CHAPITRE XLV
Les Mexicains lÎTrent bataille anx habitants de Tlatilolco.
— - Défiûle de ces derniers.
Le roi ayant pitié de la destruction qui menaçait les habitants de Tlatilolco, résolut de leur envoyer un antre messager. Cihuacoatl confia cette mission à un chef nommé Cucatzin ou grenouille précieuse^ maisMoquihuixtli le reçut avec beaucoup de hauteur et à l'instigation de son beau-père , il le fit étrangler aussitôt qu'il eut terminé son discours : on jeta son cadavre dans le quartier qu'on nommait alors Co^ polooet qu'on appelle aujourd'hui Sainte-Marie-laroode. Les habitants de Tlatilolco donnèrent aussitôt le signal du combat en sonnant de leurs trompettes, et en criant t ■ A ux armes et mort aux Mexicains. «Cihuacoatl , de son côté , dit aux siens : « Les ennemis ont massacré Cucatzin , préparez-vous au combat ^en poussant de grands cris et en frappant vos boucliers de vos épées. » Il monta ensuite au sommet
du temple de Huiizilopochili où se trouvait le jeune roi AxayacatI, et lui dit: « Seigneur, tous êtes jeune; ne craignez rien, car c'estyotre devoir deroi, et comptez sur l'avenir. Vous verrez un jour des combats encore plus dangereux que celui-ci et tous en sortirez vainqueur; puisque les habitants de TUtilolco nous attaquent il est juste que nous en finissions avec eux ; prenez donc votre dard et votre bouclier. (( Cibuacoall s'avança ensuite sur le bord de la terrasse en criant *. a Venez, jeune roi , et mettezvous à la tête de votre armée mexicaine. »
Axayacatl s'avança donc et cria à ses capitaines : « Prenez vos armes, Mexicains, fleur du monde , car vos ennemis approchent. » Le vaillant Tlacochcalcatl marcha le premier et dit au roi : t Ne craignez rien, seigneur» car nous sommes tèus ici pour vous défendre.» CuauhnoctU et Ticocjahiiacall s'avancèrent en même temps par une Mitre rue^ el les deux armées ne tardèrent pus à s eotre-choqwr auprès de la porte d'Atzacualco, aujourd'biii porte de Saint-Sébastien, qui est située derrière le couvent de Saint-Domloique. LesTlatilolcas furent repoussés jusqu'à Yacalco où est aujourd'hui Téglise de Sainte* Anne. Axayacatl leur disait ironiquement : « AUoobs, bon courage, Tlatilolcas, vous ae nouaempécherez pas de prendre possessionde la place du Tianguea. » Les Mexicains ne tardèrent pas en effet à s'en empsjrer, et dirent alors aux Tlatilolcas: «Eh bien, queditcs* vous maintenant? Nous sommes maîtres de votre Tianguez* En avez^vous assez ou voulez-vous que
le combat continue? Nous sommes bien près de votre temple et nous avons pitié de vous. Voulez-vous que nous nous arrêtions? » Hualzuabuacatl lui répondit : « Qu'osez- vous nous proposer, AxayacatI? attendez encore un peu et votre présomption sera cfaftliée. » En disant ces mots il jeta en bas du temple, comme pour montrer son orgueil, un des TIamacaxques chanteurs qui s'y trouvaient , ensuite une femme et un enfant, pour montrer à Tennemi qu'il regardait comme rien la perte des cban leurs , des femmes et des enfants. « Bien, dit Axayacatl, puisque vous méprisez notre clémence, que votre destin s'accomplisse.— Il n'est pas besoin de tant de paroles, reprirent les Tlatilolcas, vous allez voir si nous savons notre métier. » En disant ces mots , ils recommencèrent l'attaque. «Puisque vous le voulez, Te* conal, répondit Axayacatl, j'ouvre la main et je cesse d'écouter la voix de la pitié; vous serez massacrés et nous foulerons aux pieds vos membres épars sur le sol.»
Pour se moquer des Mexicains , Moquihuixtii et TeGonal envoyèrent au-devant deux des femmes nues dont le corps était enduit de plumes , la figure barbouillée avecdela cochenille, et qui portaient des épées et des boucliers; elles étaient suivies de sept ou huit jeunes garçons également nus , qui menaçaient l'ennemi de leurs armes en criant : « Mexicains, nous allons tout mettre à feu et à sang. » Axayac:atl les engagea de nouveau à accepter la paix et à avoir pitié des vieillards, des femmes et des en-