‹ Histoire du Mexique (volume 2)Chapitre 10 sur 73 · CHAPITRE Vill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vill

Le roi Itzcoatl et les Mexicains déclarent la guerre aux Tecpanèques d'Atzcapatzalco.

Le sénat voyant que Ton était résolu à résister aux Tecpanèques, fit appeler Âtenpanecatl TIaeaeltzin et lui dit : « Voici le moment de montrer le courage dont tont Mexicain doit être animé. II faut porter un nouveau message aux Tecpanèques , et si le moment de votre mort est arrivé, soumettez-vous à votre destinée. Si vous périssez dans cette occasion , nous prendrons soin de votre femme , de vos enfants et de votre maison. Dites au roi des Tecpanèques qu'il veille au maintien de sa puissance et qu'il se tienne ferme sur son trône; car les malheurs dont il nous menace pourraient bien lui arriver à lui-même et à sa nation. Puisqu'il est décidé à faire la guerre aux Mexicains et au roi Itzcoatl » son fidèle vassal , qu'il en coure les chances , car aucun de

nous De reculera. Allez lui porter ce message , Àtenpanecatl , et mettez- vous en route le plus tôt possible. »

Quand Tenyoyé mexicain fut arrivé en présence de Tezozomoctii , roi des Tecpanèques, il lui dit: tt O roi ! je vous salue de la part de mon seigneur, qui vous envoie ces faibles présents pour apaiser vos larmes et votre tristesse. Acceptez ce ticatl , ce manteau , ces plumes , ainsi que ces dards et ce bouclier qu'il a préparés pour vous par respect pour votre personne. » Tezozomoctii prît ces présents en disant : Je te remercie , Atenpanecatl , ainsi que Itzcoati qui me les a envoyés. L'ambassadeur plaça alors le manteau sur les épaules et les plumes sur la tète du roi , il lui mit dans chaque main un de ces dards durcis au feu que Ton nomme tlatzontectli. Le roi lui donna à son tour un bouclier et une épée ou macahuitl, en l'engageant à tâcher de retourner chez lui sain et sauf. Le bouclier était traversé par une bande , devise que Ton nomme Ixcoliuhqui. Il lui donna aussi des armes toutes dorées ef un casque dont le sommet était recourbé comme la houlette d'un berger.

« Présentez-vous , lui dit-il , à votre roi dans ce costume et tâchez d échapper aux gardes qui vous attendent sur la frontière. Je crois que pour vous laisser une chance d'échapper, ils ont pratiqué une ouverture dans le mur d'enceinte ; tâchez qu'ils ne parviennent pas à vous saisir et à vous maltraiter. »

Atenpanecatl se mit en route, en ayant soin de

marcher à côté du chemin pour n'être pas aperçu par ses ennemis. Il parvint ainsi jusqu'au poste de Xoconochyacac , où les Tecpanèques faisaient bonne garde, armés d'épées, de lances et de boucliers. Il leur cria à haute voix : « Tecpanèques, votre sort est décidé ^ vous allez tous périr. Il ne restera plus aucun souvenir de vous ni de votre ville d'Atzcaputzalco. C'est moi , Tlacaeltzin ^ qui vous le prédis. »

Quand il eut fini ce discours, il se mit à courir en se dirigeant vers le lac ; les Tecpanèques le poursuivirent et parvinrent même à lui porter plusieurs coups d'épée ; mais heureusement pour lui ils furent amortis par son casque; il traversa Monoalco et arriva dans le palais dltzcoatl qu'il trouva environné des principaux chefs mexicains. Le roi lui dit : «Soyez le bien-venu, Atenpanecatl, je croyais que vous étiez tombé sous les coups des Tecpanèques et que vous ne reviendriez plus' à Mexico Tenutchtillan; rendez-moi compte de votre mission. » — « J'ai exécuté vos ordres , répondit-il, j'ai placé le manteau sur le corps de Tezozomoctli et les plumes sur sa tête; il m'a dit, remercie ton roi de ma part et tâche de retourner vers ta patrie ; mais ne reviens plus ici, car nous ne devons plus nous revoir. »

Itzcoatl ordonna alors aux chefs qui l'environr naient de se tenir prêts à combattre et de convoquer leurs guerriers commandés par Atenpanecatl. Ils se rendent à Xonochyacac et attaquent les Tecpanèques en poussant de grands cris et les mettent en dé-

rouie. Atenpanecatl et quelques autres chefs étaient cependant les seuls qui eussent pénétré dans le camp de l'ennemi ; car les autres Mexicains attendaient de loin le succès du combat ; voyant que les vaincus s'enfuyaient dans les montagnes, ils arrivèrent en criant : € Bravo! vaillants chefs, il n'est plus question des Tecpanèques et des montagnards leurs alliés. Atzcaputzalco est perdu et vous appartient déjà. Nous n'avons plus rien à dire et nous recoimaissons votre prééminence. »

Bientôt après les Tecpanèques descendirent des montagnes et vinrent humblement se reconnaître sujets des Mexicains, en leur promettant de leur obéir en tout comme leurs esclaves , puisqu'ils avaient été vaincus par eux.

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