‹ Histoire du MexiqueChapitre 37 sur 115 · CHAPITRE XXXIfl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIfl

Coaqnèle de» provinces de Coayxtiahaacaii et de Huaxaca.

Lei marcbancU d*A(zcapul2aloo , de Tacuba , de Taico, de Xochimilco et de Chalco ayant été visiter les foices ou tianguez de la proTÎDce de Coajitla* hiiacao. qui étaient trèa- célèbres et txàs-frécfttentés , cent des principaux Indiens de celte ville complotèrent d'aller aUcndre ces marchands dans un défilé où ils devaient passer. Ils les arrêtèrent en efiel dans un endroit très-escarpé et leur demandèrent qui ila étaient et d'où ila venaient. Quand ceuxci leur eurent répondu , ils s écrièrent : n Est*ce que nous allons dans votre pays pour faire du commerce? Sommes-nous les vassaux de M octezuma ? Vous allez laisser ici non-senlement vos richesses mais voCre vie. >i En disant ces mots ils les précipitèrent du haut des rochers , au nombre de cent soixante. Us les dépouillèrent ensuite, et allèrent rendre compte à leurs chefs de ce qui s était passé

et partager le butin avec eux. Cependant quelques marchands , qui étaient restés en arrière, parrinrent à se cacher et à s'échapper pendant la nuit. Arrivés à Mexico, ils se rendirent droit au palais de MoctesBuma , qui dans le moment avait aupréa lui Tlacaetlzin et Gihuacoatl, et lui racontèrent ce qui s'était passé. Tous trois furent d'accord qu'il ne (allait pas laisser cette injure impunie , et se hâtèrent d'envoyer des messagers à Tezcuco , à Atacaputzalco , à Tacuba , à Gulhuacan , à Ghalco » à Guyoacan, à Tepeaca, à Toluca, à Tulantzinoo, à Huexotzinco , à Gholula , à Itzucan , à Acatzinco et à Guauhtinchan, pour leur ordonner , soua peine de mort et de destruction de leur ville, de prendre anssitdt les armes. Ge furent Huitznahuatl , Tlapaltecatl , Atempanecatl et Mexicatl qui furent chargés de cette mission ; ils parcoururent toutes les villes soumises à la domination mexicaine. Partout ils furent bien reçus et partout on leur offrit des présents, comme c'est l'usage en pareille occasion; partout aussi les guerriers s'empressèrent d'aiguiser leurs épées et la pointe de leurs flèches , et de nettoyer leurs trompettes de coquillage et les peaux de tigre, de lion, d'aigle, et de serpent, dont ils avaient l'habitude de se couvrir à la guerre , pour effrayer leurs ennemis , tandis que les femmes préparaient des vivres dont on emporta une quantité double de l'ordinaire, à cause de ses deux conseillers. Quand tout fut prêt , Tarmée se mit en marche au point du jour et se dirigea vers Coayitlahuacan , en s'augmentant

à chaque ville qu'elle traversait ; elle s'ai réta enfin pour une revue générale , dans la plaine d'Itzocan, aujourd'hui Izucar. On trouva vingt-cinq xiqui^ pités de {guerriers , chaque xiquipilé de huit mille hommes , ce qui fait un total de deux cent mille hommes, sans compter cent mille tamemes qui portaient les bagages, les armes et les vivres.

Quand les Mexicains arrivèrent sur la frontière des ennemis, ils trouvèrent que ceux-ci avaient élevé des tours et des palissades pour défendre les passages des montngnes. Les Mexicains leur crièrent : « Allons , amis , voici le moment de montrer ce que tous savez faire ; vous n'avez pas affaire à des Otomis, aussi lAches qu'ignorants. Vous connaissez la valeur des Ghalcas, qui nous ont résisté pendant quinxe ans ; cependant nous avons fini par les soumettre à Pempire mexicain, ainsi que beaucoup d'autres provinces. Quant à vous, misérables, il nous suffira d'un seul jour pour vous vaincre et vous réduire. »

En effet , au milieu de la nuit , les guerriers mexicains prirent les armes et s'avancèrent jusqu'au pied des fortifications sans faire le moindre brait, puis, poussant de grands cris et frappant leurs boucliers avec leurs épées , ils montèrent si pnmptement & l'assaut que leurs ennemis n*eurent pas le temps de se mettre en défense. Comme ils n'étaient pas aguerris, ^épouvante se mit parmi eux. Les Mexicains firent tomber sous leurs coups tous ceux qui essayèrent de résister, et étemiirent les

autres par terre après les avoir attachés. Ils par* Tinrent ainsi jusqu'au grand temple et y mirent le feu. En voyant cette œuvre de deslructioin , ceux des habitants de Coayxatlahuacan , qui étaient par* veiàus h se réfugier sur les montagnes , se oûreot à poussa de grands cris et à faire résonner leurs trompettes ou teczietlif pour montrer qu'ils se rendaient. Les Mexicains s étant arrêtés un instant, les pau- Tves vaincus, qui parlaient une langue étrangère, s'empressèrent de leur offrir en tribut des pièces d'étoffes appelées cuachol^ qui ont dix brasses de long et d'autres appelées coithuièhuanquit du chite , du coton , des vases en calebasse et des pains de sd blanc, qu'ils offraient de transporter eux-mêmes à Mexico. Mais les Mexicains , trouvant que ce trilmt n'était pas suffisant , recoounencèrent en poossant de grands cris à massacrer les vaincus qui leur demandaient gr&ce en pleurant. Les che& ofiiireat alors d'ajouter à leur Ixibut des pierres |Nrédeuacs vertes, bleues et semblables à de la marcassite , pour orner la couronne de leurs rois , ainsi que du cristal, et promirent de venir eux-mêmes servir dana la maison des chefs mexicains. Ceux-ci se laissèrent désarmer et la paix fut conclue à ces conditîonB ; ils se remirent ensuite en route pour retourner dans leur patrie, emportant avec eux le tiers du trtb«t qu'ils s'étaient fait payer d'avance, et ils entrèrent dans Mexico au milieu des acclamatimis, tandis que, selon l'usage, leurs prisonniers faisaient retentir les airs de leur triste chant et exécutaient une danse

funèbre. Ils se rendirent d'abord au temple de Huit- Kilopocbtli et ensuite auprès de MocLezuma, à<}tti il$ rendirent compte de tout ce qui s'était passé. Ce prince envoya un calpizque à Coayxtlabuncan pour percevoir le tribut, et en désigna un autre pour tenir les prisonniers sous bonne garde jusqu'au moment du saiorifice.

lie lendemain , Mocte&uma dit à Cihuacoatl : « Voici la fête du Teoouaubxkalli qui approche , il serait bien d'offrir un sacrifice à Huiiailopochtli, et d'y empk^er Us prisonnien faitb à Huaxaca et sur les côtes de TOcéan» » II fit donc convoquer les priacîpaux vassaux de l'empire mexicain, qui arri«> vècenl tous au jour fixé sans qu'il en manqu4t un seul f afin d'assister à la consécration du nouveau vase du scdeil nommé XiuhpilU GuauhdehuaiL Le jour du sacrifice , Moctezuma se fit oindre le corps d'une espèce de bitume noir , brillant comme dis la marcaasite» et se noircit également la figure avec du noir de fumée. U plaça sur sa tête un bonnet orné d'une plume noire appelée xiu/mMzalli. On plaça dans les narines dei'idele un smneau fait-d'une pierre verte . nommée jaeaxHuUtl , et on > lui mit un maiemecatL baudrier de cuir doré qui passait sous , le bras droit, une espèce de cuirasse en peau de tigre, et sur les épaules un manteau très-bien travaillé et orné d'émeraudes , nommée xiuchtlalpilli , ainsi qu'un maxtlatl ou pagne de la même étoflè, Cihuacoatl et Tlacaetlzin aidaient Moctezuma comme sacriûcnleurs. Chacun tenait à In main un

couteau fait d'un caillou tranchant, pour ouvrir la poitrine aux captifs de Huaxaca . Derrière eux élaieni les sacrificateurs, nommés cuacuacuitlzin^ le corps peint en rouge , et prêts à combattre les prisonniers delà manière que nous avons expliqué plus haut. Aussitôt que l'un de ces miséraUes captifs était tombé , on le portait sur la pierre » les yeux tournés ▼ers le ciel , et Moctezuma lui ouvrait la poitrine et lançait quelques gouttes de sang vers TOrient» Le sacrificateur lui arrachait ensnite le conir et Tefaôt à Huitzilopochtli dont l'idole , d'une toise et demie, était appuyée contre le mur, comme on le voit en* core aujourd'hui. Quand le sacrifice fut terminé , un prêtre alla chercher un brasier ardent dans la grande maison de Huitzilopochtli , nommée tlanor catl, et prenant ensuite une figure représentant un grand serpent vert appelé xiucoatl , il la plaça sur la pierre percée ; Cuauhxicalliy mit le feu et b réduisit en cendres. Moctezuma se rendit ensuite à son palais , et au bout de deux ou trois jours, il fit célébrer une danse solennelle sur la grande place , et distribua des présents à tons les chefs étrangers qui étaient venus pour assister à la fête et qui re* tournèrent dans leur pays.

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