‹ Histoire du MexiqueChapitre 26 sur 115 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

fies inesiagers de Moclezuma retournent à Ghalco ponr savoir la détermination des habitants , qai leur répondent par un refus.

Quand les messagers furent arrivés à Gbalco, ils se dirigèrent vers les maisons de Guatlecoatl et de Cuateoll Toteonziuhqui , qui lui dirent : « Pouvons^nous vous faire une autre réponse que celle qu'ont décidée nos chefs et nos macehuales ou vassaux ? Ils refusent absolument de fournir de la pierre. Allez donc porter cette réponse à votre roi , car les Gbalcas se préparent à se défendre et vont prendre leurs boucliers , leurs épées , leurs arcs et leurs flèches.»

Quand les messagers eurent rapporté à Moctezuma etàCihuacoatl la réponse aigre et offensante des Gbalcas, ceux-ci , après les avoir envoyés se reposer dans leurs maisons , se dirent : « Quelle conduite devons-

nous tenir à l'égard des Chalcas? » Moctezuma proposa de marcher inûnédiaiement contre eux. Il vaut mieux, ce me semble , reprit le général , envoyer deux chefs à la découverte pour voir s'ils arment contre nous. Ils résolurent de charger de cette mission Tenamazteuctii et***, à qui ils dirent : « Avancez-vous sur le territoire des Chalcas, voyez s'ils sont sur leurs gardes^ et par quel moyen nous pourrons y pénétrer le plus facilement. » Les deux chefs se mirent promptement en route et arrivèrent successivement jusqu'à Techichco , Aztoapan , et enfin jusqu'à Cuexomatitlan, où ils aperçurent les Chalcas qui commençaient à se réunir. Ils revinrent aussitôt apporter cette nouvelle à Moctezuma, qui fit publier cette guerre dans tous les quartiers de la ville et dans toutes les écoles militaires. Tlacatecatl et Cacamatzin déclarèrent hautement qu'ils voulaient tout mettre à feu et à sang, et criaient : «^Préparez-vous, Mexicains , voici le moment d'acquérir beaucoup de gloire , beaucoup de butin , beaucoup d'esclaves. Les Chalcas passent pour vaillants , mais ils ne pourront pas tenir devant les Mexicains qui sont des tigres, des lions et des aigles furieux ;* prenez tous vos armes , il faut que demain, au lever du soleil, nous soyons à Aztahuacan, prêts à livrer bataille à l'armée des Chalcas.

Le lendemain , l'armée mexicaine était à Iztapalapan , et les éclaireurs que l'on avait envoyés en avant annoncèrent bientôt l'approche des Chalcas. Le t;énéral Cihuacoatl«Tlacaeltzin adressa alors à

ses soldats le discours saiyaiit : « Meiicaîns , ne craignez rien ; les Ghalcas ne sont ni des lions ni des tigres , et leurs armes ne raient pas mieux que les ▼Atres. Attaquez^es kardiment , car ils ne sont ni braves ni nombreux, n Les Mexicains chargèrent en ^et les Qialcas en poussant de grands cris et en disant point de quartier. Le combat dura jusqu'à la nuit. Les Cbalcas dirent alors : «Mexicains, puisque nous avons commencé cette guerre, nous n'y renoncerons ni dans cinq ni dans dix jours. Allez TOUS reposer dans vos maisons, et, demain, nous TOUS attendrons à la même place. »

Les Mexicains, de retour à Tenuchtitlan, racontèrent h Moctezuma ce qui s'était passé et lui déclarèrent qu'ils étaient prêts à soutenir le défi jusqu'au bout. «Qu'est donc devenue, leur répondit le roi, la valeur que vous avez montrée jusqu'à présent ? Faiblira-t«elle devant les Cbalc;as ? » Tlacaeltzin, Tlacatecatl et Tlexcatl reprirent : « Seigneur , dépareilles gens ne sauraient nous épouvanter. Rappelez-vous la valeur de nos ancêtres , qui , quand ils étaient entourés, à Gbapultepec, par de nombreux ennemis , les ont vaincus et mis en fuite. Nous ne craignons rien, car nous sommes les descendants des vaiUants Chichimèques. Envoyez cependant des gardes sur tous les chemins , afin que les Ghalcas ne soulèvent pas contre nous les villes qui sont nos sujettes , telles qu'Atzcaputzalco , Tacuba , Guyoacan, Xochimilco, Guitlahuac et Tezcoco. » — «Tu as bien parlé» Gihuacoatl, reprit Moctezuma : Fais

partir à cet effet TlilpotODqui , Tlaraochtoc et les plus jeunes guerriers mexicains. » Ceux-ci allèrent en effet parcourir les routes et les villages , et ayant tout trouvé parfaitement tranquille, ils vinrent faire leur rapport à Moctezuma qui ordonna que celte perquisition fût renouvelée tous les cinq jours.

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