Archives départementales, C
local destiné à l'éducation ; il est de tout temps sous votre protection immédiate ; vous ne souffrirez pas quMl y soit porté atteinte, et nous vous supplions de vouloir bien user de tous les droits que votre rang vous donne, pour faire agréer les vœux que les Etats proposent pour Taccroissement des revenus du Collège. »
Puis étaient arrivées les réponses : — M. l'Intendant répondait, des Eaux-Chaudes, le 18 juillet : « Je désire, si je suis consulté, que les circonstances me permettent de pouvoir appuyer votre demande » ; — Monseigneur le duc de Gramont, de Paris, le 22 du même mois : « Je viens d'écrire à M. Joly de Fleury et à M. Amelot pour les engager d'accueillir favorablement la représentation des Etats, pour conserver la rente annuelle établie par Louis XIII en faveur du collège de Pau, et pour que Sa Majesté ait la bonté d'accorder à la congrégation de Saint-Maur la propriété des bâtiments et des biens-fonds appartenant à ce Collège. Vous ne devés pas douter du plaisir que je me feray toujours de contribuer au succès de tout ce qui pourra être utile et agréable aux Etats » ; — Madame la duchesse de Gramont, de Paris, le 28 : « Si ma recommandation peut contribuer au succès de la demande que vous faites de la conservation de la rente annuelle accordée au Collège par Louis XIII, vous aurès seurement satisfaction ; j'ay fait connoltre au ministre de la finance tout l'intérêt que je prenois aux affaires de Béarn en général, et je luy ay écrit en particulier sur l'objet dont il est question. »
Quelques mois après, M. le ministre écrivit aux syndics des Etats de Béarn :
A Versailles, le 25 décembre 1781.
En conséquence, Messieurs, des différentes lettres que vous avez pris la peine de m'écrire, et notamment, le 25 juin dernier, sur la délibération prise par la dernière assemblée des Etats de
Béarn, pour maintenir les Bénédictins qui desservent le collège de Pau dans la jouissance d'une pension de 12,000 liv. accordée par Louis XIII, pour sa dotation, les ordres ont été donnés, tant pour la faire acquitter régulièrement à l'avenir, que pour en faire payer les arrérages; mais l'examen de cette affaire m'a donné lieu d'observer que les mêmes lettres-patentes qui font le titre de la congrégation de Saint-Maur pour recevoir cette pension royale, lui imposent la charge d'entretenir des boursiers dont le nombre et la nomination sont réglés et convenus. C'est le moment de réclamer l'exécution de cette convention ; les Etats ont le droit de le faire, et je crois même qu'ils le doivent. Je suis également persuadé que la congrégation de Saint-Maur est entièrement disposée à remplir sur ce point ses engagemens. C'est un objet digne de toute l'attention des Etats dans leur assemblée prochaine *. — Joly de Fleury.
Dès le mois de novembre, en effet, les Bénédictins avaient perçu une partie des arrérages qui leur étaient dus. Mais la rente de 12,000 liv., leur fût-elle, à l'avenir, régulièrement payée, ne pouvait leur suffire.
La congrégation de Saint-Maur avait, à Paris, un avocat, M» Bourdon de La Crosnière ; elle le chargea de remettre au ministre un état de situation ; c'était le compte des dépenses faites et des dépenses à faire.
Produit des biens-fonds du Collège 3,000 liv.
Non- valeur sur ces biens 1,154
(Net) 1,846
Loyer des maisons tombant en ruine 954
Dû par l'Hôtel-de- Ville de Pau une rente de 200 \ 14,000
Pension royale 12,000
14,000 A retrancher :
Pensions de retraite des Régens 1,600
Pensions des Théologiens 2,000 ) 8,800
Entretien de huit bourses à 400 1. chaque 3,200
Réparations annuelles indispensables 2,000