‹ Histoire du Mexique (volume 2)Chapitre 33 sur 73 · CHAPITRE XXXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXn

Suite de la guerre des Mexicains contre les proTînces

de la côte.

Les chefs que Moctezuma en avait chargé parcou* rurent toute la ville en annonçant la guerre contre les provinces de la côte et en en faisant connaître le motif; ils invitèrent tous les guerriers non-seulement à se préparer, mais aussi à venir dans le temple de Huitzilopochtli , faire pénitence et se tirer du sang des oreilles et de la langue pour obtenir la victoire contre les ennemis. Les calpixquei de chaque quartier s'occupèrent également à réunir les vivres nécessaires. On distribua aux soldats des man*ieaux blancs de nequen ou tonalcayatlcactli pour se mettre à Tabri du soleil, des cuirasses, des nat-^ tes , des tentes en aoxacalli; on distribua aux capitaines des nattes de roseaux ou quiyotlaxcuextli , des peaux de cerf, des vases, des pots, des tecomates y des metates , des cornâtes , des molcaxetes ,

des texolotes et des étofies de diverses couleurs. Les calpixques des magasins de Moctezuma se mirent eux-mêmes en campagne et emportèrent nonseulement une grande quantité de vivres et d'étoffes pour subvenir aux besoins de l'armée , mais aussi des présents poor les dtslribuer après la victoire aux chefs qui se seraient distingués , tels que des boucliers dorés , des épées garnies de cailloux tranchants , des lanières de cuir rouge tressées , des plumes brillantes , des braeel^ d'or , des anneaux du même métal pour les oreilles et pour le nez , ainsi que des cordons de cuir rouge , vert , bleu et doré , qui s'attachent à la poignée de Tépée; car, à la guerre , Moctezuma ne négligeait aucune préciiulion ni rien de ce qui pouvait encourager ees soldats.

L'armée se mit donc en marche. Deux jours avant son arrivée, des messagers allaient prévenir les chefs des villes qu'elle devait traverser , et ceux-ci s'empressaient de venir au-devant d'elle et de lui offrir des vivres et tout ce dont elle avait besoin; ils se réunissaient ensuite à elle , à la tête de tous leurs guerriers. Ils marchèrent ainsi jusqu'aux frontières des provinces d'Orizava et de Cuetlaxtlan dont les habitants se tenaient sur leurs gardes, et avaient construit de hautes toui*s, des palissades bordées de fossés et d*autres fortifications. Pendant toutes leurs guerres, les Mexicains ne manquaient jamais de vivres ni d'autres cboses, car ils étaient si redoutés que partout où ils arrivaient toute la population venait au-devant d'eux pour les recevoir , sans que

personne, ni homme, ni femme, osât rester dans sa maison. Quand, par hasard, ils rencontraient sur les chemins un soldat ou un.paysan, ils lui enlevaient tout ce qu'il possédait et le dépouillaient tout nu. Quand les habituants d'une ville avaient négligé de venir au-devant, d'eux, elle était pillée et brûlée ; ils enlevaient la volaille et le maïs , et n'épargnaient pas même les chiens.

Quand les Mexicains furent arrivés sur les frontières d'Orizava et d'Ahuiliaapan , ils s'occupèrent d'abord à dresser les tentes et à fortifier leur camp. Ils dressèrent ensuite une grande tente , nommée yctotanalaco, qui était comme le magasin royal, qui contenait des provisions d'armes et de vivres pour toute la durée de la guerre ; de temps en temps il arrivait de Mexico et des autres villes des renforts d'armes et de vivres. Avant le combat, chaque soldat recevait du magasin royal une espèce de biscuit nommé tlaxeakotopQchtli , et une poignée de pinole. Leurs chefs leur faisaient ensuite un discours dans lequel ils les exhortaient à écarter toute crainte et à combattre vaillamment pour obtenir la victoire et augmenter ainsi la gloire de leur roi et de leur Dieu Huitzilopochtli. Avant de comniencer l'attaque, ils se peignaient le corps pour se reconnaître les uns les autres , et se rangeaient en file. On avait soin de mêler parmi les jeunes nobles des guerriers expérimentés , afin qu'ils soutinssent leur eourage.

Quand les Mexicains rencontrèrent l'armée d'A- Uuilizapan , ils la chargèrent en poussant de grands

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