lycée.

M. Lemoine, dont l'établissement superbe s'était appelé institution polytechnique, a compté parmi ses élèves : de Ségur et de Baranle, de l'Académie française. Mortier, duc de Trévise, le général comte Tascher de la Pagerie. Ce maître de pension , auteur .d'ouvrages élémentaires, signait Lemoine d'Essoies : il était né à Ëssoies en Champagne , au milieu du xvtn* siècle. Professeur de mathématiques et A% physique, il avait été nommé membre du jury d'Instruction pmblique pen-

2f74 mSTOiBB

dant la Révolution. 11 est mort à Paris, le 17aoûtl8i6.

M. Labbé^ robuste pédagogue, à la bouche capable^ au nez arqué, à l'œil ovale, au front fuyant, aimait tout ce qui fait ventre, mais aussi ce qui corrige un peu l'obésité. La maison qu'il occupait rue du Faubourg-Saînt- Honoré, touchait au ci-devant hôtel Balincourt^ bâti sur les dessins de Liégeon, et le 1" juin 1807 il acheta cet hôtel ouvrant rue de la Pépinière, vis-à-vis de la rue de Courcelles, il s'élait marié en 1793, et sa femme, qui allait elle-même à la halle, veilfait au grain. Leur établissement continuant à prospérer, ils acquirent en 1820 la propriété adjacente dans laquelle ils avaient débuté; puis ils cédèrent, vers 1826, l'institution à ÂfM. Hérault et Hubert, qbi avaient épousé leurs nièces. Mlle Falcon, autre nièce du père Labbé, habitait alors la: pension ; elle débuta bientôt à l'Opéra, avec beaucoup de succès.

Hais les deux associés ayant moins réussi rue de la Pépinière, M. Hérault entra dans l'intendance militaire en Afrique, et M. Hubert, ancien élève du Lycée, devint un de ses meilleurs professeurs. Leur successeur, M. Rivaud, qui avait été établi rue d'Enfer^ conserva a titre d'inspecteur le père Prêtefhent, ancien soldat de TEmpire, déjà vieux dans l'établis-

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sèment; et mari de Finfirmière, qui avait été cantinière. Parmi les maîtres d'étude figurèrent Hégésippe Moreau, dont le prénom réel était Charles ; Guyon^ plus tard sociétaire du Théâtre-Français, et Tyrtée Tastet, auteur de plusieurs pièces et d'une Histoire des 40 fauteuils* L'aumônier fut l'abbé Orsini, qui. depuis a écrit une admirable Histoire de la Vierge j mère de Dieu, Un soir entre autres, dans cette institution, on joua M. Cagnard et Henri 111; voici quelle était la distribution des rôles :

M. Cagnard et le duc de Guise : EIzéar Pin, plus lard homme de lettres, agronome en Provence el constituant; le savetier Manique et la duchesse de Guise: Pecrt, ensuite avoué à Versailles; Catherine de Médi" m ; Luce , n^arié plus tard à une charmante de nae qui donnait de jolis bais; Vastrologue Ruggieri : Tyrtée Tastet; Joyeuse : Charles Joubert; Saint-Mfigrin : Hégésippe Moreau; le page : Victor de Rigny. ensuite associé d'agent de change.

M. Rivaud .ne résista pas mieux que ses prédécesseurs à la mauvaise veine, que ne conjura pas le retour de M. Labbé. Puis un ancien élève de l'Ecole polytechnique, inspecteur dans la pension Petit, M. François Coquille prit rétablissement el y prit femme, pour se séparer de l'un et de l'autre à la fois. M. Coquille, après avoir écrit dans le Constitutionnel, s'est placé en Afrique ; M. Rivaud

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est attaché «lux bureaux du chemia de fer de Lyon. L'ancien hôtel Balincourt est redevenu une habitation particulière depuis la mort de M. et de Mme Labbé.

La pension Savary, rue Croix-des-Petits- Champs, puis passage Sandrié, a été remplacée parla pension Vertut,ensuite Labrousse, sur remplacement du nouvel Opéra; mais elle avait eu une succursale à Passy, avanl d'y transférer son siège principal. Le fondateur de cette maison, maintenant dite Auberl- Savary, a cessé de vivre en 1836. Elle est au nombre des institutions qu'une grande voiture met en communication avec le Lycée.

MM. Granet, Bimar et Basse ont précédé M. Bousquet, gendre de M. Basse et frère d'un professeur du Lycée, dans son établissement, rue de Chaillot, qui date de l'Empire.

MM. Landry père et fils s'installèrent vers 1815 rue de la Cerisaie, et passèrent rue Chaptal quelques années après. Chez eux Ledru-Rollin,et ses amis Gambon et DelesclusC; ont été moins longtemps élèves que l'Anglais Neate, lequel a obtenu un prix de discours français au concours général.

L'ancien hôtel de Lucien Bonaparte, rue du Rocher, est occupe par la pension Carré- Demailly, dirigée antérieurement par M. Dunod, et fondée en 1815 par l'abbé Picot. Du-

DU LYCEB BONAPARTE. îTl

croq, fiîs du concierge de M. Duûod, fat souvent couronné et devint professeni'.

 la même année remonte rétablissement créé rue de la Pépinière par un répétiienr de Louis-le-6rand ^ âgé de 23 ans , lequel commençait avec 7 élèves, notamment de Barrai, qui mourut général. M. Muron, ce jeune maître de pension, rivalisa bientôtavec H. Labbé. Ses lauréats nombreux n'ont pas tous tenu ce que leurs succès promettaient; ea effet , Tan d'eux, LarochettC) fils du porteur d'eau de la pension^ s'est mis simple soldat comme un fruit'^c de TUniversité, et Labarthe, fils d^nn colonel de gendarmerie, est mort jeune, pendant les vacances. Un autre chagrin frappa H. Muron quand toute l'argenterie de la pension fut volée par un employé, par un maître. Le jeune avocat Charles Potrpn, ancien élève, plaida vainement pour l'accusé Guérin, dont le beau-frère, au reste, nommé hiin, fut condamné, dans une circonstance encore plus grave, à la peine capitale. Quant à Potron, il a quitté la robe pour composer de jolies pièces, telles que le Poltron, la Liste de ^e$ maitresses, itf °»« de Sérigny.

M. Muron , comme de juste , était un des premiers à applaudir aux succès de Potron.

^ussi bien il aimait le théâtre plus que ses élèves ne le croyaient. Il allait souvent se

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378 HISTOIEB

blottir dans aae lege de baignoire aux Variétés 6u au Pakift^Rojal, et faxtm il y reneonirait M* Ragw , profesMir de rhétorique, lequel troaTait coaTenaUe d'obeerrer les mèinet précautioneen saiiafaisamt aux mêmes

Le chet d'inatîtaUon avait prit pour répétiieiin Gaiimir Boi^oiir et Bellagaet. Ce dernier arait fait set elataei au Lycée, avant d'y être profesMur^ et il avait traduit le théâtre de Sophocle. M. MnroD^ en 1857^ céda la maison à Bellaguet; il était alon adjeiot an maire de een afroodlsieBieBt; fixé ensoite à la canapagne^ il ne revint plos que raremant à Parii Do)otir, aur le boalevard, Tancien maître de !peaiion fut irappé d'un coup de sang ; le surlîendeiDftiB, cm Tenlerrait.

AlL.Bellagaet, membre du conseil supérieur de riostruetion publique , a succédé IL Ebrard i à la têle de rioslUution de la rue de la Pépinière.

Parlons mainlenant d'une autre pœsioB 4ont les anciens élèves forment une association spéciale* 11.6oubaux donnait des répélitiens à Sainte-Barbe. Le directeur de Sainte- Barbe, M. Victor Delanneau^ aida le répétiteur à établir une maison que celui-ci, par gratitude, appela pension Saint-Victor, Lafûtte aussi Vint en aide à M. Goubaut^ dans une circon-

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stance difûcile, et puis ce fut la Ville, qui acheta rétablissement pour en foire le collège Chaplal. L'inslitution Saint-Victor avait été fondée rue Ctiantereine , ou de la Victoire; elle y avait fusionné avec la pension de M. de la Cbauvinière, ensuite arcliivislede la Chambra des pairs; puis elle avait été transférée rue de Clichy, avec seconde entrée rue Blanche. MM« Belmontet , Michel de Bourges^ Lorain, Nisard^ de TAcadémie française^ et Dielort, fils d'un général ^ ont été attachés à rétablissement. Hassard et Herman> musiciens en réputation , ont été élevés chez H. Goi»baux. Monjean, fils du concierge, y a fail de bonnes études en suivant les cours du Collège, et puis il est devenu précepteur des fils de M.Horace Say. M. Passy, étant ministre^ a voulu faire Monjean chef de son cabinet; mais celui-ci a préféré rester préfet général des études sous la direction de M. Goubaux^ auquel il a succédé comme directeur de Chap^ tal. Sous le nom de Dinaux^ un assez grand nombre de pièces de M. Goubaux avaient été représentées, notamment Richard d'Arlingtorif composé en société avec Dumas; Lairéaumont, avec Eugène Sue, et Louise de LignerotleSy avec Ernest Legouvé.

H. bellacoys de Boismont, un bossu, s'est (ait maître de pension en 1819 rue Maodar,

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puis rue de Clichy. Il a passé proviseur à Tours^ puis bibliothécaire à la Sorbonne, en laissant sou établissement à M. Lamotte, postérieurement inspecteur de i'Uniyersité.

M. Elias Regnault, successeur de celui-ci, est devenu secrétaire du cabinet de Ledru-RoUin, et il a écrit VHistoire de la Révolution de Firner,etc.M.Chalamel,ancienélèveduColIége, a transporté l'établissement rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, puis rue Thévenot. On doit 7 être mieux nourri qu'ailleurs , car le neveu ou le fils du célèbre Brillât-Savarin y a été pensionnaire.

Le vaudevilliste Eugène Nyon, qui a fait ses classes au Lycée, est frère du fondateur de la pension Genty, située rue des Martyrs , et à la tête de laquelle a été M. Blain.

M. deBlignières» auteur de plusieurs grammaires, était le père d'Auguste de Blignières, professeur de rhétorique à Stanislas et auteur A* Essais sur Amyot. Il a créé, rue de Clichy, la maison d'éducation de M. Dupuy, qui est rue Blanche.

Inauguration vers 1820 d'un établissement rue Basse-du-Rempart. M. Léon Faucher y est répétiteur, avant de devenir précepteur des fils de M. Dailly, maître de poste. M. Darragon , ultérieurement secrétaire de la Faculté de droit à Poitiers, et père d'un avocat du

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barreau de Paris^ cède la pension àBlanadet^ ancien élève du Collège, qui vend à M. Montauban, mais qui reprend ensuite, pour revendre à M. Cassan. Clôture en mars 1862, et translation des élèves pensionnaires de la rue Basse-du-Kempart chez H. Carré de Mailly; des externes^ chez M. Regnault, rue S^int-Lazare.

M. Horin^ instituteur établi sur une grande échelle y eut pour successeur son gendre, M. Belèze^ ancien élève de TÉcole normale , auteur d'un Cours complet d'enseignement élémentaire , lequel quitta la rue Louis-le- Grand pour la rue Caumartin, où M. Prunières tient sa place.

La maison Ferté-Bonnefous a été Hénon- Ferté. Noire camarade Ferté la tenait de son beau-père, qui Tavait ouverte rue de la Pépinière, puis rue de Courcelles.

M. Pouzadoux, autre maître de pension, eut pour prédécesseurs MM. Mennequin et Clavé.

M. Dastès, ancien répétiteur de la pension Dabot, s'est installé rue des Dames en 1 835. Aujourd'hui son institution est dite Marc-Dastès.

Au même temps s'établissait, de son côté, M. Dupont, inventeur et propagateur d'une méthode d'enseignement primaire. Ses successeurs se trouventencore rue du Faubourg- Saint-Honoré«

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M. Lottben«9 maître d'ôcriture, avait deux fils aa lycée Bonaparte. Tous les deax se sont servis de la plume en gens de lettres. L'un s'attaclia pourtant à une mairie^ et Tautre, auquel une seule famille avait confié Téducation de 7 enfants^ en fit le noyau d'une pension, rue Tbiroux, puis du Rocher.

De 1842 date la fondation de Pécole polonaise des Batignoltes, où il est donné une éducation nationale à des fils nés en France de rémigration polonaise. Une grande extension a été prise par cette institution^ grâce au dévouement patriotique des Polonais et à la munificence du gouvernement français. H. Stanislas Malinowski est le directeur de l'école polonaise, qui envoie une partie de ses élèves au Lycée.

H. Crosnîer de Varigny, professeur d'Iiistoire à Versailles, précepteur d'un fils de M. le duc de Rivière et de deux fils de M. le duc de Gramont, a commencé en 1842 à réunir sous sa direction les enfants de plusieurs familles..

M. Albert Berçoêt, ancien élève de Sainte- Barbe, faisait de même rue de la Pépinière.

M. Hioile, rue d'Anjou-Saint-Honoré.

Et M. Cousin, rue du Rocher, dans Vancicn hAtel de Joseph Bonaparte.

L'institution Duplessis-Mornay était ci^

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vers le même teqfips aax Batiguolles pour de$( éiëyes de famille protestante.

Trois aatres institutions^qui n^existent plus ou qui ne relèvent plus du Lycée ^ ont eu pour chefs MM. Sabatier^ rue Richer ; Qasc , rue du fiocher, et Brion, |rue de la Vlptoirel Barthélémy, fils du gouverneur de Cuba, lomard et Bonafey comptaient parmi les nombreux élàves de M. Ssd)atier, auquel a 9tict cédé M. Ghartran, puis H. 6aint-Romafn^ M. Gase, père de Télève de ce nom , était auteur d'ouvrages relatifs à renseignement.

H. Brion occupait l'hôtel habité avant le 18 brumaire par le général Bonaparte*

Quelques autres pensions sont de création plus récente ou se rattachent à quelques-unes de celles dont nous avons parlé ; elles sont dirigées par MM. Delahaye , ancien élève du Collège, Chaîne, id., Houlller, ancien répétiteur de la pension Muron; Pernel, Pretet, Derenbourg, Gibot, Gomté et Delafosse.

Dernières nouvelles. — Pendant que cette 4* édition de V Histoire du Lycée Bonaparte était sous presse ^ les portes de l'Académie française s^ouvraient à deux battants pour notre camarade, le prince Albert de BvogUe.

D'autre part , des amis communs nous signalaient comme ayant fait leurs classes rue Caumartin, d'autres notables encore de te

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temps-ci : le comte Alfred de Vigny, de TAcademie française ; le comte Léon de Laborde^ de rinstitut^ directeur général des Archives; Auguste Barre^ statuaire; leyicomte Charles Tascber de la Pagerie ; Eugène Péreire;Cahen d^Anyas; Lallemant; Moreau-Ctiaslon; Cari d'Oldekop; Portier; Robillartde Harigny; Aignan frères; Walker ; le prince de Rosetti Roznoyano; Soyer, commissaire- priseur; Watin, notaire; Réalier-Dumas , sous-préfet; Damot-Batardy I ayocat au conseil d'État; Duperron, architecte de la Ville; Gallisset, procureur impérial; Hector de Saint-Haur> poète; Paul de Lascaux^ romancier ; Charles de Comberouse^ auteur d^un nouveau Cours dv Mathématiques; Aristide Coostantin^ collaborateur au Dictionnaire général de Biographie et d'Histoire (Desobry); Prosper Delamare» auteur de Comédies par la poste; H. Da'nsin, auteur de Études sur le gouvernement de la France pendant le règne de Charles V1I\ Jules Andrieux, auteur de Cartulaire de Vabbaye de Bon-Port (Eure) ; X. Fernyet^ un des rédacteurs de V Illustration ; Edouard Beaumont, dont le crayon illustre plusieurs journaux; Ludovic Halévy et Hec»

torCrémieux, auteurs dramatiques ; Tédileur Dunod, libraire des corps impériaux des ponts et chaussées et des mines.

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RÉGLAUATioNS. — Notre ancien condisciple Vitet a souri, en homme d'esprit^ d'une innocente plaisanterie qui le représente céans comme portant journellement Tliabit noir et la cravate blanche dès sept heures du matin; mais il décline plus sérieusement rhonneur d'avoir appartenu' à TEcole normale. Les deux renseignements inexacts que nous tenions d^Âdolphe Dumas^ et que plusieurs biographies depuis lors ont reproduits^ n'enlevaient rien au mérite invulnérable d^un camarade, dans lequel la littérature contemporaine reconnaît justement un maître. On regrette de ne pas le connaître personnellement, surtout lorsque l'on appartient à une famille amie des Riocreux^ les alliés de cet académicien !

Notre ancien condisciple Maurice Le Roux de Yilliers^ attaché au département des Affaires étrangères et consul général de S. M. le roi de Suède et de Norwège^ est fils de M. Jules Le Roux et neveu de M. Alfred Le Roux, député de la Vendée; aucun lien de parenté ne lui est commun avec Pierre Leroux, outre qu'il n'a jamais fait partie de l'Assemblée na* tionale.LeRoux de Villiers réclame contre des indications qui pourraient amener quelque

confusion.

D'autres rectifications arrivent à temps pour

qftni jêMtàit droit. Eugène Loeré, firoprié- Uire» a été quaUflé iiiêKaetement peintre. De BellafoDils, commis principal aa miniblèrâ de la guerre» n'a Jamais pris la qualité de etmmmaire prindpaL Le capitaine fédéral William Huber, ingénieur en chef «lu réseau des routes stratégiques des Hautes-Alpes, ne signe pas Enbert-Saladin les travaux Justement remarqués qui lui sont dus. Eofin^ ni M. le duc de Trcvisc^ ni M. Lebcc, avocat, ni H. Audigaane, Técrivain économiste^ n^ont suivi les cours du Collège ; mais le frère de H. Audiganne était des nôtres, et malbeureusèment il est mort jeune.

Les errata ne finiraient pas là si nous donnions audience à ramour-propre des écrivains et des artistes qui en veulent à Phistoriographe de ne les avoir pas assee loués. Hais la camavaderie elle-même n'a pasompéeiiéSainls- Beuife de se montrer puUiquenaent hostile i l'éksotion académique de Fauteur de fȧli$t et f Empire rçmain au iv* eiiele. Chacun retourne àsa façon l'élastique justiScation :isifeÊ$ Plal0,fM§is arnica Veritas. Port heoreu- 8efneiit«otre)mbUc,en tenant compte de dos boanes intentions^ avait thésaurisé d'avance Hndulgenee pour les erreurs inséparables d'un travail aussi compliqué dans ses détails. Um «fiHpaftiiq«e btenveiltanee , i^uslenrs

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fois éproayée déjà, nous permet-elle encore d'invoquer le refuge d'une édition subséquente^ quand nous avons péché par omis* sien ? That is the question.

Toujours est- il que les réclamations doivent être adressées, en ce qui regarde le livre^ à M. Rousseau, 15^ boulevard de la Madeleine.

Le comité de l'Association amicale est absolament étranger à la rédaction de tout ce qui précède. V Histoire du Lycée Bonaparte date^ on le sait, d'avant TAssociation. Le comité, toutefois, a bien voulu y ajouter, pour la présente édition, un avis dont la teneur suit :

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