CHAPITRE LU
LesMezicâiin. au nombre de 32 JOO.atUqaentlesMttlattiincas ou oatoreb de Medieacan qui comptaient cinquante mille ^■eifiers.
Quand Axajacatl eut reçu cet avis , CuauhnoctI'i, Tlacochcalcad et TicocyahuacatI, ses principaux généraux, lui dirent : « Nous te supplions, seigneur, qu'avant toute chose tu nous permettes de nous compter et de nous assurer à combien s'élève le nombre de nos soldats, en distinguant ceux qui ont étéfoumispar Mexico, Acuihuacan, Tacuba, Gbalco et les autres villes. Axajacatl y consentit, et quand le dénombrement des combattants fut terminé, on trouva que leur nombre s'élevait à 32,200. Axayacatl leur dit : « Alors vous voyex que le nombre de de nos guerriers est bien faible comparé à celui des Matlaltzincas qui selève à 50,000. Mais ce n*est pas cela qui décidera la victoire, c;ir votre valeur est supérieure à celle de tous les guerriers du monde
et notre dieu Huitzilopochtli .combattra pour doos. Les généraux mexicains firent avertir les cheb de chaque ville de se tenir prêts à combattre le lendemain au lever du soleil. Pendant la nuit ils eurent soin de se noircir la figure et les deux cuisses pour se reconnaître entre eux. Au point du jour une tronapette, faite d*un gros coquillage marin , donna le signal de l'attaque, et les Mexicains s'avançaient en toute hftte pour charger l'ennemi, lorsque quatre interprètes vinrent au-devant d'eux , en disant : « Mexicains, que venez-vous faire en armes sur nos terres ?» « C'est précisément pour nous emparer de vos terres et de vous que nous sommes venus » , reprirent ceux-ci. ft Puisqu'il enestainsi, c'est la mort que vous trouverez ici. » « Eh bien, commençons le combat qui doit en décider. » Aussitôt les deux partis se chargèrent avec vigueur et en poussant des cris épouvantables. Mais, selon leur coutume , les Mexicains combattirent si valeureusement, que malgré les renforts de troupes fraîcbe^qui arrivaient i chaque instant aux Tarasques, ils eurent bientôt repoussé ceux-ci jusque dans la ville de MatlaltzÎQOO. Ceux-ci , grâce à de nouveaux renforts , reprirent alors l'avantage, et un chef courut en. toute hâte annoncer à AxayacatI que l'armée tarasque, renforcée k chaque instant par de nouvelles troupes, écrasait les Mexicains et tuait les principaux chefs. Aussitôt AxayacatI s'avança à la tête du corps de réserve qu'il commandait , en criant: «£u. avant, Mexicains, voici le moment de remporter la victoire ou
de mourir glorieusement. Huitzilopochtli , noire dieu, nous regarde. En avant les Ghalcas , les Chînampanecas et les Xochimilcas! en avant les montagnards! •
En arrivant sur le lieu du combat, Âxayacatl n y trouva plus que quatre soldats épuisés de falii*ue et couYerts dépoussière» tellement épuisés par les coups qu'ils avaient donnés et reçus, qu'ils chancelaient çà et là comme des hommes ivres ; mais îl les fit revenir à eux en leur donnant un breuvage appelé yolatl. Les Chinampanecas et les Cbalcas, qui attaquèrent successivement les Tarasques , furent complètement défaits; car, pour deux mille hommes qui s'avançaient au combat de la part des Mexicains y il en arrivait plus de dix mille aux Tarasques. AussitAt qu'un corps était défait , Axayacatl ordonnait à grands cris aux guerriers d'une autre ville de s'avancer. Tlacatecatl s'approcha alors de lui , et lui dit : « Seigneur, à quoi sert-il d'envoyer ainsi deux ou trois mille hommes contre cette multitude innombrable de Tarasques qui les feront aussitôt tomber sous leurs coups ? Si vous voulez que nous succombions tous ici, je suis, comme le plus vieux, prêt à mourir le premier; mais ne vaut-il pas mieux que nous retournions à Mexico pour réunir de nouvelles forces? B Tlacatecatl dit alors : « Nous avons deux obligations à remplir^: la première est de suivre l'exemplede nos pères et de nos ancêtres qui, reconnaissants envers Huitzilopochtli qui les a amenés deCfaicomoztoc, ont toujours combattu vaillamment
pour se procurer des victimes qu'ils pussent lui immoler; la seconde c'est de ne p^s oublier le vieux Tlacahuepan , Cuauhtecatl, Chahuatzin , Quetzal* cuaubtzin, et plus de deux mille mexicains qui soot morts dans la guerre de Chalco , guerre qui a duré pendant plus de treize ans, au bout desquels la valeur mexicaine a fini par soumettre cette nlle. Quant à vous , seigneur » éloignez-vous» car nous avons pitié de votre jeunesse. » Axayacatl le remercia de sa bonne volonté. Tlacocbcalcatl, Cuaubuoo
^ tli et Âbuitznahuacatl s'écrièrent alors : « Adieu. Nous allons nous précipiter sous les coups de l'ennemi ; portez notre mémoire à Tenuchtillan. • A peine avaieot-ils dit ces mots que quatre-vingt mille Tarasques commencèrent à charger les Mexicains et à les massacrer. Tiçocyahuacatl dit alors au roi : « Vous avez vu de vos propres yeux la mort cmdle de vos guerriers. C'est à peine si le peu qui simrivent peuvent défendre -votre royale personne^ je vous en supplie, retirons-nous. > Axayacatl obéit eo soupirant au vieux général, et tourna le dos à l'ennemi.
Les Tarasques» qui étaient si nombreux que leur armée couvrait une lieue de terrain, voyant lesMexicains battre en retraite, les poursuivirent jusqu'aux montagnes de Toluca en faisant pleuvoir sur eux mie grêle de pierres et de flèches, Huitunabuacteuctli.
< vaillant capitaine, se retourna aloTA» et dit aux guerriers mexicains : « Oh vous Tl^cAtecîitl, Tlacocbcalc<'ill, Cuauhnoctii , Tiçocyahuacatl, Tilancalqui^
Tetscacoacatl , et Exhuahuacatl , souvenez-vous de moi et de ceux de ma maison, car j'ai résolu d'attendre les {ipiemers de Mechpacan et de lutter un peu avec eux ; nous verrons s'ils sont aussi vaillants qu'ils le prétendent, et s'ils oseront l'un après Fautre venir m'attaquer seul à seul. • Mais quand les Tarasques arrivèrent , ils ne voulurent pas entendre parler de combat singulier , et lui tancèrent tant de flèches qu'il tomba à l'instant ; huit d'entre eux se jetèrent sur lui et s*en emparèrent en se traînant sur le sol. Après avoir poursuivi les Mexicains jusqu'aux montagnes de Toinca , les Tarasques voyant qu'ils n'étaient pas suivis par le gros de leur armée, revinrent à leur camp de Tagimaroa ou Tlaximaloyan. Les Mexicains, arrivés à "rzinacantepec, dans la province deToluca, se comptèrent, et virent qu'il avait à peine survécu un dixième des guerriers qui étaient venus de Tescuco , d'AjCulhuacan , de Tacuba , de Xocbimilco , de ChalcO , ainsi que des Otomites et des Chniampanecas de la montagne. Axayacatl harangua alors en ces termes les Mexicains et les alliés : » Seigneurs et frères , quoique notre mauvaise fortune nous ait réduits à l'état que vous voyez, reprenez courage et ne vous abandonnez pas à la crainte. » Cuauhnoctli lui prit la main en lui disant : « Sei^eur, je neveux pas aiBiger votre royale personne; mais il serait nécessaire que nous fis* sions leeempte de ceux qui ont survécu. » Axayacatl y ayant consenti, on trouva que de tous ceux qui avaient pria part à cette guerre il ne restait que
qjialrc ceuls chefs ou soldats , dont les Meiicaini formaient environ la moitié. Les habitants de Tzi* nacantepeCy voyant qu'un si petit nombre de leors compatriotes avaient échappé au massacre générai, firent retentir 1 air de leurs cris et de leurs sanglots. La même chose eut lieu à Matlatainco et dans toutes les villes qu'ils traversèrent» Quand ils arrivèrent à Tenuchtitlan, les Tlamacaxques, ou prêtres de Huilzilopocbtii vinrent au devant d'eux pour consoler le roi et les vieillards nommés cuauhuehuetques , pour sécher les larmes des guerriers mexicains , et leur témoigner leurs regrets de la mort du vaillant A Huitznahnall. Quand cette cérémonie fut ternûnée ils se rendirent dans la salle où étaient rassemblés les princes vassaux de Tempire» et leur adressèrent im discours pour les consoler de la mort de leurs parents et de leurs amis qui avaient succombé dans la bataille , leur représentant que cela avait été la volontéde Huitsilipochtliqui les avait appelés dans son royaume, où ils vivaient dans la joie et dans les (Jaisirs; car avant que ceux qui avaient échappé ace désastre fussent arrivés à Mexico , on avait envoyé des messagers pour prévenir Gihuacoatl à Tenuchtitlan, ainsi que les rois d'Âculhuacan , de Tlahua* capan, de Tacuba, et pour les inviter à venir au de* vant du roi et de ses guerriers, et à faire retentir les temples du bruit de leurs cris et de leurs trompettes. Les cuauhuehuetques et les teopantlacas furent les premiers qui vinrent au devant d'AxayacatI , en lui disant : « Roi et seigneur, jeune cozcatl, collier
d'émeraudei , plume précieuse , toquetzal , le vcmi le plus cher des Mexicains est accompli, puisqu'au prix de leurs TÎes et de celles de leurs frères et alliés ils ont prouvé leur valeur aux habitants du Mecboacan ; vous avez combattu pour la gloire de celui qui est le jour et la nuit , la terre et Teau , le ciel et la terre , notre dieu Huitzilopochtli. Vous revenez le cceur déchiré d'avoir vu tomber autour de vous vos plus braves guerriers , et particulièrement le vaillant Huitznahuall; mais consolez-vous en pensant que leurs cadavres ont servi de nourriture à Huitzilopochtli. » Axayncatl leur répondit en les consolant et en leur assurant qu'il n'abandonnerait pas l'entreprise commencée en l'honneur de Huitzilopochtli, puîsqueses frères étaient morts dans on champ d'allégresse et non par la main des femmes; car les ftmes de ceux qui meurent pour la gloire de Huitzilopochtli vont jouir auprès de lui d'une joie éternelle.