‹ Histoire du Mexique (volume 3)Chapitre 39 sur 39 · CHAPITRE ex · texte numérisé non relu

CHAPITRE ex

Tilancalqui arrive à Mexico. Les nouvelles qu'il donne à Moctezama le plongent dans la plus profonde tristesse.

Aussitôt qu'il fut arrivé à Mexico, Tilancalqui se hâta d'aller raconter à Moctezuma son entrevue avecFernand Cortez et tout ce que celui-ci lui avait dit. Moctezuma en fut très-accablé , car il prévit le sort qui le menaçait. Il dit à Tilancalqui : « Tu sais que je t'ai comblé de bienfaits; voici le moment de me prouver ta reconnaissance. Que- pouvons-nous faire puisque le grand Tloque nahuaque nous abandonne. Je te recommande mes enfants Huitemoc , Chimalpopoca , ÂcatiiScoxonhqui , Acamapich, Nezahualtcoj^oll , Axayaca et Tlacahuepan. Quand je serai tombé sous les coups de ces nouveaux venus ^ lesMexicains voudront massacrer mes enfants; je te recommande de les mettre en sûreté, car on n'aura pas de pitié pour eux après ma mort. Je les remets donc entre tes mains ; traite -les comme tes enfants et cache-les en différents endroits afin qu'au moins l'un ou l'autre puisse échapper au massacre. Sois certain de ce que je te dis. Ces nouveaux venus nous causeront de grands malheurs , et tout ce que nous

a prédit Nezabualpilli se trouvera conforme à la vérité. Quanrl ce temps sera venu , vous ne serez pas traité comme des sujets, mais comme des esclaves. C'est avec moi que finiront la puissance et l'éclat que nous avaient transmis les anciens souverains du Mexique. »

En disant ces roots, Moctezumase mit à verser des larmes abondantes. Tilancalqui le consola de son mieux. Moctezuma lui dit : « Nous sommes livrés à ces dieux ; il faut cependant faire tout notre possible pour venir en aide à nos malbeureux sujets.. J'ai entendu dire que dans la terre.cbaude il y a un grand nombre de magiciens , notamment à Guaubnabuac , à Yaubtepec , à Huastepec , à Acayapicbtlan , à Xobuitoto , à Ocuilan« à Malinolco et à Tenantzinco. Ils dévorent , dit-on , le cœur des hommes vivants et les enlèvent pendant la nuit. Je veux les faire appeler. » Il leur envoya donc des messagers el ils s'empressèrent de se rendre à ses ordres. Il en vint également qui connaissaient Tart de prendre la forme de lions, de loups, de serpents et de toute espèce d'animaux. Moctezuma leur annonça , dans un long discours, l'arrivée des étrangers qui étaient descendus du ciel , et les pria d'employer leur pouvoir pour les empêcher de venir jusqu'à Mexico. « Tâchez, leur dit-il , de les épouvanter, de leur envoyer un profond sommeil pendant lequel vous les jetterez dans un précipice , ou de leur arracher le cœur, et si vous ne pouvez les empêcher d'arriver jusqu'à Mexico, traitez-les au moins de manière qu'ils se repentent d'y être venus. »

Les magiciens partirent donc pour la Vera-Gruz, et aussitdt qu'ils eurent aperçu les chrétiens , ils se dispersèrent de manière à les environner de toutes parts. Mais ils eurent beau prendre toutes sortes de formes et épuiser tous leurs enchantements, ils ne purent rien faire contre les Espagnols, parce i|ue c'étaient des chrétiens catholiques. Ils renouvelèrent leurs tentatives pendant quatre nuits successives ; mais n'ayant jamais pu dépasser les premières tentatives, ils furent forcés de retournera Mexico pour rendre compte à Moctezuma de l'inutilité de leurs efforts. Le lendemain, Moctezuma fit appeler un des principaux chefs nommé Chalciubcuechecan et lui dit : « Va trouver lès nouveaux dieux et fais* leur dire , par le moyen de la femme qui parle notre langue, quej'attends la visite de leur chef. »Celui-ci rencontra Gortez à Chichiquila, et lui expliqua par le moyen de Marina le sujet de son ambassade.

L'ordre avait été donné partout de fournir aux Espagnols des vivres en abondance. Cortez ayant passé la nuit dans un village dont le chef se nommait Cuaztipopoca, ifcur fit demander par Marina quel était le meilleur chemin pour se rendre à Mexico. Celui-ci conduisit le lendemain les Espagnols dans un chemin creux où plus de dix Espagnols se tuèrent en tombant dans un ravin. Cuaztl» popoca prit alors la fuite; mais Gortez fit courir après lui, et quand on le lui eut ramené il lui demanda le motif de cette trahison. Le chef ayant avoué son crime, il le fît enchaîner pour le conduire avec lui à Mexico.

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