‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 118 sur 193 · I. Archives Départementales, G · texte numérisé non relu

I. Archives Départementales, G

Il ne restait que 5,200 liv. pour toutes les dépenses annuelles, dont voici le détail :

1® La dépense de chaque religieux évaluée à 800 liv.

pour les 13 10,400

2o Médecin et chirurgien 400

30 Gages fixes des domestiques 1,164

40 Nourriture de huit domestiques à 150 liv. l'un 1,200

50 Sacristie 400

13,564 liv.

Il avait donc été absolument nécessaire, depuis quatre ans, que la congrégation de Saint-Maur fournit à ses religieux des subventions, pour qu'ils pussent se maintenir au Collège de Pau.

Sommes dues au Collège, lors de la mise en possession (Mars 1778), 43,249 liv.

Dépenses pour réparations faites et vérifiées par le

commissaire, le 20 août 1779, 45,361

Frais pour parvenir à la mise en possession, 1,145

Excédent de dépense 3,257 liv.

Dépenses restant à faire aux bâtiments d'après le

devis 37,442

Pour achat de livres 2,424*

Pour linge de table, de cuisine, de draps de lit 1,329

Pour meubles des chambres 1,367

Pour vestiaire 1 ,278

Pour première culture des vignes 2,905

Diverses 3,257

Réparations à faire aux dix maisons délabrées 15,000 Avances faites par la Congrégation depuis (juatre ans 20,000 Prétendues avances à rembourser à l'ancien Principal

(arrêt auquel on a formé opposition) 4,000

89,002 liv.

Dans une situation que Ton présentait si embarrassée, les Bénédictins, semble-t-il, auraient dû prendre

le parti d'abandonner le Collège de Pau. Mais la congrégation de Saint-Maur, jalouse de Thonneur qu'on lui avait fait en le lui confiant, très désireuse encore de mériter de plus en plus par son zèle la protection et les bontés du Roi, « s'était déterminée, avant de supplier Sa Majesté d'autoriser sa retraite, à proposer les moyens de la prévenir ».

Faisant le sacrifice, absolu et irrévocable, des sommes qu'elle avait fournies depuis quatre ans pour soutenir le Collège, elle demanda — que l'entretien des boursiers et le traitement des professeurs de théologie ne fussent plus à sa charge, — que la mense abbatiale de Sorde lui fût donnée, — et qu'il lui fût permis d'emprunter avec hypothèques sur les biens du Collège de Pau (ce dont elle promettait de ne pas abuser).

Si, dans ces conditions, la bonté du Roi venait en aide aux Bénédictins, ils pouvaient faire toutes les réparations et mettre le Collège en état de recevoir de nombreux pensionnaires ; on serait débarrassé des obstacles qui arrêtaient, des inquiétudes que l'on éprouvait depuis quatre ans.

Mais ce que les Bénédictins estimaient devoir leur être le plus utile pour le bien qu'ils voulaient faire, c'était qu'ils obtinssent de la faveur royale une étendue de terres à cultiver.

« Le goût de la culture, disaient-ils, et l'amour sincère de la patrie sont encore dans toute leur force dans l'âme des Bénédictins, et, dès qu'on leur en permettra les moyens en leur assurant la propriété de certains fonds, à la charge de l'enseignement public, ils en donneront des preuves aussi convaincantes que celles qu'ils ont données dans tous les lieux où ils ont été fondés. Alors, la province de Béarn pourra tirer d'eux tous les avantages qui les lui ont

fait préférer. Elle trouvera chez eux— des instituteurs empressés à seconder et à développer les heureuses dispositions de leurs élèves, — des agricoles attentifs à féconder les fonds qu'on leur accordera, — et des patriotes dont les efforts pour l'utile justifieront l'honorable opinion qui a motivé la préférence des Etats en leur faveur * ».

Ces demandes, exposées dans un mémoire que les Bénédictins avaient adressé au ministre, furent transmises à M. le marquis de Lons, lieutenant de Roi en Béarn. Il en donna communication aux Etats le 4 février 1782.

L'Assemblée chargea une commission d'en faire l'examen. On lit dans le procès-verbal de la séance des Etats du 11 février :

« Les seigneurs commissaires estiment et sont d'avis (ce qui fut arrêté par l'assemblée) : 1" que le Roy soit remercié de la grâce et de la justice que S. M. a daigné accorder au pays en assurant au Collège de Pau la jouissance de la rente annuelle et perpétuelle fondée par Louis XIII ; 2* qu'en exécution des lettres-patentes, il soit présenté à S. M. des sujets pour remplir les places de boursiers, ne doutant pas qu'il ne soit dans l'intention du Roy d'accorder à la congrégation de Saint-Maur les moyens d'accroître suffisamment les revenus du Collège ; 3* quant aux moyens proposés par le mémoire, qu'il soit répondu par MM. les syndics que les Etats s'en remettent à la sagesse du Roy sur le choix de ces moyens, en lui représentant néanmoins les inconvéniens de la faculté demandée d'hypothéquer les biens du Collège à la sûreté des emprunts » — CoUationnô sur le

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