CHAPITRE VII
AtenpiinecaU rapporte au roi lUcoatl el au sénat mexicain la répoose des Tecpaoèqves. — Rèsolalîon qu ils prircDl.
Aussitôt qu'Âtenpanecatl TIacaeItzin fut arrivé à Mexico Tenuchtitlan , le roi ayant réuni le sénat , il leur dit : « Pai délivré votre message au roi et à l'assemblée des Tecpanèques ; et le roi m'a répondu : Chef mexicain , j'ai écouté votre discours; mais que puis-je faire? Je ne suis pas assez puissant pour m'opposer à la résolution des Tecpanèques qui ont résolu de faire la guerre aux Mexicains. Allez donc porter ma réponse à votre roi Ttzcoatl et à vos corn* patriotes qui vous ont envoyé. »
Le sénat ayant entendu cette réponse , dit au peuple : « Pourquoi , Mexicains , ne voulez-vous pas vous soumettre aux habitants d'Atzcapulzalco? Vo* tre cœur n'est-il pas rempli de douleur et de pitié à la vue de tant de vieillards , de femmes et d'enfants
qui seront, par votre faute, victimes de la cruauté desTecpanèques? Ils sont si nombreux que les montagnes mêmes en sont couvertes , et si vous ne tous soumettez à eux , il faudra combattre un contre dix. Ils sont défendus par des forêts et des montagnes » tandis que nous n'avons ni rochers où nous puissions nous retrancher , ni caverne qui puisse offrir un refuge aux femmes , aux vieillards et aux enfants » pour les mettre à Tabri de la fureur de nos ennemis. »
Âlenpanecall appuya cette opinion , mais les cheis les plus courageux s'écrièrent : Si on nous déclare la guerre , nous prendrons nos arcs et nos flèches , nos dards et nos boucliers , et si notre patrie tombe au pouvoir de nos ennemis , du moins noire honneur n'en sera pas diminué. Les valeureux Mexicains applaudirent a cette proposition et résolurent de résister aux Tecpanèques quelque nombreux qu'ils fussent.
Les vieillards , effrayés de cette résolution , leur dirent que» puisqu'ils voulaient courir les chances de la guerre , leur destruction était certaine , qu'ils périraient sous les coups de leurs ennemis et que leur famille serait massacrée. Mais , ajoutèrent-ils , quand vos ennemis auront fendu votre corps avec des cailloux tranchants et qu'ils dévoreront votre chair» nous la partagerons avec eux, car, quand nous avons quitté le pays que nous habitions pour venir ici , il n'existait aucun lien de parenté entre nous, et nous étions étrangers les uns aux autres.
A la bonne heure , dirent ceux qui avaient té** aolu de se défendre et qui étaient fils des principaux chefs; mais » si nous repoussons Tennemi , vous n'ouvrirez pas notre corps avec des cailloux tranchants ci vous ne dévorerez pas notre chair. Vous vous rappellerez alors qu'il n'existe aucun lien de parenté entre nous , et que nous sommes étrangers les uns aux autres. Si nous avons le bonheur de vaincre les Tecpanèques, nous ne vous regarderons plus comme des chefs, mais bien comme des macehuales etcomme nos vassaux. Oui , répondirent ceux qui penchaient pour la soumission , si vous triomphez des Tecpanèques , ceux qui se distingueront dans le combat pourront choisir pour épouses trois ou quatre de nos filles y et même davantage s'il est en état de les nourrir; et quant à ceux qui auront fait dès prison* niers dans le combat , nous les porterons en triomphe avec leurs armes. A l'avenir , quand vous entrerez en campagne , ce sera nous qui porterons sur nos épaules les vivres dont vous aurez besoin. Quand voua reviendrez vainqueurs , nous vous recevrons avec des chants de triomphe, nous vous servirons dans les festins , nous balayerons vos maisons, nous serons vos domestiques» et nous porterons vos messages partout où il vous plaira de nous envoyer.
Atenpanecatl leur dit alors: « Puisque tout cela est bien convenu , je vais retourner à Atzcapulzalco pour porter votre réponse aux Tecpanèques.