‹ Histoire du merveilleux dans les temps modernesChapitre 58 sur 101 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Déposition de Caladon :

« La plupart des inspirés étaient des jeunes gens et des personnes grossières ; c'étaient ceux qui parlaient le mieux quand ils révélaient. Les uns me disaient qu'ils ne se souvenaient de rien de ce qu'ils avaient prononcé ; les autres se souvenaient de quelque chose, mais de fort peu *. »

Déposition de Jacques Mazel :

c J'ai demandé à plusieurs de ceux qui venaient de parler dans l'inspiration s'ils pourraient bien dire une seconde fois ce qu'ils avaient prononcé pendant l'extase ; ils m'ont répondu qu'ils ne le pouvaient pas 2 . »

Pendant leurs crises extatiques, les trembleurs Cévennes étaient insensibles à la douleur physique. Ce résultat si ordinaire de l'exaltation momentanée des passions chez l'homme, et dont les convulsionnaires jansénistes nous ont offert de si frappants exemples, est confirmé par beaucoup de témoignages recueillis dans le Théâtre des Cévennes.

« Étant un jour cinq ou six ensemble proche de notre maison, dit Jean Vernet, le nommé Jacques Reboux, de notre compagnie, qui avait reçu les grâces, et qui était assis sur un rocher escarpé tout auprès de nous, à la hauteur de sept ou huit pieds, tomba dans le chemin, ayant été soudainement saisi de l'Esprit ; mais il ne se fit aucun mal. Ses agitations continuèrent, et furent violentes dans tout son corps. Quelqu'un de nous, qui n'était pas accoutumé à voir de pareilles choses, crut qu'il avait eu quelque faiblesse et qu'il s'était blessé par sa chute, de sorte qu'on alla promptement lui chercher de Feau-de-vie ; mais il n'avait garde de la recevoir en l'état où il était. Après les plus grandes agitations, il se mit à parler, et il fit de grandes exhortations à la repentance 3 . »

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