Cf. ci-dessus, p
France. La Faculté de droit attira à ses leçons presque tous ceux qui se destinaient à la carrière du barreau, non seulement dans ce département, mais encore dans ceux des Landes, des Hautes-Pyrénées et du Gers. La modicité de la fortune de la plupart des élèves leur faisait préférer Pau à Toulouse et Bordeaux dont le séjour était plus dispendieux.
« Alors il y avait à Pau un grand nombre de familles riches d'où étaient tirés les membres du Parlement. Ceux qui se destinaient à cette magistrature supérieure avaient des facultés suffisantes pour aller étudier dans les Universités des grandes villes. Mais aujourd'hui, ceux qui se proposent de devenir hommes de loi sont tous dans la médiocrité et audessous de cette mesure d'aisance. Aucun d'eux ne serait en état d'aller chercher au loin le titre nécessaire à cette profession.
« Ceux qui se destineraient à l'état d'avoué ou de notaire, nés dans une situation plus médiocre encore, n'auraient aucun moyen de parvenir dans les Ecoles de droit aux épreuves qui sont exigées par l'art. 26 de la loi du 22 ventôse.
« Un malheur plus remarquable encore serait celui de la plupart des citoyens qui depuis dix ans ont été admis à exercer la profession d'hommes de loi et d'avoués. La plupart d'entre eux seraient forcés de l'abandonner, parce qu'ils seraient hors d'état d'aller à Bordeaux ou à Toulouse prendre le diplôme que les articles 18, 20 et 21 de la même loi leur prescrivent de se procurer avant le 1"^ vendémiaire des années xiv et xv.
« On peut juger du peu de ressources de cette classe de citoyens par les difficultés qu'a éprouvées ici le paiement des cautionnements des avoués et des notaires.
«Cette Ecole de droit, réclamée par tant de conve- ' nances, trouvera les plus grandes facilités pour son établissement. Plusieurs des anciens professeurs de droit y sont encore. Cette ville a un grand nombre d'anciens avocats. Les bâtiments du Collège sont assez vastes pour recevoir TEcole de droit, indépendamment de leur partie destinée au Lycée, dans le pavillon autrefois affecté à TUniversité, etc. "
Vaine fut cette demande du Conseil Général, et c'est inutilement aussi qu'il la renouvela dans la suite plus d'une Cois.
Le 16 pluviôse an xiii (5 février 1805), le Maire de Pau déclarait au Conseil municipal que Ton pouvait recevoir au Lycée les élèves promis par le Gouvernement,
La même déclaration était faite au Conseil Général dans la séance du 11 floréal suivant (18 avril 1805} :
B Les bâtiments du Lycée accordé à la ville de Pau ont reçu les réparations et les changements nécessaires à leur nouvelle destination, lissent disposés à recevoir les maîtres et cent cinquante élèves. » — Le rapport ajoutait : « Un domaine qui n'est séparé de ces bâtiments que par une rue formait autrefois une dépendance du Collège de Pau. Il est actuellement affecté provisoirement à la Légion d'Honneur'. Ce domaine isolé est d'une médiocre importance; mais, réuni au Lycée, il procurerait à cet établissement un enclos favorable à tous les exercices du [corps, des canaux de natation, des facilités pour y placer dans la suite l'infirmerie, la buanderie, la boullangerie, etc., lorsque le nombre des élèves se sera laccru. Le Conseil Général renouvelle la demande