‹ Histoire du MexiqueChapitre 33 sur 115 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Bouille entre les Mexicains el les haliitAnts de la Hnasieca , province située sur les côtes de la mer da Sud.

Les eoDemis , voyant que les Mexicains se disposaient aies attaquer, se mirent à erier ; « En avant* en avant contre ces Mexicains qui ne valent rien. » Ceux-ci leur répondaient : « Attendez un peu , Huastecas, dans peu d'heures vous serez nos su* jets. » Les Huastecas répliquaient : « Misérables Mexicains, vous allez tous tomber sous dos coups , et pas un de vous ne reverra sa patrie. •

Tous les Huastecas avaient aux oreilles et aux lèvres des bijoux d or , et sur la tête des plumes de perroquet jaunes; ils attachaient, par derrière, à leur ceinture , des mircMrs circulaires, et s'étaient passé dans le nez des morceaux pointus de cailloux blancs i ils avaient encore beaucoup d'ornements, comme s'ils allaient exécuter un mitote, ou danse solennelle. Pour efl'rayer leurs ennemis ils avaient

suspendu à leur ceinture des grelots nommés cuchtli, et faisaient un bruit épouvantable. Quand ib furent arrivés à l'endroit où les guerriers mexicains s étaient cacbés, ceux-ci les chargèrent l'épée k la main, et saisirent les plus vaillants capitaines , qu'ils reconnurent aux ornements d'or et de plumes dont ils étaient couverts et an attachèrent un grand nombre , tandis que les jeunes nobles mexicains poussaient en avant, tuant et renversant tout ce qui se trouvait devant eux*, les guerriers buastecas, qui mardiaient derrière leurs chefs» s'arrêtèrent en les voyant tomber , et les nations alliées les chargèrent de tous cAtés , et en prirent un grand nombre. Celles qui se signalèrent le plus furent les Gbalcas, les Aculhuas; puis ceux de Xochimilco, de Mizquie , de Cuitlahuac, de Cuyoacan, de Tacuba, d'Atxcaputzalco , deToluca, de Xocotitlan, de Xiquilpan, de Mazahuacan et de Tulatepec. Ils poursuivirent l'ennemi , en faisant un grand nombre d'esclaves, jusqu'à la cinquième forteresse, et s'em* parèrent du grand temple auquel ils mirent le feu, et qui fut consumé en peu de temps.

Les Huastecas, voyant que tout était perdu et que leurs femmes et leurs enfants étaient tombés au pouvoir de l'ennemi, envoyèrent leurs interprètes implorer le pardon des Mexicains, en offrant de se soumettre et de payer en tribut des étoffes appelées tuchpanecajod » des ttatapalcaachili , espèce de chemises brodées , semblables à celles que partent les enfants, des perroquets apprivoisés,

looget el jaiuies, nommés toznenex et Imaoumayas^ des xochiienacalkototl et des tlalancuezaUntotùl , autres oiseaux dont les plames sont tris*riches, ainsi que du tecuezalin et du ieoocahuiil^ espèce de betun jaune qui sert à teindre les vases et à adoucir la peau des maius et des pieds, de VApexde^ espèce de marcassite noire et dorée très-fine , du ckiUepin^ du iocuUIati et du cuaiehajrchuaili. « Voilà, dirent les Huastecas, ce que nous offrons de payer chaque auiée. » — « A la bonne heure, dirent les M eiicains, nous acceptons ce tribut , mais ne tous avises pas de vimloir un jour le refuser ; ayei soin d'accomplir promptement et avec humilité tout ce qui vous sera comnïaBdé , puisque vous vous y soumettes. »

Les Huastecas descendirent donc de leurs montagnes et conduisirent les Mexicains à leurs palais , où ils leur servirent un festin composé de toute espèce d'oiseaux , de poissons et de fruits , car c'est encore le pays de la Nouvelle-Espagne où ils sont le plus abondants. Avant qu'il se remissent en mardie, ils lenr cfirirent en présent quelques étoffes, du papier Mexicain et des plumes blanches pour garnir des coussins. Les Mexicains emmenèrent avec eux leurs prisonniers enchaînés , qui versaient des larmes et répétaient des chants si tristes qu'ils eicicaîenl la compassion de tousceux qui les entendaient. L'armée, en y comprenant les alliés, couvrait dans sa marche un espace de plus de deux lieues de long, et toutes les villes qu'elle traversait s'empressaient «le lai apporter des vivres. Celles qui voulurent s'y

refuser furent aussitôt pillées et détruites , et les habitants entièrement dépouillés, de sorte que lel Mexicaine inspiraient une si grande terreur que personne n'osait leur dire un mot.

Quand l'armée mexicaine fut arrivée à Coatitlan, Mocte^uma apprit qu elle revenait victorieuse; il dit à Ahuacoatl : « Il faut envoyer au*devant de Tlaca* tecatl , Tlacochcatcatl , Ticoyahuacail , Ciauhnoctli et Tilancalqui. Chargeons de celte mission Quaquacuiltzin, Tilancalqui et d'autresWidllards honorables. » On leur remit donc des fleurs et des par« fums, ainsi que de riches étoffes qu'ils devaient offrir, au nom de Moctezuma , aux généraux vainqueurs, ainsi que des boticUèrs; des darcb, des javelines dont la pointe était durcie au feu, et des hérons vivants. Quand ils furent orrivés à la montagne de Tupejâcà , qui porte aujourd'hui le nom de Notre-Dame de Guadalupa, les vieillards oom* mentërent à se teindre le Corps eb noir et à remplir les tases de pieietl en poudre , et de braise les brasiers qu'ils portaient à la main. Quand ils renconli^èrent Icë guerriers Mexicains, ils leaparfnmèreilt avec de là myrrhe et du copal , particalîèment les chefs. Âusâitât qu'ils furent arrivés à T&» michtitlan , les guerriers mexicains allèr^it d*abord visiter le gv'and temple ou ciTH de HuitsilipodiUi. Après s'être tiré du sang devant Tidole , en signe d'adoration , ils m èirigèrent vers le palais de Mocteauma à qui les généraux firent un long en lui présentant les prisonniers hnastecas , qui

souwireDt 11 lui iiu sxpn^ dç h naiiop , «i (ui 4écl<4^ rèr^t qu'iU voulaient mpurif* se^ esclaves. Moct^suma > apf è$ ie§ ^vQÎr coosolé^ et leur avoir proinia qu'il tr^it^rait \^ Huaet^cas co^une «es sujets , Leur fit «erWr à boire et à manger , ^«viite on ks fit cUw* UfX tt danser au son du t^ponaUli i «o danamt iV Suaai^t un siiS/s^iei^t semblable à eelui du xu^oloti ou.diindon sauvage.

Tlacaellein fit ensuite appeler les calpixques de -toutes les nations soumises à la couronne mexicaine et les chargea de la garde des prisonniers , fils du Soleil et habitants des bords de la mer , leur recommandant de les surveiller, mais de les bien nourrir afin qu'ils pussent servir à la célébration de la fête de Huitzrlopochtli » où Ton devait les faire danser devant le temple , après quoi on leur fendrait la poitrine et on jetterait leurs corps dans les flammes ; tous les quatre jours on devait les présenter au palais de Moctezuma afin qu'ils ne fussent pas oubliés.

Le lendemain, Moctezuma fit appeler tous les chefs cuauhchimeques et otomin et leur distribua k chacun , selon son rang , une portion des étoiles qui avaient été conquises dans la Huasteca ; quant à ceux qui , sans avoir remporté la victoire , avaient cependant pris part à cette guerre, on leur distribua de fines étoffes de nequen , blanches , peintes et brodées. Les deux généraux Tlacatecatl et Otomitl dirent ensuite aux jeunes soldats : « Vous avez vu , me» enfants, la valeur de nos soldats, mais sachez que

— isoles occanons d*en montrer ne cesseront jamais; Soyez prêts chaque jour à aller gagner une nouvelle gloire et soumettre de nouvelles provinces, en llionnear de notre Dieu Tetzahuitl Huitzilopocbtli et pour augmenter la puissance de Tempire mexicain.» Quand ils rentrèrent dans leurs quartiers de Jaxoch et de Tlazilacatl , les habitants vinrent les féliciter et leur offrirent un banquet en signe d'amitié.

Page 1