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Par catégorie d*olôves : grands, moyens et petits

Plus éclairés, quelques pères de famille recherchent pour leurs enfants renseignement de TEtat ; mais trop souvent ils sont retenus par rélévation de nos prix, et c'est en gémissant qu'ils confient à d'autres qu'à nous l'éducation de leurs fils. Si j'avais besoin de prouver ce que j'avance ici, M. le Recteur, je vous dirai que depuis un an une demi-bourse départementale est vacante au Lycée de Pau ; des nominations à cette bourse ont été approuvées par Son Excellence ; deux refus ont accueilli cette faveur, les parents ne pouvant ni compléter la pension ni solder le trousseau.

Vous me permettrez, M. le Recteur, d'ajouter une dernière considération à cet exposé. Le département des Basses- Pyrénées est pauvre, il n'a aucune industrie, aucune ressource; une seule ville a de l'importance, c'est Bayonne ; depuis l'ouverture du chemin de fer, elle envoie ses enfants à Bordeaux.

A Pau, les étrangers seuls sont riches; quelquefois ils nous envoient leurs enfants ; mais seulement en qualité d'externes ou de demi-pensionnaires pour un trimestre ou deux au plus.

Nous nous recrutons donc, dans les campagnes, parmi une petite bourgeoisie assez aisée, qui nous fera défaut si nous nous montrons plus exigeants que par le passé.

Votre haute sagesse, M. le Recteur, daignera apprécier les motifs que je fais valoir en faveur de l'ajournement de l'augmentation projetée ; elle voudra bien être convaincue que mon opinion est aussi celle des personnes sincèrement dévouées aux intérêts de notre Lycée.

On fit droit aux justes observations du proviseur ; le prix de la pension ne fut pas augmenté. Il resta jusqu'en 1771 tel qu'il avait été fixé par le décret du 5 août 1857.

L'administration du proviseur, M. de Chaumont, avait été active, éclairée. Par ses efforts intelligents, il avait lutté avec avantage contre l'influence des gens hostiles à l'enseignement des établissements universitaires. La prospérité de notre Lycée avait été assurée. Elle n'a pas décru depuis cette époque. — Elle était hier plus grande qu'elle n'a jamais été.

Mais, c'est là, peut-on dire, l'histoire d'aujourd'hui ;

nous n'avons pas à la raconter parce qu'elle est connue de tous.

Rappelons seulement que peu de temps après le départ de M. de Chaumont *, sous le provisorat de son successeur, M. Ayma, le 17 octobre 1866, le Lycée de Pau fut visité par M. Duruy, ministre de Tlnstruction publique.

S'adressant au proviseur et aux professeurs réunis dans la cour d'honneur, en présence des élèves, M. le Ministre leur dit :

Je considère votre établissement comme un des plus intéressants Lycées de l'Empire. Il est très en vue, ne l'oublions pas. Attirées par le charme de la contrée, par l'inefiTable douceur du climat, des familles entières, l'élite de l'Europe aristocratique, viennent s'établir à Pau avec leurs enfants. 11 faut que l'éducation de ces enfants ne i^oit pas interrompue, et qu'ils trouvent par conséquent dans notre Lycée toutes les ressources d'instruction générale qu'ils auraient trouvées dans leur pays natal, avec ce fini, cette perfection de formes, que les étrangers accordent généralement, comme un attribut particulier, à la nation française. Je ne dédaigne pas, certes, l'enseignement spécial, vous le savez ; mais ici, sans négliger ce côté de l'instruction, si utile aux classes industrielles, c'est l'enseignement classique qui doit surtout nous préoccuper, que nous devons surtout faire prospérer et fleurir. Je compte pour cela sur les talents déjà éprouvés des professeurs distingués du Lycée de Pau et sur la direction intelligente de votre nouveau proviseur. Je sais vos succès récents 2, Messieurs, et je vous donne rendez- vous pour 1867 à la Sorbonne... Nous avons ici, M. le Proviseur, les éléments d'un grand succès, d'une victoire assurée ; je compte sur vous et sur vos collaborateurs pour les obtenir 3.

1. Il avait été chargé de la direction du Lycée de Mont-de-Marsan nouvellement créé pur M. Duruy, qui voulait en faire le modèle de ceux où serait donné V Enseignement spécial.

2. Un accessit de discours latin au Concours général (Paris) ; trois premiers prix, deux seconds, onze accessits au Concours des Lycées de l'Académie de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garoane).

3. Mémorial des Pyrénées, du 20 octobre 1866 : Visite de S. Exe. M, Duruy, ministre de l'Instruction publique, au Lycée de Pau. — On lit dans ce même article que M. le Ministre conféra les palmes d'Officier de TlnstrucUon

Elèves et maîtres firent honneur à la parole du ministre de Tlnstruction publique. Dans les années qui suivirent sa venue au Lycée, de nombreux et brillants succès furent ajoutés à ceux qui avaient été précédemment obtenus.

Le 5 août 1871, le Préfet des Basses-Pyrénées, M. de Nadaillac, présidant à la solennité de la distribution des prix, rendait, avec l'éloquence des faits, cet excellent témoignage de la situation intellectuelle et morale de notre établissement :

« Ce sont les faits qui louent », a dit La Bruyère ; laissons donc parler les faits. Seize élèves se sont présentés, cette année au baccalauréat ès-iettres, 12 ont été reçus ; dix-sept se sont présentés au baccalauréat ès-sciences, 17 ont été reçus. J'ose affirmer que dans un autre Lycée de •France on ne trouverait une semblable proportion. . . Au Concours académique * de 1870, le Lycée de Pau obtenait 9 prix et 23 accessits, et ne cédait la palme qu'au seul Lycée de Bordeaux, contre lequel toute concurrence était impossible, à cause du nombre bien autrement considérable de ses élèves.

Je veux vous citer un fait d'un autre genre ; il vous touchera, j'en suis assuré, car il m'a touché pour ma part profondément. Savez-vous, Messieurs, ce qu'ont produit les souscriptions des élèves pour les victimes de la guerre, pour nos chers et glorieux blessés ? — 3,190 fr. ; et vraiment cette somme est bien considérable, si l'on songe qu'elle est prélevée en entier sur le mince budget de l'écolier.

Une aimable indiscrétion me permet d'avoir recours à des voix plus autorisées que la mienne. A la dernière session du Conseil académique, M. le Cardinal, archevêque de Bordeaux, disait :

publique à M. Lespy, professeur de quatrième, pour « les soins dévoués qu'il avait donnés à l'organisation des conférences, et la part persoo celle qu'il y avait prise avec talent ». — Ces conférences avaient été faites, en 1865, par MM. Barthélémy, professeur de pli ysique au Lycée ; Hinstin, professeur de rhétorique ; Lespy, professeur de quatrième ; MuUer, professeur de philosophie ; et par MM. Dauzon, avocat ; Le Cœur, conservateur du Musée ; Louis La Gaze, Conseiller générai des Basses- Pyrénées ; Luro, avocat ; Meaume, avocat ; Rivarès, Conseiller général des Basses- Pyronées ; Walras, ancien inspecteur d'Académie.

i. Le Concours des Lycées de l'Académie de Bordeaux.

« Voici la quatrième année que je remarque avec une grande satisfaction l'excellente situation morale du Lycée de Pau ; las progrès y sont chaque année plus sensibles. » — « Votre Eminence a parfaitement raison, a répondu M. le Recteur, je reviens du Lycée de Pau, et je puis dire que ce Lycée est un des meilleurs non seulement de T Académie, mais de la France^. •

En 1878, on comptait 425 élèves dans notre établissement. C'est ce qui fut constaté dans la séance du Conseil municipal de Pau du 3 juin de cette année; M. Sers, rapporteur de la Commission des comptes et budgets, s'exprimait ainsi au sujet du Lycée que ron

avait eu alors le projet de reconstruire :

La reconstruction totale étant trop onéreuse, on se proposerait seulement de réparer et de compléter l'édifice, respectant ainsi la religion des souvenirs communs à un nombre important d'hommes éminents qui y ont été élevés...

Notre établissement d'instruction secondaire remplit tout à fait les conditions d'un Lycée international. Sur 425 élèves, il en compte 85 étrangers : — 33 Espagnols, 19 Anglais, 1 7 Américains, 7 Roumains, et 9 de différents autres pays. Quel établissement en province peut en rassembler autant ?

Il ne vous échappera pas, Messieurs, que la France a un intérêt réel h maintenir et à développer cette attraction des élèves étrangers. Dans certaines nationalités parquées dans les sentiments patriotiques les plus tenaces, chez les Espagnols et les Anglais, par exemple, la France compte ses meilleurs amis parmi ceux qui l'ont habitée ou qui y ont fait une partie de leur éducation. N'est-ce pas là un résultat que l'on doit ambitionner et rechercher ?

Il convient donc à tous égards, et dans un intérêt national et dans l'intérêt spécial de la ville de Pau, de faire tous nos efforts pour soutenir la prospérité du Lycée 2.

Les concurrences se dressent autour de lui ; les établissements privés se multiplient ; le Lycée de Bayonne, qui a été édifié avec la pensée d'en faire un établissement international, attirera à lui,

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