XXVI INTRODUCTION
« Puis, les langues anciennes sont les ancêtres de la nôtre. A ces sources ont bu les grands écrivains de France. Il y faut remonter pour retrouver les origines des lettres classiques françaises. Je sais qu'il est de mode aujourd'hui de se moquer de cet argument, mais j'ai la naïveté de croire qu'il est de quelque importance de bien comprendre Corneille, Racine, Molière, et je suis certain que ceux-là ne les comprennent point tout à fait, qui ne connaissent ni Aristote, ni Eschyle, ni Sophocle, ni Euripide, ni Térence, ni Plante, ni Tacite, ni Tite-Live.
c< Enfin, sachez-le bien, le jour où l'ombre sera faite sur les origines intellectuelles de l'humanité, où les peuples n'admireront plus ensemble les communs ancêtres ; quand il ne restera plus au-dessus des nations, par delà nos querelles et nos haines, une époque où tous les hommes qui pensent se retrouveront écoliers et frères, alors disparaîtra une des rares raisons qui demeure de concorde intellectuelle et morale entre les hommes. J'espère que la France demeurera fidèle aux vieilles humanités, car sa vocation présente et durable est précisément de représenter, parmi les peuples, l'humanité. »