‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 150 sur 193 · Pau, G. Sisos et J. Tonnet» rue de la Lot, n · texte numérisé non relu

Pau, G. Sisos et J. Tonnet» rue de la Lot, n

2. Il était aussi Secrétaire perpétuel du Conseil d'Agriculluref Arta et Commerce,

ment, par son arrêté du 16 floréal, a ordonné rétablissement d'un Lycée à Pau. Ce Lycée sera établi dans le cours de Tan xii. Les Ecoles centrales des Hautes et Basses -Pyrénées et du Gers seront fermées au l*' fructidor. Le Lycée, à cette époque, devra être prêt à recevoir 100 élèves et 50 de plus au 1*^' brumaire suivant ; 30 élèves du Prytanée * y seront transférés au 1** fructidor. La Commission chargée de l'organisation du Lycée sera rendue à Pau avant la fin de messidor. Elle soumettra au ministre de l'Intérieur une double liste de professeurs, des Ecoles centrales ou tous les citoyens qui se présenteront au concours. La Commission adressera également au ministre une liste double des sujets qu'elle aura choisis dans les Ecoles secondaires ^ pour être admis au Lycée. Les élèves seront nommés dans la proportion suivante : Basses-Pyrénées, 40, — Hautes -Pyrénées, 22, — Gers, 32. »

Il y a plus et mieux à dire pour expliquer comment fut établi le Lycée de Pau, qui ne devait être mis en exercice qu'en 1808.

La loi de floréal an x (1802) contenait un grand nombre de nouveautés ou tout au moins de changements. Les Ecoles centrales étaient supprimées et remplacées par des Lycées, où devaient être ensei-

1. C'était, en 1803, le Lycée de Pari8, qui devint une sorte de noviciat où l'on fit passer des enfants attirés de toutes les parties de la République pour les envoyer ensuite porter des habitudes uniformes dans les autres Lycées. — J. Quicherat, Histoire de Sainte-Barbe.

2. La loi du il floréal an z (!•' mai 1802) qui avait constitué les Lycées, reconnut et classa au second rang dans Tordre hiérarchique, sous la surveillance des préfets, tous les établissements communaux ou particuliers, assez importants pour qu'on y enseignât le français, le latin et les éléments des sciences exactes Les Ecoles secondaires étaient recommandées à la protection et aux encouragements du Gouvernement. Celui-ci devait les récompenser quand elles le mériteraient, soit en leur accordant gratuitement le local, soit en conférant des bourses dans les Lycées à ceux de leurs élèves qui se <Uatingudraientleplu8. — J. Quicherat, Hi^totre de Sainte-Barbe.

gnées les langues anciennes, la morale, la logique, la physique et les mathématiques. On réduisait au nombre de 32 ces grands établissements d'instruction publique ; on y organisait des internats. L'administration des Lycées devait être à peu près ce qu'elle est aujourd'hui : elle se composait d'un proviseur, d'un censeur et d'un procureur-gérant. Les études n'y affectaient plus le caractère scientifique et industriel qu'on avait donné à celles des Ecoles centrales ; elles se rapprochaient des anciennes méthodes classiques.

« La nouvelle loi, écrivait le directeur général de l'Instruction publique, M. Fourcroy, en y substituant des Lycées, n'a point voulu supprimer entièrement et sans remplacement les Ecoles centrales ; elle n'en a élagué que le superflu dans le nombre et les genres d'enseignement. Telles qu'elles sont, elles contiennent en matériaux d'instruction et en hommes chargés de les mettre en œuvre tout ce qu'il faudra donner aux Lycées. * »

Dans ces conditions, nul ne pouvait douter qu'il n'y eût bientôt un Lycée à Pau. L'intérêt du département, d'accord avec toutes les convenances, appelait ici ce nouveau genre d'établissement. Les bâtiments, encore occupés par l'Ecole centrale, étaient le meilleur local et le plus vaste de toute la région pour un pensionnat nombreux et pour tous les objets que doit embrasser un Lycée. Ces bâtiments, il est vrai, avaient été négligés depuis plusieurs années, et il y fallait faire de grandes réparations. Mais le Conseil Général des Basses-Pyrénées était disposé à ne rien épargner. Estimant trop faible la somme de 10,000 fr. proposée par le Préfet dans un exposé des dépenses de l'an x,

1 . Instructions aux Inspecteurs Généraux, 13 brumaire an zi (4 nov. 1602).

il offrait de pourvoir généreusement à tous les frais que nécessiterait l'installation d'un Lycée *.

Le Conseil Général pensait, avec raison, que la dépense employée à restaurer et à approprier les bâtiments existants serait toujours sans proportion avec celle qu'exigerait la création, ailleurs, d'un aussi grand établissement.

La ville de Lescar proposa son Collège des Barnabites comme devant être, par sa situation au centre même du Béarn, le plus utile au département. Peutêtre les Lescariens se montraient-ils ainsi un peu jaloux des avantages dont jouissaient les Palois, leurs voisins ; mais ce qu'ils désiraient particulièrement en cette occasion, c'était d'assurer à leur ville quelques moyens de subsistance, puisqu'elle avait alors tout perdu : « son évêché, son chapitre et ses Barnabites ^ ». — Honni soit qui mal pense à ce rapprochement, où il ne faut voir que le contraste : — Madame de La Sablière, jadis, avait au moins gardé ses trois bêtes, « son chien, son chat et son La Fontaine )».

Le 13 messidor an x (2 juillet 1802), le citoyen Laussat, membre du Tribunat, écrivit aux Administrateurs de la ville de Pau :

Citoyens Administrateurs,

Il avoit été arrêté, par ordre du Gouvernement, une liste de 20 principales villes où, dès cette année, on tàcheroit d'organiser des Lycées. Pau n'y étoit pas ; j'ai obtenu qu'il y seroit ajouté. En conséquence, on a fait pour notre département ce qui a été fait pour ces autres, c'est à dire qu'on a soumis au Préfet diverses questions, de la solution desquelles dépend le sort de ces établissements d'enseignement public.

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