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Fils d'un Béarnais établi en Espagne

2. Nunquam polluta, «< la non jamais pollue », comme il est dit dans une Lettre à la reine de France, 19 août 1654. Archives de Bayonne, BB. 65.

Cela était dit en 1853 ; on flattait l'Empire d'alors. Nous ne pouvons nous empêcher d'ajouter que, si l'Empire d'autrefois produisit d'éclatantes victoires, il causa aussi les plus grands maux : la destruction de la liberté, l'invasion de la France. Et, pour ne parler que de l'Empire auquel il était indirectement fait allusion dans les lignes que l'on vient de lire, n'oublions jamais que V Assemblée Nationale, réunie à Bordeaux, l'a déclaré responsable de tous les malheurs qui, dans l'année terrible de 1870, ont accablé la Patrie française vaincue et démembrée. Ce verdict sera celui de l'Histoire.

La première Restauration (avril 1814) rouvrit les portes de notre établissement universitaire, qui prit le nom de Collège royal. — Le Recteur, M. l'abbé Eliçagaray, écrivait alors :

Si dans des tems dilHciles cet Etablissement s'est rapproché le plus qu'il lui a été possible du mode de direction suivi dans les Congrégations régulières les plus estimées, on doit être bien assuré qu'on y trouvera aujourd'hui, avec les mêmes hommes, les mêmes principes et le même esprit, et que leur zèle ne rencontrant plus d'obstacle sous un gouvernement paternel et religieux, il aura plus de succès encore dans l'œuvre importante de Tédacation religieuse.

Les Lycées ne sont plus déjà, très heureusement, que des Collèges royaux qui ont les formes et les règles de ceux des anciens tems. Le tambour est remplacé par la cloche ; les élèves ne sont plus divisés par compagnies ; on y trouve, en un mot, une éducation également adaptée à tous les états ^ .

Autre girouette^ tournant au vent de la politique :

1 . Addition à l'Avertissement de 1812 ; Pau, chez Vigaancour, avocat, ancien imprimeur du roi ; août 1814.

2. Dictionnaire des Girouettes; Paris, Eymery, libraire, 1815.

— M. de Fontanes, Grand-Maître de TUniversité impériale, avait dit à Napoléon, le 16 novembre 1809 :

Combien, Sire, les mémorables exemples que vous donnez seront utiles à nos leçons ! Autrefois, pour élever l'imagination de la jeunesse, on lui parlait des grands hommes des temps passés ; aujourd'hui, le siècle présent a dans vous seul ce qu'on admire en eux de plus héroïque. En développant les prodiges de l'antiquité, nous y joindrons ceux de votre règne. Jamais l'enfance et la jeunesse n'auront entendu d'aussi merveilleux récits, et leurs cœurs palpiteront d'enthousiasme à votre nom.

Ce même M. de Fontanes, Grand-Maître de l'Université royale en 1814, adressait aux Recteurs une circulaire, où Thypocrisie de la forme n'empêche pas de voir qu'il blâme et déteste ce qu'il avait loué et tant aimé.

Je me crois dispensé, Monsieur le Recteur, de vous prescrire aucune mesure pour assurer la tranquillité ou éviter les discussions qui pourraient la troubler parmi les fonctionnaires de votre Académie.

La touchante unanimité des vœux qui appellent les descendants de St-Louis et de Henri IV au trône de leurs aïeux rend les craintes et les précautions également superflues. Il ne peut y avoir, dans ces mémorables circonstances, qu'une même pensée et qu'une même manière de l'exprimer.

Les maîtres de la jeunesse surtout verront avec joie le retour d'un ordre de choses qui assure aux sciences et aux lettres leurs honneurs et leurs loisirs ; aux études, le temps nécessaire pour leur accomplissement ; aux vocations diverses, leur indépendance ; à tous les genres de talents, l'émulation qui les nourrit.

On changeait de régime ; il fallait changer de costume. L'habillement des élèves n'eut plus les formes militaires : il consista en un frac gros bleu, avec collet bleu du ciel ; le chapeau à cornes fut remplacé par le chapeau haute-forme. — On laissa aux parents

le soin de se charger de cette partie du trousseau, en leur faisant, sur le prix de la pension, un rabais de 75 fr. Pour plus d'économie, à l'avantage des familles, on voulut bien ne point proscrire quelques uniformes militaires qui étaient encore tout neufs.

La rentrée des classes au Collège royal de Pau fut fixée au !•'' novembre 1814, « pour réparer un peu, disait-on, le temps que les circonstances avaient fait perdre ».

Les Collèges royaux de la première Restauration (avril 1814 — mars 1815) redevinrent, pendant les Cent Jours (20 mars — 8 juillet 1815), des Lycées qui furent transformés de nouveau en Collèges du Roi, lorsque se fit le second rétablissement de la branche aînée des Bourbons. Dans les maisons de TUniversité, durant cette période de changements politiques si grands et si brusques, il y eut, qu'on nous passe le mot, un chassé-croisé de la cloche et du tambour, de l'habit militaire et du frac, du chapeau rond et du schako. — Voy. les Circulaires du ministre de l'Intérieur, Carnot, 20 avril 1815 et de la Commission de l'Instruction publique, 23 octobre 1815.

Mais on ne put changer l'esprit des élèves aussi facilement que leur uniforme. — « Malgré les impatients, qui auraient voulu que d'un coup de baguette on refît la jeunesse telle qu'elle avait été avant la Révolution (car c'est toujours avant la Révolution que ces chimériques esprits allaient chercher leur idéal), les écoliers des Collèges royaux ressemblèrent beaucoup à ceux des Lycées. S'ils regrettèrent médiocrement le gouvernement déchu, qui les avait un peu trop mis en coupe réglée, ils ne ressentirent pas non plus d'amour pour le nouveau régime. Le plus grand changement que l'on remarqua parmi eux fut un

souffle d'indépendance dont ils se montrèrent aussitôt agités. On avait remplacé les tambours par les cloches, les cocardes tricolores par les cocardes blanches, les compositions à la louange de l'empereur par des compositions en l'honneur du roi, les Te Deum des victoires par des Requiem pour les victimes de la Révolution. On s'indigna que ces nouveautés ne produisissent pas d'enthousiasme. La contrainte fut

employée pour obtenir des démonstrations Parmi

les Lycées transformés en Collèges royaux, il en est peu où la discipline n'eut à essuyer des échecs de la part de l'esprit de révolte *. »

Quelques désordres avaient éclaté dans notre Lycée, — où M. l'abbé Laporte ^ était Proviseur.

L'arrêté suivant fut publié par M. l'abbé Eliçagaray qui venait de reprendre les fonctions de Recteur de l'Académie, dont il avait été dépossédé, pendant les Cent Jours (mai 1815), en faveur de M. Bégat^ professeur de rhétorique :

Ayant appris avec la plus profonde douleur que le Lycée de Pau, qui s*était constamment distingué dans l'Université par ses principes et son excellente discipline, a donné, dans ces derniers mois, des exemples d'insubordination et de désordre.

Nous AVONS ARRÊTÉ :

Art. 1. — Les chefs du Lycée -• et des Collèges* présenteront au Recteur, dans le plus bref délai possible, un tableau de la conduite des maîtres et des élèves des maisons qu'ils dirigent.

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