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Il y était fonctionnaire avant de venir à Pau

Un jour, le proviseur Ramon dut être au comble de la joie.-. Le 20 juillet 1828, le Collège avait été tout pavoisé, et la cour d'honneur « ornée de festons magnifiques » ; les chefs de l'Académie, les maîtres et les élèves y étaient assemblés ; on y reçut la visite de Madame la duchesse de Berry. — On nous a montré une médaille commémorative du séjour que la Princesse fit à Pau*. Elle est à l'effigie narquoise du Béarnais, avec ces mots au pourtour : La bonne ville * de Pau à la mère du nouvel Henri ; au revers est la figure de l'enfant du miracle, Dieudonné duc de Bordeaux.

En 1830, le proviseur de notre Collège fut révoqué. Il avait été nommé, en 1826, par M. de Frayssinous, ce ministre , Grand-Maître de l'Université , par qui étaient favorisés « les Jésuites que proscrivaient alors les lois du Royaume ». — On ne peut se faire une idée favorable de ce qu'avait été, pendant quatre ans, l'administration de M. l'abbé Ramon, lorsque Ton sait qu'ayant trouvé au Collège trois divisions d'élèves internes, il n'en y laissa que deux.

En même temps qu'on le révoquait, on avait pourvu au remplacement du recteur de TAcadémie, M. Jourdan. A ce sujet, il importe de reproduire ici deux lettres tirées de la correspondance du maréchal Bosquet^ : celle du jeune polj^technicien, qui avait été élevé au Collège de Pau, est de généreux et noble exemple:

1 . * La Princesse a manifesté combien elle étail satisfalle de la beauté des sites, de la ^ieté, de Tair franc et ouvert des halùtants, et, pour leur en donner une preuve, elle portait le béret et la ceinture du pays. • Annuaire du />ep. (f e,* H^sucs^PyTtnees pour l'an 1^39 ; E. Vignancour, édileor.

^ Par Ordùnnancc royale du ISdéc. 1S1& la ville de Pan aTait été élefée au rang des Bonnes rW/c^ du Royaume.

»^. L<*ttres du mjnrèch^l Bosquet A sa mcre J 829-1 858 i,pa!blGéBB^ avec l'autorisation de M. le docteur I^costo^ neveu du maréctial, par MM . V. Lespy et P. Raymond, membre-s de la Si»c}Wi- des Bil^Uophiles du Béam; Pau, Léoo Ribaui. libraire. 1877-T9.

Au ministre de l'Instruction publique.

Pau, le 21 septembre 1830.

Monsieur le Ministre, d'autres, sans doute, vous ennuieront assez de leurs pétitions suppliantes ; pour moi, je ne demande rien ; c'est un service que je voudrais vous rendre.

Quelques lettres particulières annoncent, dans notre petite ville, que le recteur de l'Académie est destitué, et mon cœur, comme celui de toutes les personnes qui connaissent cet homme respectable, a saigné à cette nouvelle.

Je ne sais si sa destitution est arrêtée, j'en doute; mais enfin de fausses informations peuvent produire une erreur.

Monsieur, c'est au nom de tous les bons citoyens de notre département, et sur mon honneur, que j'atteste ici la conduite toujours pure, toujours généreuse, toujours franche, de cet homme partout aimé et respecté. Bien difficilement il serait remplacé ; vous enlèveriez aux jeunes gens un protecteur, à l'Académie un conseil toujours si sage, et à tous les amis de l'instruction publique leur plus ferme garantie.

Pardonnez à la franchise d'un Béarnais; j'aime trop mon pays pour ne pas essayer de lui conserver l'un de ses plus fermes serviteurs.

Trop heureux, si resté à Paris pendant tout mon congé, je pou-, vais de vive voix vous conter la vie de ce digne recteur auquel vous accorderiez votre admiration.

Veuillez recevoir, monsieur le Ministre, les hommages respectueux de votre fidèle serviteur. — Bosquet.

A M. Bosquet, élève de l'École polytechnique,

à Pau.

MINISTÈRE de

L'INSTRUCTION PUBLIQUE Paris, 13 octobre 1830.

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