‹ Histoire du Lycée de PauChapitre 41 sur 193 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Comptes des Jésuites. — La visite. — Copie du compte de 1640. — Déficit. — Légèreté ou négligence. — Péché pardonné. — Abus des confusions dans la comptabilité. — Le sacré et le profane. — Provisions. — Etoffes pour les vêtements. — Nourriture. — Barriques de vin. — Revenu ordinaire de l'enclos et du Bois-Louis. — Animaux domestiques. — Volaille. — Provignement. — Donation pour la bibliothèque. — Achats de livres. — Dettes des Jésuites. — Intérêts au denier-vingt et au denier-quatorze. — Jeanne La Molère. — Les religieuses du couvent de Notre-Dame. — Le noviciat de Toulouse. — « Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul ». — Les Jésuites obérés. — Lettre de l'Intendant, M. de Sérilly.

Les comptes cités à la fin du chapitre précédent et qui nous ont déjà fourni des renseignements fort utiles, sont curieux à étudier. Il y en a, aux Archives Communales de Pau, GG. 212, une série à peu près complète de 1636 à 1664, sous la rubrique : Recettes et dépenses de la maison de Jésus. Pour les Jésuites, à cette époque, la recette est « le receu», et la dépense « le despendu ».

Le recteur et le procureur ^ du Collège étaient tenus de soumettre leurs comptes au Provincial de la Compagnie en Guyenne, lorsqu'il faisait, chaque année, ce qu'on appelait la « visite ». Cette visite n'ayant pas lieu à date fixe, les comptes étaient vérifiés tantôt quelques mois avant l'année révolue, tantôt quelques

i. Dans les maisons, dans les collèges des Jésuites, le procureur est chargé des fonctions d' « économe ». — Il y a dans la Société un procureur pour les affaires temporelles de l'Ordre.

mois après. Ainsi, en 1635, la vérification avait été faite le 8 octobre; celle de 1636 est datée du 11 mars, et celle de 1637 du l**' mai; Tannée suivante, le Provincial fit la « visite » le l**' décembre.

L'intervalle d'une vérification à l'autre était quelquefois de deux années. Le compte que nous allons transcrire fut présenté le 9 novembre 1640 ; il établit l'état de la recette et de la dépense au Collège de Pau depuis le commencement de décembre 1638. Il ne peut être cité comme un modèle de bonne comptabilité.

Le voici, par livres, sous et deniers, tel qu'il fut soumis au R. P. Pitard, Provincial :

Le receu tant de la rente annuelle de la fondation royale * que des emprunts, revenu du Boy Louis et autres parties casueles 2 et

du restant en coffre, monte 44,958^ 2" 2*

La despense ordinaire monte 1 4,903 7 7

La despense en la bastisse 20,478 3 0

Payement de dettes 6,267 0 0

Tout le despendu monte 41,648 10 7

Partant plus receu que despendu 3,309 9 3

Laquelle somme devroit être en coffre, et ne s'y trouve néanmoins que 1,800 livres; lequel surplus (laquelle différence, plus clairement) provient, ou bien du dechecq de monoyes, ou bien de quelques articles ommis au despendu, ou bien enfin des mescontes arrivez soit depuis décembre 1638, soit auparavant :

Le Collège doibt 28,409^ O-O^

Luy est deu 1,200 0 0

Par conséquent doibt plus qu'il ne luy est deu. . 27,209 0 0 Nota. Queled. Collège ne doibt payer l'intérêtquede 13,000 livres.

Qui ne voit combien ce compte pèche, au moins, par le défaut de clarté.

On ne peut trouver de précis, dans l'article de la recette, 44,958 livres ^ que ce qui concerne la rente de

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