L. Liard ; L'Knseûjnemcnt supéinew en France
que nous unissons audit Collège, et pour être aussi le lieu où se tiendront les Ecoles et les séances de runiversité, à laquelle nous agrégeons ledit Collège ; commettons le supérieur qui le régit pour choisir les quatre docteurs ès-arts * qui seront ordinairement le Préfet des classes, le professeur de mathématiques et les deux professeurs de philosophie. »
La Faculté de droit fut composée de cinq professeurs (art. 7) : MM. de Saint-Martin, doyen, pour enseigner les Institutes du droit civil ; Destouet, pour le droit canonique ; de Martineau, pour le code et les Novelles ; de Casenave, pour le Digeste, et le sieur de Labénésie^ pour le droit français. On leur adjoignit deux agrégés^ : les sieurs de Batsalle* et de Pargade, avocats ; plus un secrétaire-archiviste et receveur, le sieur Crouzeilles, un bedeau-massier et un autre bedeau.
Au duc de Gramont, « cher et bien-aimé cousin du Roi », gouverneur de la Province et pays souverain
1. « Les maîtres ès-arts exerçants étaient réputés et appelés docteurs de la Faculté des arts. » Moarier et Deltour, Notice sur le Doctorat ès^lettres; Paris, Delalain, 1880.
2. Voy. ci-dessus, p. 258. — A peine installé, il eut à se défendre contre ses collègues, qui lui disputaient plusieurs droits honorifiques attachés à sa place, et même le droit d'avoir part aux émoluments de l'Université, c'est-à-dire au produit des grades et des inscriptions. Les Etals firent droit a sa plainte. Arch. Dép., C. 768. M. de Labénésie décéda le 30 mai 173:) ; il fut remplacé, le 22 août suivant, par Arnaud Dufourcq, ancien avocat. Arch. Dép., B. 4581. Ce dernier occupa la chaire de droit français jusqu'en 1739. Il eut pour successeurs, d'abord Jean-Baptiste David, avocat, et, eu 1774, Jean-François Mourot, avocat au Parlement. Arch. Dép., B. 4584 ; B. 4604.
3. Un édit du mois de juin 1756 supprima une chaire de droit et établit une troisième place d'agrégé. Arch. Dép., B 4558. En 1760, les Etats, sur l'avis de M. lie Sauvelade, chargèrent leurs syndics « d'écrire à Mgr le comte de Saint- Florentin, le suîîpliant de donner ses ordres pour le rétablissement de la place » ; on écrivit « également à M, le duc de Gramont, Protecteur de l'Université, pour qu'il voulût bien s'intéresser à cette demande». Arch. Dép., C. 798. La chaire fut rétablie.
4. 11 avait été proposé pour une chaire de professeur ; mais il « fut exclu pour une surdité si grande, que, quelques efforts que l'on fasse, il n'est pas possible de le faire presque entendre». Arch. Dép., C. 379. Cette surdité, à son dire, n'était qu'une « discrétion d'oreille ».
de Béarn, échut le titre de Protecteur de TUniversité de Pau ; à M. Levasseur \ prêtre et chanoine de l'Eglise cathédrale de Lescar, le titre de Chancelier ; le supérieur du Collège des Jésuites fut nommé Recteur^ et Vice-Chancelier de ladite Université.
Il fut établi un Directeur~né (le premier Président du Parlement), ensemble trois Directeurs en titre ^
L'Université, installée dans le pavillon nord-ouest du Collège, au-dessus de la « salle des thèses », ouvrit ses cours, (( les Écoles», comme on disait alors, le 26 janvier 1726. Arch. Dép., C. 1273.
Son installation fut bien simple, bien pauvre même: une chaire pour les professeurs, et quelques bancs pour les écoliers composaient tout l'ameublement de la salle mise par le Collège à la disposition de l'Université moyennant une rétribution annuelle de 200 liv. que la ville payait.
La chaire et les bancs avaient été d'abord placés dans une salle de la maison de M. de Navailles, « dans la veûe d'y faire tenir les Ecoles par provision. . . » Le 13 janvier 1726, il fut délibéré aux Etats
1 . « La place de Ciiancelier m'est demandée fortement pour l'abbé Levasseur, chanoine de l'église cathédrale de Lescar, qui est depuis quelque tems à Paris, et qui m'a paru un bon sujet. » Lettre de M. d'Armcnonvillc à M. rinlendaul, 18 septembre 17-25. Arch. Dép., C. 371).
2. « Nous estimons que, pour le présent de môme que pour l'avenir, S. M. ne peut faire un meilleur choix ni plus capable d'establir ni d'entretenir le bon ordre qui doit être observé dans les Ecoles, que le supérieur des Jésuites. Le Recteur changera après trois ans ou six ans, en même temps que le supérieur quittera sa place pour la céder à son successeur. Et comme il est toujours sédentaire, en qualité de Vica-Ckancelier il fora les fonctions du Chancelier en son absence. Los expéditions no languiront point... » Observations de M. de Lessevitley etc. Arch. Dép., G. 371).
3. MM. de Seney, do Lozons, de Gasonave, conseillers en la cour; — nominations royales du 11 décembre 1725. — M. de Montholon, premier Président, reçut leur serment. Arch. Dép., B. 4579. — Le sieur de Lacassaigne, abbé de La* Renie, était Directeur en 1748; ses lettres de provision sont datées de Versailles, 12 décembre 1747. Arch. Dcp., B. 4585. W I nventaire aliribue ce titre, par erreur, à M. de Bonnecase, conseiller. — M. de Lezons, décédé, fut remplacé le 8 septembre 1707 par M. Jean-André de Gourréges d'Agnos, conseiller au Parlement. Arch. Dép., B. 4597.
que « la dite chaire et les bancs seront déplacés et transportés dans la chambre qui sera choisie... dans le Collège des Pères Jésuites. . . Et, attendu qu'encore bien que les Ecoles n'ayant pas été tenues dans la salle de M. de Navailles, il n'en a pas été moins incommodé, depuis le 7 février 1725, jour auquel elle fut prise et choisie », les Etats votèrent pour M. de Navailles une indemnité de 150 livres.
Dans un mémoire adressé par les professeurs de la Faculté de droit, le 25 février 1726, il est modestement demandé « une porte à la chaire des professeurs et quelques bancs au delà de ceux qui existent actuellement* ».
On décida ensuite qu'il « était nécessaire de faire un portail et de mettre au-dessus une inscription pour marquer qu'en ce lieu est le Collège des Loix ^ ». — « Il faut aussi, disait-on, une cloison dans la salle du Collège, pour séparer une salle du Conseil, laquelle doit être garnie d'un bureau avec un tapis S de six fauteuils de paille et d'une douzaine de chaises de même qualité ; il faut encore y faire deux grandes armoires, chacune avec deux portes, pour y serrer les registres de l'Université et ceux que chaque Faculté tiendra séparément.
« Il faut encfore pour la Faculté de droit des tex-