‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernesChapitre 40 sur 101 · Histoire des pasteurs du désert, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire des pasteurs du désert, t. I, p

assigna à chaque chef son grade et sa fonction dans cette théocratie militaire.

On avait reconnu quatre degrés dans les dons extraordinaires que l'Esprit distribuait inégalement entre ceux qu'il lui plaisait de visiter. Il fallait passer par ces quatre degrés, ou obtenir de plein saut le plus éminent, pour parvenir au commandement suprême.

Le premier degré s'appelait Y avertissement ; ceux qui n'avaient pas reçu d'autre faveur de l'Esprit étaient simplement considérés comme des prétendants ou des initiés aux mystères. Le second degré était le souffle; ceux qui l'avaient reçu, déjà un peu plus respectés que les précédents, n'avaient pourtant encore le droit ni le pouvoir de rien décider. Le troisième degré, ou la prophétie, donnait à ceux que l'Esprit avait pourvus, une autorité redoutable parmi les enfants de Dieu : c'étaient de véritables oracles qu'on écoutait, et des juges prononçant des arrêts qui étaient toujours exécutés sans hésitation. Le quatrième degré s'appelait le don; il comprenait tous les autres, en y ajoutant un caractère de mysticisme sublime. Ceux qui étaient honorés du don « n'étaient plus consultés, dit Brueys, et même s'abstenaient de prophétiser, soit qu'ils se crussent trop élevés pour se mêler des affaires de la terre, soit que la trop forte haine qu'ils avaient alors, disaientils, contre les catholiques, les eût tirés de l'état désintéressé où l'on doit être pour prononcer de justes arrêts '. »

Roland était un de ceux qui avaient reçu le don, et c'est ce qui détermina son élection au commandement suprême.

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