‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 146 sur 193 · Cf. Albert Duruy, Revue des Deux Mondes^ 15 d6c · texte numérisé non relu

Cf. Albert Duruy, Revue des Deux Mondes^ 15 d6c

La plupart de ceux dont les noms ont été cités plus haut avaient de l'érudition, et, par la pratique, l'expérience de renseignement. Estarac S Sordes, Gaud étaient d'anciens Bénédictins du Collège ; Brun avait été professeur agrégé à la Faculté de droit de l'Université de Pau *; Bergeret, médecin fort distingué, naturaliste très instruit, est l'auteur d'un ouvrage sur la Flore des Basses-Pyrénées, que l'on peut consulter encore avec fruit ; Baradère a laissé le souvenir d' « un homme de science et de vertu ». Par sa bonté et son aimable esprit, par l'étendue de ses connaissances, par l'élévation de son caractère, « il s'était attiré des sympathies, même parmi ses ennemis politiques H.

1 . Il reste de lui un Cours d arithmétique à Vuaaqe des Ecoles publiques ; Pau, P. Véronèse, an xi. — Instruction sur le nouveau système des poids et mesures ; Paw, Daumon, impr.; — Questionnaire concernant la culture des vignes; 25 germinal an xii (Bibliothèque de Pau). — Estarac avait été professeur de grammaire générale à l'Ecole centrale des Hautes-Pyrénées. Voy. Grammaire générale, par Aug.-Fr. Estarac; Paris, J .-B. Garnery, libraire, 1811.

2. L'an ix, il fut remplacé par Perrin, qui avait aussi professé le droit à l'Université .

3. Cf. Documents sur le dép. des Basses-PyrénéeSy Pau, Vignancour, !8i»0, p. 435 ; — Emile Garet, Mourot, Etude biographique, p. 99 ; — Soulice, Catalogue de la bibliothèque^ p. xxvi. — L'abbé Baradère fut «curé de Pau- Est » — paroisse de Saint-Jacques — de 1803 à 1817, et bibliothécaire de la Ville du mois d'avril au mois de juin 1817.

Voy. Archives Départementales, le « ProcèS'verbal de la réception du serment prèle entre les mains du Préi^^t du département des Basses-Pyrénées par les vicaires généraux de M. l'évêque de Bayonne (Joseph-Jacques Loison) et parles curés du même département dans l'église paroissiale de Pau-Est. — Dimanche, 21 brumaire an xii (13 novembre 1803) « . M. l'évêque célébrant la messe, le citoyen Castellane, Préfet du département, adressa aux ecclésiastiques, après l'Evangile, une allocution qui se terminait ainsi : Votre évèque, « aussi bon citoyen que respectable par sa piété, vous a placés. Messieurs, dans vos églises respectives avec ce discernement qui part du cœur. Il a découvert ceux qui convenaient le mieux à la direction des consciences, parce qu'il les cherchait toujours avec impartialité et sans égard aux intérêts apparents des divers prétendants. Vous justifierez ces pressentiments, vous prescrirez aux fidèles confiés à vos soi os spirituels robéissance aux lois, le dévouement à un gouvernement auquel vous devez tant comme citoyens et comme ministres de la religion. Pénétrés de la sainteté du serment que je vais recevoir au nom de l'autorité suprême et de la République, vous lui donnerez vos cœurs comme vos actions. Vous donnerez à votre troupeau l'exemple de la concorde et de la paix, en oubliant franchement, sans réticence, ni regards en arrière, les nuances d'opinion qui vous ont divisés. C'est par cette conduite. Messieurs, que vous vous rendrez dignes de votre saint ministère, des bontés du prélat qui vous a choisis pour ses coopérateurs, et de l'estime du Premier Consul qui a confirmé son choix » .

Le bibliothécaire, Daigney, avait été en 1767 régent de sixième. Il était venu au Collège, lorsqu'enseignaient ici les maîtres qui avaient remplacé les Jésuites. En 1793, il était inscrit sur la liste des 27 notables de Pau : « Daigney, grammairien K »

La bibliothèque qu'il administrait, « devait fournir les ressources nécessaires pour les études » aux élèves et aux maîtres de l'Ecole centrale, à laquelle elle était adjointe dans le local même où se donnait l'enseignement. Ce local étant devenu, quelques années après, celui du Lycée, c'est de là qu'en 1810 elle fut transportée dans l'ancien couvent des Cordeliers ^ pour être la bibliothèque de la Ville ^ ».

Le traitement annuel de chaque professeur et du bibliothécaire de l'Ecole centrale était de 2,000 fr. C'était « fort convenable en un temps où la France n'était pas riche. Le législateur de l'an iv ne l'avait cependant pas jugé suffisant et il y avait ajouté, par une inspiration à la fois très libérale et très judicieuse, un éventuel formé de ce que nous appelons aujourd'hui la rétribution scolaire. Cette rétribution, fixée à 25 fr. par tête, était répartie entre les professeurs, indépendamment du nombre d'élèves qui suivaient chaque cours ; elle formait une masse, commune à tout le personnel enseignant de l'Ecole * ».

Outre le traitement des professeurs et du bibliothô-

1. Almanach du département des Basses-Pyrénées — annéo 1793 — Pau, Daumon, Imprimeur National.

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