Ibid.y p
Guillaume Brugier dit, en parlant de son frère Pierre, qui avait reçu les grâces :
c Comme nous étions ensemble dans une assemblée d'environ deux cents personnes, procbe d'Aubessarques, il fut placé en sentinelle sur un arbre presque joignant l'assemblée. Je le vis tomber de cet arbre, de la hauteur de plus de douze pieds, ayant été soudainement saisi, et il ne se fit aucun mal *. »
Déposition d'Élie Marion :
c Un soir, comme j'étais chez mon père à Barre, avec toute la famille et quelques autres personnes, un de mes frères reçut une inspiration. Il parla fort contre les incrédules et contre les avares, en les menaçant des sévères jugements de Dieu. Nous eûmes des raisons pour croire que cette censure s'adressait par- . ticulièrement à une certaine femme de la compagnie, qui eut aussi la même pensée que nous, et qui fit ensuite un salutaire usage de cet avertissement, comme je l'ai bien su. Ce fut en cette occasion, si je ne me suis fort trompé, que, le jeune garçon mon frère parlant avec une véhémence extraordinaire, l'Esprit lui dit : Je t'assure, mon enfant, que, pour persuader à ceux qui sont ici présents que c'est moi qui te parle, je veux que tu frappes ta poitrine à coups de couteau, sans qu'elle puisse en être offensée. Ne crains point, car je ne permettrai pas que tu sois blessé. Mon frère insista, en demandant des couteaux ; mais il ne s'eii trouva qu'un : il était grand et pointu. Il le prit de la main droite et il se frappa plusieurs fois, de la pointe , le ventre et l'estomac, avec une très-grande force ; mais son corps résistait comme s'il eût été de fer, et son habit même ne fut pas percé. Tout le monde était effrayé et fondait en larmes. J'étais présent 2 . 3>
Le caractère épidémique ou contagieux de la maladie des trembleurs des Cévermes doit être mis bien en évidence ici, car c'est un des caractères les plus importants de cette affection extraordinaire.