‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 31 sur 193 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Construction du Collège avant et après 1640. — « Provisions des Jésuites pour la bastisse ». — Cent pieds d'arbres du bois de Pau.

— Lettre de Louis XI IL — Les trois pavillons, -r- Appropriations anciennes et modernes des bâtiments. — « Le parterre ».

— La cour de ménagerie. — Constructions à droite et à gauche de la « porte cochère ». — La boulangerie, l'apothicairerie. — « L'infirmerie des étrangers passans ». — Le chiffre des Jésuites.

— Corridors et dortoirs. — Le cadran solaire. — La cour des classes. — Classes et chambres. — L'oratoire. — La « salle de tragédie ». — L'infirmerie des Jésuites. — la chaire du réfectoire.— Entrée principale du Collège des Jésuites. — Le portail de marbre. — Le parloir ou salon de la porte du Collège royal.

— « Un maître escalier en pierre de taille ». — Boutiques louées.

— L'église des Jésuites. — Murs de l'enclos. — La domenjadure de Batsalle. — Le Parc Beaumont. — Le terrain appelé chapèu (chapeau, tricorne). — La côte de l'Ousse (ancienne côte de Bizanos).

La date de 1640-41 a été rappelée ci-dessus, p. 11, comme celle du Collège construit. Expliquons-nous : le gros œuvre était presque fait, mais tout, dans quelques-unes des constructions, n'était pas encore complètement achevé. En parcourant les « comptes » tenus par les Jésuites, Arch. Comm. de Pau, G G. 212, on voit qu'après 1640-41 on eut encore, pendant plusieurs années, à travailler « au bastiment ». Ainsi, en 1642, les Jésuites avaient, en « provisions pour la bastisse », 65 poutres, 2 milliers de briques, 25 arbres coupés à la forêt du Roy.

Louis XIII leur avait fait don de cent pieds d'arbres. « Afin, disait-il, de donner moyen aux Pères Jésuites

de nostre ville de Pau d'advancer promptement le Collège, église et maison qu'ils font bastir par nostre permission, nous leur avons, par nos lettres-patentes du 15 avril 1639, fait don de la quantité de cent pieds d'arbres à prendre dans nos forêts de la Ousse et Larron de nostre dit pays de Béarn^ ». Arch. Comm. de Pau, G G. 211.

Des matériaux en grande quantité avaient été amassés. En 1648, on avait 1,000 tombereaux de cailloux, 900 tombereaux de sable, 20 poutres grandes et petites. En 1652, on porte sur le « compte » que l'on a 20 poutres grandes et petites, 30 chevrons, 250 soliveaux, 1,500 tuiles à canal, 200 tombereaux de cailloux, 150 tombereaux de sable.

Les travaux de l'église ^ (il ne s'agit point, on le verra bientôt, de celle de Saint-Louis-de-Gonzague) avaient été terminés en 1647. Cette année, on avait dépensé 3,579 liv. pour « la bastisse et le rétable de l'autel ». On reçut en 1650 « dons et aumosnes pour Téglise », 441 liv.; des « ornements et meubles d'église» coûtèrent 200 liv. en 1652.

L'église n'ayant été achevée qu'en 1647, où se faisait jusqu'alors le service divin? Dans quelque église de Pau, d'abord, et au Collège même, probablement, dès que fut .fait un « oratoire » à l'étage au-dessus du bâtiment des classes.

Le Collège que les Jésuites bâtirent, et dont toutes les

1 . C'est le bois do Pau, la forêt appelée de Baslard, du uom d'un grand maître des eaux et forôls (xviii» siècle). Lo bosc de Larron^ en 1394. — La Ousse, appelée plus fréquemment l'Ousse-du-Bois ou l'Oussère. — Cf. « Baslard et Oussère », dans lo Dictionriaire Topographique des Basses-Pyrénées de Paul Raymond.

2. « Compte » des Jésuites, 1G36, Arch. Comm. de Pau, G G. 212 : — Matériaux de Vôglise ; pierre taillée, 60 charretées ; non taillées, 20 cliarr.; marbre, 7 charr.; briques, 2U milliers; cailloux, 1,000 tombereaux; sable, 500 tomb. ; chaux, 15 charr.; chevrons pour la charpente ont coûté 135 liv.; tables (planches) de sapin, 3 charr.; sapins pour les échafauds, 2 charr. »

parties subsistent encore, mais avec des changements que des besoins nouveaux, à différentes époques, ont rendus nécessaires, consistait en deux grandes constructions longitudinales du nord au sud, Tune à Test faisant face au jardin, l'autre à Touest à quelques mètres en arrière du mur qui borde aujourd'hui la rue Saint-Louis-de-Gonzague; elles étaient flanquées de trois pavillons carrés, plus élevés, deux au sud S un au nord-ouest^, et reliées l'une à l'autre par deux constructions transversales de l'ouest à l'est, entre lesquelles est la cour que les Jésuites appelaient « le parterre ». Attenantes aux deux pavillons du sud, de basses constructions s'étendaient jusqu'au terrain où est, de nos jours, la grande entrée du Lycée, qui s'ouvre sur « la cour d'honneur » de l'établissement ; c'était autrefois « la porte cochère de la cour de ménagerie ^ ».

Dans les basses constructions, à gauche de cette « porte cochère », étaient une remise, et, en suivant jusqu'au pavillon sud-ouest, quatre chambres; elles ont été transformées, dans ces derniers temps, en classes pour les écoles d'enseignement primaire du Lycée. La chambre qui joignait le pavillon, s'appelait « l'infirmerie des étrangers passans ». Arch. Dép. D. 10. On y entrait du dehors par une porte, qui est murée aujourd'hui, mais dont on voit encore la place des pierres de taille vers l'extrémité sud de la rue Saint-Louis-de-Gonzague. A droite de l'ancienne « porte-cochère », il y avait « un auvent appuyé sur des étançons et faisant retour en angle » jusqu'à

1. Celui du sud -ouest fut appelé « pavillon du clocher » ; celui du sud-est, pavillon de « la salle du Bureau d'administration », en 1778; aujourd'hui, pavillon de l'infirmerie.

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