‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 154 sur 193 · I. Le domnlne du Bois-Louis; vûj. cl-deuuï, p. SS, d · texte numérisé non relu

I. Le domnlne du Bois-Louis; vûj. cl-deuuï, p. SS, d

qu'il a déjà faite de ce domaine, connu sous le nom de Bois-Louis, pour être annexé au Lycée, n

Le Gouvernement avait nommé pour l'administration du Lycée MM. Lagrave, ancien professeur à l'Ecole centrale de la Dordogne, proviseur, Heuvrard- Dubreuil, censeur, Riben {homme de loi, de Toulouse), procureur-gérant.

Mais tout ne devait pas y être aussi complèteraenl prôt qu'on l'avait déclaré au Conseil municipal et au Conseil Général : le Gouvernement n'envoya pas au Lycée les élèves qu'il avait promis d'y entretenir.

Par arrêté du 7 brumaire an xiv (28 octobre 18CB\ et sur la proposition du Préfet des Basses-Pyrénées, le ministre de Tlntérieur y autorisa râtablissement provisoire d'un Pensionnat (Ecole secondaire*)', *i\ avait été formé par le zèle de MM. Sordes et Gaud, anciens professeurs de l'Ecole centrale ' ».

« On ne sera pas étonné d'apprendre. disait-0D,pe ce pensionnat a déjà pris un grand accroisseineiit La ville de Pau voit renaître son ancien Collège; elle peut même se flatter de posséder bientôt un des plus grands établissements d'instruction publique. La beauté du local, les nombreuses réparations qu'on y a faites pour l'approprier à sa destination, tout contribuait h exciter l'impatience du public, qui désirait ardemment de voir remplir sa longue attente, Le nouveau pensionuat est oi^anisé de manière ^ remplir entièrement l'objet dune pareille institulion. L'ancienne division des classes y a été rétablie, autant que pouvaient le permettre les règlements des

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Lycées.... — Le prix de la pension est de 550 fr. Le Ut est fourni sans frais pour les parents. On paye séparément les leçons des maîtres d'arts et d'agrément. Il y a dans le pensionnat des maîtres de dessin, de musique, de danse, d'escrime et de tenue des livres de commerce. Les bons choix qui en ont été faits sont une garantie assurée des progrès des élèves*. »

Les administrateurs du futur Lycée étaient à peine arrivés, qu'ils adressèrent à M. le directeur général de l'Instruction publique une demande d'ameublement pour leurs logements particuliers. EJle fut transmise au Maire de Pau.

Le Conseil municipal, dans sa séance du 22 frimaire an XIV (13 décembre 1805), « après avoir pris de nouveau tous les renseignements nécessaires sur la situation du Lycée, sur l'état des dépenses faites par la commune et de celles qui lui restent à faire et qui sont indispensables, considérant — qu'il a été alloué sur les revenus et biens de la commune une somme de 62,133 fr. 55 c, pour les réparations et reconstructions à faire aux bâtiments destinés pour le Lycée et qu'il en a été payé jusqu'à présent pour 57,170 fr. 27 c, en sorte qu'il reste encore des fonds à concurrence d'une somme de 4,963 fr. 28 c, et que néanmoins les dépenses faites et à faire pour V entière confection des travaux excédera de beaucoup cette somme ; — que cet accroissement de dépenses provient principalement de l'étendue que les administrateurs ont voulu donner à leurs logements, et qu'au lieu de pourvoir à celui de leurs personnes, ils ont voulu loger leurs femmes, leurs familles et des domestiques, en sorte qu'au lieu de trois pièces, il leur en a fallu au

1. Calendrier du Dép. pour rannée 1806, Tonnet^impr. -libraire.

moins six à chacun, outre des cuisines qu'il a fallu faire construire pour chaque appartement, ce qui absorbe la plus grande partie du logement dans les bâtiments destinés au Lycée; — que la commune se trouve dans un état de détresse qui ne lui permet point de plus grands sacrifices, puisque, par suite de l'insuffisance de ses revenus, elle a dû, par la délibération déjà prise dans cette même séance, déplacer des dépenses déjà allouées et indispensables pour acquitter une dette précieuse, dans l'objet de faciliter à deux sujets de la commune l'avantage inappréciable d'être admis à la garde de S. M. I. et R. *, en prenant ainsi le fonds de cette dépense sur ceux destinés à

des dépenses moins urgentes , — considérant

enfin que, les exercices du Lycée se trouvant suspendus, la commune et ses habitans se trouvent privés des avantages qui dévoient résulter pour eux de cet établissement, avantages à raison desquels la commune s'étoit déterminée à faire les plus grands sacrifices, et que ses habitans en particulier ayant raison de compter sur la gratuité de renseignement se trouvent assujettis à payer les professeurs qui doivent pourvoir à l'instruction qui a été autorisée

par S. E. le ministre de l'Intérieur , — le Conseil,

qui s'est convaincu de l'impossibilité de faire de nouveaux sacrifices, a arrêté et reconnu qu'e/te (la commune) se trouve dans l'impossibilité d'accorder l'ameublement réclamé.

Quelques mois après, le Conseil municipal (séance du 4 avril 1806) refusait aussi aux directeurs du pensionnat un secours de 5,000 fr., qu'ils demandaient pour le supplément du traitement des professeurs.

1 . L'Empire exalté outre mesure ; » le « victorieux » empochait de voir le « despote » .

Le Conseil déclarait que « les dépenses déjà faites dans le Lycée avaient épuisé les ressources de la commune, et que, si elle était en position d'appliquer de nouveaux fonds à cet établissement, elle devrait les employer à la suite des réparations indispensables pour achever d'approprier les bâtiments du Collège à l'objet de leur destination »; mais,— selon l'habitude* béarnaise — tempérant le refus par la courtoisie, Ton ajoutait que « la confiance du public dans les directeurs du pensionnat étant la dotation de l'établissement, elle pouvait lui suffire pour en assurer le succès ».

Et, de fait, le pensionnat était prospère. On publiait « qu'à la dernière rentrée des classes (1807) il y avait eu plus de pensionnaires qu'à la fin de l'année précédente; que le succès de l'établissement provisoire promettait de grands avantages à l'établissement définitif, surtout si ce dernier ne devait être mis en activité qu'après l'organisation prochaine du plan d'instruction publique qui serait un nouveau bienfait de S. M. L et R. » — Almanach du Dép. pour l'an 1808; Pau, Véronèse, impr. — On annonçait « qu'aux exercices de Pâques, il y aurait un essai sur la logique, et que les élèves de la classe de physique répondraient sur l'électricité et feraient quelques expériences avec la machine électrique ».

Le Lycée de Pau ayant été définitivement organisé par décret impérial du 3 novembre 1807, le proviseur reçut l'information officielle que le Gouvernement allait y envoyer les boursiers tout récemment nommés.

1. Ce que M. RoDan appelle d'une façon charmante: «le penchant gascon à trancher beaucoup de difficultés par uu sourire » .

Comme il y avait à compter sur un plus grand nombre d'élèves internes (on devait avoir la plupart si non tous ceux du pensionnat de MM. Sordes et Gaud, qui allait être supprimé *, et d'autres encore qui ne manqueraient pas de venir des départements voisins'), il fallut pourvoir, au plus tôt, à l'acquisition d'un supplément de mobilier et de fournitures; il y avait à procurer des lits, du linge, des ustensiles, etc., pour une somme de 16,000 fr. La Municipalité, toujours libérale pour un Lycée qui, de toute façon, morale et matérielle, lui était déjà si cher, vota cette dépense, à l'unanimité, dans la séance du 9 janvier 1808.

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