‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernes (volume 2)Chapitre 32 sur 68 · Des Esprits, p · texte numérisé non relu

Des Esprits, p

Konicr, sur une femme déjà célèhi'e dans les annales du magnétisme animal. Dans ce livre, les accidents étranges de la vie magnétique ont atteint leurs limites extrêmes et jettent un défi à la raison.

« Le docteur Kerner, dont la maison a sci'vi de théâtre aux faits que nous allons raconter, csl parfaitement connu en Allemagne, comme médecin, comme poète lyrique, comme savant et comme un homme qui joint à une piété évangélique des manières pleines d'amahilité. Aussi les sceptiques les plus obstinés, s'inclinant devant cette belle et pure renommée, n'onl-ils jamais luis en doute la sincérité de sa bonne foi.

« Après sept anuées de soins prodigués par le docteur

Kerner à celte voyante, qu'il eut la douleur de voir mourir entre ses bra^, tous les phénomènes physiologiques et psychologiques du magnétisme se déroulèrent sous ses yeux; ainsi, les désordres nerveux sont extrêmes, et, lorsqu'on la saigne, ces désordres augmentent; plus loin, elle évoque dans des verres, dans des bulles de savon, les images des personnes absentes. Alors on vit les objets placés auprès d'elle s'élever dans les airs

et s'éloigner comme poussés par une force invisible Tantôt

c'étaient les apparitions d'un ou de plusieurs fantômes, dont les bruits étranges et le déplacement d'un chandelier annonçaient ordinairement la veime On vit les portes s'ouvnr et

se refermer, comme par une main mystérieuse, au moment oij il entrait. Nous voyons un peu plus loin le magistrat Plaffein, incrédule jusque-là, se rendre à la vérité d'apparitions qui se dressent devant lui. Tous ces fantômes prouvaient la réalité de leur existence de différentes manières : 1° par des bruits caractéristiques, frappés sur les murs ou sur les meubles, des roulements de balle, des vibrations de cloche ou de verre, des piétinements redoublés; 2" par le déplacement de dilTérents objets. .\u moment où ces fantômes entraient dans la chambre de madame Hauffe, on voyait les chandeliers se mouvoir, les assiettes s'entre-choquer et les livres s'ouvrir; on vit môme une petite table s'élancer dans une chambre par une impulsion irrésistible. Le docteur témoin de toutes ces choses, lui et beaucoup d'autres avec lui, déclarent qu'elles ne venaient pas

de la somnambule, mais bien de quelque mystérieux agent

Dans tout le cours de ce récit, la plupart des phénomènes ordinaires, et certainement les plus extraordinaires du magnétisme animal, se sont présentés à nous, et peuvent se diviser en cinq

classes très distinctes ^ qui correspondent assez exactement aux périodes magnétiques décrites par le professeur Klug, de l'erlin -. »

L'évocation, dans leveiTe, des images des personnes mortes ou absentes, est le phénomène qui se répète le plus fréquemment avant et depuis Cagliostro. Établissons ici que l'art de produire ces évocations est connu de toute antiquité en Egypte, où un membre de l'Académie des insci^ptions et belles-lettres, le comte de Laborde, l'a même retrouvé, bien pci^feclionné. Un sorcierarabe, nommé Achmet, qu'on lui fit voir au Caire, lui vendit le secret des apparitions dans lecreu.c de la main. M. de Laborde alfirnie qu'il en eut pour son argent, et que, devenu tout aussi sorcier qu'Achmet, il se livra, sur terre et sur mer, à de nombreuses expériences, qui furent toutes couronnées d'un plein succès.

« De toute cette concordance d'observations et d'expériences, dit M. de Laborde, il résulte un fait bien positif, c'est que, sous rinfluenced'une organisation particulière, et par l'ensemble de cérémonies, parmi lesquelles il est difficile de distinguer celles qui aident à l'opération de celles qui n'en sont, pour ainsi dire que le cortège d'apparat, des enfants ramassés partout, sans aucune préparation (comme les pupilles de Cagliostro), sans qu'on puisse admettre de fraude, voient dans le creux de leur main, avec la mémo facilité qu'à travers une lucarne, drs liommes se mouvoir, paraître et disparaiire, qu'ils appellenl, et qui se produisent à leur commandement, avec lesquels ils

1. Khig établit six degrés de magnélisation : le premier est celui où le sujet parlieipc encore aux impressions extérieures; le second est le demi-sommeil, ou la crise imparfaite; le troisième le somme il ma.2néli<iue ou le somnanjjulisme; le quatrième est la crise parfaite; le cinquième, la clairvoyance, ou la prévision; le sixième la vision magnétique ou l'extase.

t. Revue hrilann'ujue, février lf<lS.

s'entretiennent, et dont ils conservent le souvenir après Topération.

« J'ai rapporté le fait, mais je ne n'explique rien; car, même après avoir produit inoi-niènie ces ert'ets surprenants, je ne me rendis pas compte des résultats que j'ai obtenus, .l'établis seulement de la manière la plus positive, et j'affirme que tout ce (|ue j'ai dit est vrai; et même, après douze années qui se sont passées depuis que j'ai quitté l'Orient, je fais celte déclaration, parce que, laissant de côté la réalité absolue des apparitions, et même une exactitude quelconque dans les réponses, je puis admettre (ju'on m'ait trompé, et que je me sois trompé moi-même dans des faits qui se sont répétés vingt fois, sous mes yeux, par ma volonté, devant une foule de témoins différents, en vingt endroits divers, tantôt entre les quatre murs de ma chambré, tantôt en plein air, ou bien dans ma cange sur leMP. »

Nous avons déjà dit un mot, dans l'histoire du magnétisme animal -, de cette assertion de M. de Laborde et rappelé des phénomènes du même genre, rapportés plus récemment par d'autres observateurs, c'est-àdire les évocations de personnes dans des mii^oirs ou à tivavers des boules de cristal. C'est par l'hypnotisme que nous avons expliqué ces fantastiques apparitions.

Quant aux faits rapportés par le docteur Kerner durant le traitement de sa voyante, ils rentrent dans cette même catégorie de phénomènes étranges qui font le triomphe des spiritistes, et dont quelques lluidistes môme, tout en faisant profession de se rattacher à l'école de Puységur et de Deleuze, ne rejettent pas la possibilité absolue.

« Je pense, dit M. lîicard, que le temps n'est pas encore venu de dire tout ce que l'on a appris par la pratique du magné-

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