Basse-cour du Collège
l'entrée du jardin près de la cuisine ; à cet angle étaient « la boulangerie et Tapothicairerie », qui sont de notre temps une salle de classe et une salle d'étude ^ à la suite de l'espèce de hangar, aux piliers de pierre, où se font les exercices de gymnastique. La salle de bain, à côté de l'entrée du jardin, n'existait pas autrefois; l'emplacement « servait de serre pour les bûchers ».
De la cour de « ménagerie », on allait, comme aujourd'hui et par le même passage, à la cour du milieu (jadis le parterre); mais, à ce passage, il n'y avait anciennement ni le parloir qui est d'un côté, ni l'escalier ^ de l'autre côté pour monter au premier étage du corps de logis du sud. Deux dortoirs (aujourd'hui, corridors) longeaient, au nord de ce corps de logis, les chambres du premier et du second étage ^.
Au rez-de-chaussée, tout près du pavillon de l'est, était « la chambre de dépense », qui est encore utilisée de la même manière que par le passé; elle servait aussi pour y « serrer les poires et autres fruits et autres décharges»; il y avait, en suivant jusqu'au pavillon du clocher, d'autres petites chambres ; on les a transformées, dans ces derniers temps, en petit réfectoire et en salles de classe ^, dont les portes donnent sur un corridor ouvert tout récemment.
On montait au pavillon du clocher et à celui de l'est par deux « escaliers dérobés ». Arch. Dép. D. 10. Au-dessus de la porte qui est au bas de l'escalier du
1 . Â cette salle d'étude est attenante une cour prise sur le jardin.
2. Voyez ci-dessous, en note, p. 22, la date de la construction de cet escalier.
3. Au premier étage est, depuis près de quatre-vingts ans, lappartement du proviseur.
4. Des deux petites chambres qui joignaient le pavillon du clocher on flt, il y a une quarantaine d'années, le parloir actuel du Lycée. L'ancien mur de refend y est soutenu par un arc fort hardi.
pavillon de l'est, se trouve en lettres de fer « Tabréviation symbolique I H S (Jésus-Christ Sauveur), qui est le chiffre des Jésuites ^ ». On aperçoit au haut du pavillon du clocher un cadran solaire qui ne date pas, croyons-nous, de l'époque où le Collège fut construit; on y lit ces mots latins : Ortum vides, Occasum nescis.
Un philosophe qui interpréterait cette indication de deux points opposés de l'horizon au sens des choses de la vie, dirait qu'elles tournent autrement que le vulgaire ne le croit, et qu'il y en a beaucoup dont l'homme voit l'origine et dont la fin lui échappe. Les Jésuites bâtissant, à Paris, le Collège de Clermont^, savaient-ils que Molière et Voltaire y seraient élevés 1
La cour qui est au nord du Collège portait, comme de nos jours, le nom de « cour des classes » ; on y entrait par le portail qui est en face de la rue Lamothe^. Le bâtiment, au sud de la cour, « composé de six classes, théologie, seconde, troisième, quatrième, cinquième, sixième », Arch. Dép. D. 10, n'avait qu'un étage, où était « l'oratoire » des Jésuites ; il y a là actuellement deux étages ; des dortoirs y sont établis.
Les classes, de moitié moins grandes que ne sont les nôtres, étaient séparées, chacune, par un mur d'une chambre qui avait porte et fenêtres donnant sur « le parterre».
A l'angle nord-ouest de la cour des classes, le rezde-chaussée du pavillon servait de « salle de tragédie »,
1. J. Quicherat, Histoire (du collège) de Sainte-Barbe . — L'auteur raconte l'anecdote suivante : « Lorsque feu Mgr Affre vint consacrer la nouvelle chapelle de Sain te- Barbe en 1847, voyant tracés dans des médaillons qui décorent ia sacristie les noms de saint Ignace de Loyola et de saint François Xavier, il se pencha à Toreille du directeur de la maison, et lui dit en souriant : * Je ne vous croyais pas si jésuites à Sainte-Barbe. » Le bon évèque parlait là comme s'il n'eût jamais su que les deux héros de la compagnie de Jésus avaient été élèves de notre collège. »
2. Lycée Louis-le-Grand, fondé au xvi* siècle pour les Jésuites par Guillaume Duprat, évèque de Clermont.