Voy. ci-dessus, p
3. Le 19 frimaire an xi, le Gouvernement avait ordonné qu'il y aurait une aumônerie dans chaque Lycée. Le premier aumônier de notre établissement fut l'abbé Depaux, — celui-là, peut-être, dont le nom est Depau dans les Documenta sur le Dép. des Basses-Pyrénées, p. 115 : — « Un ecclésiastlqne d'une vaste instruction, d'un caractère aiSahle, doux et compatissant, andea supérieur du Collège des Barnabites de Lescar. Le P. Depau ne quitta qu'à la Révolution la maison où il avait fait ses vœux. . . Â la suppression des ordres monastiques, il se retira à Pau, et il y devint, après le Concordat, ylcaire de M. Baradère, curé de la paroisse de Saint-Jacques. »
Rinmédiatemeiit après la messe ; elles duraient une heure. Chaque mois, par quinzaine, le Recteur réunissait les élèves, le jeudi, pour une conférence sur quelque chapitre de la morale chrétienne, pris dans le Catéchisme de Montpellier; l'autre jeudi, il présidait à la lecture des notes que donnaient deux fols par mois les professeurs et les maîtres d'études, sur rapplicalion, les progrès et la conduite des élèves.
Les offices, même ceux de la Semaine Sainte, se faisaient régulièrement dans la chapelle du Lycée. Il y avait, les dimanclies, une première messe immédiatement après le lever pour ceux des élèves qui devaient exécuter quelques morceaux de musique pendant la grand'messe.
Pour les études, on avait repris les vieilles méthodes classiques. Outre les professeurs de philosophie, de rhétorique, d'humanités, de grammaire, de mathématiques et de physique, établis par les décrets et les règlements de l'Université, il y en avait quatre pour les classes élémentaires, dont deux donnaient aux ^commençants des leçons sur la grammaire française ■Mies éléments de latinité; les autres étaient chargés ^Pâes élèves que l'on préparaît pour la cinquième. Le Lycée entretenait à ses frais deux maîtres d'écriture (MM. Dartiguenave et Monluc), un maître de dessin {M. Butay). ~ Le Prospectus de 1813 annonçait, en post-scriptum, deux autres maîtres : l'un pour la langue espagnole, l'autre pour la tenue des livres de commerce. « Le premier initiera les jeunes Espagnols aux principes de la langue française par le moyen de leur langue maternelle, et il enseignera l'espagnol aux Français qui voudront l'apprendre'. Le second
menlion da reQseigaemeul dea langueg vivaDlea dan a noire rouve au Palmarès del83K. Il y avait eu, cepaadBnU ttepuls 7, dea profeBSeuia il'aûgloiB 01 d'espaguol.
maître ne se bornera pas à la pratique de la tenue des livres, il en enseignera la théorie, à laquelle il joindra les principes généraux du commerce. On n'admettra à cette école que les élèves qui le demanderont avec l'approbation de leurs parents. Les leçons seront à leur charge. »
On avait établi, pour chaque section, des distinctions et des récompenses attachées à la conduite, à l'exactitude, et aux progrès dans l'instruction religieuse, morale et sociale, comme on en distribuait dans les classes pour l'application et les succès dans les études.
La discipline était des plus sévères; des cellules (on les appelait séquestres) tenaient lieu de salle de police. — Il y avait aussi des punitions pour les maîtres : lorsqu'un professeur avait commis quelque infraction au règlement et mérité quelque blâme, on lui infligeait des « arrêts ».
On n'accordait de sortie aux élèves qu'une fois par mois. Mais celui qui obtenait Tune des quatre premières places dans sa division ou dans sa classe, avait droit à une exception. Les sorties avaient lieu le jeudi, après Tétude de dix heures. La condition îndispensablement nécessaire pour obtenir cette faveur tous les mois, était de présenter au Censeur un certificat de bonne conduite donné par les maîtres qui avaient présidé aux divers exercices depuis la dernière sortie, et un autre des professeurs, qui attestât des progrès dans les études. L'élève n'était confié qu'à ses parents ou aux personnes désignées par eux, qui venaient le prendre au Lycée et s'engageaient à le ramener, et à ne le jamais perdre de vue dans la journée.
A la fin de Tannée, outre les prix des classes, il y en avait un qui portait le titre de Prix d'honneur du
Lycée. Il était décerné à l'élève qui, d'après le suffrage de ses condisciples, s'était le plus constamment distingué par la sagesse de sa conduite, l'exactitude à tous ses devoirs, la fidélité h l'ordre, la bonté de son caractère, les progrès dans ses études et le ton d'une bonne éducation. — Ce prix fut décerné, en 1811, à l'élève Vincent Peyré*, de Lorca (Espagne).— Un autre prix était donné dans chacune des divisions aux mêmes conditions que le Prix d'honneur du Lycée. Il était décerné d'après le résultat qu'offrait le dépouillement de toutes les notes de l'année. Les premières mentions conservées de ces sortes de prix remontent à l'année 1816. On en trouvera le détail plus loin, au Livre d'or.
Notre Lycée, qui s'était ouvert au milieu des triomphes de l'Empire, fut fermé quelques jours avant l'abdication de Fontainebleau. Un ordre supérieur était venu forcer le Recteur de faire évacuer le Lycée de Pau sur celui de Toulouse (mars 1814). L'abbé Eliçagaray chargea alors M. d'Esclignac, l'un des Inspecteurs, de pourvoir aux besoins de l'Académie et à la conservation du mobilier et des bâtiments du Lycée. — Les troupes alliées avaient envahi le pays.
Le sol sacré de la patrie était foulé par l'ennemi. Bayonne, la cité invaincue 2, accomplissait l'œuvre héroïque de la résistance. Les élèves de notre Lycée, les boursiers de l'Empereur, vendirent leurs couverts d'argent, leurs timbales, et s'acheminèrent lentement, tristement, vers la ville de Toulouse. ... Ils y trouvèrent la bataille. . . ; ils entendirent le canon qui sonnait les funérailles. . . non, les adieux de l'Empire ; car l'Empire vaincu remportait encore des victoires. (Discours de M. L. Richaud.)