CHAPITRE XVII
Nomination des professeurs de l'Université. — Chaires mises au concours. — Procès- verbal de l'installation du sieur de Pargade, nommé professeur de droit civil et canon. — Les candidats à la maîtrise ès-arts du Collège de Pau et du Collège de Lescar. — Les Jésuites suspects aux Barnabites. — Collation des grades ; abus dans les anciennes Universités. — Récit de Charles Perrault (Mémoires). — Examens pour les grades de bachelier et de licencié en droit. — Aspirants aux degrés de bachelier et de licencié en théologie. — Epreuves pour le doctorat en droit et en théologie. — Thèses imprimées. — Visites des candidats pour la distribution des thèses. — Analyse des « thèses » d'un candidat aux grades de bachelier et de licencié en droit. — Diplôme de licencié en droit. — Exemplaires de thèses « illustrés ». — Analyse des thèses de Jacques Lafargue, soutenues devant la Faculté des arts. — Personnel de l'Université en 1790. — Ouvrages de M. Mourot, professeur de droit français.
Les professeurs de TUniversité avaient été, d'abord, et furent ensuite nommés par le Roi. Après 1725, on mit des chaires au concours. Mais dans le règlement de la Déclaration du Roy y il n'est question que de ce qui devait avoir lieu lorsque la chaire de droit civil et canon venait à vaquer.
« Le jour du concours en était réglé par les Directeurs et les professeurs de l'Université, et on l'indiquait, au moins, trois mois à l'avance *. »
Trois jours francs avant l'ouverture du concours, tous les prétendants se rendaient, en robe et bon-
l. Voy. Déclaration du Roy, eic, Pau, Isaac Dosbaratz, impr. ordinaire du Roy et de l'Université, 1726.
net, dans la salle du Conseil de l'Universitô, où les Directeurs et professeurs examinaient leurs titres et capacités. Puis, les prétendants tiraient au sort Tordre dans lequel « ils rendaient leur loy * ».
Celui à qui le premier rang était échu devait se préparer « à la dispute », qui avait lieu quatre jours après. — Le salut était rendu en ces termes : Viri Illustrissimi et undecumque Ornatissimi^. L^aspirant faisait une leçon publique d'abord sur la loi civile et ensuite sur la loi canonique. — Trois jours après, il soutenait encore la dispute publique, cette fois contre tous les prétendants, le matin et le soir, en présence d'officiers députés par le Parlement, par la Chambre des Comptes et par l'Hôtel-de-Ville.
Il était procédé ensuite de la même manière pour chacun des aspirants.
Le concours fini, les Directeurs et les professeurs qui avaient assisté à toutes les leçons et disputes se rendaient dans la salle du Conseil de l'Université, où le doyen des professeurs faisait le rapport et opinait le premier. Les voix étaient prises d'abord sur le choix des trois concurrents qui avaient le mieux mérité, et, après ce choix, on opinait sur le rang dans lequel ils seraient présentés. S'il y avait égalité de suffrages dans le choix ou le rang, le Président avait voix prépondérante.
Le procès-verbal de la séance était dressé par le secrétaire de l'Université, qui l'envoyait au commissaire du Roi. Celui-ci le faisait passer au gouverneur de la province, qui le transmettait à son tour au secrétaire d'Etat. Sur le rapport de ce dernier, le Roi choisissait le sujet qui lui était le plus agréa-