‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernesChapitre 42 sur 101 · Théâtre sacré des Cévennes, p. 71-74 1 Ibtd., p · texte numérisé non relu

Théâtre sacré des Cévennes, p. 71-74 1 Ibtd., p

frères en fut averti par inspiration, et l'Esprit lui ût dire que nous eussions à prendre un autre chemin. Le lendemain nous eûmes connaissance certaine du danger dont nous avions été garantis.

» Un autre jour le frère Cavalier, aujourd'hui colonel, tomba en extase proche du petit Saint-Hippolyte en ma présence, et de huit' ou dix autres qui étaient fort proches de lui. L'Esprit lui dit : Mon enfant, je te dis qu'on te fera de grandes propositions; mais ne te fie point ,à eux. Les paroles qu'il prononça ensuite m'échappèrent; mais je me souviens qu'il dit encore ceci : Tu parleras au roi. Je suppose qu'il a eu depuis des avertissements positifs, puisqu'il a traité; car on ne faisait rien qui fût de quelque conséquence dans nos troupes, sans la direction des inspirations.

» Le combat où le fameux partisan Poul fut tué avait été prédit en ma présence, le matin du jour même, par le chef Cavalier et par un autre frère de la troupe, lorsqu'il n'y avait aucune apparence que cette bataille se donnerait. M. Cavalier était dans le château de Candiac ; l'Esprit lui dit que nous aurions un homme tué et deux blessés : ce qui arriva *. »

Les inspirations des prophètes servirent aussi à faire reconnaître les traîtres qui s'étaient glissés dans les rangs des insurgés. Quelle que soit l'explication que Ton veuille donner de ces faits, ils sont trop curieux en eux-mêmes pour ne pas être rapportés. Voici une déclaration recueillie de la bouche d'un témoin oculaire. Les choses merveilleuses qui font le sujet de son récit se seraient passées au mois de novembre 1703.

« Comme notre troupe était proche <Je Pierredon, un certain nommé Languedoc, sergent dans le régiment de Menon, se vint jeter parmi nous comme déserteur, déclarant qu'il voulait à l'avenir combattre pour la cause de Dieu. Quelques-uns des nôtres savaient qu'il était de famille protestante ; et ses discours nous parurent si raisonnables, que nous le reçûmes d'abord ras difficulté, comme nous avions déjà admis plusieurs déserteurs

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