‹ Histoire du MexiqueChapitre 17 sur 115 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Les Meikains retoornent à TenachUtlan et se prtsenCent dcTaol Ilicoatl, habillés en femmes. — Caexcoex s^aytoce jiisqo*aiix premières gardes pour déclarer la guerre.

En quittant le palais de Maitlaton, les Meiicains se mireiit à danser en habits de femme et profi* lèrent d'une occasion favorable pour s'évader sans prendre congé de personne. En arrivant devant Itzcoatl, ils lui dirent : • Seigneur, vous voyez, par le costume dont nous sommes revêtus , combien nous avions raison de ne pas vouloir que vous vinssiez avec nous. » Itzcoatl leur répondit : « Otez*le. C'est une preuve que ce n'est pas la paix, mais la guerre qu'ils veulent , et qu'ils nous regardent comme des lâches; mais nous leur payerons cela. Aussitôt que vous vous serez reposés , rendez-vous sur l'extrême frontière et préparez-vous à la défendre. » Quand les cardes arrivèrent du cAlé de TIachtonco , ils y trouvèrent Cuexcuez , portant sa devise et armé d'une

massue, d'un bouclier et d'une épée. Ausitdt qu'il aperçul les Mexicains, il jeta un grand cri, appelé motenhuitec , et s*en alla .

Les Mexicains plantèrent d<ins cet endroit un haut madrier pour servir de vi^ie ou tlachialcitahuitlj et un de leurs chefs, étant monté au sommet pour regarder de tous les côtés , aperçut une grande fumée au milieu des roseaux qui couvraient les rives du lac. Itzcoatl dit à Tlacaeltzin : « Va voir ce que c'est; et si ce sont les gens de Gulhuacan qui viennent se réunir à nous , ou ceux de Gbalco , envoyés par leur roi Cacamatl. » Quand Tlacaeltzin fut arrivé auprès de ceux qui avaient allumé ce feu , il leur demanda : «Qui étes-vous et que voulez-vous ? • Ils lui répondirent : a Nous sommes vos frères , et voscousinsdeCulhuacany qui sommes venus ici pour tendre nos filets et tâcher de nous procurer quelque nourriture. • — « Je ne crois pas qu'il en soit ainsi, répondit Tlacaeltzin, comment vous nommezvous? <k — lÂcaiel, dit l'un; Atanial, dit l'autre; Quillaoljo, dit le troisième. » — « Quant à moi , reprit-il , je me nomme Atenpanecatl Tlacaeltzin. Tendez tranquillement vos filets , je reviendrai vous voir. Si d'autres viennent vous questionner, deman*dez leur de quel pays ils sont; et s'ils répondent de Cuyoacan, mettez -les à mort aussitôt.» I) alla rendre compte de sa commission à Itzcoatl , qui lui recommanda de les surveiller tant qu'ils resteraient sur le territoire des Tecpanèques.

Au bout de quelques instants, Cuezcuex arriva

prés des roseaux et monta au sommet d'une vigie » quy avaient élevée ceux de Cuyoacan. Tlacaeltzin Taperçut et dit à Itzcoall : « Voici les Tecpanèques qui arrivent armés et en grand nombre. » — « Par quelle route viennent-ils ? lui demanda le roi.» — «Je veux , reprit celui-ci , me rendre au bord du lac , où j'ai laissé Acaxel , Atanial et Quillaoljo, pour savoir d'eux quelles sont leurs intentions. » — « C'est bien , dit le roi , n'abandonne pas ta nalion dans cette occasion périlleuse , et tâche d'augmenter la gloire de Mexico Tenuchlitlan. »

Quand Tlacaeltzin fut arrivé dans un endroit nommé Quetelpilco , il appela à baute voix les pécheurs et leur dit : « Mes amis , vous savez que les TecpanëquesdeCujoacan nous ont déclaré la guerre, mais nous serons certainement vainqueurs si Ton nous aide. Prenez ces armes , et, si je suis tué ou fait prisonnier par les eunemis , mes vêtements seront aussi pour vous. » Geuf-ci acceptèrent les armes qu'il leur offrait en disant : « Nous vous remercions de nous avoir traités comme vos pères et vos aïeux que nous sommes.» Et ils se joignirent à l'armée. Eo revenant avec eux , ils rencontrèrent les Tecpanèques dans un endroit nommé MamoztitlanTlachtODCo. Tlacaeltzm les chargea aussitôt et les mit en déroute; il les poursuivit jusqu'à Tenamacoyan, en poussant de grands cris et suivi de ses trois compagnons , et leur dit : « Voyez si les Tecpanèques ont quelque chance de vaincre les Mexicains qu'ils ont insultés en les forçant à revêtir des habits de

femme , puisqu'ils n'ont pas pu résister à nous quatre et aux deux Mexicains qui m'accompagnent, Maquiocatl et Tepoitzintli. Mais maintenant ne perdons pas notre temps à retenir les nombreux prison» niers que nous allons faire. Contentons-nous de leur couper l'oreille droite et de les ramasser dans nos manteaux , comme nous le fîmes quand votre roi envoya les Mexicains, quelque peu nombreux qu'ils fussent alors, pour combattre ceux de Xochimilco.» Les Cuihuas lui ayant dit qu'ils étaient prêts à le suivre et à Timiter , ils se mirent de nouveau à poursuivre les ennemis en poussant de grands cris. Ceuxci se dirigèrent d'abord vers un endroit nommé Mazatlan , puis vers Tenamacoyan. Les Mexicains continuèrent de les poursuivre en frappant sur leurs boucliers, et arrivèrent ainsi jusqu'à Cuyoacan, où les Tecpanèques étaient occupés k célébrer la fête de leur dieu Huehue-Teutl. En arrivant au milieu de la danse , qui avait lieu sur la place devant le tem* pie , ils s'aperçurent que les Tecpanèques portaient sur la tète , au lieu de plumes, des fuseaux de femmes , nommés malacates. Us firent aussitôt prisonniers les principaux chefs, qui se nommaient Achiocatl , Telpoch et Tetepilcauh , et tous les autFes Tecpanèques qui étaient Chicahuaques , et commen* cèrent ensuite à démolir le temple.

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