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Histoire du fanatisme de notre temps, t. I, p

Après l'élection de ce chef, on procéda à l'organisation des forces insurrectionnelles. Elles s'étaient, en peu de temps, tellement accrues, qu'elles formaient déjà une petite armée d'environ douze cents hommes. Jusque-là, les insurgés avaient été partagés par Laporte en compagnies de cent hommes, commandées chacune par un chef, qui portait le nom de brigadier. Ces chefs, qui, suivant l'occasion, pouvaient agir comme officiers généraux, avaient sous leurs ordres, chacun dans sa compagnie, un lieutenant, deux sergents et deux caporaux. Roland changea cette organisation ; il forma cinq légions : chaque légion se divisait en brigades de cent hommes, et chaque brigade se subdivisait en deux compagnies de cinquante hommes.

Les insurgés appartenant aux hautes Cévennes, com-* prises entre le Gardon d'Anduze et le Tarn, se placèrent sous le commandement d'un double chef, Abraham et Salomon, pour ne pas séparer deux amis qui avaient été les promoteurs de l'insurrection au Pont-de-Montvert. Ceux des Cévennes occidentales, appartenant à TAigoal, à l'Esperou, aux sources du Gardon d'Anduze et du Tarn, eurent pour chef André Castanet, de Massavaque. Ceux du bas Languedoc, qui comprenait les territoires d'Alais, d'Uzès, de Nîmes, de la Vaunage, du Vidourle inférieur et du littoral de la Méditerranée, choisirent Jean Cavalier, qui jouissait du don prophétique, de préférence à deux officiers expérimentés, Espérandieu et Rastelet, et à deux vaillants soldats, Catinat et Ravanel.

Les populations de la Lozère, des sources du Tarn, du Gardon d'Alais et de la Cèse, élurent Nicolas Joani, de Genouillac, homme de quarante ans, signalé par sa hardiesse, ancien sous-officier du régiment d'Orléans :

Joani ne commandait que la légion la moins nombreuse de toutes. Enfin les populations du Mialet, de la Gardonnenque et des basses Gévennes formaient une cinquième légion, la plus considérable, dopt Roland, le chef suprême, garda le commandement particulier.

Les enfants de Dieu étaient armés de la manière la plus bizarre. Leurs fusils, achetés à Beaucaire ou pris aux milices, étaient inégaux de forme et de calibre. Les sabres, les piques, les baïonnettes, les épées provenaient de toutes les fabriques; on peut en dire autant îles pistolets que chaque soldat portait à sa ceinture. Des haches, des faux emmanchées à revers et d'autres instruments meurtriers et bizarres que chacun avait emportés en quittant sa maison, 'ajoutaient encore à la bigarrure de cet étrange attirail de guerre.

Les cinq légions des enfants de Dieu formaient,, pour ainsi dire, une république fraternelle sous la suzeraineté théocratique de Roland. Celui-ci, en effet, sauf les cas extraordinaires, n'exerçait de commandement direct que sur sa légion. Chaque chef gouvernait la sienne avec une autorité absolue : il avait les attributs réunis du glaive et de l'encensoir. Il célébrait, dans sa légion, le culte religieux : il y faisait les baptêmes, les mariages et les fiançailles ; il prononçait de plein pouvoir les sentences capitales, quoique, dans ce dernier cas, il s'appuyât ordinairement de la décision d'un conseil de guerre, composé de tous les officiers et sous-officiers de sa légion.

Roland, le prophète-roi, ayant établi cette forte organisation, s'occupa du matériel de guerre, créa des magasins, des poudrières, des dépôts d'armes, et même des hôpitaux, qu'il installa dans de vastes grottes

choisies au milieu des bois ou dans des lieux inaccessibles et déserts. Ces grottes devaient aussi renfermer les produits des dîmes prélevées sur les populations fidèles, qui voulaient contribuer par leurs dons, en argent ou en nature, au ravitaillement de la petite armée. Les chefs étaient aussi tenus de venir déposer dans ces réserves le butin provenant de chaque combat. Roland fit construire des moulins à vent et à eau sur les cimes des plus hautes montagnes et sur les torrents qui coulaient au milieu des ravins solitaires. Comme l'armée était presque toute composée de gens de métier, on y trouvait vite les ouvriers nécessaires pour tous les travaux et tous les besoins.

En parlant du génie militaire des Romains, Végèce a dit : « Un dieu leur inspira l'idée de la légion. » Ne serait-on pas tenté de croire que cette organisation des calvinistes révoltés, dont nous venons de retracer le plan, fût le produit spontané de quelque intuition divine?

C'est ici le lieu de marquer le rôle considérable que jouaient les prophètes et les inspirés dans cette organisation militaire. Ce sera le dernier trait et certes le plus frappant, pour caractériser les moyens d'action de ces étranges soldats.

Aux forces extérieures des protestants insurgés venaient se joindre le secours invisible du Saint-Esprit et l'audace qu'ils puisaient dans les révélations, toujours écoutées, des prophètes qui dirigeaient ou accompagnaient partout leur petite armée. Nous emprunterons, poui* faire connaître la fonction qu'exerçaient les prophètes dans le camp des enfants de Dieu, divers passages au livre précieux connu sous le nom de Théâtre sacré

des Cévennés, et qui, imprimé à Londres dans les dernières années de cette guerre religieuse, se compose du relevé des dépositions d'un certain nombre de protestants réfugiés. Quelques-uns de leurs coreligionnaires ayant fait recueillir juridiquement, selon l'usage anglais, ces dépositions, les livrèrent à l'impression sous le titre de Théâtre sacré des Cévennes, ou Récit des diverses merveilles nouvellement opérées dans cette partie du Languedoc (Londres, 4707) *.

Durand Fage, l'un des réfugiés de Londres, s'exprime ainsi dans sa déposition concernant le rôle des prophètes dans l'armée cévenole :

« Tout ce que nous faisions, soit pour le général, soit pour notre conduite particulière, c'était toujours par ordre de l'Esprit. On obéissait aux inspirations des plus simples et des petits enfants, surtout quand ils insistaient dans l'extase avec redouble^ ment de paroles et d'agitations, et que plusieurs disaient une même chose. Mais, dans la troupe où j'étais , nos chefs, et particulièrement M. Cavalier, étaient doués de grâces extraordinaires; aussi les avait-on choisis à cause de cela, car ils n'avaient aucune connaissance de la guerre ni d'autre chose. Tout ce qu'ils avaient leur était donné miraculeusement sur-le-champ. Dès qu'il s'agissait de quelque chose sur quoi les inspirations n'avaient rien dit, on allait ordinairement au frère Cavalier. « Frère Cavalier, lui disait-on (car il ne voulait pas être traité de monsieur, encore qu'il eût cinquante bons gardes et qu'il fût mieux obéi qu'un roi), frère, telle et telle chose se passe : que ferons-nous? » Aussitôt il rentrait en lui-même ; et après quelque élévation de son cœur à Dieu, l'Esprit le frappait, on le voyait un peu agité» et iJ disait ce qu'il fallait faire. C'était merveille, dans les batailles, de le voir le sabre à la main, à cheval, et, dans certaines émotions de l'Esprit qui l'animait, courir partout, encourager, fortifier,

1. Un pasteur de Melun, M. A. Bost, a publié en 1847 une réimpression de ce livre devenu très-rare. C'est à cette édition que nous renverrons toujours.

foire des commandements qui surprenaient souvent, mais qui étaient exécutés ^l merveille et qui réussissaient de même.

» Dans les occasions de grande importance on faisait la prière générale, et chacun demandait à Dieu qu'il lui plût d'aider ses enfants dans l'affaire dont il s'agissait. Incontinent voilà qu'en divers endroits on apercevait quelqu'un saisi de l'Esprit. Les autres couraient pour entendre ce qui serait prononcé. Et ceux qui critiquent ici sans savoir l'état des choses, auraient eu beau crier que nous avions des inspirations de commande : elles n'étaient pas de commande, mais elles étaient de demande, car nous implorions le secours de Dieu dans notre besoin, et sa bonté nous répondait, c Eh bien, disaient après cela les chefs, qu'estce que Dieu a ordonné? » Tous les inspirés ayant dit la même chose, par rapport à ce qui était en question, d'abord on se mettait en devoir d'obéir. Dans les commencements, plus que dans la suite, on murmurait quelquefois, parce qu'on manquait de foi et qu'on voulait être plus sage que la sagesse même, et cela arrivait particulièrement aux nouveaux incorporés dans la troupe et à ceux qui n'avaient pas d'inspiration. Serai l-il bien possible, disait-on quelquefois, que Dieu voulût qu'on se gouvernât ainsi, ou ainsi? et alors on faisait souvent à sa fantaisie, en supposant que peut-être l'inspiration n'avait pas été bien entendue. Mais on en était châtié ; et ceux d'entre nous qui avaient le plus de soumission et d'humilité, ne manquaient pas de faire des réflexions sur la faute qui avait été commise.

» Devions-nous attaquer l'ennemi, étions-nous poursuivis, la nuit, nous surprenait-elle, craignions-nous les embuscades, arrivait-il quelque accident, fallait-il marquer le lieu d'une assemblée, nous nous mettions d'abord en prières. Seigneun, fais-nous connaître ce qu'il te plaît que nous fassions pour ta gloire et pour notre bien! Aussitôt l'Esprit nous répondait, et l'inspiration nous guidait en tout.

i La mort ne nous effrayait point : nous ne faisions aucun cas de notre vie, pourvu qu'en la perdant pour la querelle de notre Sauveur, et en obéissant à ses commandements, nous remissions nos âmes entré s*es mains. Je ne crois pas qu'un seul de ceux qui étaient inspirés dans notre troupe ait été tué dans le combat ou ait été pris et exécuté à mort (car notre guerre se faisait sans cartel), qu'il n'en ait été averti quelque temps auparavant par l'Esprit. Alors on se remettait avec humilité entre les mains de

Dieu, et on se résignait à sa volonté avec constance. On s'estimait heureux de le pouvoir glorifier dans la mort comme dans la vie. Je n'ai jamais ouï dire qu'aucun de nos frênes, qui ont été appelés en grand nombre à sceller la vérité par leur sang, ait eu la moindre tentation de racheter sa vie par une lâche révolte, comme plusieurs auraient pu le faire s'ils avaient voulu. Ce même Esprit-Saint qui les avait tant de fois assistés, les accompagnait jusqu'au dernier moment. De sorte qu'ils ne perdaient point au change, et que la mort ne leur était qu'un passage à la vie.

D'ailleurs, quand l'inspiration nous avait dit : Marche, ne craint point, ou bien : Obéis à mon commandement, fais telle ou telle chose, rien n'aurai! été capable de nous en détourner : je parle des plus fidèles et de ceux qui avaient le plus éprouvé la vérité de Dieu. Lorsqu'il s'agissait d'aller au combat, j'ose dire que quand l'Esprit m'avait fortifié par ces bonnes paroles : K appréhende rien, mon enfant, je te conduirai, je t'assisterai, j'entrais dans la mêlée comme si j'avais été vêtu de fer, ou comme si les ennemis n'eussent eu que des bras de laine. Avec l'assistance de ces heureuses paroles de l'Esprit de Dieu, nos petits garçons de douze ans frappaient à droite et à gauche comme de vaillants hommes. Ceux qui n'avaient ni sabre ni fusil faisaient des merveilles à coups de perche et à coups de fronde; et la grêle des mousquetades avait beau nous smler aux oreilles et percer nos chapeaux et nos manches; comme l'Esprit nous avait dit : Ne craignez rien, cette grêle de plomb ne nous inquiétait pas plus que n'aurait fait une menue grêle ordinaire.

» Il en était de même dans toutes les autres occasions, lorsque nous étions guidés par nos inspirations. Nous ne posions point de sentinelles autour de nos assemblées quand l'Esprit qui avait soin de nous avait déclaré que cette précaution n'était pas nécessaire. Et nous aurions cru être en sûreté sous les chaînes et dans les cachots dont le duc de Berwick et l'intendant Bâville auraient été les portiers, si l'Esprit nous eût dit : Vous serez délivrés '. »

La déposition d'Élie Marion met aussi en lumière la

1. Théâtre sacré des Cévennes. Déposition de Durand Fage, p. 123-1$ (édition de Bost).

LES PROPHÈTES PROTESTANTS. Ut

force que les combattants cévenols puisaient dans leur foi aux paroles des prophètes, et l'effet moral qui en résultait pour leur conduite.

c II faudrait de gros livres pour contenir l'histoire de toutes les merveilles que Dieu a opérées par le ministère des inspirations qu'il lui a plu de nous envoyer. Je puis protester devant lui [qu'à parler généralement elles ont été nos lois et nos guides. Et j'ajouterai, avec vérité, que lorsqu'il nous est arrivé des disgrâces, c'a été pour n'avoir pas obéi ponctuellement à ce qu'elles nous avaient commandé, ou pour avoir fait quelque entreprise sans leur ordre.

> Ce sont nos inspirations qui nous ont mis au cœur de^quitter nos proches et ce que nous avions de plus cher au monde, pour suivre Jésus-Christ et pour faire la guerre à Satan et à ses compagnons. Ce sont elles qui ont donné à nos vrais inspirés le zèle de Dieu et de la religion pure ; l'horreur pour l'idolâtrie et pour l'impiété; l'esprit d'union, de charité, de réconciliation et d'amour fraternel qui régnait parmi nous; le mépris pour les vanités du siècle et pour les richesses iniques ; car l'Esprit nous avait défendu le pillage; et nos soldats ont quelquefois réduit des trésors en cendres, avec l'or et l'argent des temples des idoles, sans vouloir profiter de cet interdit. Notre devoir était de détruire les ennemis de Dieu, non de nous enrichir de leurs dépouilles. Et nos persécuteurs ont diverses fois éprouvé que les promesses qu'ils nous ont faites des avantages mondains n'ont point été capables de nous tenter non plus.

> C'a été uniquement par les inspirations et par le redoublement de leurs ordres, que nous avons commencé notre sainte guerre. Un petit nombre de jeunes gens simples, sans éducation et sans expérience, comment auraient-ils fait tant de choses, s'ils n'avaient pas eu le secours du ciel? Nous n'avions ni force, ni conseil, mais nos inspirations étaient notre recours et notre appui.

» Ce sont elles seules qui ont élu, nos chefs et qui les ont conduits. Elles ont été notre discipline militaire. Elles nous ont appris à essuyer le premier feu de nos ennemis à genoux, et à les attaquer en chantant des psaumes, pour porter la terreur dans leurs âmes. Elles ont changé nos agneaux en lions et leur

fait faire des exploits glorieux. Et quand il est arrivé que îlques-uns de nos frères ont répandu leur sang, soit dans les ailles, soit dans le martyre, nous n'avons point lamenté sur c. Nos inspirations ne nous ont permis de pleurer que pour nos îhés et pour la désolation de Jérusalem. Et je ne ferai pas de Piculté de dire ici que «lorsque Dieu retira ma mère en sa ice, il m'drdonna d'essuyer mes larmes et m'assura qu'elle ►osait en son sein.

» Ce sont nos inspirations qui nous ont suscités, nous, la 3lesse même, pour mettre un frein puissant à une armée de is de vingt mille hommes d'élite, et pour empêcher que ces upes ne fortifiaient le grand et général ennemi, dans le a où la Providence avait ordonné qu'il reçût le premier coup Ttel.

» Ces heureuses inspirations ont attiré dans le sein de nos lises plusieurs prosélytes d'entre les adorateurs de la Bête, L ont toujours été fidèles depuis. Elles ont animé nos prédicairs, et leur ont fait proférer avec abondance des paroles qtd >aissaient solidement nos âmes.

» Elles ont banni la tristesse de nos cœurs au milieu des plus inds périls, aussi bien que dans les déserts et les trous de hers, quand le froid et la faim nous pressaient ou nous naçaient.

» Nos plus pesantes croix ne nous étaient que des fardeaux ers, à cause que cette intime communication que Dieu nous -mettait d'avoir avec lui nous soulageait et nous consolait, e était notre sûreté et notre bonheur.

» Nos inspirations nous ont fait délivrer plusieurs prisonniers nos frères, reconnaître et vaincre des traîtres, éviter des bûches, découvrir des complots et frapper à mort des perséeurs.

> Si les inspirations de l'Esprit-Saint nous ont fait remporter

victoires sur nos ennemis par l'épée, elles ont fait bien plus rieusement triompher nos martyrs sur les échafauds. C'est que le Tout-Puissant a fait des choses grandes. C'est là le ible creuset où la vérité et la fidélité des saints inspirés a

éprouvée. Les paroles excellentes de consolation et les canles de réjouissance du grand nombre de ces bienheureux *tyrs, lors même qu'ils avaient les os brisés sur les roues, ou

les flammes avaient déjà dévoré leur chair, ont été, sans

doute, de grands témoignages que leurs inspirations descendaient de Fauteur de tout don parfait '. >

On voit à chaque instant les chefs des insurgés obéir, pour les mouvements à donner à leur troupe, aux commandements qu'ils croient recevoir du Saint-Esprit dans les hallucinations auxquelles ils sont en proie; nous ne citerons que deux exemples de ce fait, qui se répéta bien des fois pendant qu'ils tenaient la campagne.

On lit ce qui suit dans la déposition de Durand Fage :

c Comme notre troupe était entre Ners et Las-Cour de Greviez, le frère Cavalier, notre chef, eut une vision. Il était assis, et il se leva soudainement, en nous disant ces paroles : Ah ! mon Dieu, je viens de voir en vision que le maréchal de Montrevel, qui est à Alais, vient de donner des lettres contre nous à un courrier qui va les porter à Nîmes. Qu'on se hâte; et on trouvera le courrier habillé d'une telle manière, monté sur un tel cheval et accompagné de telles et telles personnes. Courez, hâtez-vous, vous le trouverez sur le bord du Gardon. A l'instant, trois de nos hommes montèrent à cheval, Ricard, Bouré et un autre ; et ils rencontrèrent sur le bord de la rivière, dans l'endroit marqué, et l'homme et ceux qui étaient avec lui, dans toutes les circonstances que le frère Cavalier avait spécifiées. Cet homme fut amené à la troupe, et on le trouva chargé des lettres du maré- , chai; de sorte que nous fûmes informés, par cette admirable révélation, de diverses choses dont nous fîmes ensuite un heureux usage. Le courrier fut renvoyé à pied. J'étais dans la troupe quand cela arriva, et j'atteste ce que j'ai vu 2 . »

, Claude Arnassan, dans sa déposition, rapporte les faits suivants :

c Une fois, comme nous étions près de tomber dans une embuscade de nos ennemis, sur le bord du Gardon, l'un de nos

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