‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 24 sur 193 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Henri IV et les Jésuites. — Mémoires de Sully. — Le Conseil Souverain de Béarn. — L'évêque d'Oloron. — Louis XIII à Pau en 1620. — Lettres-patentes de 1622. — Dotation d'une rente annuelle de 12,000 livres. — Fondation du Collège. — Compte-rendu de MM. de Belloc et de Mosqueros, conseillers au Parlement. — Le vieux Collège. — Un faubourg de Pau. — Quittance autographe du P. Coton. — Lettre des Jurats de Pau. — Le Provincial. — Le Recteur. — Le P. Jean de La Renaudie, recteur du Collège royal de Pau en 1623.

Henri IV, après avoir expulsé de France les Jésuites en 1594, les rétablit lui-même en 1603, malgré Topiniâtre résistance du Parlement.— On a prétendu que le P. Pierre Coton, confesseur du roi et qui avait peu à peu gagné toute sa confiance, Pavait déterminé à signer le rappel des Jésuites. D'après Agrippa d'Aubigné (Confession catholique du sieur de Sancy), c'est

à l'influence de La Varenne^ qu'ils furent particulièrement redevables de leur rétablissement en France. On est autrement renseigné, à ce sujet, par les Mémoires de Sully ^. Henri avait confié ses motifs secrets à l'amitié de son Adèle ministre. — Sans cesse environné de complots, le roi crut y mettre un terme en rappelant et en comblant de bienfaits ceux qui étaient accusés d'avoir armé le bras de Jean Châtel; et, quelques années après, il tombait sous le poignard mystérieux de Ravaillac ^.

Avant d'avoir été rappelés en France par l'édit royal de 1603, les Jésuites avaient tenté, paraît-il, de vemr dans le pays de Béarn. Il sera dit bientôt comment, en 1599, le Conseil Souverain ^ de ce pays obtint d'Henri IV qu'ils en fussent éloignés. Mais, dès 1608, ils purent y être admis, grâce à la pressante intervention de l'évêque d'Oloron, Arnaud de Maytie^. Cet évêque, « qui espéroit toujours de faire restituer aux Ecclésiastiques les biens dont ils avoient été dépouillés — pendant les troubles religieux —, prévoyoit néanmoins qu'il auroit bien de la peine tandis que (tant que) les Protestants auroient dans le pays plus d'autorité que les Catholiques, et il étoit persuadé qu'il n'y avoit que les Jésuites qui pussent faire

1 . Fouquet était le vrai nom de « cet heureux aventurier » , comme l'appelle le duc de Saint-Simon. » Il avait été d'abord marmiton, puis cuisinier, après porte-manleau d'Henri IV, qui l'avait employé en beaucoup d'afifaires secrètes. Sous le nom de La Varenne, il était parvenu à parier (aller de pair) avec les ministres du roi et à se faire compter par les plus grands seigneurs, et à faire rappeler les jésuites et partager La Flèche avec eux. » Mémoires du duc de Saint-Simon.

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